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La mort d'Ondine.
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La mort d'Ondine.
J’ai souvenir du temps où nous étions sauvages,
Où la plume, portée par les vents de passage
S’appelait Aspara, Ondine, Néréide ;
Où l’homme bâtissait des villes sur le vide.
Seirazein chantait, mi-oiseau, mi-humaine,
La plage blanche d’os lui servait de domaine
Et seul Orphée, fils de la nuit, joueur de lyre,
Avait pu ramener à terre son navire...
Sylphes, Nymphes des eaux, votre voix s’est perdue ;
Gnomes nés de la terre brune des talus,
Naïades des bas-fonds, aux cheveux lourds de perles,
Ondine, mal-aimée, aux amants infidèles...
Et nous savions rêver, écouter le silence,
La rêverie de l’eau - l’écho de la conscience,
Ophélia flottait, dans un rayon lunaire...
Nous étions les enfants de notre imaginaire.
Je suis né serviteur de cette grâce ancienne ;
Créatures enfouies, vous m’êtes quotidiennes
Et j’entends vos sanglots qui cherchent la lumière.
J’ai souvenir du temps où vous meniez la Terre !
Aujourd’hui nous pleurons, la vacuité nous ronge ;
Et plus l’homme vieillit, plus sa vie se prolonge
Et plus ses mots bouffis, lestés de suffisance,
Déversent sur la mort toute son impuissance...
Pourtant, j’ai souvenir d’une époque de fête,
Où l’homme, grand enfant, ni génie ni prophète,
Ouvrait des yeux naïfs au monde qu’il habite ;
D’une fleur, d’un rocher, il enfantait un mythe.
Z 20 01 10
Où la plume, portée par les vents de passage
S’appelait Aspara, Ondine, Néréide ;
Où l’homme bâtissait des villes sur le vide.
Seirazein chantait, mi-oiseau, mi-humaine,
La plage blanche d’os lui servait de domaine
Et seul Orphée, fils de la nuit, joueur de lyre,
Avait pu ramener à terre son navire...
Sylphes, Nymphes des eaux, votre voix s’est perdue ;
Gnomes nés de la terre brune des talus,
Naïades des bas-fonds, aux cheveux lourds de perles,
Ondine, mal-aimée, aux amants infidèles...
Et nous savions rêver, écouter le silence,
La rêverie de l’eau - l’écho de la conscience,
Ophélia flottait, dans un rayon lunaire...
Nous étions les enfants de notre imaginaire.
Je suis né serviteur de cette grâce ancienne ;
Créatures enfouies, vous m’êtes quotidiennes
Et j’entends vos sanglots qui cherchent la lumière.
J’ai souvenir du temps où vous meniez la Terre !
Aujourd’hui nous pleurons, la vacuité nous ronge ;
Et plus l’homme vieillit, plus sa vie se prolonge
Et plus ses mots bouffis, lestés de suffisance,
Déversent sur la mort toute son impuissance...
Pourtant, j’ai souvenir d’une époque de fête,
Où l’homme, grand enfant, ni génie ni prophète,
Ouvrait des yeux naïfs au monde qu’il habite ;
D’une fleur, d’un rocher, il enfantait un mythe.
Z 20 01 10

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1537
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: La mort d'Ondine.
Ah que les muses, nymphes et autres corps célestes portent beau quand tu les habilles !
Encore un trait de ton génie de l'assemblage des mots portés par une ossature solide.
Nilo, ni Dieu ni Ange, à défaut de Maître.
Encore un trait de ton génie de l'assemblage des mots portés par une ossature solide.
Nilo, ni Dieu ni Ange, à défaut de Maître.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: La mort d'Ondine.
Oh que oui Z !!
Pour le fond et cette forme toute en puissance et à la fois toute légère.
L'hybris règne de nos jours et les nymphes pleurent.
Pour le fond et cette forme toute en puissance et à la fois toute légère.
L'hybris règne de nos jours et les nymphes pleurent.
_________________
LaLou
Re: La mort d'Ondine.
magnifique !
si bien écrit et si vrai !
bravo, Z
Yzaé
si bien écrit et si vrai !
bravo, Z
Yzaé

Yzaé- MacadAccro

- Messages: 696
Date d'inscription: 07/10/2009
Age: 52
Localisation: touraine
Re: La mort d'Ondine.
Clic Dédé et les muses reviennent nous rendrent visite..et comment ! par la plume agile, libre et envolée de Z !
_________________
LaLou
Re: La mort d'Ondine.
Vraiment sympa ce voyage dans le temps. Bien écrit , du coup du déjoues le risque de l'"etalage". Pas simple. Bravo. Petit bémol sur la dernière strophe, un peu redite peut être ou un peu en dessous, je ne sais pas j'ai moins accroché...
Les mots bouffis ! Excellent !
Les mots bouffis ! Excellent !
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