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Les traits
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Les traits
Maman, est-ce que c'est le matin ? Je vois des traits de matin par la fenêtre
On va se lever, maman ? Aller jouer dehors, maman ?
Courir dans les près et construire des cabanes ?
Dis-moi, Maman, quand est-ce qu'on se lève, Maman ?
Il est trop tôt, mon fils, le grand chêne est trahi
Ils ont détruit les villes, écrasé les montagnes
Partout dans les bois, ils ont planté leurs bidasses
Ils nous surveillent, mon fils, et il fait encore nuit
Je veux faire un arc, maman, je suis un indien
Je veux plonger ma main dans le fond du ruisseau
Attraper des grattes au dessous des galets
Je veux courir partout où la terre a saigné
Ils ont pris la terre, mon fils, et ils ont pris le ciel aussi
Les cahutes occupées nous regardent là-haut
Je t'en supplie, couvre-toi, je t'en supplie, rendort-toi
La lumière que tu vois n'est pas celle du jour
Je veux cueillir de mes mains les raisins vermeils
Je veux goutter encore aux délices des figues
Je veux voir passer tout haut un vol noir de corneilles
Je m'en vais par la fenêtre enjamber mon destin
Une phalange attendait que la fenêtre s'entrouvre
Esquisse sanguine à la mine rieuse, jaillit dans la fente
Et tire un trait ivre sur une promesse d'enfant
Derrière les fiers traits de matin, les traits traîtres du soir
On va se lever, maman ? Aller jouer dehors, maman ?
Courir dans les près et construire des cabanes ?
Dis-moi, Maman, quand est-ce qu'on se lève, Maman ?
Il est trop tôt, mon fils, le grand chêne est trahi
Ils ont détruit les villes, écrasé les montagnes
Partout dans les bois, ils ont planté leurs bidasses
Ils nous surveillent, mon fils, et il fait encore nuit
Je veux faire un arc, maman, je suis un indien
Je veux plonger ma main dans le fond du ruisseau
Attraper des grattes au dessous des galets
Je veux courir partout où la terre a saigné
Ils ont pris la terre, mon fils, et ils ont pris le ciel aussi
Les cahutes occupées nous regardent là-haut
Je t'en supplie, couvre-toi, je t'en supplie, rendort-toi
La lumière que tu vois n'est pas celle du jour
Je veux cueillir de mes mains les raisins vermeils
Je veux goutter encore aux délices des figues
Je veux voir passer tout haut un vol noir de corneilles
Je m'en vais par la fenêtre enjamber mon destin
Une phalange attendait que la fenêtre s'entrouvre
Esquisse sanguine à la mine rieuse, jaillit dans la fente
Et tire un trait ivre sur une promesse d'enfant
Derrière les fiers traits de matin, les traits traîtres du soir
Re: Les traits
Décidément je sens que je vais apprécier cette écriture.
Nilo, le conte est bon.
Nilo, le conte est bon.
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... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Les traits
J'aime aussi beaucoup - même si je ne suis pas sûr que tout le conte soit "tendre", Lalou !
Je m'y perds un peu sur la forme, mais qu'importe le flacon...
Z.
Je m'y perds un peu sur la forme, mais qu'importe le flacon...
Z.

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
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