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En ce moment Franskey
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Salut les gonzesses, c'est Dédé
pour l'interview de l'Auteur à Une.
Ca f'sait longtemps qu'j'avais pas réussi à choper une gonzesse pour la passer au grill de l'Auteur à la Une. J'en ai enfin trouvé une qu'a accepté le risque de pas être ridicule. Pasque j'vous rappelle quand même qu'y a qu'les cons que j'ridiculise, pas nos chers MacadAuteurs. Donc, c'est encore une fois une gonzesse qui s'y colle, une qui nous fait des poèmes entre la pluie et l'beau temps. Là elle a accepté de descendre de son échelle pour s'mettre à la portée de tout un chacun.
Bon, c'est parti, j'allume la lampe, j'te la fous dans les yeux. Si ça peut t'aider tu peux boire et fumer pendant qu'tu subis la question mais évite de dégobiller su'l'comptoir.
Dédé: Nom, adresse, date de naissance ! T'as l'droit d'essayer d'nous enfumer personne va aller vérifier.
Franskey: Damned ! Avec ces formulaires, c’est toujours la même chose: Ca rentre jamais dans les cases.
Dédé: C'est ça, fais ta Zézette, si tu crois qu'tu vas pouvoir t'en tirer avec des histoires de cases pas assez nombreuses pour mettre ta date de naissance j'vais vite te renvoyer dans la tienne de case sous les cocotiers de ton île déserte et comme ça au moins on saura pourquoi tu nous files pas une adresse de bistro.
b]Franskey[/b]: Y avait bien un vieux troquet déglingue dans le quartier. Nous, on l’appelait chez Ali, le prénom du proprio. En vrai, chais plus comment il s’appelait, mais il comme il a fermé, ça vous avancerait pas. Du coup, la meilleure enseigne dans le coin, pour l’instant, ben c’est chez moi : au rez de chaussée d’une petite rue sans bagnoles, avec des plantes et tout et quand il fait beau, on peut se mettre en terrasse…
Dédé: Si t'as du Margaux c'est promis, on passera avec Papy. T'inquiète pas pour l'adresse, on trouv'ra, Papy il a un don pour flairer l'Margaux dans les p'tites rues sans bagnoles.
Une famille, des enfants ? Histoire de voir si on peut mettre tes textes en musique pour te faire chanter.
Franskey: Ho ? Vous pouvez tenter le coup, mais je vous préviens, je chante faux.
Dédé: Ca tombe bien, tu pourras faire un duo avec Papy qui chante faux aussi et qu'a un tas d'autres choses à se reprocher. Entre deux airs, t'es plutôt Cassoulet ou Thé à la menthe ?
Franskey: J’aime bien le mélange des genres, pourquoi ? Tu m’invites à passer casser une graine ?
Dédé: C'est pas mon genre d'inviter une gonzesse au premier entretien, M'man m'a bien élevé, même si Papy s'évertue à gâcher son boulot. Une autre fois peut-être. A part ça, t'as une vraie vie ?
Franskey: Une “vraie” vie comme dans Métro-Boulot-Dodo ? J’ai travaillé un bon bout de temps comme interprète d’anglais et de chinois auprès du Ministère des Affaires Etrangères (M.A.E pour les intimes) et actuellement je bricole dans une structure de films.
Dédé: Oh Putain ! Tu causes chinois. J'aurais du t'em'ner avec moi quand j'y suis allé y deux ans ça m'aurait aidé à m'faire comprendre au resto et dans les clandés. Pasque pour moi l'Mandarin c'est un peu comme le latin, j'décline que l'irresponsabilité de mes propos. Alors pour le latin Papy y m'file un coup d'main mais en Chine j'l'avais pas emmené avec moi pasqu'y m'aurait été d'aucun secours et j'crois que j'ai du raconter pas mal de conneries intraduisibles en bon français.
Bon, à part pour faire pleurer dans les chaumières, c'qui était ta raison première d'ado boutonneuse, pourquoi t'écris et depuis quand ?
Franskey: Pour le pourquoi, je sais pas trop. Disons que quand j’étais môme, j’inventais déjà des suites à mes bouquins préférés. Depuis quand ? Et bien, en Australie où j’ai étudié quelques années, j’avais été très déconcertée par l’altérité radicale des paysages et du ciel, et par la modernité insolite de Canberra, une ville planifiée à partir de rien, comme Brasilia. J’avais essayé de transposer cette impression en l’organisant dans un roman de Science Fiction. Une tentative avortée, je le crains, mais ça a fonctionné comme un déclic, et j’ai embrayé sur des histoires policières, où je me sentais plus à l’aise.
Dédé: Houla, t'es en train d'essayer d'm'enfumer avec tes histoires Australo-pas-toc qui s'passent au Brésil entre deux sorties de classe et les bas fonds de l'altérité radicale. Méfie-toi, j'suis pas du genre à m'laisser attraper avec du vinaigre. Alors l'insolitude de Camberra elle est pas à la veille de me filer un coup d'soleil.
Et à part les heureux membres de Macadam y a des gens que tu connais pas qui t'ont déjà lu ? Genre dans un vrai livre, sur du papier, qu'on peut acheter ?
Franskey: En fait, oui. Comme quoi, faut surtout pas jeter l’éponge. En dehors d’une nouvelle dans une feuille de chou éphémère qui s’appelait Nocturne, puis d’un feuilleton dans le Péquin de Paris, (un petit city-magazine du début des années 90), j’ai réussi à fourguer aux Editions Kaïlash un polar qui se passe en Chine dans les années 80, Opération Carmen. C’est un pavé à l’intrigue un peu trop embrouillée à mon goût mais y a une belle couverture vert pomme avec une chouette illustration.
Dédé: C'est bien c'que j'disais, des embrouilles. T'es bien une gonzesse. Et ça te fait quoi d'être Franskey ?
Franskey: Pour le nom, ça me rappelle mon enfance : au sanatorium où j’avais été expédiée à l’âge de douze ans, les autres mômes m’avaient surnommée Mosquée parce que j’arrivais d’Afrique du Nord où mes parents bossaient à l’époque. Surnom qui s’était transformé en Franskey vu que mon prénom usuel c’était Françoise. Mais la Grenouille qui arpente le Macadam, la veinarde, a, elle, l’occasion de faire connaissance avec des tas de gens divers et souvent étonnants à travers leurs écrits.
Dédé: Bon, là ma langue a fourché, j'voulais savoir c'que ça te faisait d'être l'Auteur à la Une. Mais tant pis, t'as répondu à une question même si c'est pas celle que j'voulais poser. Et ça nous a permis d'en apprendre pas mal sur ton enfance. J'suis pas sur que si j'te l'avais demandé directement t'aurais été aussi claire. Faudra que j'pense à me resservir du truc pour mes prochaines interviews, surtout quand c'est des abrutis que j'interroge. Moi là après t'avoir passée à la question j'vais aller boire un coup d'Margaux avec Papy. Et toi t'as des projets pour la suite ?
Franskey: Pas vraiment. Je marche au feeling.
Dédé: Tant qu'es pas à côté d'tes pompes tu peux marcher à c'que tu veux j'm'en tape du moment qu'c'est pas illicite. C'est pas qu'ça m'intéresse mais ça peut éclairer les autres alors si t'as subi des influences, si t'as des maîtres en littérature, cinéma, peinture, musique… c'est l'occasion de dire leur noms pour qu'y puissent se défendre.
Franskey: Les maîtres, c’est pas trop ma tasse de thé. (à part mon Maître en sonnets, Io Kanaan). Sinon, j’ai la fibre éclectique. Avec comme constante, en littérature et à l’écran, un goût pour les Anglais irrévérencieux, et en art, je dirais, les Magdaléniens.
Dédé: Putain, ça nous rajeunit pas ! J'dis pas ça pour Io qu'à à peu près l'âge de Papy mais pour les tagueurs de grottes. Y a des trucs qui te foutent en rogne ?
Franskey: Le dogmatisme sous toutes ses formes.
Dédé: Ouais ben ça va j'vais pas te demander non plus de me réciter toutes les sourates à l'envers, t'as rien à craindre. Moi j'suis pas dogmatique alors on devrait s'quitter bons amis si tu payes un canon de temps en temps quand tu passeras devant la porte du clandé. Bon si t'as quelque chose à ajouter pour ta défense c'est l'moment pasque j'ai pas qu'ça à foutre, mes potes m'attendent au bistro.
Franskey: Merci pour ta patience et bonne continuation !
Dédé T'es bien la première à louer ma patience. Ca m'fait tout drôle. Merci Franskey.
Ciao les gonzesses, c'était Dédé et Franskey dans l'rôle de l'Auteur à la Une.
pour l'interview de l'Auteur à Une.Ca f'sait longtemps qu'j'avais pas réussi à choper une gonzesse pour la passer au grill de l'Auteur à la Une. J'en ai enfin trouvé une qu'a accepté le risque de pas être ridicule. Pasque j'vous rappelle quand même qu'y a qu'les cons que j'ridiculise, pas nos chers MacadAuteurs. Donc, c'est encore une fois une gonzesse qui s'y colle, une qui nous fait des poèmes entre la pluie et l'beau temps. Là elle a accepté de descendre de son échelle pour s'mettre à la portée de tout un chacun.
Bon, c'est parti, j'allume la lampe, j'te la fous dans les yeux. Si ça peut t'aider tu peux boire et fumer pendant qu'tu subis la question mais évite de dégobiller su'l'comptoir.
Dédé: Nom, adresse, date de naissance ! T'as l'droit d'essayer d'nous enfumer personne va aller vérifier.
Franskey: Damned ! Avec ces formulaires, c’est toujours la même chose: Ca rentre jamais dans les cases.
Dédé: C'est ça, fais ta Zézette, si tu crois qu'tu vas pouvoir t'en tirer avec des histoires de cases pas assez nombreuses pour mettre ta date de naissance j'vais vite te renvoyer dans la tienne de case sous les cocotiers de ton île déserte et comme ça au moins on saura pourquoi tu nous files pas une adresse de bistro.
b]Franskey[/b]: Y avait bien un vieux troquet déglingue dans le quartier. Nous, on l’appelait chez Ali, le prénom du proprio. En vrai, chais plus comment il s’appelait, mais il comme il a fermé, ça vous avancerait pas. Du coup, la meilleure enseigne dans le coin, pour l’instant, ben c’est chez moi : au rez de chaussée d’une petite rue sans bagnoles, avec des plantes et tout et quand il fait beau, on peut se mettre en terrasse…
Dédé: Si t'as du Margaux c'est promis, on passera avec Papy. T'inquiète pas pour l'adresse, on trouv'ra, Papy il a un don pour flairer l'Margaux dans les p'tites rues sans bagnoles.
Une famille, des enfants ? Histoire de voir si on peut mettre tes textes en musique pour te faire chanter.
Franskey: Ho ? Vous pouvez tenter le coup, mais je vous préviens, je chante faux.
Dédé: Ca tombe bien, tu pourras faire un duo avec Papy qui chante faux aussi et qu'a un tas d'autres choses à se reprocher. Entre deux airs, t'es plutôt Cassoulet ou Thé à la menthe ?
Franskey: J’aime bien le mélange des genres, pourquoi ? Tu m’invites à passer casser une graine ?
Dédé: C'est pas mon genre d'inviter une gonzesse au premier entretien, M'man m'a bien élevé, même si Papy s'évertue à gâcher son boulot. Une autre fois peut-être. A part ça, t'as une vraie vie ?
Franskey: Une “vraie” vie comme dans Métro-Boulot-Dodo ? J’ai travaillé un bon bout de temps comme interprète d’anglais et de chinois auprès du Ministère des Affaires Etrangères (M.A.E pour les intimes) et actuellement je bricole dans une structure de films.
Dédé: Oh Putain ! Tu causes chinois. J'aurais du t'em'ner avec moi quand j'y suis allé y deux ans ça m'aurait aidé à m'faire comprendre au resto et dans les clandés. Pasque pour moi l'Mandarin c'est un peu comme le latin, j'décline que l'irresponsabilité de mes propos. Alors pour le latin Papy y m'file un coup d'main mais en Chine j'l'avais pas emmené avec moi pasqu'y m'aurait été d'aucun secours et j'crois que j'ai du raconter pas mal de conneries intraduisibles en bon français.
Bon, à part pour faire pleurer dans les chaumières, c'qui était ta raison première d'ado boutonneuse, pourquoi t'écris et depuis quand ?
Franskey: Pour le pourquoi, je sais pas trop. Disons que quand j’étais môme, j’inventais déjà des suites à mes bouquins préférés. Depuis quand ? Et bien, en Australie où j’ai étudié quelques années, j’avais été très déconcertée par l’altérité radicale des paysages et du ciel, et par la modernité insolite de Canberra, une ville planifiée à partir de rien, comme Brasilia. J’avais essayé de transposer cette impression en l’organisant dans un roman de Science Fiction. Une tentative avortée, je le crains, mais ça a fonctionné comme un déclic, et j’ai embrayé sur des histoires policières, où je me sentais plus à l’aise.
Dédé: Houla, t'es en train d'essayer d'm'enfumer avec tes histoires Australo-pas-toc qui s'passent au Brésil entre deux sorties de classe et les bas fonds de l'altérité radicale. Méfie-toi, j'suis pas du genre à m'laisser attraper avec du vinaigre. Alors l'insolitude de Camberra elle est pas à la veille de me filer un coup d'soleil.
Et à part les heureux membres de Macadam y a des gens que tu connais pas qui t'ont déjà lu ? Genre dans un vrai livre, sur du papier, qu'on peut acheter ?
Franskey: En fait, oui. Comme quoi, faut surtout pas jeter l’éponge. En dehors d’une nouvelle dans une feuille de chou éphémère qui s’appelait Nocturne, puis d’un feuilleton dans le Péquin de Paris, (un petit city-magazine du début des années 90), j’ai réussi à fourguer aux Editions Kaïlash un polar qui se passe en Chine dans les années 80, Opération Carmen. C’est un pavé à l’intrigue un peu trop embrouillée à mon goût mais y a une belle couverture vert pomme avec une chouette illustration.
Dédé: C'est bien c'que j'disais, des embrouilles. T'es bien une gonzesse. Et ça te fait quoi d'être Franskey ?
Franskey: Pour le nom, ça me rappelle mon enfance : au sanatorium où j’avais été expédiée à l’âge de douze ans, les autres mômes m’avaient surnommée Mosquée parce que j’arrivais d’Afrique du Nord où mes parents bossaient à l’époque. Surnom qui s’était transformé en Franskey vu que mon prénom usuel c’était Françoise. Mais la Grenouille qui arpente le Macadam, la veinarde, a, elle, l’occasion de faire connaissance avec des tas de gens divers et souvent étonnants à travers leurs écrits.
Dédé: Bon, là ma langue a fourché, j'voulais savoir c'que ça te faisait d'être l'Auteur à la Une. Mais tant pis, t'as répondu à une question même si c'est pas celle que j'voulais poser. Et ça nous a permis d'en apprendre pas mal sur ton enfance. J'suis pas sur que si j'te l'avais demandé directement t'aurais été aussi claire. Faudra que j'pense à me resservir du truc pour mes prochaines interviews, surtout quand c'est des abrutis que j'interroge. Moi là après t'avoir passée à la question j'vais aller boire un coup d'Margaux avec Papy. Et toi t'as des projets pour la suite ?
Franskey: Pas vraiment. Je marche au feeling.
Dédé: Tant qu'es pas à côté d'tes pompes tu peux marcher à c'que tu veux j'm'en tape du moment qu'c'est pas illicite. C'est pas qu'ça m'intéresse mais ça peut éclairer les autres alors si t'as subi des influences, si t'as des maîtres en littérature, cinéma, peinture, musique… c'est l'occasion de dire leur noms pour qu'y puissent se défendre.
Franskey: Les maîtres, c’est pas trop ma tasse de thé. (à part mon Maître en sonnets, Io Kanaan). Sinon, j’ai la fibre éclectique. Avec comme constante, en littérature et à l’écran, un goût pour les Anglais irrévérencieux, et en art, je dirais, les Magdaléniens.
Dédé: Putain, ça nous rajeunit pas ! J'dis pas ça pour Io qu'à à peu près l'âge de Papy mais pour les tagueurs de grottes. Y a des trucs qui te foutent en rogne ?
Franskey: Le dogmatisme sous toutes ses formes.
Dédé: Ouais ben ça va j'vais pas te demander non plus de me réciter toutes les sourates à l'envers, t'as rien à craindre. Moi j'suis pas dogmatique alors on devrait s'quitter bons amis si tu payes un canon de temps en temps quand tu passeras devant la porte du clandé. Bon si t'as quelque chose à ajouter pour ta défense c'est l'moment pasque j'ai pas qu'ça à foutre, mes potes m'attendent au bistro.
Franskey: Merci pour ta patience et bonne continuation !
Dédé T'es bien la première à louer ma patience. Ca m'fait tout drôle. Merci Franskey.
Ciao les gonzesses, c'était Dédé et Franskey dans l'rôle de l'Auteur à la Une.
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