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Sila.
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Sila.
Péniblement je cherche. Les réponses se dénudent sans bruit. Elles glissent au sol comme la brume. Si des questions te viennent, ne t’en pose plus : deviens. La création est acte d’incertitude. Comme le trapéziste avant le saut, je cherche les questions-filet. Où vais-je tomber? Sur le coeur, sur la tête? Pourtant, lorsqu’il saute, lorsque son saut cabosse l’espace, il n’y a plus qu’un geste. Se fier à soi, c’est doubler ses forces. Écrire enfin : “trancher l’amour en phrases ; brandir la colère en drapeau!” J’y voyais de petits signes dans la neige, ils ont froid. Ils ébauchent mal. Écrire enfin, ou peindre, ou chanter! Découdre, recoudre. Le tour de soi est vite fait lorsqu’on tourne en permanence. La conscience d’écrire, c’est ce qui cloche. Je suis de ces instants hirsutes du “réveil aux images”, résurgences d’un imaginaire disparu : arpoétologie de vestiges. Ici, le mensonge : traduction supposée d’un rêve-squelette. Et si? Et si? A quoi bon charpenter le vent? “Organiser” : métaboliser? La poésie est souffle sans licol. Fumée encheminée, cloisonnée peut-être, dirigée dans une ascension : mon jouet de vapeur où se mêlent, dans l’excitation, toutes les couleurs. J’aime l’idée de n’en rien retenir. Les phrases m’échappent, les vers sont libres. Ils n’ont de brillance qu’un passage. Je suis le train des muses. Au conducteur, au passager : le même oubli, dans le brouillon des paysages.
Il sera bon d’écrire pour de faux, alors. Sans espérances de vérités ni cantiques de fractures. Écrire pour jouer, sans drama, sans complaisance : n’avoir qu’au bluff deux-trois merveilles, un brelan d’absurde, ou une suite de mystères. Le frisson est un bout du monde. Près d’un corps endormi, où les îlots de temps s’entredévorent : les voilà, mes idiots. Plantés dans la houle, les pieds soudés dans le torrent, et le vent-poésie sur le front. “j’ai très pour du vrai.” Les voilà, mes idiots. Dans les yeux crevés du sommeil, et la brutalité du jeu : sérieux comme des enfants. Où vais-je tomber? Sur le coeur, sur la tête? Qu’ils cherchent les bosses : j’ai la poésie en cartilage, et la douceur en parachute.
Z 7 12 10
Il sera bon d’écrire pour de faux, alors. Sans espérances de vérités ni cantiques de fractures. Écrire pour jouer, sans drama, sans complaisance : n’avoir qu’au bluff deux-trois merveilles, un brelan d’absurde, ou une suite de mystères. Le frisson est un bout du monde. Près d’un corps endormi, où les îlots de temps s’entredévorent : les voilà, mes idiots. Plantés dans la houle, les pieds soudés dans le torrent, et le vent-poésie sur le front. “j’ai très pour du vrai.” Les voilà, mes idiots. Dans les yeux crevés du sommeil, et la brutalité du jeu : sérieux comme des enfants. Où vais-je tomber? Sur le coeur, sur la tête? Qu’ils cherchent les bosses : j’ai la poésie en cartilage, et la douceur en parachute.
Z 7 12 10

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: Sila.
Déjà dit ailleurs mais "j’ai la poésie en cartilage, et la douceur en parachute." , O combien c'est vrai et terriblement bien dit.
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LaLou
Re: Sila.
Encore un bel envoi.
J'aime ces réflexions sur l'écriture, pour ne parler que de cette forme de "création".
n’avoir qu’au bluff deux-trois merveilles, un brelan d’absurde, ou une suite de mystères
Ca c'est une main en or.
Et quelle fin !
Nilo, parole.
J'aime ces réflexions sur l'écriture, pour ne parler que de cette forme de "création".
n’avoir qu’au bluff deux-trois merveilles, un brelan d’absurde, ou une suite de mystères
Ca c'est une main en or.
Et quelle fin !
Nilo, parole.
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... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Sila.
lorsque son saut cabosse l’espace...
ça virevolte dans tes poches au filet crevé, et c'est tant mieux. ça fait du bien à l'oeil du spectateur
ça virevolte dans tes poches au filet crevé, et c'est tant mieux. ça fait du bien à l'oeil du spectateur
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"Chaque pensée devrait rappeler la ruine d'un sourire." Cioran.
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