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Le despote.
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Le despote.
Ils m’ont trouvé hautain, dans la pose, les gestes,
Le front bas, le discours poussif et peu digeste ;
Ils m’ont trouvé pédant, ces hommes qui se plaisent
A vous nommer tout bas, à chercher le malaise
Aux détours innocents de phrases malhabiles.
Ils m’ont trouvé hautain, les hommes de la ville.
Et j’ai senti cet Oeil qui scrute nos travers ;
Hier, je me rêvais murmure, courant d’air
Au milieu des amas, au milieu du granit,
Hier, je me rêvais enfant de l’eau bénite,
Convaincu de marcher comme marchent les dieux ;
Hors-d’âge, poudré d’or, enfant-roi déjà vieux ;
Et sans m’appartenir, sans risquer, pour la gloire
Les tirades souillées dont s’entiche l’Histoire,
J’allais ; j’allais briller, je rêvais invisible,
Le sang brûlant d’amour, j’écrivais cette Bible
Inconsciente, pétrie de jeunesse sauvage !
Pour quels titres vénaux ais-je perdu ma rage ?
Ils m’ont trouvé hautain, cuistre, péjoratif,
Drapé dans le manteau bouffant des adjectifs ;
Ou bien, comme j’errais dans ces houles fertiles
Où je me perds souvent pour oublier la ville,
Ils m’ont trouvé bouffi de silence - pataud.
S’ils savaient la noirceur des pièces du château !
Je suis lassé d’aller sans envie, sans courage ;
Je m’ennuie de bâtir, de vivre, de ces pages
Qu’il faut tourner, incessamment, chaque matin ;
Je m’ennuie de l’amour, je m’ennuie des butins
Que chaque jour passé nous offre - l’expérience !
Quelle saveur demain - quelle autre décadence ?
Je n’ai plus volonté de faire, ou de défaire ;
Je rêvais de couleurs, la couleur m’indiffère ;
A mesure que j’écris, je me caricature.
Chaque vers est un poids, chaque vers est moins pur,
Abjecte, gangrenée, la poésie me ronge ;
Je m’ennuie d’y verser ma colère, mes songes.
Dans ce jeu qu’est la vie, comment se définir ?
Hier, je m’accrochais aux rimes sans faiblir,
Foetus, je me lovais au ventre de ma Muse ;
Je riais de savoir ce qu’elle vous refuse.
Aujourd’hui que tremblant, je bégaie, je zozote,
Elle se joue des pleurs, et se joue du despote.
Z 06 01 10
Le front bas, le discours poussif et peu digeste ;
Ils m’ont trouvé pédant, ces hommes qui se plaisent
A vous nommer tout bas, à chercher le malaise
Aux détours innocents de phrases malhabiles.
Ils m’ont trouvé hautain, les hommes de la ville.
Et j’ai senti cet Oeil qui scrute nos travers ;
Hier, je me rêvais murmure, courant d’air
Au milieu des amas, au milieu du granit,
Hier, je me rêvais enfant de l’eau bénite,
Convaincu de marcher comme marchent les dieux ;
Hors-d’âge, poudré d’or, enfant-roi déjà vieux ;
Et sans m’appartenir, sans risquer, pour la gloire
Les tirades souillées dont s’entiche l’Histoire,
J’allais ; j’allais briller, je rêvais invisible,
Le sang brûlant d’amour, j’écrivais cette Bible
Inconsciente, pétrie de jeunesse sauvage !
Pour quels titres vénaux ais-je perdu ma rage ?
Ils m’ont trouvé hautain, cuistre, péjoratif,
Drapé dans le manteau bouffant des adjectifs ;
Ou bien, comme j’errais dans ces houles fertiles
Où je me perds souvent pour oublier la ville,
Ils m’ont trouvé bouffi de silence - pataud.
S’ils savaient la noirceur des pièces du château !
Je suis lassé d’aller sans envie, sans courage ;
Je m’ennuie de bâtir, de vivre, de ces pages
Qu’il faut tourner, incessamment, chaque matin ;
Je m’ennuie de l’amour, je m’ennuie des butins
Que chaque jour passé nous offre - l’expérience !
Quelle saveur demain - quelle autre décadence ?
Je n’ai plus volonté de faire, ou de défaire ;
Je rêvais de couleurs, la couleur m’indiffère ;
A mesure que j’écris, je me caricature.
Chaque vers est un poids, chaque vers est moins pur,
Abjecte, gangrenée, la poésie me ronge ;
Je m’ennuie d’y verser ma colère, mes songes.
Dans ce jeu qu’est la vie, comment se définir ?
Hier, je m’accrochais aux rimes sans faiblir,
Foetus, je me lovais au ventre de ma Muse ;
Je riais de savoir ce qu’elle vous refuse.
Aujourd’hui que tremblant, je bégaie, je zozote,
Elle se joue des pleurs, et se joue du despote.
Z 06 01 10

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: Le despote.
tu as raison, on n'ordonne pas la poésie, on l'apprivoise patiemment et quand elle s'enfuit au galop, on la rattrape en lui offrant une déclaration d'amour comme celle-ci!
La muse et le poète, c'est un amour vache qu'on se le dise.
Mais même abandonné, tu fais des étincelles!
La muse et le poète, c'est un amour vache qu'on se le dise.
Mais même abandonné, tu fais des étincelles!

Comateen- MacadMalade

- Messages: 256
Date d'inscription: 02/09/2009
Localisation: Au Sud du Nord & au Nord du Sud
Re: Le despote.
Bien dit Coma....
"Z" ou comment dire qu'on a perdu sa muse en écrivant un magnifique poème tant inspiré!
"Z" ou comment dire qu'on a perdu sa muse en écrivant un magnifique poème tant inspiré!
_________________
LaLou
Re: Le despote.
Si tu en es là :
Je n’ai plus volonté de faire, ou de défaire ;
Je rêvais de couleurs, la couleur m’indiffère ;
A mesure que j’écris, je me caricature.
Chaque vers est un poids, chaque vers est moins pur,
Abjecte, gangrenée, la poésie me ronge ;
Je m’ennuie d’y verser ma colère, mes songes.
c'est que tu as oublié ceci :
Dans ce jeu qu’est la vie, comment se définir ?
Hier, je m’accrochais aux rimes sans faiblir,
Foetus, je me lovais au ventre de ma Muse ;
Je riais de savoir ce qu’elle vous refuse.
Aujourd’hui que tremblant, je bégaie, je zozote,
Elle se joue des pleurs, et se joue du despote.
Alors,
Poète, prends ton vers et fous lui une trempe !
Nilo, amusé.
Je n’ai plus volonté de faire, ou de défaire ;
Je rêvais de couleurs, la couleur m’indiffère ;
A mesure que j’écris, je me caricature.
Chaque vers est un poids, chaque vers est moins pur,
Abjecte, gangrenée, la poésie me ronge ;
Je m’ennuie d’y verser ma colère, mes songes.
c'est que tu as oublié ceci :
Dans ce jeu qu’est la vie, comment se définir ?
Hier, je m’accrochais aux rimes sans faiblir,
Foetus, je me lovais au ventre de ma Muse ;
Je riais de savoir ce qu’elle vous refuse.
Aujourd’hui que tremblant, je bégaie, je zozote,
Elle se joue des pleurs, et se joue du despote.
Alors,
Poète, prends ton vers et fous lui une trempe !
Nilo, amusé.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Le despote.
d'accord avec vous tous !!!
si Z écrit encore comme ça sans sa muse, on est sauvé !!!
Yzaé
si Z écrit encore comme ça sans sa muse, on est sauvé !!!
Yzaé

Yzaé- MacadAccro

- Messages: 696
Date d'inscription: 07/10/2009
Age: 52
Localisation: touraine
Re: Le despote.
Toi :
Zlatko a écrit:
Et j’ai senti cet Oeil qui scrute nos travers ;
Moi :
pheukiou a écrit:J'en arrive à bander à l'idée de léser,
de pointer de mon doigt les travers de chacun,
On pourrait croire que ce regard que tu sens sur vous est le mien ,)
Tu écris bien, c'est agréable, ça flingue un peu tout en gardant la tête froide, même si ce passage (que j'aime beaucoup), laisse penser l'inverse :
"Foetus, je me lovais au ventre de ma Muse ;
Je riais de savoir ce qu’elle vous refuse."
Mais c'est un peu comme une branche d'arbres, ça divague trop facilement sur d'autres rameaux infimes pour en revenir à l'originel.
Je pense à ces passages :
"Hier, je me rêvais murmure, courant d’air
Au milieu des amas, au milieu du granit,
Hier, je me rêvais enfant de l’eau bénite,
Convaincu de marcher comme marchent les dieux ;
Hors-d’âge, poudré d’or, enfant-roi déjà vieux ;
Et sans m’appartenir, sans risquer, pour la gloire
Les tirades souillées dont s’entiche l’Histoire,
J’allais ; j’allais briller, je rêvais invisible,
Le sang brûlant d’amour, j’écrivais cette Bible
Inconsciente, pétrie de jeunesse sauvage !
Pour quels titres vénaux ais-je perdu ma rage ?"
Voilà voilà.
Re: Le despote.
Clic-Dédé
Et ce clic est un régal
Le sentiment est très fort dans ce poème.
Sylvie
Et ce clic est un régal
Le sentiment est très fort dans ce poème.
Sylvie
_________________
Sylvie
J'aime vraiment faire tourner les aiguilles des horloges à l'envers
Re: Le despote.
Heureusement que je le vois, maintenant. Je prends en note ces deux vers:
"Je n’ai plus volonté de faire, ou de défaire ;
Je rêvais de couleurs, la couleur m’indiffère ;"
Sublime.
(quelque peu dommage toutefois ce [faire]::[fère]. M'enfin, ça passe. )
Mais quelle simplicité, dans le ton, et pourtant l'effet est là!
Bises, à bientôt G., j'espère.
"Je n’ai plus volonté de faire, ou de défaire ;
Je rêvais de couleurs, la couleur m’indiffère ;"
Sublime.
(quelque peu dommage toutefois ce [faire]::[fère]. M'enfin, ça passe. )
Mais quelle simplicité, dans le ton, et pourtant l'effet est là!
Bises, à bientôt G., j'espère.

Léocade Lawrence- MacaDeb

- Messages: 30
Date d'inscription: 17/09/2009
Re: Le despote.
Comme quoi ça ne fait que du bien d'aller frapper dans le
MUR A DEDE !! Léocade.
La preuve!
Sylvie
MUR A DEDE !! Léocade.
La preuve!
Sylvie
_________________
Sylvie
J'aime vraiment faire tourner les aiguilles des horloges à l'envers
Re: Le despote.
"S'ils savaient la noirceur des pièces du château"...
Belle image de l'angoisse dépressive, d'un poète qui
"écrit à l'encre noire avec un coeur noirci".
Belle image de l'angoisse dépressive, d'un poète qui
"écrit à l'encre noire avec un coeur noirci".
Re: Le despote.
Voilà un bel exemple qui contredit ce que je prétendais récemment : que la rime contraignait le sens. Ici, elle le sert : à peine une (ou deux) qui sente un poil l'effort, sinon tout coule parfaitement, avec de beaux éclats.
Ceci pour la forme. Pour le fond, l'écriture qui se prend comme objet d'écriture tourne forcément en rond.
Ceci pour la forme. Pour le fond, l'écriture qui se prend comme objet d'écriture tourne forcément en rond.
Re: Le despote.
"Pour le fond, l'écriture qui se prend comme objet d'écriture tourne forcément en rond."
Il y aurait matière à débattre.
Il y aurait matière à débattre.

Léocade Lawrence- MacaDeb

- Messages: 30
Date d'inscription: 17/09/2009
Re: Le despote.
D'autant que je n'y étudie pas "l'écriture", à proprement parler... Plutôt mon rapport aux autres ! Peut-être une énième introspection, ou un nombrilisme qui sert ma créativité ; mais c'est moins l'écriture que moi que j'analyse.
Z.
Z.

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: Le despote.
... D'où la magie qui se dégage de ces vers, à un très haut degrés de réalisme. C'est là toute la force de ton talent (de te/nous rassurer)
Dam, de tout premier ordre !
Dam, de tout premier ordre !
Re: Le despote.
j'ai beau relire, je trouve cela stéréotypé et rien voila
j'oublie
j'oublie

marc- MacadAccro

- Messages: 576
Date d'inscription: 03/09/2009
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