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Traversant le ghetto
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Traversant le ghetto
Traversant le ghetto
Il avait cet habit, pelisse de décor,
Coupé bien près du corps,
En cuir de facétie de bien fine épaisseur,
Que portait ses épaules maigres, à toute heure du jour et en toute saison,
Et de bien étrange façon.
Déboutonné plus qu’à moitié,
Le poids d’on ne sait quoi faisant un pli très maladroit du coté droit.
Traversant le ghetto - vous l’aurez deviné, il était noir de peau – à grandes enjambées
Drapées dans le coton,
Pour visiter la pègre,
Dévisager les nègres,
Les filles occupées, adossées aux maisons,
À regarder les gens,
Et les évènements,
Et celui qui passait. . .
*
Traversant le ghetto des confins jusqu’au centre,
La trouille dans le ventre,
Et croisant le milieu
Où sévissent les dieux,
Il joue à faire le beau, le monarque d’ici, de chez ceux que l’on parque.
Le voilà qui débarque,
Bombant un peu le torse,
Évitant les entorses,
Les foutues conneries,
Il marche et se méfie.
Pas d’embrouille, pas de soucis.
Le calme règne sur l’endroit.
On reste sur son quant à soi.
Mais la loi est là, bien tapie.
Elle se réveille de sa lie,
La grande classe dans ses fringues,
Ses chapeaux canari, elle rapplique au flingue
Ou s’explique au couteau, et s’applique au défi.
Pique de la carrosserie,
Surtout la nuit,
Surtout sans bruit.
Se pique aussi de hiérarchie,
Compris ?
Ou alors tu finis au fond d’un caniveau,
Ici, à Soweto.
Ici, à Soweto, traversant le ghetto, il cherche des amis,
Avec ou sans permis,
Mais pourvu que voiture,
Le temps de l’aventure,
D’une virée tout phare éteint, juste pour le super frisson
Dans les quartiers super blanchis
Qui brillent jusqu’à l’horizon.
Une course poursuite avec les gyrophares.
Des crissements de pneus,
Le soleil dans les yeux
D’essence giratoire.
Rires, chuchotements
Des pots d’échappements.
Des carrefours sans interdit
Des hurlements, des cris,
Et des claquements de pétards. . .
Mon frère, pour la suite, c’est trop tard. . . .
Il est salé, le prix à payer pour la gloire !
Il y a du sang sur ta folie
Et sur mon désespoir.
***
Messaline
Il avait cet habit, pelisse de décor,
Coupé bien près du corps,
En cuir de facétie de bien fine épaisseur,
Que portait ses épaules maigres, à toute heure du jour et en toute saison,
Et de bien étrange façon.
Déboutonné plus qu’à moitié,
Le poids d’on ne sait quoi faisant un pli très maladroit du coté droit.
Traversant le ghetto - vous l’aurez deviné, il était noir de peau – à grandes enjambées
Drapées dans le coton,
Pour visiter la pègre,
Dévisager les nègres,
Les filles occupées, adossées aux maisons,
À regarder les gens,
Et les évènements,
Et celui qui passait. . .
*
Traversant le ghetto des confins jusqu’au centre,
La trouille dans le ventre,
Et croisant le milieu
Où sévissent les dieux,
Il joue à faire le beau, le monarque d’ici, de chez ceux que l’on parque.
Le voilà qui débarque,
Bombant un peu le torse,
Évitant les entorses,
Les foutues conneries,
Il marche et se méfie.
Pas d’embrouille, pas de soucis.
Le calme règne sur l’endroit.
On reste sur son quant à soi.
Mais la loi est là, bien tapie.
Elle se réveille de sa lie,
La grande classe dans ses fringues,
Ses chapeaux canari, elle rapplique au flingue
Ou s’explique au couteau, et s’applique au défi.
Pique de la carrosserie,
Surtout la nuit,
Surtout sans bruit.
Se pique aussi de hiérarchie,
Compris ?
Ou alors tu finis au fond d’un caniveau,
Ici, à Soweto.
Ici, à Soweto, traversant le ghetto, il cherche des amis,
Avec ou sans permis,
Mais pourvu que voiture,
Le temps de l’aventure,
D’une virée tout phare éteint, juste pour le super frisson
Dans les quartiers super blanchis
Qui brillent jusqu’à l’horizon.
Une course poursuite avec les gyrophares.
Des crissements de pneus,
Le soleil dans les yeux
D’essence giratoire.
Rires, chuchotements
Des pots d’échappements.
Des carrefours sans interdit
Des hurlements, des cris,
Et des claquements de pétards. . .
Mon frère, pour la suite, c’est trop tard. . . .
Il est salé, le prix à payer pour la gloire !
Il y a du sang sur ta folie
Et sur mon désespoir.
***
Messaline
“I was born there
I will die there
In Africa my beginning
And Africa my ending”
Ingaopele Madingoane
I will die there
In Africa my beginning
And Africa my ending”
Ingaopele Madingoane
Re: Traversant le ghetto
Mess dans une forme "nouvelle" dans laquelle je n'ai pas eu l'habitude de te voir, quelque peu surprenante mais dans le bon sens.
Moi j'ai aimé cette virée la.
Moi j'ai aimé cette virée la.
_________________
LaLou
Re: Traversant le ghetto
"Il y a du sang sur ta folie
Et sur mon désespoir".
Idem que Lalou. Profond et puissant.
Et sur mon désespoir".
Idem que Lalou. Profond et puissant.

Ratoune- MacadAccro

- Messages: 1618
Date d'inscription: 01/09/2009
Re: Traversant le ghetto
Moi, je les appelle "les m'as-tu vu!"
Un poème fort, mené avec la délicatesse d'une plume que j'aime.
Il faudra juste que je m'attarde sur la partie en rouge afin de tout comprendre.
Ou alors je choisis le traducteur qui fait des fantaisies, ...j'essaye:
«Je suis né il y a
Je vais mourir
En Afrique mon commencement
Et l'Afrique ma fin "
Est ce juste?
Sylvie
Un poème fort, mené avec la délicatesse d'une plume que j'aime.
Il faudra juste que je m'attarde sur la partie en rouge afin de tout comprendre.
Ou alors je choisis le traducteur qui fait des fantaisies, ...j'essaye:
«Je suis né il y a
Je vais mourir
En Afrique mon commencement
Et l'Afrique ma fin "
Est ce juste?
Sylvie
_________________
Sylvie
J'aime vraiment faire tourner les aiguilles des horloges à l'envers
Re: Traversant le ghetto
Un nouveau texte fort !
H.
H.

hortense- MacadAccro

- Messages: 815
Date d'inscription: 19/09/2009
Re: Traversant le ghetto
Bravo Messaline.
Ou mieux : Brava !
Comme mes prédécesseurs j'ai trouvé ce texte fort. Au début je me croyais à Harlem, mais tout compte fait Soweto ça le fait aussi, aussi bien. Peut-être mieux.
Je ne connais ni l'un ni l'autre mais j'ai traversé des ghettos noirs, pas vraiment d'américaines en vue, pas vraiment tirés à quatre épingles non plus les macs et chefs de bandes dans les miens mais c'était une autre époque, avant que les noirs ne s'émancipent pour redevenir des nègres.
Nilo, in the ghetto (comme le chantait Elvis).
Ou mieux : Brava !
Comme mes prédécesseurs j'ai trouvé ce texte fort. Au début je me croyais à Harlem, mais tout compte fait Soweto ça le fait aussi, aussi bien. Peut-être mieux.
Je ne connais ni l'un ni l'autre mais j'ai traversé des ghettos noirs, pas vraiment d'américaines en vue, pas vraiment tirés à quatre épingles non plus les macs et chefs de bandes dans les miens mais c'était une autre époque, avant que les noirs ne s'émancipent pour redevenir des nègres.
Nilo, in the ghetto (comme le chantait Elvis).
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... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
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