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Le déserteur (Boris Vian)

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24112010

Message 

Le déserteur (Boris Vian)




Avec une pensée pour Z.

Et cette précision concernant la fin de la chanson
...
Prévenez vos gendarmes
Que je n'aurai pas d'armes
Et qu'ils pourront tirer


Nota:
La version initiale des 2 derniers vers était:
"que je tiendrai une arme ,
et que je sais tirer ..."
Boris Vian a accepté la modification de son ami Mouloudji
pour conserver le côté pacifiste de la chanson !


Nilo, je sais tirer...


Dernière édition par Nilo le Mer 24 Nov - 16:28, édité 1 fois

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Le déserteur (Boris Vian) :: Commentaires

Message le Mer 24 Nov - 11:46  vivant

Mes parents se sont rencontrés au Tabou... et mon premier texte long était une pâle imitation de Boris Vian, alors j'en rajoute une couche :

Arthur, où tu as mis le corps.

C'était un forfait parfait, un vrai forfait bien fait,
Car on est des fortiches.
Le client était futé, alors on l'a buté
Pour faucher ses potiches.
C'est Arthur qu'y'était chargé de se débarrasser
De son cadavre moche
Mais Arthur a rappliqué en murmurant: "Ça cloche!
Je sais pas où il est passé."

"Hein?
Arthur, où t'as mis le corps?", qu'on s'est écrié en choeur.
"Ben je sais pus où je l'ai foutu, les mecs."
"Arthur réfléchis non de delà! Ça une certaine importance."
"Ce que je sais, c'est qu'il est mort, ça les gars je vous le garantis,
Mais bon sang c'est trop fort je me rappelle pus où ce que je l'ai mis!"

Mais le marchant d'antiquités avant d'être liquidé
Avait pris le bidophone
Et nous voilà dans la brousse, un car de flics aux trousses.
On la trouvait moins bonne.
On a loupé un tournant et on se retrouve en plan
Au milieu d'une vitrine.
Les poulets s'amènent en tas et puis ils nous cuisinent
Dans la petite pièce du bas.

"Ouille!
Arthur, où t'as mis le corps?" s'écriaient les inspecteurs.
"Ben je sais pus où je l'ai foutu, les mecs."
"Arthur réfléchis non de delà! Ça une certaine importance."
"Ce que je sais, c'est qu'il est mort, ça les gars je vous le garantis,
Mais bon sang c'est trop fort je me rappelle pus où ce que je l'ai mis!"

On a écopé dix ans. C'est plus que suffisant
Pour apprendre la belote.
On ne pouvait pas s'empêcher de toujours questionner
Notre malheureux pote.
Comme il maigrissait beaucoup on cognait plutôt mou,
Pour pas trop qu'il s'étiole.
Mais en nous-mêmes on pensait: Arthur se paie notre fiole.
Il nous fait tous marcher.

"Tu vas causer oui?
Arthur, où t'as mis le corps?", que tous les jours on lui de mandait.
Arthur, il en est mort et on sait pas où il est passé!

Ah la vache alors, Arthur.
Allons mes enfants, votre copain Arthur où l'avez-vous mis, hein?

Aucun de nous ne se rappelait plus ce qu'on avait foutu
De cet Arthur de merde
Et le directeur furax attrapait des anthrax
À l'idée qu'il se perde.
On a fait venir un devin qui lisait dans les mains
Et même dans les oreilles
Mais comme tout ça ne donnait rien un beau soir on essaie
Le spiritisme ancien.

Ça tourne les enfants ça tourne:
"Arthur, es-tu là?"
"Oui les gars."
"Arthur, où t'as mis ton corps?"
"Mais j'ai pus de corps, les gars."
"Arthur, as-tu du coeur?"
"Belote, les gars, rebelote et dix de der."
"Ah..."
Et on a enfin compris que ce salaud d'Arthur était au paradis.

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