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Rêves (fragment).
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Rêves (fragment).
Ici, en cette place où se meuvent les foules,
L’astre du jour, blasé, est une vieille ampoule
Qui brille pour les morts, et raille les vivants.
Le ciel est neutre, gris ; ni couchant, ni levant.
Je cherche les rêveurs au fond de cette nasse,
Ceux qui savent pleurer ; ceux que la mort efface
Et qu’on oublie, pauvres génies, dans la seconde.
J’admire votre foi, vos frasques vagabondes,
Le prodige blafard qui mène votre vie :
L’inaccessible mot, où le rêve survit.
Hier, je me taisais, lassé de vos querelles,
Hérauts et fins gourmets recrachant les voyelles
Comme les gens précieux recrachent les bons vins ;
Aujourd’hui, j’ai choisi d’aspirer le venin.
Toutes vos symphonies ne valent pas un rire,
Le rire d’un enfant ; ni même le sourire
Aux joues ridées, creusées, des vieux de ma mémoire.
Je rêve tout le jour - poèmes, mes grimoires !
Mes petites lueurs, en vous, je me dissipe ;
Au-delà du pédant orchestre des principes.
L’on disait de grandir, avant que d’être vieux,
Et je suis vieux, déjà ; et je reste curieux
Comme sont les enfants qui courent sans répit.
Je suis né, je suis mort ; et voilà que je vis !
J’observe les passants, les vitrines brillantes,
Les mirages du jour, les ombres confidentes,
J’observe, je vous vois, créatures fidèles ;
Je marche sur les ponts invisibles du ciel.
Je n’ai pour moi qu’un mot, une folie : le rêve.
La vie me satisfait. Qu’elle soit longue, brève,
Ceux que j’aiment tout près, ou partis - peu importe !
Je rêve ce bonheur qu’un rêve seul apporte.
A chaque jour, a chaque instant, je me suppose.
Depuis longtemps déjà, plus rien ne vous oppose,
Muse que j’aime tant, quotidien de misère ;
J’habille, en mon berceau, le monstre de lumière.
Sur la fin de la nuit, lorsque le corps s’éveille,
Les pensées endormies sont comme des bouteilles
Emportées par le flot douceâtre de l’errance ;
L’air est chargé de son, de couleurs, de présences ;
Une force infinie arrache ce manteau
De douleurs, de regrets, qui nous mange la peau.
De la plante du pied aux cheveux en bataille,
Le rêve, le réel, fêtent les retrouvailles.
Z 7 11 09
L’astre du jour, blasé, est une vieille ampoule
Qui brille pour les morts, et raille les vivants.
Le ciel est neutre, gris ; ni couchant, ni levant.
Je cherche les rêveurs au fond de cette nasse,
Ceux qui savent pleurer ; ceux que la mort efface
Et qu’on oublie, pauvres génies, dans la seconde.
J’admire votre foi, vos frasques vagabondes,
Le prodige blafard qui mène votre vie :
L’inaccessible mot, où le rêve survit.
Hier, je me taisais, lassé de vos querelles,
Hérauts et fins gourmets recrachant les voyelles
Comme les gens précieux recrachent les bons vins ;
Aujourd’hui, j’ai choisi d’aspirer le venin.
Toutes vos symphonies ne valent pas un rire,
Le rire d’un enfant ; ni même le sourire
Aux joues ridées, creusées, des vieux de ma mémoire.
Je rêve tout le jour - poèmes, mes grimoires !
Mes petites lueurs, en vous, je me dissipe ;
Au-delà du pédant orchestre des principes.
L’on disait de grandir, avant que d’être vieux,
Et je suis vieux, déjà ; et je reste curieux
Comme sont les enfants qui courent sans répit.
Je suis né, je suis mort ; et voilà que je vis !
J’observe les passants, les vitrines brillantes,
Les mirages du jour, les ombres confidentes,
J’observe, je vous vois, créatures fidèles ;
Je marche sur les ponts invisibles du ciel.
Je n’ai pour moi qu’un mot, une folie : le rêve.
La vie me satisfait. Qu’elle soit longue, brève,
Ceux que j’aiment tout près, ou partis - peu importe !
Je rêve ce bonheur qu’un rêve seul apporte.
A chaque jour, a chaque instant, je me suppose.
Depuis longtemps déjà, plus rien ne vous oppose,
Muse que j’aime tant, quotidien de misère ;
J’habille, en mon berceau, le monstre de lumière.
Sur la fin de la nuit, lorsque le corps s’éveille,
Les pensées endormies sont comme des bouteilles
Emportées par le flot douceâtre de l’errance ;
L’air est chargé de son, de couleurs, de présences ;
Une force infinie arrache ce manteau
De douleurs, de regrets, qui nous mange la peau.
De la plante du pied aux cheveux en bataille,
Le rêve, le réel, fêtent les retrouvailles.
Z 7 11 09

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 624
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 19
Localisation: Centre
Re: Rêves (fragment).
tu le sais que je les aime tes alexandrins ...
tu le sais ...mais je ne peux pas m'empêcher de te le redire !
Yzaé, rêveuse ...
tu le sais ...mais je ne peux pas m'empêcher de te le redire !
Yzaé, rêveuse ...

Yzaé- MacadAccro

- Messages: 684
Date d'inscription: 07/10/2009
Age: 51
Localisation: touraine
Re: Rêves (fragment).
Le rêve ...le privilège indéniable de l'artiste , notre "place aux rêves" à laquelle on tient comme à la prunelle de nos yeux...
tellement bien dit Zlat :
"Je cherche les rêveurs au fond de cette nasse,
Ceux qui savent pleurer ; ceux que la mort efface
Et qu’on oublie, pauvres génies, dans la seconde.
J’admire votre foi, vos frasques vagabondes,
Le prodige blafard qui mène votre vie :
L’inaccessible mot, où le rêve survit."
..et c'est vrai qu'ils sont rares finalement....
Gardons nous au chaud.

tellement bien dit Zlat :
"Je cherche les rêveurs au fond de cette nasse,
Ceux qui savent pleurer ; ceux que la mort efface
Et qu’on oublie, pauvres génies, dans la seconde.
J’admire votre foi, vos frasques vagabondes,
Le prodige blafard qui mène votre vie :
L’inaccessible mot, où le rêve survit."
..et c'est vrai qu'ils sont rares finalement....
Gardons nous au chaud.
_________________
LaLou
Re: Rêves (fragment).
Tu me dis que tu rêves et c'est moi que ce rêve emporte.
Au creux des mots, au haut des songes.
Nilo, au milieu de la nuit.
Au creux des mots, au haut des songes.
Nilo, au milieu de la nuit.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Rêves (fragment).
"je suis né, je suis mort; et voilà que je vis"
écho particulier de celui-ci parmi les autres.
écho particulier de celui-ci parmi les autres.

gerard hocquet- MacadAdo

- Messages: 157
Date d'inscription: 24/10/2009
Re: Rêves (fragment).
Petit soucis sur certains alexandrins, notamment celui-ci:
"Les pensées endormies sont comme des bouteilles"
Règle de versification assez simple qui veut qu'on n'écrive pas un [e] muet après une voyelle et devant une consonne (impossible d'écrire "une jolie fille") ==> amène à la prononciation de ce [e], obligatoirement, ce qui nous donne un alexandrin de 13 syllabes ( ce qui bien entendu est possible, à condition que la treizième soit un [e] affaibli à la rime, c'est-à-dire une féminine).
Ce qui m'amène au second impair, en découlant: pas de [e] fort à l'hémistiche.
****************
Il y en a quelques uns comme ça, c'est dommage
.
"Les pensées endormies sont comme des bouteilles"
Règle de versification assez simple qui veut qu'on n'écrive pas un [e] muet après une voyelle et devant une consonne (impossible d'écrire "une jolie fille") ==> amène à la prononciation de ce [e], obligatoirement, ce qui nous donne un alexandrin de 13 syllabes ( ce qui bien entendu est possible, à condition que la treizième soit un [e] affaibli à la rime, c'est-à-dire une féminine).
Ce qui m'amène au second impair, en découlant: pas de [e] fort à l'hémistiche.
****************
Il y en a quelques uns comme ça, c'est dommage
_________________
"Parcere Subjectis et Debellare Superbos" Horatio
"Praemium Laboris" Bertele de Grenadenberg

Léocade Lawrence- MacaDeb

- Messages: 17
Date d'inscription: 17/09/2009
Re: Rêves (fragment).
T'as pas le droit d'écrire un classique comme ça Z. en toute insolence, une fulgurance pure, et voilà je me reconnecte, j'suis obligé. La magie opère, tes fragments éparpillés brillent sainement, vivent de leur souffle, de leurs images.
Ce poème est magique.
Chapeau bas mec.
Ce poème est magique.
Chapeau bas mec.

spandrell- MacadMalade

- Messages: 300
Date d'inscription: 14/09/2009
Re: Rêves (fragment).
alors là, Léocade, explique mieux ....
je ne comprends pas ....
moi, je le lis l'alexandrin, et c'est là l'essentiel, non ? je le vis, je le sens, comme si Z était là ....
alors, explique-moi ...STP
Yzaé, incompréhensive ...
je ne comprends pas ....
moi, je le lis l'alexandrin, et c'est là l'essentiel, non ? je le vis, je le sens, comme si Z était là ....
alors, explique-moi ...STP
Yzaé, incompréhensive ...

Yzaé- MacadAccro

- Messages: 684
Date d'inscription: 07/10/2009
Age: 51
Localisation: touraine
Re: Rêves (fragment).
Les pensées endormies sont comme des bouteilles
1.....2....34..5...6..7.8....9....10.11..12...13..14.(15)
impossible, en terme de métrique, de laisser passer le "pensées" et le "endormies".
Sinon, ce sont des teradécasyllabes, et non des alexandrins. Et même si le compte était de douze syllabes juste, en appliquant cette forme "endormies", "pensées", on aurait un dodécasyllabe, et non un alexandrin. L"alexandrin a des règles très strictes : pas pour emmerder le monde, mais pour le déclamer sans risquer de fautes grammaticales à la prononciation, qui seraient alors en même temps des fautes de métrique.
1.....2....34..5...6..7.8....9....10.11..12...13..14.(15)
impossible, en terme de métrique, de laisser passer le "pensées" et le "endormies".
Sinon, ce sont des teradécasyllabes, et non des alexandrins. Et même si le compte était de douze syllabes juste, en appliquant cette forme "endormies", "pensées", on aurait un dodécasyllabe, et non un alexandrin. L"alexandrin a des règles très strictes : pas pour emmerder le monde, mais pour le déclamer sans risquer de fautes grammaticales à la prononciation, qui seraient alors en même temps des fautes de métrique.
_________________
"Parcere Subjectis et Debellare Superbos" Horatio
"Praemium Laboris" Bertele de Grenadenberg

Léocade Lawrence- MacaDeb

- Messages: 17
Date d'inscription: 17/09/2009
Re: Rêves (fragment).
Intéressante, cette exsurgence de métrique tardive.
"Il y a quelque chose de plus haut que l'orgueil et de plus noble que la vanité, c'est la modestie ; et quelque chose de plus rare que la modestie, c'est la simplicité."
Antoine de Rivarol.
Merci aux autres pour leur passage.
Z.
"Il y a quelque chose de plus haut que l'orgueil et de plus noble que la vanité, c'est la modestie ; et quelque chose de plus rare que la modestie, c'est la simplicité."
Antoine de Rivarol.
Merci aux autres pour leur passage.
Z.

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 624
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 19
Localisation: Centre
Re: Rêves (fragment).
Ce problème de métrique ne m'a pas empêchée d'apprécier ce poème. Pourvu que ça coule, et là, ça coule, pour moi. Je me demande seulement comment, et pourquoi, quelquefois, la poésie, à ce point, bouffe la vie. C'est l'impression qu'il me reste de ma lecture. Comme une plaie qui ne cicatrise pas.
Mes
line, pas claire 
Mes

Re: Rêves (fragment).
qu'il traîne ici ou là quelques erreurs de "maître"
ce qu'il reste d' humain rend la chose parfaite
B...ez
ce qu'il reste d' humain rend la chose parfaite
B...ez
Re: Rêves (fragment).
très belle réponse, Ez ...
et merci de ton explication de texte, Léocade, mais je me demande :
et le plaisir dans tout ça ???
Yzaé, sensible à la métrique mais sans exagération ...
et merci de ton explication de texte, Léocade, mais je me demande :
et le plaisir dans tout ça ???
Yzaé, sensible à la métrique mais sans exagération ...

Yzaé- MacadAccro

- Messages: 684
Date d'inscription: 07/10/2009
Age: 51
Localisation: touraine
Re: Rêves (fragment).
Plaisir de lecture, certainement.
Je vois que ma remarque de métrique n'est pas très suivie.
Je n'en parlerai donc plus
.
Oublions le décompte des syllabes.
L.
Je vois que ma remarque de métrique n'est pas très suivie.
Je n'en parlerai donc plus
Oublions le décompte des syllabes.
L.
_________________
"Parcere Subjectis et Debellare Superbos" Horatio
"Praemium Laboris" Bertele de Grenadenberg

Léocade Lawrence- MacaDeb

- Messages: 17
Date d'inscription: 17/09/2009
Re: Rêves (fragment).
oublions le décompte, gardons le plaisir !!!

Yzaé- MacadAccro

- Messages: 684
Date d'inscription: 07/10/2009
Age: 51
Localisation: touraine
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