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Mayday, mayday, le monde coule. (Chronicle)

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Mayday, mayday, le monde coule. (Chronicle)

Message  Dédé le Mar 31 Aoû - 11:04

Mayday, mayday, le monde coule. (Chronicle)


Dédé: Salut les gonzesses. C'est Dédé. Cool

Dédé: Mayday, mayday, le monde coule.

Dédé: Allez dites le que vous êtes contentes de mon retour. Y'a longtemps qu'j'étais pas v'nu. Faut dire qu'j'ai été pas mal occupé ces dernières semaines. Enfin "ON" était occupés avec P'pa et Papy. A quoi ? Ben à refaire le monde, c'te question ! J'vous l'avais dit qu'on est super balèze pour les refaisages de monde. Alors cette fois on s'est dit qu'on allait laisser tomber les brouillons et s'y coller pour de bon. Ouais, rien que nous trois, sans s'occuper des potes du bistro pasque sinon y z'allaient nous casser les burnes avec des "faites attention", "allez-y molo", "ça craint". Faut dire qu'y sont plutôt mous du g'nou les potes. Forts en gueule ça oui. Mais pour mettre les mains dans l'cambouis y sont pas les premiers. Pour eux les coktails c'est que "Picon-Bière", Molotov y connaissent pas.

Dédé: Alors on a décidé d'allumer le feu seuls. Ouais, rien que nous trois. Putain, c'qu'on s'est marrés. Vous avez vu l'bordel qu'on a foutu. Papy y s'est amusé comme un fou à faire chier les banquiers. Y nous avait prév'nus : "J'vais les faire pleurer". Ah putain, pour ça y pleurent. Vous avez vu ? Y pleurent après tous vos milliards qu'y z'ont perdus. J'sais bien que vous des milliards vous en aviez pas beaucoup. Mais eux y z'ont réussi avec toutes vos petites économies à en faire un gros paquet. Et y jouaient avec. Et vas-y que j'te mise deux cents millions de dollars par ci, cinq cent par là. Et qu'j'emmerde les pauvres. Et que j'te leur prends leur pognon en otage dans des fonds de pension. Et ça durait d'puis des années. Alors avec P'pa et Papy on s'est dit : "puisqu'y veulent jouer pourquoi qu'on irait pas faire un poker avec eux". On s'est pas dégonflé. On y est allé. Faut quand même dire qu'une partie de poker à Wall Street (la rue qui va droit dans l'mur) ça a quand même une autre gueule que dans un clandé d'Pigalle.

Dédé: Au début ça a pas été facile. C'est vrai qu'notre cave à nous elle était quand même vach'ment plus modeste que la réserve fédérale. "La Fed" on dit quand on veut faire riche. Mais on avait pas peur. Y sont tellement petit joueur et y s'croyaient tellement forts qu'y z'arrêtaient pas d'avancer des piles de jetons. Même avec des doubles-paires on ramassait. Même leurs jetons d'présence y les ont mis sur la table. Oh putain, c'qu'il était content Papy à chaque fois qu'y les faisait glisser dans son chapeau. Ouais on se les est pris au Texas hold'em no limit alors pour faire plus vrai on avait pris des Stetson et des Santiag. Fallait nous voir à Manhattan. Putain on leur a fait un numéro qu'y sont pas à la veille d'oublier. Vous non plus d'ailleurs. L'apocalypse ! Un trou dans les comptes comme y z'imaginaient pas qu'on puisse leur en faire. VINGT CINQ MILLE MILLIARDS DE DOLLARS. Un vrai Ground Zero comme y disent là-bas. Ca vous dit quelque chose ? Non, j'sais bien, ça vous dit rien. Vous dès qu'y a plus de trois zéros à un nombre vous savez plus combien ça fait. Tiens j'vous l'écris en chiffres, on voit mieux les zéros : 25.000.000.000.000 $. En même temps c'est vrai qu'sur vos relevés de compte y'a pas besoin d'colonnes bien larges, c'est pas les séparateurs de milliers qui les encombrent.

Dédé: Attention, allez pas croire qu'on va les partager nos vingt cinq mille milliards, c'est pas la peine de faire agrandir les colonnes. Vous aviez qu'à venir jouer avec nous au lieu de rester à vous plaindre et à défiler pour votre pouvoir d'achat qu'est réduit à une peau d'chagrin et vos retraites que vous pourrez pas prendre avant soixante-sept ans (pour le moment) à condition qu'vous soyez jeunes et qu'vous ayez du boulot. Remarquez bien qu'je l'comprends vot' chagrin, même si vous avez même plus l'temps pleurer tellement vous bossez pour pas grand chose. Les pleurs ça donne pas beaucoup de cœur à l'ouvrage alors vous laissez pas distraire. Maintenant y s'agit de le boucher le trou. Et comptez pas sur moi, ni sur P'pa et encore moins sur Papy. On s'est pas cassé l'cul comme ça pour foutre un bordel pareil pour remettre de l'ordre après. D'accord, ça nous a pris un peu de temps mais vous avez vu l'résultat ? C'est top vous trouvez pas. Surtout qu'vous avez rien vu v'nir. Ni vous ni ces cons de banquiers.

Dédé: Alors maintenant qu'on est pleins aux as j'vous raconte pas comment on va faire la fête avec P'pa et Papy. On a d'ailleurs commencé à arroser ça. Le Pastis et le Margaux coulent à flot à la maison. Mais allez pas croire que c'est happy hour et table ouverte. Non, on picole en juifs depuis qu'on est riches. Vous aviez qu'à v'nir jouer avec nous si vous vouliez boire un coup. C'qu'on va faire d'not' pognon (bon d'accord c'était un peu l'votre aussi. Avant. Mais maintenant c'est plus rien qu'le nôtre) ? On sait pas encore vraiment. On a l'temps de voir venir. Y a qu'un truc qui nous emmerde un peu, c'est qu'des parties pareilles on est pas à la veille d'en trouver d'autres. Y vont faire un peu attention maintenant. Puis on les a tellement rétamés qu'y sont pas prêts de s'refaire. Alors faudra qu'on attende un peu. On s'en fout remarquez, on a de quoi être patients.

Dédé: Moi y a un truc que j'vais faire très vite, c'est offrir un bordel à Macao à Papy, depuis l'temps qu'il en rêve je sais qu'ça va lui faire plaisir. Puis pour moi j'vais faire grossir ma p'tite entreprise de Pigalle. P't'être même que j'vais ouvrir des succursales en province. J'vous filerai les adresses pour qu'vous puissiez venir vous consoler des misères que la vie vous réserve. Attention, v'nez pas sans un sinon on vous ouvrira pas. J'suis gentil mais pas philanthrope. Ouais, maint'nant qu'j'ai un peu d'pognon j'me force à apprendre des nouveaux mots, pasqu'on va m'inviter partout dans l'beau monde. Putain, c'que j'vais pouvoir en faire des bras d'honneur. Je vais me marrer. Et puis j'vais leur piquer toutes leurs gonzesses aux grands de ce monde. Pasque faut pas croire, elles sont comme les autres, plus sensibles au charme d'une carte gold qu'à celui de Georges Clooney. Y en qu'ont rien à craindre, c'est ceux qui tirent les madones du PS, j'fais pas dans les bonnes œuvres.

Dédé: Ouais, le coup du bordel au PS de la s'maine dernière c'est Papy et moi aussi. Comme on avait un peu de temps on est allé semer le rizou chez eux. Papy ça le fait marrer de foutre le bordel au PS et chez les syndicalistes. Y rate pas une occase de le faire. Vous l'avez jamais vu ? Ben faut v'nir au bistro chez nous, vous allez rigoler aussi. Si, j'vous jure. Sauf si vous êtes syndicaliste ou au PS. Ca fait du monde j'vous l'accorde, mais quand même moins qu'ceux qui y sont pas. Bon, c'est vrai aussi qu'y faut pas les laisser compter eux-mêmes, y z'ont tendance à gonfler les chiffres. Enfin bref Papy il a bourré les urnes des sections pour faire chier les éléphants et mettre la Madone dans la merde. Pasque qu'elle est jamais autant dans la merde que quand elle se croit plus forte que ses p'tits camarades. Faut dire qu'y sont assez forts pour les peaux de banane ses p'tits camarades. Et comme là y peuvent plus emmerder Nanard y ont du temps pour s'occuper d'elle. Elle va se ramasser je vous raconte pas. Elle pourra toujours remettre sa tunique indienne pour aller faire la manche à Katmandou. Enfin bref, j'suis pas là pour vous parler des malheurs du PS, je voudrais pas vous faire de peine. Mais bon, quand même… Y a un truc qu'on a fait aussi avec P'pa Et Papy, tant qu'on était aux US. Et ça je sais qu'vous avez aimé. Si vous avez aimé ! Me dites pas le contraire. Tout le monde a aimé. Le monde entier a aimé. Vous avez tellement aimé que quand ça va vous retomber sur la gueule vous aurez plus la gueule de bois que moi après une semaine enfermé dans un bistro à jouer au poker avec une gonzesse sur les genoux et d'autres sous la table. Si, j'vous jure que ça va vous faire mal. Pasqu'y faut pas croire mais il va avoir d'autres choses à foutre que de s'occuper de vous et de la misère du monde. Y va d'abord falloir qu'y s'occupe de la misère qu'y a chez lui. Et y a du boulot. Alors avant qu'y vienne soulager vos petits tracas y va passer de l'eau sous les ponts.

Dédé: De qui je parle ? Ah, vous saviez pas que le mec qui se pavane sur toutes les télés du monde c'était aussi un coup à nous. Putain, vous suivez pas, encore une fois. Ouais le black qu'a été élu aux USA, c'est nous. Ouais Papy il a des accointances là bas, et moi des potes à Chicago. Alors on a fait le nécessaire pour que ce soit un black qui soit élu. Ca aussi c'est un beau bordel hein. Enfin, quand je dis black, il l'est qu'à moitié, on pouvait pas aller trop vite non plus. Mais c'est marrant comme dès qu'un mec est pas blanc tout le monde le voit noir. Ben avec c'ui là c'est pareil, il est à moitié blanc et tout le monde le voit tout noir. Pour une fois qu'ça les arrange. Faut dire qu'y présente bien, vous trouvez pas. On a bien choisi. Grand, mince, diplômé, avec une femme et des enfants. Tout pour rendre l'Amérqiue heureuse. On a hésité avec Papy entre la Présidence des Etats Unis et un rôle oscarisable à Hollywood, mais ça avait déjà été fait, alors on a choisi la Présidence. C'est classe ! Ca va pas fondamentalement changer le monde malgré c'que vous croyez. Mais c'est classe. Puis ça vous distrait d'la crise. Y paraît même que ça vous fait espérer.

Dédé: C'est bien le moins qu'on pouvait faire après notre razzia sur la finance internationale. Vous donner une raison d'espérer. A pas cher pasque vous avez plus les moyens de miser beaucoup sur l'espoir. Alors on vous a refilé un moitié black, ça nous a rien coûté et ça a fait de l'effet. C'était un sacré coup d'poker ça aussi. Encore un truc sur lequel vous auriez pas mis un kopeck y a six mois. D'accord, vous en aviez déjà plus des kopecks y a six mois, les banquiers vous les avaient tous piqués. Et maintenant vous faites comme si vous y étiez pour quelque chose, genre "l'humanité (ouais, l'humanité c'est vous, sauf quand elle fait la guerre) relève la tête", "frères humains qui après nous vivrez…" et j'en passe. Et vous voudriez en tirer les bénéfices. Vous pouvez toujours courir. Vous aviez qu'à venir vous asseoir à la table pour jouer avec nous. Pour un peu vous vous mettriez à croire en la Providence. Ben laissez tomber, la Providence elle s'appelle Papy. Et il est pas partageur, P'pa et moi non plus. Alors vous pouvez toujours aller pleurer avec les banquiers et attendre que Barack y fasse des miracles. Mais sans notre aide, celle de Papy Providence surtout, faut pas trop compter d'ssus.

Dédé: Bon enfin, à part ça pour moi tout baigne. Tiens au fait, j'vous ai pas dit ? Ben non j'vous l'ai pas dit, j'le sais bien moi. Vous non pasque vous avez pas suivi comme d'hab' et qu'vous savez plus c'que j'vous ai dit. Alors j'vous l'ai pas dit mais j'vous l'dis maintenant. JE PARS EN CHINE. Ouais, en Chine. Y paraît qu'y viennent de mettre un très gros paquet de dollar sur la table alors je vais voir si je peux leur piquer. Et puis j'en profiterai pour aller choisir un bordel à Macao pour Papy (souvenez-vous, pasque ça j'vous l'ai dit que j'allais lui en offrir un) et ramener quelques gonzesses pour mes boutiques de Pigalle. Ouais ma clientèle aime bien les produits exotiques.

Dédé: Puis, vaut mieux commencer à vous y faire aux chinois et autres chinoiseries. Pasque votre boulot, celui qui paye pas, c'est là bas qu'il est maintenant. Outre-mer. Va falloir y aller.

Dédé: Imaginez que Vous, Papy, P'pa et moi on est dans un bateau et qu'y a que trois gilets de sauvetage. Commencez à vous entraîner. Mayday, Mayday, le monde coule.


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Re: Mayday, mayday, le monde coule. (Chronicle)

Message  Nilo le Mer 29 Juin - 11:25

Moi ce que j'aime dans les Chronicles à Dédé c'est que même deux ans après elles sont toujours d'actualité.
Et si vous ne me croyez pas allez vous faire voir chez les grecs.
IMF is back, comme disait DSK en 2008 !

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