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Femmes de peu
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Femmes de peu
Femmes de peu
Tout est habit sur cette terre
J’ai mis le mien comme on se terre
Au fond d’un trou. Comme on éclaire
Une peau neuve, d’un faisceau
D’un rayon noir, ses oripeaux.
Lorsque s’abîme à l’horizon
De ma mémoire, le haillon
Chercher l’espoir, trouver le ton
Sens aux aguets, à plein désir
Donner son sang, et ses soupirs.
Femmes de peu, flammes si peu
Éteignent si souvent le feu.
Tout se tait quand toutes se parent.
Une mouche, un cil, un cigare
À la bouche peinte de fards.
J’étais de celles que l’on fraie
Moins hirondelle que l’effraie.
Âme joyeuse, et le cœur rouge
J’étais la gueuse dans ce bouge
J’avais la fièvre que tout bouge.
J’aimais m’asseoir près du pianiste
Que j’avais coché dans ma liste.
Femmes de peu, flammes si peu
Éteignent si souvent le feu.
Nous avions le samedi libre
Pour aller perdre l’équilibre
Et nos pas sous le ciel qui vibre
Sur le sable de la jetée
Le béton du port désarmé
Où quelques marins de passage
Jetaient par-dessus nos corsages
Des envies de briser la cage ;
Lors nous larguions par-dessus bord
Notre vertu, nos joies, nos corps.
Femmes de peu, flammes si peu
Éteignent si souvent le feu.
Tout est habit sur cette terre
J’ôte le mien pour qu’on m’enterre
Comme j’ai vécu, solitaire
Donnant ma chair à tout venant
N’ayant pas de saint regardant.
Aujourd’hui je porte le deuil
Madame Rose, mon aïeule
S’est déchirée comme une feuille.
À l’hiver glacé de ce verre
Je la pleure plus que ma mère.
Flammes de peu, femmes en creux
Qui teignent leurs derniers adieux.
Messaline, 2010
Tout est habit sur cette terre
J’ai mis le mien comme on se terre
Au fond d’un trou. Comme on éclaire
Une peau neuve, d’un faisceau
D’un rayon noir, ses oripeaux.
Lorsque s’abîme à l’horizon
De ma mémoire, le haillon
Chercher l’espoir, trouver le ton
Sens aux aguets, à plein désir
Donner son sang, et ses soupirs.
Femmes de peu, flammes si peu
Éteignent si souvent le feu.
Tout se tait quand toutes se parent.
Une mouche, un cil, un cigare
À la bouche peinte de fards.
J’étais de celles que l’on fraie
Moins hirondelle que l’effraie.
Âme joyeuse, et le cœur rouge
J’étais la gueuse dans ce bouge
J’avais la fièvre que tout bouge.
J’aimais m’asseoir près du pianiste
Que j’avais coché dans ma liste.
Femmes de peu, flammes si peu
Éteignent si souvent le feu.
Nous avions le samedi libre
Pour aller perdre l’équilibre
Et nos pas sous le ciel qui vibre
Sur le sable de la jetée
Le béton du port désarmé
Où quelques marins de passage
Jetaient par-dessus nos corsages
Des envies de briser la cage ;
Lors nous larguions par-dessus bord
Notre vertu, nos joies, nos corps.
Femmes de peu, flammes si peu
Éteignent si souvent le feu.
Tout est habit sur cette terre
J’ôte le mien pour qu’on m’enterre
Comme j’ai vécu, solitaire
Donnant ma chair à tout venant
N’ayant pas de saint regardant.
Aujourd’hui je porte le deuil
Madame Rose, mon aïeule
S’est déchirée comme une feuille.
À l’hiver glacé de ce verre
Je la pleure plus que ma mère.
Flammes de peu, femmes en creux
Qui teignent leurs derniers adieux.
Messaline, 2010
Re: Femmes de peu
Et bien Mess, tu nous reviens avec des merveilles dans tes carnets !
Quel bel hommage à ces femmes de peu ! plein de tendresse ..
On y ressent une sorte de dépit, comme un triste constat , finalement un regard posé avec grande humanité sur ces heroïnes malgré elles.
et la forme colle à tout ça, sans heurts, doucement et sans faire trop de bruit.
Emouvant.
Flammes de peu, femmes en creux
Qui teignent leurs derniers adieux.
Quel bel hommage à ces femmes de peu ! plein de tendresse ..
On y ressent une sorte de dépit, comme un triste constat , finalement un regard posé avec grande humanité sur ces heroïnes malgré elles.
et la forme colle à tout ça, sans heurts, doucement et sans faire trop de bruit.
Emouvant.
Flammes de peu, femmes en creux
Qui teignent leurs derniers adieux.
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LaLou
Re: Femmes de peu
"Flammes de peu, femmes en creux
Qui teignent leurs derniers adieux."
Un final en beauté !
J'ai aimé ton texte !
H.
Qui teignent leurs derniers adieux."
Un final en beauté !
J'ai aimé ton texte !
H.

hortense- MacadAccro

- Messages: 815
Date d'inscription: 19/09/2009
Re: Femmes de peu
Oh putain que j'aime ça !
C'est vraiment superbe, dans l'intention comme dans le fond et la forme.
J'aurais aimé l'écrire, mais je ne l'aurais pas écrit comme ça alors tu as bien fait de le faire.
Tiens, je viens de mettre une pièce dans le juke box pour un coup de "House of the rising sun" pour la peine.
Nilo, admiratif.
C'est vraiment superbe, dans l'intention comme dans le fond et la forme.
J'aurais aimé l'écrire, mais je ne l'aurais pas écrit comme ça alors tu as bien fait de le faire.
Tiens, je viens de mettre une pièce dans le juke box pour un coup de "House of the rising sun" pour la peine.
Nilo, admiratif.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Femmes de peu
Du beau texte bien ficelé pour un lecteur averti et qui sait savourer
Ca me rappelle lorsque j'ai été à Amsterdam et que j'ai vu ces femmes en vitrine et j'ai dit à mon poète.
"Comme les sardines, elles sont en boite et prêtes à être consommées"
Et j'avoue que ce spectacle ne m'a pas fait sourire,...
Sylvie
Ca me rappelle lorsque j'ai été à Amsterdam et que j'ai vu ces femmes en vitrine et j'ai dit à mon poète.
"Comme les sardines, elles sont en boite et prêtes à être consommées"
Et j'avoue que ce spectacle ne m'a pas fait sourire,...
Sylvie
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Sylvie
J'aime vraiment faire tourner les aiguilles des horloges à l'envers
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