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Nénuphar
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Nénuphar
Espoir désespoir,
Désespoir Espoir
Ne peux m’en prendre qu’à moi
Et au ciel
De m’avoir fait ainsi
Et voulu tel que je ne puis
Me résoudre à la fin
A me soumettre à la réalité de l’autre
Puisse cet autre être mon amour
Mon amour qui,
Tant qu’il était une création
Vue brillante de mon esprit fuyant
Était bonheur éden paradise
Et quand soudain s’est révélé
Au désir autre de l’autre
Grave sérieux soumis
A viré au noir trou sans fond rigolade
Maigre excuse pour sortir du guêpier
Néant moins pauvre que triste
Et gris bouillie à souhait !
Le cri révolté de l’autre
Ricoche sur un mur vide
Sur un fond de silence
Sur une mer d’huile glacée
Plus raide qu’un mort et plus aveugle et sourd qu’un nénuphar
Perdu en sa sombre marre de nulle part
Me lance une amarre tant elle en a marre
Et sans y prendre garde
Lâche aussi l’autre bout
C’est dire si même avec une gaffe
Elle ne pouvait plus rien espérer
De son erreur et de ma fuite effrénée
Vers les contrées trop pures
Vers un monde autre
Vert amande et sans balisage
Pal visage et vil paysage
La vie, jour et nuit,
Nuit et jour, n’est pas impossible
Ciel azur et air chaud
Ciel plombé et bise imbécile
La nuit des étoiles
Et la nuit seulement nuit
La nuit comme le jour
Et le jour comme la nuit
Qu’importe
Quand le ton de sa vie
Est trop doux, et fade et triste
Mais qu’importe
Puisque les repères du vivant
Sont lois :
Demain il fera jour !
Sombre lac de nuit
Comme de jour avec le voile vivant
Du brouillard qui ratisse et qui hurle
Comme ses griffes le pénètre
Le pauvre nénuphar perdu,
Vert et bleu indigo
Gigote et frémit, non pas de honte ni de douleur,
Mais de froid et d’angoisse
De solitude extrême assassine
Ses feuilles lacérées flottent en eaux troubles,
Une bulle venue d’ailleurs l’effarouche encore
Et redouble sa torpeur.
Éternise son heure macabre de souffrance gélifiée
Pétrifiée pour l’éternité
Gelée quoi ! Gelée… Je l’est !
S’écrit-elle enfin
Dans un souffle d’espoir aussi vite étouffé
Dans une faute de verbe qui l’égare encore plus
Qui l’entraine malgré elle
Au bord du gouffre
Etc etc.
*
Vous vous demandez bien dans quel état je fus pour écrire ces rimes
Dont on aurait vite dit qu’elles ne riment à rien
Un rien pauvres et perdues au milieu de nulle part !
Vous vous demandez donc où j’étais parti
Et si dans cet ailleurs j’étais triste ou gai ?
Vous voulez savoir si cet état de crise
Est enviable ou pas,
Quand il permet de s’exprimer avec les mots de Dieu
De s’évader encore plus haut !
Fuite non pas du mal ni du bien mais d’un autre mal et d’un autre bien
Pour un autre mal et un autre bien
… que seul une bête, l’animal connaît
Je suis donc une bête ce soir, cet animal de nulle part
Et d’ailleurs.
D’ailleurs…
…Je me rattache aux branches de la vie
Quand les mots l’un à l’autre se répondent et s’unissent
Seul, enfin seul mais pour la première fois compris
Et entendu de tous, y compris des bêtes.
*
Fin et éternité de Dieu
En ces terres et ces temps
Où la barbarie, l’orgueil et l’argent
La guerre sévit encore, la guerre sévit toujours
A chaque pas de l’homme, chaque seconde est une guerre
Qui passe et qui s’oublie, mieux vaut ne pas en être la cible
Bien sûr évidemment !
Alors sûrement mieux vaut ne pas être sa propre victime
De sa propre guéguerre
Mais existe-elle ?
Mais oui qu’elle existe
La seule qu’on peut aimer, caresser, haïr
Par les traits de l’esprit tirer par les cheveux
Une bourrique à barrique
ET AUTANT QUE FAIRE SE PEUT
Fuir les barricades
Ignorer les bas ordres d’en haut
Des petits dirigeants minables
Qui se croient toujours victorieux
Quand ils s’en remettent à Dieu !
Dam.
Désespoir Espoir
Ne peux m’en prendre qu’à moi
Et au ciel
De m’avoir fait ainsi
Et voulu tel que je ne puis
Me résoudre à la fin
A me soumettre à la réalité de l’autre
Puisse cet autre être mon amour
Mon amour qui,
Tant qu’il était une création
Vue brillante de mon esprit fuyant
Était bonheur éden paradise
Et quand soudain s’est révélé
Au désir autre de l’autre
Grave sérieux soumis
A viré au noir trou sans fond rigolade
Maigre excuse pour sortir du guêpier
Néant moins pauvre que triste
Et gris bouillie à souhait !
Le cri révolté de l’autre
Ricoche sur un mur vide
Sur un fond de silence
Sur une mer d’huile glacée
Plus raide qu’un mort et plus aveugle et sourd qu’un nénuphar
Perdu en sa sombre marre de nulle part
Me lance une amarre tant elle en a marre
Et sans y prendre garde
Lâche aussi l’autre bout
C’est dire si même avec une gaffe
Elle ne pouvait plus rien espérer
De son erreur et de ma fuite effrénée
Vers les contrées trop pures
Vers un monde autre
Vert amande et sans balisage
Pal visage et vil paysage
La vie, jour et nuit,
Nuit et jour, n’est pas impossible
Ciel azur et air chaud
Ciel plombé et bise imbécile
La nuit des étoiles
Et la nuit seulement nuit
La nuit comme le jour
Et le jour comme la nuit
Qu’importe
Quand le ton de sa vie
Est trop doux, et fade et triste
Mais qu’importe
Puisque les repères du vivant
Sont lois :
Demain il fera jour !
Sombre lac de nuit
Comme de jour avec le voile vivant
Du brouillard qui ratisse et qui hurle
Comme ses griffes le pénètre
Le pauvre nénuphar perdu,
Vert et bleu indigo
Gigote et frémit, non pas de honte ni de douleur,
Mais de froid et d’angoisse
De solitude extrême assassine
Ses feuilles lacérées flottent en eaux troubles,
Une bulle venue d’ailleurs l’effarouche encore
Et redouble sa torpeur.
Éternise son heure macabre de souffrance gélifiée
Pétrifiée pour l’éternité
Gelée quoi ! Gelée… Je l’est !
S’écrit-elle enfin
Dans un souffle d’espoir aussi vite étouffé
Dans une faute de verbe qui l’égare encore plus
Qui l’entraine malgré elle
Au bord du gouffre
Etc etc.
*
Vous vous demandez bien dans quel état je fus pour écrire ces rimes
Dont on aurait vite dit qu’elles ne riment à rien
Un rien pauvres et perdues au milieu de nulle part !
Vous vous demandez donc où j’étais parti
Et si dans cet ailleurs j’étais triste ou gai ?
Vous voulez savoir si cet état de crise
Est enviable ou pas,
Quand il permet de s’exprimer avec les mots de Dieu
De s’évader encore plus haut !
Fuite non pas du mal ni du bien mais d’un autre mal et d’un autre bien
Pour un autre mal et un autre bien
… que seul une bête, l’animal connaît
Je suis donc une bête ce soir, cet animal de nulle part
Et d’ailleurs.
D’ailleurs…
…Je me rattache aux branches de la vie
Quand les mots l’un à l’autre se répondent et s’unissent
Seul, enfin seul mais pour la première fois compris
Et entendu de tous, y compris des bêtes.
*
Fin et éternité de Dieu
En ces terres et ces temps
Où la barbarie, l’orgueil et l’argent
La guerre sévit encore, la guerre sévit toujours
A chaque pas de l’homme, chaque seconde est une guerre
Qui passe et qui s’oublie, mieux vaut ne pas en être la cible
Bien sûr évidemment !
Alors sûrement mieux vaut ne pas être sa propre victime
De sa propre guéguerre
Mais existe-elle ?
Mais oui qu’elle existe
La seule qu’on peut aimer, caresser, haïr
Par les traits de l’esprit tirer par les cheveux
Une bourrique à barrique
ET AUTANT QUE FAIRE SE PEUT
Fuir les barricades
Ignorer les bas ordres d’en haut
Des petits dirigeants minables
Qui se croient toujours victorieux
Quand ils s’en remettent à Dieu !
Dam.
Re: Nénuphar
Un jeu de sonorité qui rend tes élucubrations musicales et plaisantes à lire malgré le côté hermétique de ton poème.
Amitiés.

Amitiés.

Invité- Invité
Re: Nénuphar
Ne le prends surtout pas mal, mais ton poème me fait penser à ces musiques qui conduisent à une sorte d'état de transe sans qu'on puisse l'expliquer, à ces tableaux que l'on contemple fasciné par les couleurs en ne voyant plus pour finir ce qu'ils représentent d'autre.
Par hermétique je voulais dire que tes mots emportent dans un univers peu habituel, étrange et presque irréel tant tes images sont belles et tristes à la fois.
Enfin c 'est comme ça que je le perçois.

Par hermétique je voulais dire que tes mots emportent dans un univers peu habituel, étrange et presque irréel tant tes images sont belles et tristes à la fois.
Enfin c 'est comme ça que je le perçois.

Invité- Invité
Re: Nénuphar
Merci Katya pour ta réponse claire ; je sais être hermétique aussi quand je le veux bien ; voilà pourquoi je te demandais explication. Pas si hermétique que ça, donc, avoue ? Suffit d'y rentrer, dans mon "univers", une fois le pas franchi, on peut... On peut quoi ? On peut, c'est déjà ça, on peut et c'est déjà bien.
Et je sens que tu l'as franchi, ce seuil entre deux galaxies.
Seul le lecteur à mon sens peut être hermétique... (entendu que parfois la paraisse précède l'effort, l'envie et la curiosité se perdent ainsi, la fuite conduisant à l'isolement, désolation (mais c'est un vaste sujet, et autre (mais quand même)!
... Mais dans quoi je me suis embarqué là ?
Je suis content, juste content d'avoir trouvé un "copain" à mon Nénuphar, un écho humain, vital pour le coup, mais oui, vital, comme je ne fais rien à demi.
Dam, revigoré, pas bavard.

Et je sens que tu l'as franchi, ce seuil entre deux galaxies.
Seul le lecteur à mon sens peut être hermétique... (entendu que parfois la paraisse précède l'effort, l'envie et la curiosité se perdent ainsi, la fuite conduisant à l'isolement, désolation (mais c'est un vaste sujet, et autre (mais quand même)!
... Mais dans quoi je me suis embarqué là ?
Je suis content, juste content d'avoir trouvé un "copain" à mon Nénuphar, un écho humain, vital pour le coup, mais oui, vital, comme je ne fais rien à demi.
Dam, revigoré, pas bavard.
Re: Nénuphar
"La vie, jour et nuit,
Nuit et jour, n’est pas impossible
Ciel azur et air chaud
Ciel plombé et bise imbécile
La nuit des étoiles
Et la nuit seulement nuit
La nuit comme le jour
Et le jour comme la nuit
Qu’importe
Quand le ton de sa vie
Est trop doux, et fade et triste
Mais qu’importe
Puisque les repères du vivant
Sont lois :
Demain il fera jour !"
Un bloc qui me va.

Nuit et jour, n’est pas impossible
Ciel azur et air chaud
Ciel plombé et bise imbécile
La nuit des étoiles
Et la nuit seulement nuit
La nuit comme le jour
Et le jour comme la nuit
Qu’importe
Quand le ton de sa vie
Est trop doux, et fade et triste
Mais qu’importe
Puisque les repères du vivant
Sont lois :
Demain il fera jour !"
Un bloc qui me va.


Ratoune- MacadAccro

- Messages: 1618
Date d'inscription: 01/09/2009
Re: Nénuphar
"Le cri révolté de l’autre
Ricoche sur un mur vide
Sur un fond de silence
Sur une mer d’huile glacée"
J'aime vraiment beaucoup ce passage Dam
Sylvie
Ricoche sur un mur vide
Sur un fond de silence
Sur une mer d’huile glacée"
J'aime vraiment beaucoup ce passage Dam
Sylvie
_________________
Sylvie
J'aime vraiment faire tourner les aiguilles des horloges à l'envers
Re: Nénuphar
... C'est dur mais c'est la vie. Il ne saurait en être autrement, sinon ça pédale dans la smoule, at vitam éternum...
Dam, non ...? Atchoum !
Dam, non ...? Atchoum !
Re: Nénuphar
Je me suis replongée dans ce poème car je me sens toujours attirée malgré l'avoir déjà lu, par le titre et j'ai noté aussi ce passage que je trouve fort:
"Plus raide qu’un mort et plus aveugle et sourd qu’un nénuphar
Perdu en sa sombre marre de nulle part
Me lance une amarre tant elle en a marre
Et sans y prendre garde
Lâche aussi l’autre bout"
C'est vrai qu'à la relecture je me suis demandée comment l'auteur était à ce moment là...et j'ai ressenti comme une envie de se raccrocher à ce qui peut décevoir pour ne pas sombrer dans le gouffre mais plutôt réaliser que l'on peut s'en sortir puisque comme le proverbe le dit ( et je veux bien y croire vu mon expérience) :
" A chaque chose malheur est bon!"
Ce que j'aime, quand je te lis c'est que malgré la longueur de tes poèmes, y a toujours des instants que je qualifierais de "suspense" comme si un fil nous entrainait au bout de quelque chose d'important et à ne pas rater.
J'aime aussi quand il y a un "décrochement" qui fait comme l'interlude et où le lecteur prend un certain souffle avant de continuer.
Ce nénuphars m'a emportée bien loin mais aucun regret...je te l'assure
Sylvie
"Plus raide qu’un mort et plus aveugle et sourd qu’un nénuphar
Perdu en sa sombre marre de nulle part
Me lance une amarre tant elle en a marre
Et sans y prendre garde
Lâche aussi l’autre bout"
C'est vrai qu'à la relecture je me suis demandée comment l'auteur était à ce moment là...et j'ai ressenti comme une envie de se raccrocher à ce qui peut décevoir pour ne pas sombrer dans le gouffre mais plutôt réaliser que l'on peut s'en sortir puisque comme le proverbe le dit ( et je veux bien y croire vu mon expérience) :
" A chaque chose malheur est bon!"
Ce que j'aime, quand je te lis c'est que malgré la longueur de tes poèmes, y a toujours des instants que je qualifierais de "suspense" comme si un fil nous entrainait au bout de quelque chose d'important et à ne pas rater.
J'aime aussi quand il y a un "décrochement" qui fait comme l'interlude et où le lecteur prend un certain souffle avant de continuer.
Ce nénuphars m'a emportée bien loin mais aucun regret...je te l'assure
Sylvie
_________________
Sylvie
J'aime vraiment faire tourner les aiguilles des horloges à l'envers
Re: Nénuphar
Une bien longue promenade, que j'avais lu et que je relis pour mieux m'en imprégner. Je suis un peu de l'avis de Sylvie, avec ces moments de "suspens" pour la paraphraser... Tu m'a tenue en haleine jusqu'au bout et j'apprécie...
Re: Nénuphar
Je n'avais pas remercié, voilà c'est fait. Merci.
Dam, plutôt deux fois qu'une et jamais deux sans trois.
Dam, plutôt deux fois qu'une et jamais deux sans trois.
Re: Nénuphar
J'aime bien cette pensée brouillon, qui m'entraine et me laisse libre d'interprétations. Tu livres juste la matière. Les questions sont pour le lecteur. Pour moi, plutôt. C'est un texte à lire et relire. J'y reviendrai.
Messaline
Messaline
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