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Zlatko
Zlatko
de Zlatko
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Salut les gonzesses, c'est Dédé
Bon, c'est parti, j'allume la lampe, j'te la fous dans les yeux. Si ça peut t'aider tu peux boire et fumer pendant qu'tu subis la question mais évite de dégobiller su'l'comptoir.
Dédé: Nom, adresse, date de naissance ! T'as l'droit d'essayer d'nous enfumer personne va aller vérifier.
Zlatko: Zlatko (pour le nom j’avais pensé à Banzept... je sais pas trop pourquoi !) Né en 1991 (pour se repérer, c’est la dissolution loupée de Jacques et le début des conneries). Né a Tours et j’y suis toujours, pas trop mal pour l’instant. Quant à enfumer les autres j’évite, surtout si il y a d’anciens fumeurs ou des enfants.
Dédé: La dissolution loupée de Jacques, t'es sûr ? Moi j'étais pas né quand il a fait ça mais Papy m'a raconté. Putain !
Ouais mais encore ? On s'en tape du nom d'ta rue, mais une ou deux enseignes de bistros, des fois qu'on passe par là…
Zlatko: Je ne suis pas très bistrot... Je n’en ai fréquenté que trois ou quatre, mais mon préféré (et celui que je conseille) c’est le Sabioni à Tours ! Je me suis même inspiré du patron dans mon roman. C’est un mec immense, moustachu, gouailleur, toujours une clope à la bouche et des blagues lourdes comme sa carcasse... Du pain béni pour un roman !
Dédé: Le Sabioni, j'connais pas, mais j'irai y faire un tour, des fois que… Bon, une famille, des enfants ? Histoire de voir si on peut mettre tes textes en musique pour te faire chanter.
Zlatko: Famille aux quatre vents mais famille quand même, oui... En même temps avec six frères et soeurs c’est difficile de faire autrement, entre l’aînée de 28 ans archéologue au Canada, une autre de 26 ans prof de musique à Paris, et une de 24 ans dans la gravure sur métaux et accessoirement, le textile... Et encore je n'ai pas fait mes frères ! Donc fierté, en quelque sorte. Pas encore d’enfants - tu m’as regardé ? (rires)
Dédé: T'es plutôt Cassoulet ou Thé à la menthe ?
Zlatko: Plutôt café, en fait.
Dédé: A part ça, t'as une vraie vie ?
Zlatko: Oui, tant bien que mal ! A priori j’avais supposé pouvoir faire comme les rappeurs, niquer la société toute la journée, mais il s’avère que j’ai aussi un emploi du temps à respecter, du boulot à chercher (ben oui, je suis étudiant) et des amis à voir. Sans parler d’une muse à visiter au moins deux fois par semaine, forcément, ça évite de s’ennuyer. Sinon je dois passer 1/3 de mes semaines dans les bus, complètement amorphe - j’adore ça.
Dédé: Moi j'aime pas les bus et l'métro, ça pue. Mais bon j'suis bien obligé d'le prendre le métro pasqu'à Paname ça aide. Bon, à part pour faire pleurer dans les chaumières, c'qui était ta raison première d'ado boutonneux, pourquoi t'écris et depuis quand ?
Zlatko: Pourquoi, je n’en sais rien. Sans vouloir faire cliché (tant pis si ça le fait quand même) je suppose que ça me constitue. Chacun son don, les femmes que je dessine auront toujours plus ou moins l’air de quasimodos épileptiques - alors que je suis dans mon élément avec un clavier sous les doigts. Avant c’était un stylo (depuis que j’ai huit ans, il me semble). En même temps, j’alternais sans problème les bouquins d’Erasme avec le Club des Cinq, forcément, ça vous éduque un lecteur.
Dédé: Le Club des Cinq ? C'est un cercle de jeu ?.
Et à part les heureux membres de Macadam y a des gens que tu connais pas qui t'ont déjà lu ? Genre dans un vrai livre, sur du papier, qu'on peut acheter ?
Zlatko: Il paraît, par le biais de concours ! Ma prof de français du lycée (une sacré peau de vache, mais je l’aimais bien) m’avait poussé deux années de suite à faire des concours de poésie. Quelques mois plus tard il paraît que j’avais gagné, j’ai eu la visite d’un atrocement vieux monsieur qui a fait un très long discours. En partant il avait oublié sa canne ! (rires) Ensuite on m’a dit que j’avais eu mon petit succès au Canada, par "exportation"... et puis à la Sorbonne. Ca fait plaisir ! Mais j’ai jamais touché de royalties, tant pis.
Dédé: Oh Putain ! La Sorbonne. Moi j'aime bien y aller à la Sorbonne (enfin sur la place, dans les bistros) y a plein d'jolies gonzesses. Et ça t'a fait quoi d'être l'Auteur à la Une ?
Zlatko: Plaisir, tout simplement.
Dédé: Moi là après t'avoir passé à la question j'vais aller boire un coup d'Margaux avec Papy. Et toi t'as des projets pour la suite ?
Zlatko: Dans l’avenir immédiat, peut-être une sieste (mauvaise nuit). Dans l’avenir proche, avoir ce fichu boulot au téléphone - il faut aider des gens à distance, envoyer des dépanneuses, des strip-teaseuses, ce genre de chose... Dans l’avenir lointain, vivre. On verra bien.
Dédé: Pour les streap-teaseuses j'ai des adresses et Papy aussi. C'est pas qu'ça m'intéresse mais ça peut éclairer les autres alors si t'as subi des influences, si t'as des maîtres en littérature, cinéma, peinture, musique… c'est l'occasion de dire leur noms pour qu'y puissent se défendre.
Zlatko: Question piège ! Si je dis personne, on ne me croit pas ou l’on croit à l’autodidactisme forcené... Si je dis Hugo, juste lui, on va me trouver limite... Je n’aime pas me réclamer des précédents, à partir du moment où la poésie est “vecteur d’avenir” - j’aime bien l’image. Donc... Je suis comme tout le monde, j’aime énormément Rimbaud, Baudelaire, Aragon, Desnos, ou Trakl, entrevu... D’influence “sévère” non, pas vraiment. Quand au cinéma, Wong-Kar-Wai me fascine - et Kusturica, et pour la peinture sûrement Klimt, pour n’en jeter qu’un en pâture.
Dédé: C'est des misérables ceux qui pourraient te trouver limite si tu dis Hugo. Y a des trucs qui te foutent en rogne ?
Zlatko: Pas grand-chose. J’ai la lâcheté d’utiliser le transfert, dès que quelque chose ne va pas je tourne l’œil vers ce qui va. Pour l’instant, je préfère vivre peinard et avoir peu d’opinions en public - tant les jeux politiques m’ennuient par leur éternelle répétition. Je ne suis pas “contre” la politique (ça c’est con), je suis lassé de les entendre toujours jouer les mêmes mains aux cartes, c’est tout. Et je ne suis pas Mocky ou Jean-Pierre Coffe, je n’aime pas pousser une gueulante pour faire de l’audimat. Si, peut-être ne pas arriver à écrire, parce que je me sens inutile, et c’est très énervant.
Dédé: Bon si t'as quelque chose à ajouter pour ta défense c'est l'moment pasque j'ai pas qu'ça à foutre, mes potes m'attendent au bistro.
Zlatko: Joyeuse Pâques !
Dédé: Merci Zlatko.
Ciao les gonzesses, c'était Dédé et l'Auteur à la Une.
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