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Griffouillis (fin)
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Griffouillis (fin)
La poésie est-elle une névrose ? Tandis que je cherchais, à force d’écrire, à force de tourner dans ces enclos de signes, une esthétique quelconque à la poésie, sinon un but, sinon une raison d’être, je me trouve à errer dans les régions bleues et noires. Au fond des cachots de l’être, les pauvres gloires, les rêves déchus, posent leurs corps osseux sur des sièges de pierre. Ils ont le corps comme une plaie ouverte. J’y ai vu la poésie posée de toute sa masse de mère porteuse, pondre les étoiles du soir et les enfants morts qui les regardent. J’y ai vu la laideur de la bête : parfois, dans sa ronde, elle irrigue d’une bave lumineuse les âmes de passage ; et toujours, dans la remontée douloureuse vers la surface, ils gardent au sang le goût de son venin. La couronne de travers : il s’assoit, il éructe comme un veau. J’ai cherché en vain les prophètes, les nuages d’une absolution. Je déteste arpenter les bas-fonds de la poésie. Le voyageur curieux s’y retrouve aux toilettes publiques, les illuminés de l’intestin prêchent la métaphysique des profondeurs, les désabusés du transit poétique revendiquent la puanteur de leurs interventions. Dans le dégoût cent fois exploré, je m’interroge. Lassée des salles de tortures, la muse se tait. Est-il besoin de répéter, dans cette agonie en carton-pâte, le drame surjoué des grands brûlés de l’âme ? N’ais-je que la posture ? Hier encore tu me pressais le coeur entre tes grands mains fines, tu criais : “dépêche-toi!” Je n’ai pas su bousculer ma délivrance. J’aimais bien les petites altitudes, et l’équilibre instable des poussées merveilleuses qui vous chuchotent, chaque fois plus fort, de visiter le toit du ciel. Là, dans la nuit, dans les racines, laid de me broyer les côtes par vengeance, laid de me presser le crâne pour en sortir des larmes, laid de ma douleur mise en scène, j’ai la vision grotesque d’un hochet : et moins que jouer de l’écriture, j’en suis le jouet. Les enfants ont de drôles de lubies. Bientôt, j’aurai l’azur et les ténèbres dans la poche : tranquille, je n’aurai plus à m’y brûler les mains. Dans le calme plat des troupeaux il faudra se fondre et reposer, apaisé, anonyme.
Z 20 09 10
Z 20 09 10

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: Griffouillis (fin)
Je viens de découvrir la fin ( dommage que ça soir la fin d'ailleurs) mais dans mon fond, en poésie, y a jamais de "fin".
Tu as un don qui est celui de flanquer de telles images que chaque fois, j'en ai des frissons de jalousie tellement elles sont choisies à souhait!
J'y ai retrouvé ici ce que je pratique et qui parfois déplait comme un changement de style, un changement d'expression, mais voilà, la poésie sort de l'instant chez moi et en lisant ce dernier griffouillis, j'ai fortement ressenti tes mots et ce qu'ils expriment...En gros, je me suis retrouvées dans ces passages:
-je me trouve à errer dans les régions bleues et noires.
-parfois, dans sa ronde, elle irrigue d’une bave lumineuse les âmes de passage
-Le voyageur curieux s’y retrouve aux toilettes publiques, les illuminés de l’intestin prêchent la métaphysique des profondeurs, les désabusés du transit poétique revendiquent la puanteur de leurs interventions
-Je n’ai pas su bousculer ma délivrance. J’aimais bien les petites altitudes, et l’équilibre instable des poussées merveilleuses qui vous chuchotent, chaque fois plus fort, de visiter le toit du ciel. Là, dans la nuit, dans les racines, laid de me broyer les côtes par vengeance, laid de me presser le crâne pour en sortir des larmes, laid de ma douleur mise en scène
A ta réponse sur mon passage dans les précédents concernant la publication, tu sais, je ne peux que te comprendre vu que moi, à ce jour, je n'arrive toujours pas à franchir l'obstacle.
J'écris ce que je vis, ce que je ressens au présent avec mes mots à moi de l'instant! Ca plait ou ça ne plait pas, c'est sans importance à mes yeux vu que j'ai réussi à combattre le mal par le mal.
Ce dernier "volume" m'apporte encore des réponses à mes questions du jour et ceci grâce aux écrits que tu viens de déposer et dans lequel je me suis baignée...ha! la clair fontaine que voici
Merci et mon seul regret serait
"Dommage qu'il n'y ait pas + de monde à lire ce vide poche, ça ne serait pas de trop à leur bagage"
Sylvie
Tu as un don qui est celui de flanquer de telles images que chaque fois, j'en ai des frissons de jalousie tellement elles sont choisies à souhait!
J'y ai retrouvé ici ce que je pratique et qui parfois déplait comme un changement de style, un changement d'expression, mais voilà, la poésie sort de l'instant chez moi et en lisant ce dernier griffouillis, j'ai fortement ressenti tes mots et ce qu'ils expriment...En gros, je me suis retrouvées dans ces passages:
-je me trouve à errer dans les régions bleues et noires.
-parfois, dans sa ronde, elle irrigue d’une bave lumineuse les âmes de passage
-Le voyageur curieux s’y retrouve aux toilettes publiques, les illuminés de l’intestin prêchent la métaphysique des profondeurs, les désabusés du transit poétique revendiquent la puanteur de leurs interventions
-Je n’ai pas su bousculer ma délivrance. J’aimais bien les petites altitudes, et l’équilibre instable des poussées merveilleuses qui vous chuchotent, chaque fois plus fort, de visiter le toit du ciel. Là, dans la nuit, dans les racines, laid de me broyer les côtes par vengeance, laid de me presser le crâne pour en sortir des larmes, laid de ma douleur mise en scène
A ta réponse sur mon passage dans les précédents concernant la publication, tu sais, je ne peux que te comprendre vu que moi, à ce jour, je n'arrive toujours pas à franchir l'obstacle.
J'écris ce que je vis, ce que je ressens au présent avec mes mots à moi de l'instant! Ca plait ou ça ne plait pas, c'est sans importance à mes yeux vu que j'ai réussi à combattre le mal par le mal.
Ce dernier "volume" m'apporte encore des réponses à mes questions du jour et ceci grâce aux écrits que tu viens de déposer et dans lequel je me suis baignée...ha! la clair fontaine que voici
Merci et mon seul regret serait
"Dommage qu'il n'y ait pas + de monde à lire ce vide poche, ça ne serait pas de trop à leur bagage"
Sylvie
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Sylvie
J'aime vraiment faire tourner les aiguilles des horloges à l'envers
Re: Griffouillis (fin)
Bientôt, j’aurai l’azur et les ténèbres dans la poche
Et c'est à ce point de rupture entre toi et toi que tu approcheras l'esthétique de la poésie.
Mais je suppose qu'à la Fin de ces Griffouillis tu le sais déjà. Au moins en as-tu l'intuition.
Nilo, never ending book.
Et c'est à ce point de rupture entre toi et toi que tu approcheras l'esthétique de la poésie.
Mais je suppose qu'à la Fin de ces Griffouillis tu le sais déjà. Au moins en as-tu l'intuition.
Nilo, never ending book.
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... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Griffouillis (fin)
Merci beaucoup à tous les deux. Et au plaisir d'autres projets poétiques partagés!
Z.
Z.

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: Griffouillis (fin)
Je l'espère Z car j'aime vraiment les fonds de poche ainsi
Donc...au plaisir
Sylvie
Donc...au plaisir
Sylvie
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Sylvie
J'aime vraiment faire tourner les aiguilles des horloges à l'envers
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