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Aurore sous les sables
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Aurore sous les sables
Là-haut, le ciel de la nausée pesait comme un vertige.
La corrosion faisait son œuvre sournoisement et j’espérais sans désobéir. Il me semblait que le malin, en s’emparant de ma chair, avait voulu clouer ma descendance au pilori.
Or, que n’avais-je pas attendu, tant redouté cette situation, devenir un objet consommable, une pâtisserie, une sottise à la pêche, moelleuse à titre privé, sa novice, son repas d’infirme.
Il était convenu que nous nous rejoignions à « L’Epicure », restaurant qui domine la falaise. Vétiver y avait ses habitudes. Dernière table sur la gauche, j’y serai. A l’intonation de sa voix, cela avait sonné comme un ordre. Difficile d’être plus explicite. Et il m’avait laissée seule, confuse, dans l’ignorance…
« Je suis l’animal qui cherche son âme »
Mon journal intime.
On ne fait du mal qu’aux personnes qu’on aime, m’avait dit mon père, avant de mourir. Oui papa, les amoureux font du mal, et toi tu es parti, maintenant tu les laisses faire.
Tout est inerte dans la chaleur étouffante. Il n’y a pas un souffle d’air, l’escalier ressemble à un cadavre figé dans la braise. Au soleil, les murs attendent qu’un étrange destin les ravive dans la paralysie de ce début d’après-midi. Je l’aperçois, sa silhouette dégingandée, j’ai envie de lui dire bonjour Monsieur le directeur du plâtre !
Mais on dirait qu’il est d’humeur braque, . Il y a dans sa façon de croquer les raisins une violence peu coutumière. Du mieux que je peux et du fond de la salle, j’essaie de l’observer en cachette quant soudain d’un mouvement rapide il lève son regard et m’aperçoit. Je longe les tables tête basse jusqu’à lui.
– Cher beau lapin, enfin te voilà !
Je me suis habillée à la va vite et en me regardant dans le miroir tout à l’heure avant de partir, je me suis dégoûtée de la tenue que j’avais mis. Tout ça à cause de ma mère. Je ressemble à présent à un melon poivré à l’ail, une gourgandine, une sauteuse de barriques, une sans esprit. Je me fais horreur et je lui ferai payer un jour ses méthodes de tricheuse.
« Soleil de proie, prisonnier de ma tête
Enlève la colline, enlève la forêt… »
Nous brûlerons les murs, les sentiers, nous donnerons sens aux preuves irréfutables de l’imaginaire.
Nous serons deux.
Lui, Bruno Vétiver et moi l’Aurore. Son Aurore.
La joie m’intoxique et j’accours...[...]
*A Breton et à suivre, peut-être…
La corrosion faisait son œuvre sournoisement et j’espérais sans désobéir. Il me semblait que le malin, en s’emparant de ma chair, avait voulu clouer ma descendance au pilori.
Or, que n’avais-je pas attendu, tant redouté cette situation, devenir un objet consommable, une pâtisserie, une sottise à la pêche, moelleuse à titre privé, sa novice, son repas d’infirme.
Il était convenu que nous nous rejoignions à « L’Epicure », restaurant qui domine la falaise. Vétiver y avait ses habitudes. Dernière table sur la gauche, j’y serai. A l’intonation de sa voix, cela avait sonné comme un ordre. Difficile d’être plus explicite. Et il m’avait laissée seule, confuse, dans l’ignorance…
« Je suis l’animal qui cherche son âme »
Mon journal intime.
On ne fait du mal qu’aux personnes qu’on aime, m’avait dit mon père, avant de mourir. Oui papa, les amoureux font du mal, et toi tu es parti, maintenant tu les laisses faire.
Tout est inerte dans la chaleur étouffante. Il n’y a pas un souffle d’air, l’escalier ressemble à un cadavre figé dans la braise. Au soleil, les murs attendent qu’un étrange destin les ravive dans la paralysie de ce début d’après-midi. Je l’aperçois, sa silhouette dégingandée, j’ai envie de lui dire bonjour Monsieur le directeur du plâtre !
Mais on dirait qu’il est d’humeur braque, . Il y a dans sa façon de croquer les raisins une violence peu coutumière. Du mieux que je peux et du fond de la salle, j’essaie de l’observer en cachette quant soudain d’un mouvement rapide il lève son regard et m’aperçoit. Je longe les tables tête basse jusqu’à lui.
– Cher beau lapin, enfin te voilà !
Je me suis habillée à la va vite et en me regardant dans le miroir tout à l’heure avant de partir, je me suis dégoûtée de la tenue que j’avais mis. Tout ça à cause de ma mère. Je ressemble à présent à un melon poivré à l’ail, une gourgandine, une sauteuse de barriques, une sans esprit. Je me fais horreur et je lui ferai payer un jour ses méthodes de tricheuse.
« Soleil de proie, prisonnier de ma tête
Enlève la colline, enlève la forêt… »
Nous brûlerons les murs, les sentiers, nous donnerons sens aux preuves irréfutables de l’imaginaire.
Nous serons deux.
Lui, Bruno Vétiver et moi l’Aurore. Son Aurore.
La joie m’intoxique et j’accours...[...]
*A Breton et à suivre, peut-être…
Re: Aurore sous les sables
Cette nouvelle comme la bonne nouvelle ! celle que te voilà parmi nous !
Ce style qui te colle à la peau et qu'on reconnaitrait entre mille..
Ce sera mon p'tit bonheur de ce jour
Welcome on the road !!
Ce style qui te colle à la peau et qu'on reconnaitrait entre mille..
Ce sera mon p'tit bonheur de ce jour
Welcome on the road !!
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LaLou
RE: Aurore sous les sables
Aprés cette mise en bouche, on attend la suite avec impatience...
A te lire,
Swann, impatient
A te lire,
Swann, impatient


Swann- MacadMalade

- Messages: 483
Date d'inscription: 31/08/2009
Age: 58
Localisation: entre deux cafés
Re: Aurore sous les sables
Lire du LoL et retrouver l'envie de lire.
Un grand auteur nous rejoint sur Macadam, avec un texte à la mesure de son talent.
Et qui nous présente un nouveau personnage.
Nilo, Le soleil se lève à LoL.
Un grand auteur nous rejoint sur Macadam, avec un texte à la mesure de son talent.
Et qui nous présente un nouveau personnage.
Nilo, Le soleil se lève à LoL.
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... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Aurore sous les sables
Ce texte mérite un UP majuscule.
Grâces soient rendues à Dédé d'avoir permis son exhumation.
Nilo, LoListe.
Grâces soient rendues à Dédé d'avoir permis son exhumation.
Nilo, LoListe.
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... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Aurore sous les sables
Un très beau texte. La percutance de certaines images me surprendra toujours, tant elles sont à la fois originales, évidentes, et condensées. La métaphore parfaite, et ce plusieurs fois !
Au plaisir de te lire.
Z.
Au plaisir de te lire.
Z.

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 624
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 19
Localisation: Centre
Re: Aurore sous les sables
Voilà le mur qui se gourmandise à la une et au lapin ! 

Ratoune- MacadAccro

- Messages: 898
Date d'inscription: 01/09/2009
Localisation: Nissa la bella surtout en automne
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