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Griffouillis (épilogue)

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Griffouillis (épilogue)

Message  Zlatko le Ven 27 Aoû - 17:01

Un soir je me suis perdu et je l’ai voulue pleine et entière. La poésie brouille les âmes, les chemins y sont clairs et matinaux, et pleins d’empreintes de sourires. Englué dans les paradoxes, le monstre humain est d’abord un être de tristesse : et j’analyse la pénombre, fasciné. A quoi tiennent-elles ? Tous les échos dans la même ronde. Hier renégat : donnez-moi l’absolution, laissez-moi libre. A bas les paumes gorgées de friandises : elles mentent ! Où m’emmènent-elles les petites lubies ? Qu’est-ce qu’elles distillent ? Le troisième homme n’est ni sage ni brute. Il n’y a de barreaux que ceux qu’on suppose, allons en joie ! Bâtissons moins grand et plus haut. Je n’ai plus aimé les masses hirsutes, déposées là ; j’avais les pieds nus, les orteils levés hauts au son des cornemuses. J’entendais bien gémir les esprits de prose, grignotés par le vent, étourdis par la lune ; et la lueur diffuse de leurs corps illuminait le compost où je marche, triste à crever. La poésie est comme la terre : elle grouille. Pour quelles questions insolubles, pour quelles eaux glaciales et noires ais-je abandonné les fanfares, les bandes hirsutes dans la poussière : les chiens et les mandolines ? Avec le temps, avec l’espace qui s’additionne, le vieillard et l’enfant se confondent et murmurent. Ils trônent et partagent le sceptre, et leur peau et leur âme grise s’emmêlent, cadavres désabusés, jugulés par les mêmes douleurs. Je n’ai plus su mon âge. Je n’ai pas entendu gémir les premières troupes, ni gronder l’écho de leurs pas sur la plaine ; je n’ai pas attendu de tomber dans la terre, et je fouille, et je creuse furieux, laissez-moi l’être ! De petites gouttes de lumière suintent : d’autres rivages. Tandis que l’on s’y transfuse, la poésie dissout le corps, les pupilles et les grandes mains de primate, n’en reste qu’un abandon ; sous l’averse, les esprits égarés apprennent la peur, l’étrange symphonie des soirs de peine. Et si les corps s’apprivoisent, s’ils goûtent le contact et la chaleur d’un instant, l’amour du mot, l’amour terrible du mot, est toujours un prélude au mutisme.



Z 27 08 2010

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Re: Griffouillis (épilogue)

Message  Dam le Sam 28 Aoû - 0:53

Un monde à inventer, et réinventer sans cesse ; un univers à tenir, avec des vers unis et désunis, pourvue qu'on ai l'ivresse. Un voyage intérieur qui se passerait volontiers de commentaire s'il n'y avait pas cet appel à l'autre, même s'il ferait mieux de se taire ; il se tait, il laisse parler le silence et l'interpelle soudain comme on conjure le mauvais sort ! Il refuse l'abandon comme une punition ; sa fierté le pousse à ne rien accepter de convenu et de plat.

Dam, voir plus loin.

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Re: Griffouillis (épilogue)

Message  Nilo le Dim 29 Aoû - 11:01

l’amour du mot, l’amour terrible du mot, est toujours un prélude au mutisme
Tu dis bien les farces et attrapes de la poésie. C'est ce qui fait la force de ces "griffouillis" que tu nous as livrés.

Nilo, épilogue.

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Re: Griffouillis (épilogue)

Message  Nilo le Dim 28 Aoû - 11:39

Tiens, un coup dans le Mur à Dédé qui remet au goût du jour (le mien en tout cas) un de ces Griffouillis qui méritent bien, dans l'ensemble, d'être lus et relus.

Nilo, griffouillard.

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