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Pour donner aux cocktails un goût de Martini
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Pour donner aux cocktails un goût de Martini
Pour donner aux cocktails un goût de Martini
Les aubes étaient glorieuses aux heures débutantes
Quand rien ne comptait tant que haine résistante.
Les mois de mai faisaient de ces cerises mûres
Qui rougissaient les fronts en se faisant augures
Des grands espoirs perdus, des causes combattantes,
De tous les soirs rougis des veilles militantes.
Les drapeaux noirs étaient aux toits des préfectures,
Drapant le ciel honteux de leur robe de bure
Comme linceul flottant au vent de l'utopie
Qui donnait aux cocktails un goût de Martini
Pour la gueule de bois d'un lendemain qui dure
L'espace d'un instant, grisé par l'aventure.
Quand on rechantera aux crépuscules roses
Les airs qui font pleurer dans les chaumières closes,
Au coin de cheminées dont les âcres fumées
Rougissent tant les yeux que les mots échappés
De ces refrains éteints ne sont plus ni la cause,
Ni l'effet de ces larmes accrochées à la prose.
Le mot fin qui s'écrit à la dernière page
Est celui par lequel l'avenir nous engage.
Car remettre en sommeil les rêves de grandeur
C'est mourir à vingt ans, anesthésiant ses peurs,
Comme accuser son chien de n'avoir pas la rage
C'est recouvrir de noir l'avant-dernière image.
Et si, après longtemps de douce solitude,
Il revenait soudain, au soir des habitudes,
L'envie, un beau matin, de reprendre la route
Et de tirer enfin la pelote du doute
Au rouet d'une vie grinçant d'incertitude
Comme les figurants d'un nouvel interlude.
Nilo.
Les aubes étaient glorieuses aux heures débutantes
Quand rien ne comptait tant que haine résistante.
Les mois de mai faisaient de ces cerises mûres
Qui rougissaient les fronts en se faisant augures
Des grands espoirs perdus, des causes combattantes,
De tous les soirs rougis des veilles militantes.
Les drapeaux noirs étaient aux toits des préfectures,
Drapant le ciel honteux de leur robe de bure
Comme linceul flottant au vent de l'utopie
Qui donnait aux cocktails un goût de Martini
Pour la gueule de bois d'un lendemain qui dure
L'espace d'un instant, grisé par l'aventure.
Quand on rechantera aux crépuscules roses
Les airs qui font pleurer dans les chaumières closes,
Au coin de cheminées dont les âcres fumées
Rougissent tant les yeux que les mots échappés
De ces refrains éteints ne sont plus ni la cause,
Ni l'effet de ces larmes accrochées à la prose.
Le mot fin qui s'écrit à la dernière page
Est celui par lequel l'avenir nous engage.
Car remettre en sommeil les rêves de grandeur
C'est mourir à vingt ans, anesthésiant ses peurs,
Comme accuser son chien de n'avoir pas la rage
C'est recouvrir de noir l'avant-dernière image.
Et si, après longtemps de douce solitude,
Il revenait soudain, au soir des habitudes,
L'envie, un beau matin, de reprendre la route
Et de tirer enfin la pelote du doute
Au rouet d'une vie grinçant d'incertitude
Comme les figurants d'un nouvel interlude.
Nilo.
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... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Pour donner aux cocktails un goût de Martini
reprendre la route au soir des habitudes... Là tu te fais tentateur.
C'est d'ailleurs parfois le rôle des poètes.
C'est d'ailleurs parfois le rôle des poètes.
Re: Pour donner aux cocktails un goût de Martini
Comme un âge d'or perdu... J'aime beaucoup ton poème, même si l'espoir n'y suinte que très peu.
Re: Pour donner aux cocktails un goût de Martini
Effectivement, mais il n'est pas fait pour. Au contraire.
Il n'y a pas grand chose à espérer des révolutionnaires qui se lèvent à date fixe (de préférence au printemps) ou au moindre coup de sifflet des maîtres à mal penser qui leur servent de réveil de conscience.
Nilo, chien sans collier.
Il n'y a pas grand chose à espérer des révolutionnaires qui se lèvent à date fixe (de préférence au printemps) ou au moindre coup de sifflet des maîtres à mal penser qui leur servent de réveil de conscience.
Nilo, chien sans collier.
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... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Pour donner aux cocktails un goût de Martini
Sans parler du fond, quelle maitrise !!
Il coule et roule comme une fontaine..
Il coule et roule comme une fontaine..
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LaLou
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