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A pierre mordre l’éternité des peintures murales

Jeu 3 Sep - 22:57 par LCbeat

A pierre mordre l’éternité des peintures murales
D’où le murmure s’épanche sur l’épaule épurée :
Je ne suis ni un poème ni un accroche-vals
Je ne suis d’aucune déesse ni d’yeux écarquillés

Le texte, peint à l’encre mauve des règles instruites
Dit sans causer, parle sans en ouvrir la lèvre de l’ouvrier
Comprenez qu’il n’est aucun sens aux capitales détruites
Nul luxe ni lutte, ni queue ni sueur qui dérobent le lettré

Un froid, un givre, les fenêtres explosent
Dans un remugle inconsistant de langues éparses
On voit l’étang onduler dans la clameur de l’arthrose
L’étant signifié dans les registres brumeux de mars

D’ici, ou bien de là-bas, on discerne les contours
Flous extatiques, rythmes amnésiques, d’un poète
A demi-fou, à demi-monde, échauder quelques tours
Que quiconque se prend à comprendre, n’en sait que l’obsolète

Car il vieillit vite le poète, comme une vague falaise
De la cire du temps, du volcan de l’espace
Comme un souffle anachronique des chapitres de l’aise
Un mot d’un autre, synonymes que l’aube efface

A pierre détendre les liens de l’atmosphère
Accumuler les proverbes et les amoureux du beffroi
De Gibraltar à Budapest, de Vienne au verre de bière
L’astre littéraire meurt dans un silence d’octroi

Je ne suis d’aucun, je suis de tous, je suis le questionnement
Et sa solution, labyrinthe de miroirs opaques
Dont on ne sait le reflet que passant du côté du vent
En frôlant un mur assourdissant, murmures d’un lac

En plongeant dans le fleuve des infondés
J’ai pris dans ma main une somme de circonvolutions
Tiens, si ce ne sont des mots, ce sont des galets
Qui permettent à l’audace la paralysie de l’évolution

Elle était là, la mère, écumant des bravades muettes
Fumant son tabac, roulant son alcool dans de vieux journaux
Elle regardait le temps, elle le laissait fuir ses dettes
Envers cette terre peuplée de la mémoire du flot

Et moi, dans tout ça, accoudé au comptoir des inhumains
Suppôt transitoire, à l’écriture molle des verges poétiques
Psalmodieur d’histoires, draps ouvragés par les mains
D’une reine sans parole, d’une putain de psychotique

J’apprends mais ne sais rien, j’ignore mais le tais
Par l’oreille et le tamis, m’abreuvant du néant créatif
Léthargie testamentaire, augure de l’hôtel des défaits
J’apprends et laisse ce que je sais dans le couloir des rétifs

Ainsi et n’est autrement
Le rêve présage le loup noir
L’enfant maltraite le dément
Bien qu’il en soit le manoir

Ainsi joue et perd la mise
Accusant les trous dans les cartes
Les planisphères mentent et remisent
Ce qui reste écrit sur les pancartes

Commentaires: 5

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