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À trimballer des mots comme des photos de porte-feuilles
Macadam :: MacadaTextes :: Poèmes
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À trimballer des mots comme des photos de porte-feuilles
Je fumais des automates sanguinaires
clonant ici ou là des virtuosités ridicules
comme ces cils dont on ne sait rien
ni de leur commencement ni de leur fin
j'ai cloué, tapé, meurtri des claviers noirs
des épingles aux murs m'imaginaient le monde
des continents infra-terrestres, des confins volcaniques
autant de miroirs suburbains que de misères architecturales
À trimballer des mots
comme des photos de porte-feuilles
je marchais la nuit, ivre, dans l'ivresse morbide
des fonds de cales, des culs-de-basse-fosses
pendu au rétroviseur de mes visions insomniaques
je marchais sans terre, sans oxygène, sans atmosphère
j'étayais la stratosphère à l'ombre des desseins
peinture des sens perdus et des retrouvailles impossibles
je creusais à me fendre les mains, je touchais la pierre
sur laquelle des serpents aveugles remuaient de la queue
À trimballer des mots
comme des photos de porte-feuilles
combien de nuits étais-je capable de rêver
tant ce réservoir me paraissait inépuisable
il y avait là des kyrielles d'images
passant des matrices aux enfances lunaires
combien les réveils m'étaient douloureux
alors que je m'étais échappé des larmes et des plaintes
je rejoignais le monde vivant, transi d'un froid
aussi épouvantable que l'idée de la mort
je fumais des cathédrales défectueuses
mes prières s'accordaient aux tempos irascibles
de mes humeurs oisives, surnaturelles
je pêchais par manque d'entrain
qu'alors j'apercevais ce visage livide
marqué par la mort avant de mourir
m'en venait des larmes venimeuses
ces lugubres forêts du destin
À trimballer des mots
comme des photos de porte-feuilles
je n'apprenais rien, je simulais, déroutant
les trajectoires, m'amusant à me perdre
aussi loin que le permettait ma conscience
je fuyais sans destination ni origine
j'étais l'orifice pénétré de l'enceinte cauchemardesque
écrivant des poèmes pour écrire des poèmes
je faisais feu du bois qui me rendait disponible
à la tellurique des masques, je ne vibrais plus
les points disjoints se mêlaient au couvent
silence initial des sanglantes inerties
je faisais semblant pour faire comme si
révolté mature dans l'immaturité des lettres
À trimballer des mots
comme des photos de porte-feuilles
je crevais des pulsars et des galaxies d'éprouvette
endurant mes mains aux cheveux de la reine
clonant ici ou là des virtuosités ridicules
comme ces cils dont on ne sait rien
ni de leur commencement ni de leur fin
j'ai cloué, tapé, meurtri des claviers noirs
des épingles aux murs m'imaginaient le monde
des continents infra-terrestres, des confins volcaniques
autant de miroirs suburbains que de misères architecturales
À trimballer des mots
comme des photos de porte-feuilles
je marchais la nuit, ivre, dans l'ivresse morbide
des fonds de cales, des culs-de-basse-fosses
pendu au rétroviseur de mes visions insomniaques
je marchais sans terre, sans oxygène, sans atmosphère
j'étayais la stratosphère à l'ombre des desseins
peinture des sens perdus et des retrouvailles impossibles
je creusais à me fendre les mains, je touchais la pierre
sur laquelle des serpents aveugles remuaient de la queue
À trimballer des mots
comme des photos de porte-feuilles
combien de nuits étais-je capable de rêver
tant ce réservoir me paraissait inépuisable
il y avait là des kyrielles d'images
passant des matrices aux enfances lunaires
combien les réveils m'étaient douloureux
alors que je m'étais échappé des larmes et des plaintes
je rejoignais le monde vivant, transi d'un froid
aussi épouvantable que l'idée de la mort
je fumais des cathédrales défectueuses
mes prières s'accordaient aux tempos irascibles
de mes humeurs oisives, surnaturelles
je pêchais par manque d'entrain
qu'alors j'apercevais ce visage livide
marqué par la mort avant de mourir
m'en venait des larmes venimeuses
ces lugubres forêts du destin
À trimballer des mots
comme des photos de porte-feuilles
je n'apprenais rien, je simulais, déroutant
les trajectoires, m'amusant à me perdre
aussi loin que le permettait ma conscience
je fuyais sans destination ni origine
j'étais l'orifice pénétré de l'enceinte cauchemardesque
écrivant des poèmes pour écrire des poèmes
je faisais feu du bois qui me rendait disponible
à la tellurique des masques, je ne vibrais plus
les points disjoints se mêlaient au couvent
silence initial des sanglantes inerties
je faisais semblant pour faire comme si
révolté mature dans l'immaturité des lettres
À trimballer des mots
comme des photos de porte-feuilles
je crevais des pulsars et des galaxies d'éprouvette
endurant mes mains aux cheveux de la reine
Re: À trimballer des mots comme des photos de porte-feuilles
Un de plus.
Oui, encore une contribution de LC dans la lignée LC.
Brute, adjective et qualificative.
Qui met les mots là où ça fait mal.
Et qui loin des chorus nous distille sa petite musique jazzy.
LC en équilibre sur ses mots et c'est tout un fil qui se déroule. J'aime.
Nilo, diminué.
Oui, encore une contribution de LC dans la lignée LC.
Brute, adjective et qualificative.
Qui met les mots là où ça fait mal.
Et qui loin des chorus nous distille sa petite musique jazzy.
LC en équilibre sur ses mots et c'est tout un fil qui se déroule. J'aime.
Nilo, diminué.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: À trimballer des mots comme des photos de porte-feuilles
Si je devais citer des auteurs qui ont une plume très particulière et auquelle je m'accroche ben je ne vais pas gêner pour te dire que tu en fais partie car pour le reste, je ne fais que savourer ma lecture.
Sylvie
Sylvie
_________________
Sylvie
J'aime vraiment faire tourner les aiguilles des horloges à l'envers
Re: À trimballer des mots comme des photos de porte-feuilles
Ton style sent l'été, le nouveau, le dérangeant... Et j'aime ce qui dérange.
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