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Une plage m'attend
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Une plage m'attend
Une plage m'attend
Je viens vous dire adieu,
Tirer ma révérence.
Adieu, beautés du monde adieu, mondes perdus.
Adieu la lune blonde et les grands vents marins
Que j'aurais voulu dire et chanter en chemin.
Je ne suis plus ici que par inadvertance.
Je suis sans conséquence
Pour l'avenir des cieux.
Je suis sans lendemain.
Mon âme se dilue.
Je frise la démence.
Mes reines sont déchues.
J'avais bâti pour elles un empire de papier qu'inonde l'inconnu.
Mon air se raréfie.
Ma pensée s'atténue.
Mes marées se dérobent des vers vers le gris.
L'enfance s'est enfuie, et mes châteaux de sable
Ma trousse, mon cartable
à la déchèterie !
Je ne me souviens plus des couleurs de ma robe, elle était si jolie !
Ni du noir des oiseaux s'écrasant sur des leurres
Le verre est trop poli.
Le préau est désert.
J'ai peur.
Je n'entends plus un cri.
Ma mémoire éblouie par la lumière rase se délite et se perd.
Elle toque et se plaque en loques sur les mots, noyés dans une flaque.
Poussière sont les ans qu'emmêle le ressac.
Ma tête est mise à sac.
J'ignore qui je suis dans cette périphrase :
Mon petit chat est mort, empoisonné d'amour; sa toison de velours et ses yeux, tels des lacs,
Innocence du bleu,
Vaquent dans l'au delà, cherchant une raison.
Une gare.
La maison.
Le désespoir est lourd à l'aulne du regard. Des nuages sans pluie filent vers l'horizon.
Où le destin se joue, se profile un orage.
J'ai oublié le nom du voilier dérivant, dont les ailes s'échouent
Demoiselles émues aux figures de proue
Au sourire évasif
Déchirant les récifs avant de s'enrouler autour d'un mat lascif.
Je ne sais plus l'esprit ni le corps de l'esquif, mais je suis du voyage.
J'ai pris dans mon bagage un tas de goémons
à défaire le temps
à dénouer les guerres
à traquer les démons.
Des poignées d'alluvions dont se parent les grèves.
Des larmes d'illusions évaporées des rêves.
Des sextants détraqués, une boussole en miettes.
Un plan de vol brouillé par les gifles d'embruns que jette l'océan.
Des flots de souvenirs au parfum de bruyère.
Des écrins de silence
Où soupirent les maux d'un coquillage blanc
Au toucher curieux.
Je le serre en mon poing, tirant ma révérence.
Adieu.
Une plage m'attend qui n'a pas de frontière.
***
Messaline- 10-9-2010
Tirer ma révérence.
Adieu, beautés du monde adieu, mondes perdus.
Adieu la lune blonde et les grands vents marins
Que j'aurais voulu dire et chanter en chemin.
Je ne suis plus ici que par inadvertance.
Je suis sans conséquence
Pour l'avenir des cieux.
Je suis sans lendemain.
Mon âme se dilue.
Je frise la démence.
Mes reines sont déchues.
J'avais bâti pour elles un empire de papier qu'inonde l'inconnu.
Mon air se raréfie.
Ma pensée s'atténue.
Mes marées se dérobent des vers vers le gris.
L'enfance s'est enfuie, et mes châteaux de sable
Ma trousse, mon cartable
à la déchèterie !
Je ne me souviens plus des couleurs de ma robe, elle était si jolie !
Ni du noir des oiseaux s'écrasant sur des leurres
Le verre est trop poli.
Le préau est désert.
J'ai peur.
Je n'entends plus un cri.
Ma mémoire éblouie par la lumière rase se délite et se perd.
Elle toque et se plaque en loques sur les mots, noyés dans une flaque.
Poussière sont les ans qu'emmêle le ressac.
Ma tête est mise à sac.
J'ignore qui je suis dans cette périphrase :
Mon petit chat est mort, empoisonné d'amour; sa toison de velours et ses yeux, tels des lacs,
Innocence du bleu,
Vaquent dans l'au delà, cherchant une raison.
Une gare.
La maison.
Le désespoir est lourd à l'aulne du regard. Des nuages sans pluie filent vers l'horizon.
Où le destin se joue, se profile un orage.
J'ai oublié le nom du voilier dérivant, dont les ailes s'échouent
Demoiselles émues aux figures de proue
Au sourire évasif
Déchirant les récifs avant de s'enrouler autour d'un mat lascif.
Je ne sais plus l'esprit ni le corps de l'esquif, mais je suis du voyage.
J'ai pris dans mon bagage un tas de goémons
à défaire le temps
à dénouer les guerres
à traquer les démons.
Des poignées d'alluvions dont se parent les grèves.
Des larmes d'illusions évaporées des rêves.
Des sextants détraqués, une boussole en miettes.
Un plan de vol brouillé par les gifles d'embruns que jette l'océan.
Des flots de souvenirs au parfum de bruyère.
Des écrins de silence
Où soupirent les maux d'un coquillage blanc
Au toucher curieux.
Je le serre en mon poing, tirant ma révérence.
Adieu.
Une plage m'attend qui n'a pas de frontière.
***
Messaline- 10-9-2010
Re: Une plage m'attend
Les " chants de départ " sont les champs les plus beaux que l'irrémédiable ensème.

Ratoune- MacadAccro

- Messages: 1618
Date d'inscription: 01/09/2009
Re: Une plage m'attend
C'est sublime Messaline !
Ecoute donc ça avant toute chose :
"Waltzinblack" (il n'y a pas de liens, à toi de trouver...
Dam, ... dont eut seuls ont le secret!
Ecoute donc ça avant toute chose :
"Waltzinblack" (il n'y a pas de liens, à toi de trouver...
Dam, ... dont eut seuls ont le secret!
Re: Une plage m'attend
Oui, superbe chant à l'au-revoir !
Une ode "marine" en quelque sorte, pour les noyés du lendemain.
Nilo, enfance en partage.
L'enfance s'est enfuie, et mes châteaux de sable
Ma trousse, mon cartable
à la déchèterie !
Ma trousse, mon cartable
à la déchèterie !
Une ode "marine" en quelque sorte, pour les noyés du lendemain.
Nilo, enfance en partage.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Une plage m'attend
wow..
J'en ai des frissons encore la ..
C'est un magnifique au revoir qu'il ne faut pas faire.
J'en ai des frissons encore la ..
C'est un magnifique au revoir qu'il ne faut pas faire.
_________________
LaLou
Re: Une plage m'attend
Pas un p'tit filet de voix... quel beau chant que voilà...
Un adieu divin... Je reste sous le charme.
Un adieu divin... Je reste sous le charme.
_________________
"Chaque pensée devrait rappeler la ruine d'un sourire." Cioran.
Re: Une plage m'attend
Effectivement, ce n'est pas de la petite poésie qui se cherche. Le chant est beau et crépusculaire, et s'amplifie de lui-même comme un crescendo.
"Des poignées d'alluvions dont se parent les grèves.
Des larmes d'illusions évaporées des rêves.
Des sextants détraqués, une boussole en miettes.
Un plan de vol brouillé par les gifles d'embruns que jette l'océan.
Des flots de souvenirs au parfum de bruyère"
Une affection particulière pour ce passage.
Z.
"Des poignées d'alluvions dont se parent les grèves.
Des larmes d'illusions évaporées des rêves.
Des sextants détraqués, une boussole en miettes.
Un plan de vol brouillé par les gifles d'embruns que jette l'océan.
Des flots de souvenirs au parfum de bruyère"
Une affection particulière pour ce passage.
Z.

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: Une plage m'attend
Un ensemble qui dit adieu au passé sans en faire un cri de douleur.
Ta plume mérite le détour
Sylvie
Ta plume mérite le détour
Sylvie
_________________
Sylvie
J'aime vraiment faire tourner les aiguilles des horloges à l'envers
Re: Une plage m'attend
J'ai aimé Messa !
H.
H.

hortense- MacadAccro

- Messages: 815
Date d'inscription: 19/09/2009
Re: Une plage m'attend
Une plage m’attend mais elle ne sera jamais vide !
Il y a des mots semés au vent marin qui coupent le souffle. Pour un poème qui déboussole, cela en est un !
Cordialement Solweig
Il y a des mots semés au vent marin qui coupent le souffle. Pour un poème qui déboussole, cela en est un !
Cordialement Solweig

solweig- MacadMalade

- Messages: 328
Date d'inscription: 05/09/2009
Age: 62
Localisation: Szczecin/Sablé-sur-Sarthe
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