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Allô, maman bleue
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Allô, maman bleue
Allô, maman bleue. La morte est verte, le ciel gras.
Sous la lune grise ton sommeil ne respire plus.
Il me manque tes mains -château de cartes- et ton coeur couteau.
Maman, tu m’écoutes ?
Il y a des mots que j’ai ensevelis partout, jusque même dans la gamelle du chat.
Des soupirs.
Une chose tangible m’a guidé tout à l’heure.
J’ai eu un petit hoquet de solitude et j’ai tout vomi par terre. Mon ventre avait une telle amertume que je croyais ne jamais pouvoir m’arrêter.
On a frappé à ma tête. J’ai fait un bond et j’ai sursauté. J’ai bien cru te voir derrière la fenêtre mais il y avait trop de buée.
Les gens me conseillent de me diriger vers un établissement spécialisé. Je crains que là-bas je ne puisse plus fumer de cigarettes ni voir mon chat. Ca m’inquiète. J’ai peur.
Très peur.
Tu le sais, non, maman ? J’ai horreur des maisons qui n’ont pas de fenêtres. Tu sais, des maisons avec des portes. Des portes où je me cogne la tête parce qu’elles ne s’ouvrent jamais. Peut-être parce que je suis trop grande pour mon âge .
Allô ? Allô, maman bleu. Tu ne m’écoutes pas… ?… plus ?
D’ailleurs, tu me m’écoutes jamais ou presque.
Il y avait un forfait illimité dans mon coeur que tu n’as pas su prendre.
Existent des moments, Maman bleue, où il faut savoir se pendre à son cou.
Toi qui les connaît les hommes alors:
Dis-moi qu'on a mal...
Sous la lune grise ton sommeil ne respire plus.
Il me manque tes mains -château de cartes- et ton coeur couteau.
Maman, tu m’écoutes ?
Il y a des mots que j’ai ensevelis partout, jusque même dans la gamelle du chat.
Des soupirs.
Une chose tangible m’a guidé tout à l’heure.
J’ai eu un petit hoquet de solitude et j’ai tout vomi par terre. Mon ventre avait une telle amertume que je croyais ne jamais pouvoir m’arrêter.
On a frappé à ma tête. J’ai fait un bond et j’ai sursauté. J’ai bien cru te voir derrière la fenêtre mais il y avait trop de buée.
Les gens me conseillent de me diriger vers un établissement spécialisé. Je crains que là-bas je ne puisse plus fumer de cigarettes ni voir mon chat. Ca m’inquiète. J’ai peur.
Très peur.
Tu le sais, non, maman ? J’ai horreur des maisons qui n’ont pas de fenêtres. Tu sais, des maisons avec des portes. Des portes où je me cogne la tête parce qu’elles ne s’ouvrent jamais. Peut-être parce que je suis trop grande pour mon âge .
Allô ? Allô, maman bleu. Tu ne m’écoutes pas… ?… plus ?
D’ailleurs, tu me m’écoutes jamais ou presque.
Il y avait un forfait illimité dans mon coeur que tu n’as pas su prendre.
Existent des moments, Maman bleue, où il faut savoir se pendre à son cou.
Toi qui les connaît les hommes alors:
Dis-moi qu'on a mal...
Re: Allô, maman bleue
Parfois je me dis qu'il y a toujours de l'amour qui m'aime quelque part ; cette pensée simpliste me permet d'avoir le sentiment d'être aimée, même si j'ai été mal-aimée enfant - faute à la douleur et à la peur, qui à coup sûr, sont plus génétiquement transmissibles que toute autre maladie. Comme dans les cauchemars, il faut faire face à ses peurs...et l'écriture est un moyen de faire face - tu le démontres encore aujourd'hui.
Ton texte m'a rappelé un poème que j'ai lu à mes élèves, il est d'Alain Bosquet, le voici :
Quand tu ne vois plus le ciel,
cela s'appelle une chambre.
Quand tu ne vois plus les arbres,
cela s'appelle un mur.
Quand tu cries après ta maman
et qu'elle ne répond pas,
cela s'appelle la distance.
Quand tu ne vois plus rien,
cela s'appelle la nuit.
N'aie pas peur :
dans le mur il y a des lucarnes
pour imaginer les arbres invisibles.
N'aie pas peur :
ta maman est toujours là,
malgré la distance,
malgré l'espace,
malgré la nuit ;
elle est au fond de ton coeur.
(Bon, je sais, c'est un poème pour enfants, mais je ne lisais à mes jeunes élèves que des poèmes qui parlaient aussi à l'adulte que j'étais, et que je suis encore...puisqu'il me parle toujours)
Ton texte m'a rappelé un poème que j'ai lu à mes élèves, il est d'Alain Bosquet, le voici :
Quand tu ne vois plus le ciel,
cela s'appelle une chambre.
Quand tu ne vois plus les arbres,
cela s'appelle un mur.
Quand tu cries après ta maman
et qu'elle ne répond pas,
cela s'appelle la distance.
Quand tu ne vois plus rien,
cela s'appelle la nuit.
N'aie pas peur :
dans le mur il y a des lucarnes
pour imaginer les arbres invisibles.
N'aie pas peur :
ta maman est toujours là,
malgré la distance,
malgré l'espace,
malgré la nuit ;
elle est au fond de ton coeur.
(Bon, je sais, c'est un poème pour enfants, mais je ne lisais à mes jeunes élèves que des poèmes qui parlaient aussi à l'adulte que j'étais, et que je suis encore...puisqu'il me parle toujours)

Carmen P.- MacadAccro

- Messages: 1185
Date d'inscription: 18/11/2009
Re: Allô, maman bleue
Encore un beau moment de lecture.
Il y a des mots que j’ai ensevelis partout, jusque même dans la gamelle du chat.
J'espère que le chat saura en profiter.
Nilo, greffier.
Il y a des mots que j’ai ensevelis partout, jusque même dans la gamelle du chat.
J'espère que le chat saura en profiter.
Nilo, greffier.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Allô, maman bleue
@ super Lol pour : "On a frappé à ma tête. J’ai fait un bond et j’ai sursauté. J’ai bien cru te voir derrière la fenêtre mais il y avait trop de buée."
je décerne un PTDR et un MDR (illimité) pour lui remonter un peu le cafard et prendre de l'avance sur son retard
@ CP effectivement je confirme : "il y a toujours de l'amour qui m'aime quelque part"
B...ez
je décerne un PTDR et un MDR (illimité) pour lui remonter un peu le cafard et prendre de l'avance sur son retard
@ CP effectivement je confirme : "il y a toujours de l'amour qui m'aime quelque part"
B...ez
Re: Allô, maman bleue
Même s'il est très hermétique pour moi, c'est un texte sensible, intime, et douloureux.
J'ai beaucoup aimé.
Messaline
J'ai beaucoup aimé.
Messaline
Re: Allô, maman bleue
Oui, en effet, c'est un texte qui parle de et à l'intime.
Quelle que soit la couleur de l'amer, pour ceci :
"Il y avait un forfait illimité dans mon coeur que tu n’as pas su prendre."
... je m'approprie le texte.
Re: Allô, maman bleue
vraiment touché, a la croisé du journal et du poème. les choses, objets quotidiens prennent des dimensions inattendues et croisent le trajet de la souffrance
"on est toujours tout seul" Nietzsche
en plus une photo de gainsbourg dans le genre mélanco comme avatar
"bad news from the stars"^^
excellent
"on est toujours tout seul" Nietzsche
en plus une photo de gainsbourg dans le genre mélanco comme avatar
"bad news from the stars"^^
excellent

marc- MacadAccro

- Messages: 576
Date d'inscription: 03/09/2009
Re: Allô, maman bleue
Un texte fort, ce besoin d'amour, intime et universelle, un réalisme tout en poésie qui est la tienne, et qui peut toucher le monde, tout le monde.
_________________
"fais de ta vie un rêve et de tes rêves une realité"

spandrell- MacadAccro

- Messages: 532
Date d'inscription: 14/09/2009
Re: Allô, maman bleue
Oh oui il m'a touché ce texte, plus qu'accoutumée, je n'aurai peut-être pas du le lire...
Une jolie poésie, d'une vérité universelle, on a tous besoin d'amour Maman.
Une jolie poésie, d'une vérité universelle, on a tous besoin d'amour Maman.
Re: Allô, maman bleue
Touchée, j'ai frissonné à ces mots d'appel sans pouvoir n'y répondre que par un "commentaire".
Frustrant.
Frustrant.
_________________
LaLou
Re: Allô, maman bleue
C'est " au ciel gras " que nos sentiments glissent et dévissent.
J'aime bien celui-ci pour ses mots sans fards.
J'aime bien celui-ci pour ses mots sans fards.

Ratoune- MacadAccro

- Messages: 1618
Date d'inscription: 01/09/2009
Re: Allô, maman bleue
Il y a des mots qui mentent pas , il y a des maux qui sont bleus et il y a Laura Lol – et je me tais. Chapô ! Solweig

solweig- MacadMalade

- Messages: 328
Date d'inscription: 05/09/2009
Age: 62
Localisation: Szczecin/Sablé-sur-Sarthe
Re: Allô, maman bleue
La buée ne m'a jamais empê-
chez de vous voir.
Merci à tous et même si cela ne sert à rien, il servira un jour à quelqu'un.
chez de vous voir.
Merci à tous et même si cela ne sert à rien, il servira un jour à quelqu'un.
Re: Allô, maman bleue
J'ai fait le vœu de mettre mon aumône dans la sébile de tous les mendiants que je trouverai sous toutes les portes cochères qui mènent au Petit Etablissement de Crédit que je viens d'ouvrir au profit de ceux qu'en ont pas besoin. En particulier à la Douzième liste que j'vous ai filée.
Juste histoire de pas avoir bossé pour rien à les chercher pasque si j'compte que sur vous j'crains qu'y en ait qu'entendent pas le son de votre obole tombant dans leur coupelle.
Charité bien ordonnée...
Dédé.
Juste histoire de pas avoir bossé pour rien à les chercher pasque si j'compte que sur vous j'crains qu'y en ait qu'entendent pas le son de votre obole tombant dans leur coupelle.
Charité bien ordonnée...
Dédé.
_________________
Ciao les gonzesses, c'était Dédé.

Dédé- MacaDédé

- Messages: 1885
Date d'inscription: 04/09/2009
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