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Le végétal vagabond.
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Le végétal vagabond.
L’homme est une obligation. Voilà ce que j’en ai appris, à mon travail. La vie, c’est le droit des obligations. Le droit de choisir son impasse. J’avais, au hasard des couloirs du labyrinthe, au moins compris cela : le choix est le mythe désespéré d’une résistance. Le désespoir n’est jamais renoncé. La tristesse est un faux désespoir. La tristesse, c’est l’impasse plus grande que soi. Les pieux en haut du mur. La tristesse est la respiration, dans la course folle aux échappatoires. Le rêve est le corps de la poésie. Le rêve est le corps de vent des fuyards. BAM! Cogne l’impasse. BAM! Cogne l’impasse. “et six-cent-six heures que je creuse.”
La plume-front, pleine de bosses, au-dessus des yeux du poète : témoignage d’une danse contre les murs. L’homme est une obligation. Le droit d’être né. Le droit de n’en plus pouvoir. Le droit au mutisme, le droit au cri. Ferme-là! Gueule! Gueule! Quelle grosse bêtise que les mots. Les corps - c’est-à-dire la chair c’est à dire la répugnante réalité d’une excroissance mal finie sans racine c’est-à-dire le végétal vagabond - sont fatigués de courir. Ils se plantent dans les mots. Et ils en font ce qu’ils veulent! J’ai le terreau-syntaxe, j’ai la phrase en ébullition, les tiges au bout des mains qui plongent! Nourri au nutriment du rêve! Six-cent-six strates sous la terre! Bébé-roi fait dans sa couche d’ozone.
Il n’y aura d’impasse que ma voix. Il n’y aura d’impasse qu’après, galvanisés, qu’on en ait vu le terminus. “la saveur de la mort”. Vian disait : c’est la seule qui vaille le coup. J’écris pour une délivrance. J’ai dix mille vestes à poser, aux porte-manteaux des impasses. Architecte d’une dispersion. Quelle grosse bêtise que les mots. “et pourquoi qu’il n’écrit pas d’un coup?” Je suis fatigué. J’ai, dans le boulevard immense des fuites, tous ces chiens-phrases à tenir en laisse. J’ai six-cent-six rêves à donner, et le mien, hirsute, qui ne sait plus quoi s’inventer pour éclore.
Quelque soit l’heure, lève-toi!
J’ai vu, au fond du bocal de la nuit, deux limaces enroulées. Les sillons de leur bave, le placenta, les larmes et la bile, l’espoir des condamnés, luisaient sur les parois.
Z 21 12 10
La plume-front, pleine de bosses, au-dessus des yeux du poète : témoignage d’une danse contre les murs. L’homme est une obligation. Le droit d’être né. Le droit de n’en plus pouvoir. Le droit au mutisme, le droit au cri. Ferme-là! Gueule! Gueule! Quelle grosse bêtise que les mots. Les corps - c’est-à-dire la chair c’est à dire la répugnante réalité d’une excroissance mal finie sans racine c’est-à-dire le végétal vagabond - sont fatigués de courir. Ils se plantent dans les mots. Et ils en font ce qu’ils veulent! J’ai le terreau-syntaxe, j’ai la phrase en ébullition, les tiges au bout des mains qui plongent! Nourri au nutriment du rêve! Six-cent-six strates sous la terre! Bébé-roi fait dans sa couche d’ozone.
Il n’y aura d’impasse que ma voix. Il n’y aura d’impasse qu’après, galvanisés, qu’on en ait vu le terminus. “la saveur de la mort”. Vian disait : c’est la seule qui vaille le coup. J’écris pour une délivrance. J’ai dix mille vestes à poser, aux porte-manteaux des impasses. Architecte d’une dispersion. Quelle grosse bêtise que les mots. “et pourquoi qu’il n’écrit pas d’un coup?” Je suis fatigué. J’ai, dans le boulevard immense des fuites, tous ces chiens-phrases à tenir en laisse. J’ai six-cent-six rêves à donner, et le mien, hirsute, qui ne sait plus quoi s’inventer pour éclore.
Quelque soit l’heure, lève-toi!
J’ai vu, au fond du bocal de la nuit, deux limaces enroulées. Les sillons de leur bave, le placenta, les larmes et la bile, l’espoir des condamnés, luisaient sur les parois.
Z 21 12 10

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: Le végétal vagabond.
Tu m'agaces à la fin !
Parce que des "pensées" comme celles-ci j'en ai tous les jours (pas les mêmes, pas les tiennes, bien sûr) et jamais je ne trouve les moyens de les écrire.
Tu m'agaces et je t'envie parce que j'aime les lire.
Nilo, agacé.
Parce que des "pensées" comme celles-ci j'en ai tous les jours (pas les mêmes, pas les tiennes, bien sûr) et jamais je ne trouve les moyens de les écrire.
Tu m'agaces et je t'envie parce que j'aime les lire.
Nilo, agacé.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Le végétal vagabond.
Vais avoir besoin de relire, car il y a pleins de choses intéressantes et de passages surprenants et j'ai l'impression d'être passé à côté...
En tout cas, ça ne végète pas par ici.
En tout cas, ça ne végète pas par ici.
Re: Le végétal vagabond.
dis donc comme ça fuse la dedans !
Un texte puissance 1000 et lourd de "vérités".
"Les corps - c’est-à-dire la chair c’est à dire la répugnante réalité d’une excroissance mal finie sans racine c’est-à-dire le végétal vagabond -"
et ressentis qu'en tout cas, comme Nilo, j'ai eu aussi à penser mais il faut avouer que tu excelles à nous les décrire .
Un texte puissance 1000 et lourd de "vérités".
"Les corps - c’est-à-dire la chair c’est à dire la répugnante réalité d’une excroissance mal finie sans racine c’est-à-dire le végétal vagabond -"
et ressentis qu'en tout cas, comme Nilo, j'ai eu aussi à penser mais il faut avouer que tu excelles à nous les décrire .
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LaLou
Re: Le végétal vagabond.
A ton âge, j'écrivais et je ne partageais presque rien ; c'est une chance déjà, non ?
J'ai bien essayé (sans doute pas assez, un an je crois) et on m'a refusé. Restait les lettres et les tentatives de complicité dans le travail même d'écriture (plus d'ordre pratique que vraiment créatif mais bon c'est déjà ça) Faut dire que j'avais autre chose en attente mais bon... Et c'est la question que tu poses en filigrane dans ton texte : est-ce une obligation d'avoir des obligations pour être dans l'obligation d'assumer en balayant toute humiliation aventureuse...
Les mots sont plus que ta voix et ils ne sont pas vains, d'abord pour toi.
Dam.
J'ai bien essayé (sans doute pas assez, un an je crois) et on m'a refusé. Restait les lettres et les tentatives de complicité dans le travail même d'écriture (plus d'ordre pratique que vraiment créatif mais bon c'est déjà ça) Faut dire que j'avais autre chose en attente mais bon... Et c'est la question que tu poses en filigrane dans ton texte : est-ce une obligation d'avoir des obligations pour être dans l'obligation d'assumer en balayant toute humiliation aventureuse...
Les mots sont plus que ta voix et ils ne sont pas vains, d'abord pour toi.
Dam.
Re: Le végétal vagabond.
Très intéressantes ces " réflexions ", ces points noirs sur nos peaux.

Ratoune- MacadAccro

- Messages: 1618
Date d'inscription: 01/09/2009
Re: Le végétal vagabond.
Parce que des "pensées" comme celles-ci j'en ai tous les jours (pas les mêmes, pas les tiennes, bien sûr) et jamais je ne trouve les moyens de les écrire.
Pareil que Nilo... à part que moi ça ne m'agace pas, ça me scotche !
T'en es à ta quantième vie ?
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