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Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

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Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

Message  Picastel le Sam 19 Sep - 16:47

Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

J'aime beaucoup ce titre. C'est normal, il est de moi. Enfin presque, je l'ai vaguement piqué à Woody Allen qui titre lui "Dieu, Shakespeare et moi." Je l'ai mis un peu dans le désordre et j'ai rajouté Gershwin, c'est plus joli. Et alors! Je ne vois pas pourquoi je me priverais, lui, il a tout piqué à Bergman et Fellini. Un Woody Allen c'est pas difficile à faire. Vous prenez un juif petit et moche avec des lunettes, vous mettez en face une fille trop belle pour lui, vous les placez devant un immeuble de Manhattan et vous rajoutez du Jazz et quelques blagues un peu intello. En voilà un qui a su habilement se servir du génie des autres pour faire du fric au rythme trop soutenu d'un film par an, toujours le même. Poussant le mauvais goût jusqu'à faire un best of de ses propres films dans "Harry dans tous ses états". Comprenez Woody dans tous ses films.
Et puis ceux que l'on appelle les génies me font doucement rigoler. Shakespeare, par exemple, c'est très surfait. D'ailleurs, il m'arrive souvent de me dire devant une mise en scène de William: "c'est marrant, moi j'aurais pas écrit ça comme ça."
Prenons Roméo et Juliette, soit disant un de ses chefs-d'œuvre et bien c'est pas terrible. J'admets qu'il y a quelques envolées lyriques qui ne sont pas trop mal mais bon pas de quoi casser des briques. Ça frise même le mélo pré pubère. A la fin, on ne sait toujours pas ce que Juliette cache sous sa jupe.

Moi, j'aurais rajouté quelques scènes un peu chaudes. Les grands sentiments c'est bon pour les Walt Disney. Ce n'est qu'un soap de plus, vaguement en vers, vaguement tragique, vaguement imbécile, un sous Ally Mac Beal.
Qui oserait affirmer que "Roméo et Juliette" n'est pas qu'un conte pour enfant un peu convenu qui finit mal. Ça vaut pour ses autres pièces, MacBeth est taré et Hamlet est un peu con. Il faut l'être pour parler à un crâne, non?

Le destin tragique, ils n'ont que ce mot là à la bouche les génies depuis la poétique d'Aristote. En voilà un autre de génie, Aristote, c'est un espèce de Jules Renard Antique, que tout le monde cite mais que personne n'a jamais lu. En tout cas jamais jusqu'au bout. Il paraît que le deuxième tome est génial. Ah oui, il est perdu, comme c'est commode ! Moi aussi, je peux dire que j'ai écrit un livre sublime qui décrit de façon subtile l'art de la comédie, tellement bouleversant qu'il renverserait le monde, un livre révolutionnaire dont j'ai malheureusement perdu le manuscrit. Et honnêtement, le premier tome n'était pas si bien que ça, il ne fait que décrire empiriquement les lois d'un genre. Ce n'est qu'un ouvrage de type universitaire de fond de bibliothèque, avec port de toge en plus, relativement exhaustif. Si demain j'écris un livre sur, par exemple, la série américaine on n'en fera pas tout un foin.

Je pourrais dire que la série américaine se divise en trois parties: Le début, le milieu et la fin. Mais ça ne s'arrêterait pas là, je démontrerais ensuite, avec un brio étourdissant, que ça a une "fonction" et là j'emploierais un mot super classe: "la catharsis". Ça signifie en gros que quand Chuck Norris envoie un coup de poing dans la gueule d'un trafiquant de drogue, ça m'empêche d'en balancer un dans la gueule de ma femme qui est assise à côté. C'était pas l'envie qui m'en manquait mais comme j'ai vu Chuck le faire, du coup j'ai plus envie. Irons-nous jusqu'à dire qu'une pièce de Sophocle c'est comme Walker Texas Ranger sans les explosions et les coup de poing dans la gueule des méchants ? Oui.


Autre exemple, Léonard de Vinci, là encore à part peut-être un bon coup de crayon c'est pas non plus extraordinaire. Aujourd'hui il ferait un bon concepteur pour les jeux Lego. Et quand je dis un bon coup de crayon, je suis sympa, la Joconde admettez qu'elle ne vaut pas Claudia Cardinale, ça au moins c'était de la gonzesse. Elle ne nous offre même pas un sourire la Joconde, même pas un demi. Léonard de Vinci n'a peint finalement qu'une femme, pas très belle, qui nous fixe d'un air étrangement niais les épaules de travers.

Il y en a pourtant qui ont vu des choses dans ses peintures. Dan Brown, par exemple. Je t'en foutrais moi des Dan Brown ! Une espèce de Umberto Ecco sous développé, le talent et l'érudition en moins, qui surfe sur la vague des mythes bibliques et des sociétés secrètes à la mords-moi-le-nœud avec une pauvreté de vocabulaire que l'on ne rencontre guère que dans les bandes dessinés des manuels pour apprendre l'anglais du type: Where is Léonard de Vinci ? He's in the kitchen.
Il va jusqu'à émettre l'hypothèse hallucinante que Jésus n'était pas immortel. Quel brio!
D'ailleurs Dieu c'est pareil, c'est pas si bien que ça. Remarquez, premier livre, premier best seller. Pourtant Dieu c'est un peu comme Loana ou Socrate, il n'a rien écrit lui-même. C'est facile de s'attribuer le talent des autres. Mais il faut admettre qu'il a su cultiver le mystère en n'accordant que très peu d'interviews. Tellement peu d'ailleurs qu'on en arrive à se demander s'il existe vraiment. Et puis la bible c'est bien mais il y a des longueurs. Comme pour Shakespeare, il y a des fois où je me dis; "J'aurais pas écrit ça comme ça". Déjà, quand arrive le héros du chapitre, ils se sentent obligés de faire toute la lignée. Josué, fils de Nun, serviteur de moïse… Pas la peine de faire un résumé des épisodes précédents à chaque fois.

Et puis c'est très moraliste comme livre. Tu ne tueras point, tu ne voleras point, tu ne loucheras point dans le décolleté de ta voisine… Et puis ces répétitions, c'est pénible! Mais il y a pire encore à ce niveau, regardons un instant le Coran:
"Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Louange à Allah, Seigneur de l'univers.
Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Maître du Jour de la rétribution."
Maître du jour de la répétition oui ! C'est comme les slogans publicitaires, il faut que ça rentre ! Mercurochrome le pansement des héros ! Bouddha les pansements de l'âme des héros !
Bon, j'arrête là pour aujourd'hui, sinon avec tous les tarés de la religion, je vais avoir des problèmes. Il vaut mieux que je rentre Allah maison.
Et Gershwin dans tout ça alors ? Et bien on va dire que Gershwin on le laisse tranquille pour aujourd'hui. Mais tout de même, vous ne trouvez pas que dans Rapsody in blue il y a un peu trop de notes ?

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Re: Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

Message  Nilo le Dim 20 Sep - 7:47

Déboulonnage d'idoles en série.
Et coulage à la cire perdue de la statue du Commandeur.
La place rouge était vide... Le moule est cassé.

Et Gershwin dans tout ça ?
Il s'en tire bien, ce n'était pas son jour.

Picastel tire à vue, les pipes se cassent !

Nilo, que la fête continue !

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Re: Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

Message  Nilo le Jeu 24 Déc - 13:44

J'y peux rien, c'est un Clic-Dédé.
Je vais vous dire un truc. Je ne suis pas mécontent d'être allé droit dans le mur et que ça redonne une chance à ce superbe texte.
Superbe ! J'ai dit superbe ?
Oui, j'ai dit superbe.

Nilo, et je le redis.

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Re: Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

Message  Lalou le Jeu 24 Déc - 16:13

BIn je ne l'avais jamais vu !!! comment est ce possible???

et OUI , pour le superbe texte Nilo!

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Re: Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

Message  Sylvie le Lun 28 Déc - 6:23

Ha! ben merci Dédé car je n'avais pas lu ce texte.

Que de belles vérités et surtout, en conclusion:

Si tu es harchi mort tu as une chance d'être reconnu "Artiste" même si tu n'as pondu que de la m...
Si tu es riche, que tu possèdes un tableau de machin et bien "machin" devient un génie.
Quant aux séries:

Les méchants sont toujours moches et les "gentils" ont le droit de foutre une beigne à leur épouse.
Les méchants restent sobres et n'ont donc aucune excuse, les "gentils" eux, se bourrent la gueule et on perdu leur chien...donc si ils flinguent un type par erreur ils restent excusable.

Mais la dure réalité dans tout ça c'est que ce n'est pas de la fiction pure.

Un texte fort bien écrit et que j'applaudis.

Au plaisir pic

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Re: Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

Message  LauraDavies le Ven 1 Jan - 7:29

C'est moins fumeux que du Ricain...et plus jouissif.
J'applause de mes deux moignons ! cheers

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Re: Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

Message  Ratoune le Jeu 22 Juil - 10:42

Le mur m'envoie dans ce texte et je retiens deux choses :
Si tous les petits, juifs ou pas d'ailleurs, "moches" et maigres maniaient la caméra comme Woody, que je n'apprécie pas particulièrement, nous serions recouverts de quelques films intéressants.
Sinon, je n'ai pas vu de rapport entre Aristote et Renard ( beaucoup plus lu ), l'un est dogmatique, l'autre acide ascorbique.
Ok pour déboulonner les statues de bronze et en couler quelques uns d'ailleurs, mais j'aurais bien aimé que l'on visât Paul le Poulpe par exemple beaucoup plus tentaculaire... ou alors, au pire, Nini la rainette. bounce bounce bounce

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Re: Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

Message  Nilo le Dim 10 Oct - 13:11

Missing

Nilo, ce qui est fait n'est plus à faire.

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Re: Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

Message  Batsie le Dim 10 Oct - 16:25

J'aime beaucoup, j'ai souris depuis le début! Délicate désinvolture à tailler un short à quelques hommes ou "surhomme" que je ne connais pas vraiment, non culturiste des grand noms j'en ai souvent pour ne pas dire toujours fait l'impasse... Je vais continuer de feuilleté l'auteur, pour la culture et le plaisir!
A voter, j'aime!

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Re: Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

Message  Nicolas Gleyze le Ven 29 Oct - 10:37

Découvert à l'occasion des morceaux de l'an 1, j'étais passé à côté. Il m'a bien fait rire et, surtout, je ne culpabiliserai plus à l'idée de ne pas avoir lu tout Aristote !

Sinon, j'aime bien Chuck Norris, mais ça ne vaut pas Stevan Seagal.

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Re: Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

Message  Dédé le Ven 29 Oct - 12:57

Et voilà P'pa, t'es en train de te faire un fan club.
J'sais bien que t'as pas que ça à foutre mais tu devrais nous en mettre plus souvent pasque c'est d'la bonne.
Et nous des bonnes nouvelles on en redemande.

Dédé.

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Ciao les gonzesses, c'était Dédé. Cool

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Re: Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

Message  Swann le Mer 3 Nov - 6:00

J'ai redécouvert ce texte avec les morceaux de l'an 1. Et particulierement apprécié son impertinence iconoclaste... Et tant pis pour les idoles et les veaux d'or.

Swann,

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Re: Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

Message  marc le Mer 3 Nov - 6:49

je ne sais pas trop comment prendre ce texte. c'est plutôt plaisant, bien écrit pourtant les impressions sur les divers "personnages" restent a flotter sans vraiment de pertinence.

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Re: Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

Message  Picastel le Mer 3 Nov - 13:08

Pour faire une réponse globale:
D'abord, merci pour vos messages, ceux qui ont aimé et les autres.
Ensuite, je ne fais que les égratigner c'est vrai puisque je les aime bien, c'est juste pour la blague (sauf Dan Brown).

Amitiés.

Pic

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Re: Dieu, Shakespeare, Gershwin et moi

Message  Nilo le Dim 10 Avr - 17:41

Vive Le Printemps de la Prose qui met un coup de pied dans la fourmilière des idoles par l'intermédiaire du P'pa de Dédé.
Texte plaisant et jouissif en vérité.

Nilo, parti pris.

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