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La fugue

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La fugue

Message  Dam le Ven 10 Déc - 23:08

L’arrivée

Quand la fille lui donnait sa barrette avant d’aller mouiller ses cheveux à la mer, pour qu’il catapulte de petits cailloux noirs vers elle... Il pensait, à présent, allongé dans ses bras vides, qu’il faudrait inventer une toute autre surface qui ferait disparaître tous les objets quand ils tombent. Tout ce qu’il porte sur lui... et en lui, BIEN ACCROCHE !
Là-dessus, il retira ses lunettes de soleil et vit des points d’interrogation minuscules de partout.
Alors, il colla son oreille contre sa joue et entendit respirer... Ce son, tout de suite, lui rappela ce qu’il entendait dans les gros coquillages “strombes” roses orangés sur la cheminée en marbre du salon.
J’ai froid, dit-il ; faut faire un feu...

La vie, c’était devenu comme à la radio - “Pas besoin de se voir pour s’entendre” - et une gène immense lui interdisait toute sortie, tout contact, tout le monde.

Les seuls répits qu’il pouvait accorder à ses caresses innocentes, aveugles, incessantes, c’était quand il écrivait pour se libérer et aux repas. Et après il recommençait de plus belle !

Bien ; maintenant que tu as eu l’appel, tu peux débrancher ton téléphone. On dira qu’il est en dérangement.

Écoutant donc son instinct, Viral, écarta un peu la maie très lourde du bord plat de l’escalier, et tira la prise. Puis il repoussa le meuble comme avant et fit coulisser le tableau d’une nature morte en noir et blanc pour masquer sa mise en garde.
“ Si y’a du pain sur la planche (comme elle dit), y’aura pas de << papa maman - ‘chuis bien arrivée... Non, ça a pas été trop long... Il fait super... gris, temps pis... pis... pis - j’vous appelle le soir, bye >>.

- Tiens ? s’étonna-t-elle - il marche pas ton téléphone ?
- Quoi ? dit-il, attends... Il écarta le tableau noir et blanc de la nature morte et d’un coup sec, il rétablit le contact.
- Voilà, c’est réparé ; je fais ça quelquefois pour avoir la paix.
- Tu faisais pas ça pour moi, s’enorgueillit-elle - “ Allô maman ?...
Maintenant, il pensait : Va... ça vaut mieux comme ça, elle est souriante et moi je pourrai pas travailler des masses avec elle. Tant pis. Pourquoi elle m’a parlé de son billet retour ? Elle est pas déjà rentrée quand même !...

*

La fugue


Ca n’est pas que je ne pense pas à toi, mais j’ai informé la famille et je ne l’ai pas fait pour toi.
Peut-être est-ce que je te réserve le meilleur, et tu peux toujours en demander des nouvelles à mon père (ou à ma mère).
Ici, tantôt j’ai du mal tantôt j’ai du bien.
Je suis avec une fille qui veut que je la dessine (pour le travail donc), mais qui ne s’intéresse plus au moment où ça devient passionnant ! (elle laisse tomber et me laisse tomber). Elle est partie plus tôt. Pourquoi ? Je te demande pourquoi, Marthe ? Je ne me l’explique pas moi-même mais elle est jalouse je sais, d’abord, elle est jalouse de moi - et c’est pire que tout, la jalousie !

“ Elles sont fortes pour ça ”

Souvent, il eut envie de détruire tout ce travail qu’elle contestait - qu’elle haïssait ! Et se détruire un peu donc... Mais pourquoi l’aimait-il ?
- “ Elle est mauvaise, se dit-il, et on ne peut rien y faire... c’est trop tard. On ne peut rien faire, c’est une fille !
Mais pourtant, je sais que je peux trouver l’âme-soeur qui, elle, existe : je le sais... ”
Il ne pouvait pas être plus ouvert, plus enthousiaste.
... Plus vivant quoi, et ça s’est mal terminé.
Je ne sais vraiment pas comment faire ?
Il s’inquiète beaucoup maintenant, s’il doit rester sincère avec lui-même - et ne pas déconner - tout le temps mentir ? De toute façon, il n’a pas le choix. La félonne est une lionne...
Alors vraiment, tu es coincé, condamné ?
Ce qui l’ennuyait, ce soir, c’était bien tous les dessins qu’il avait faits d’elle, et ceux qu’ils n’avaient pas faits à cause d’elle ! C’était la pire chose qu’on puisse faire à un artiste de lui refuser son aide.
Même s’il faut fermer les yeux sur soi un instant.
Je me demande maintenant si ça n’est pas pour rien ! Il y a eu de bons moment quand même, c’était fort.
... Plus fort que rien, peut-être que tout.
J’ai appris des choses, mais je ne changerai pas - pas plus vite que mon travail me l’or donne - ou me l’père met...
C’est plutôt ça, n’ai pas le choix. Je te le disais bien, je n’ai pas le choix. Alors, au départ, ça sera à petits coups, intenses mais brefs, jusqu’au jour... Voilà, tu sais tout, je voulais que tu saches cela que la famille ignore (sois discrète.)



Mille amitiés,
Elle embrasse pas souvent...
Elle est rentrée tard quand la nuit était tombée,
Toute blanche et grelottante comme si elle s’était perdue.

Dam.

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Re: La fugue

Message  Sylvie le Sam 18 Déc - 8:46

De la belle poésie, qui fait un lien entre le doute, l'incertitude, la peur, la complicité et l'accent mis au bon endroit.

Pas de nouvelles est souvent égal à cette peur qui est qu'on se sent délaissé.

Des nouvelles et voilà que l'on se sent traqué comme un chevreuil.

Une liberté et l'on se sent prisonnier

Une prison et l'on ressent l'incertitude et le doute.

Voilà ce que j'ai tiré de ce texte qui ressemble à une peinture...une personne dont le regard est lointain comme pour chercher d'où vient le vent.

Sylvie

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Re: La fugue

Message  Dam le Dim 19 Déc - 1:39

Oui Sylvie. Une personne en admiration qui se cherche (mauvaise passe) donc, et qui refuse en même temps que la solution vienne de là, comme ça...
Un signe des temps ?

Dam, toute une histoire !

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