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Les agonisants
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Les agonisants
ils ont voulu tuer mon père
et je l’ai vu se démener
gueuler crier pleurer mon père
forçat de quelques forcenés
je suis venu tout nu messieurs
vous crier dans le froid du soir
je suis l’en-bas je suis les gueux
je suis fatigué de vous croire
me traîner dessous vos bureaux
le cuir indécent de vos sièges
je suis venu des caniveaux
je suis le déchet des stratèges
penchez votre triple menton
abjectes renvois de pouvoir
je suis venu j’ai sur le front
l’espoir des vaincus mais l’espoir
descend du trône mercenaire
ta graisse tes lois ta justice
l’argent déféqué des corsaires
des intestins de l’avarice
je regarde mourir mon père
dessous les roues de tes machines
demain nous serons en hiver
et dormirons dessous les ruines
il aimait bien les gens mon père
les petits riens des pauvres-nés
laissez les enfants de la guerre
vieillir en connaissant la paix
Georges Vernat
20 10 10

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: Les agonisants
Un cri contre ceux qui ont la connaissance infuse ! Insupportables
Ridicules et plus dangereux que tout.
Dam
Ridicules et plus dangereux que tout.
Dam
Re: Les agonisants
(abjects, je suppose)
sinon ben oui... ça énerve, ça révolte et pourtant ça sera comme ça jusqu'à l'éclatement du soleil, je suppose...
sinon ben oui... ça énerve, ça révolte et pourtant ça sera comme ça jusqu'à l'éclatement du soleil, je suppose...
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"Chaque pensée devrait rappeler la ruine d'un sourire." Cioran.
Re: Les agonisants
un cri d'amour..
Parfois la révolte est belle . C'est plus que le cas.
Parfois la révolte est belle . C'est plus que le cas.
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LaLou
Re: Les agonisants
Ton poème me rappelle cette phrase de Daudet dans Le secret de maître Cornille : « N'allez pas là-bas, disait-il ; ces brigands-là, pour faire le pain, se servent de la vapeur qui est une invention du diable, tandis que moi je travaille avec le mistral et la tramontane, qui sont la respiration du bon Dieu... »
Les roues dont tu parles ne peuvent pas être ces meules en pierre, donc, mais bien celles d'un char d'assaut dont les dirigeants sont si fiers ! S'ils pouvaient, ils serraient des mains à des chenilles.
Dam, mille pattes dans l'plat.
Les roues dont tu parles ne peuvent pas être ces meules en pierre, donc, mais bien celles d'un char d'assaut dont les dirigeants sont si fiers ! S'ils pouvaient, ils serraient des mains à des chenilles.
Dam, mille pattes dans l'plat.
Hors sujet ?
Je rejoins partiellement les commentaires des autres macadauteurs. Oui ce poème traite d'une injustice évidente et d'une indignation rageuse. Mais il y a peut-être plus. Selon moi nous sommes ici en prise directe avec la réalité du moment. Je m'explique.
Si la réforme des retraites (!) passe (et ce sera malheureusement le cas si nous continuons à manifester de cette façon-là) les agonisants seront légions d'ici quelques décennies...
Je ne tomberai pas dans une analyse socio-politique car ça n'est pas le lieu mais je sens que ce poème marque une rupture dans ton engagement artistique qui dépasse de loin tes oeuvres précédentes. Le style est toujours là, certes, le ton également néanmoins on ressent une certaine urgence, une inscription immédiate dans un contexte précis que je n'avais pas perçu auparavant. C'est peut-être ça la révolte, viser juste en un seul coup avec une rapidité d'exécution fulgurante.
Si la réforme des retraites (!) passe (et ce sera malheureusement le cas si nous continuons à manifester de cette façon-là) les agonisants seront légions d'ici quelques décennies...
Je ne tomberai pas dans une analyse socio-politique car ça n'est pas le lieu mais je sens que ce poème marque une rupture dans ton engagement artistique qui dépasse de loin tes oeuvres précédentes. Le style est toujours là, certes, le ton également néanmoins on ressent une certaine urgence, une inscription immédiate dans un contexte précis que je n'avais pas perçu auparavant. C'est peut-être ça la révolte, viser juste en un seul coup avec une rapidité d'exécution fulgurante.

léo- MacadAccro

- Messages: 846
Date d'inscription: 25/03/2010
Age: 28
Localisation: Nord
Re: Les agonisants
Il m'est apparu clairement qu'un homme qui donne tout en oublie de vivre sa propre vie et que lorsqu'il se rend compte de cela, sa vie est déjà bien avancée.
Peut être que je suis hors sujet mais il me semble tellement important de vivre sa vie ailleurs que dans le service d'autrui, que j'interprète ce poème comme un message à l'existence qui n'est qu'une bride du monde. Le temps passe et combien se sont oubliés?
Sylvie
Peut être que je suis hors sujet mais il me semble tellement important de vivre sa vie ailleurs que dans le service d'autrui, que j'interprète ce poème comme un message à l'existence qui n'est qu'une bride du monde. Le temps passe et combien se sont oubliés?
Sylvie
_________________
Sylvie
J'aime vraiment faire tourner les aiguilles des horloges à l'envers
Re: Les agonisants
Mwé Leo ..
Loin d'être de ton avis pour ton début d'analyse socio politique mais oui en effet pour la tournure prise par ce texte de Z .
Le sentiment d'injustice entraine la révolte qui forcement pour nous qui écrivons passe et s'exprime dans l'ecriture.
C'est déjà une action , ce n'est pas rien et ça "calme" le sentiment d'impuissance que l'on ressent devant certaines aberrations degueulasses.
Loin d'être de ton avis pour ton début d'analyse socio politique mais oui en effet pour la tournure prise par ce texte de Z .
Le sentiment d'injustice entraine la révolte qui forcement pour nous qui écrivons passe et s'exprime dans l'ecriture.
C'est déjà une action , ce n'est pas rien et ça "calme" le sentiment d'impuissance que l'on ressent devant certaines aberrations degueulasses.
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LaLou
Re: Les agonisants
Pour le coup, il a même tout simplement tapé dans le mille. Il y a une forme de masturbation intellectuelle inhérente à mes textes habituels, même si je recherche quelque chose, une proposition, un autre oeil sur le monde. Sauf que ce texte-ci n'a pas fait appel à mon imagination ou ma capacité à rêver, juste ma colère.
Quand à dire que "ce n'est pas rien", merci Lalou, et je dirai même plutôt que c'est quelque chose. C'est peut-être même le plus qu'on puisse faire, puisqu'il arrive que les actes ne suffisent pas à résoudre les choses. J'aime l'idée qu'on larguait Liberté en tracts sur la France et à cet instant-là, les mots valaient autant que les actes. C'est ce que j'espérais dans celui-ci, et Léo semble être le seul à l'avoir aussi bien senti.
Z, peu importe.
Quand à dire que "ce n'est pas rien", merci Lalou, et je dirai même plutôt que c'est quelque chose. C'est peut-être même le plus qu'on puisse faire, puisqu'il arrive que les actes ne suffisent pas à résoudre les choses. J'aime l'idée qu'on larguait Liberté en tracts sur la France et à cet instant-là, les mots valaient autant que les actes. C'est ce que j'espérais dans celui-ci, et Léo semble être le seul à l'avoir aussi bien senti.
Z, peu importe.

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: Les agonisants
Z,
Tu engages ta poésie, car c'est toujours de la poésie, dans un registre différent que j'appellerais "affectif". Pare ce biais, tu veux toucher et réconforter, et alerter en hauts lieux. Tu sais qu'ils n'en feront rien et c'est cela qui t'énerve au plus au point.
En te citant Alphonse Daudet, et notamment ce conte "Le secret de maitre Cornille", je n'ai pas tapé à côté dans le vide ; c'était bien de rappeler comment le poète, en son temps, a exprimé le chaos qui s'annonçait et les conséquences sur un seul homme (et son entourage proche) parce qu'il s'est fermé à l'ouverture promise, heureuse, la fortune et la gloire ! Il a lutté avec ses propres armes, dérisoires, mais il ne s'est pas "vendu au plus offrant". De toute façon, même s'il avait voulu, on n'aurait pas voulu de lui !
Et ceci est intemporel comme le problème reste entier. L'ère moderne du productivisme expansif qui se moque bien de l'artisan et du commerçant, d'autant plus que l'heure est à la mondialisation !
Un musée aurait certainement moins nuit à ton père mais il viendra après, grâce aux recettes du tram...
Dam, mais où va-t-on ?
Tu engages ta poésie, car c'est toujours de la poésie, dans un registre différent que j'appellerais "affectif". Pare ce biais, tu veux toucher et réconforter, et alerter en hauts lieux. Tu sais qu'ils n'en feront rien et c'est cela qui t'énerve au plus au point.
En te citant Alphonse Daudet, et notamment ce conte "Le secret de maitre Cornille", je n'ai pas tapé à côté dans le vide ; c'était bien de rappeler comment le poète, en son temps, a exprimé le chaos qui s'annonçait et les conséquences sur un seul homme (et son entourage proche) parce qu'il s'est fermé à l'ouverture promise, heureuse, la fortune et la gloire ! Il a lutté avec ses propres armes, dérisoires, mais il ne s'est pas "vendu au plus offrant". De toute façon, même s'il avait voulu, on n'aurait pas voulu de lui !
Et ceci est intemporel comme le problème reste entier. L'ère moderne du productivisme expansif qui se moque bien de l'artisan et du commerçant, d'autant plus que l'heure est à la mondialisation !
Un musée aurait certainement moins nuit à ton père mais il viendra après, grâce aux recettes du tram...
Dam, mais où va-t-on ?
Re: Les agonisants
J'aime ! Je ne me lancerai pas dans une analyse (trop bête pour ça), mais j'aime.
Babylon5- MacadMalade

- Messages: 407
Date d'inscription: 13/06/2010
Re: Les agonisants
Un vrai Z. nouveau.
En prise directe avec la réalité d'une part, sa réalité surtout.
mais ce qui n'est pas nouveau c'est que c'est toujours aussi bien écrit et riche.
Nilo, j'écrirai ton Nom...
En prise directe avec la réalité d'une part, sa réalité surtout.
mais ce qui n'est pas nouveau c'est que c'est toujours aussi bien écrit et riche.
Nilo, j'écrirai ton Nom...
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Les agonisants
Mse à part les six dernières lignes que je trouve un peu trop simples, trop répétées pour avoir un réel impact sur moi si elles ne sont pas outillées de pics sur lesquels se heurter, je trouve tout ça très bon.
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