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Sénégal,France Mars à Juillet 1974, Marc tremsal, 60°61°62 ° Bon°

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Sénégal,France Mars à Juillet 1974, Marc tremsal, 60°61°62 ° Bon°

Message  tremsal le Mer 2 Fév - 17:42

Il appela un confrère à Boulogne Billancourt. Le choix de m’arrêter là, avait été le bon, car le concepteur de ce type de bateau PB, avait inventée une formule révolutionnaire dans la flottabilité… Il me dit de suite qu’il y avait au moins, deux mois de délais. Il vendait aussi plusieurs types de moteurs. Il sélectionna un soixante-quinze chevaux Mercury, parfait pour ce type de coque. Certes, ces achats seraient les plus coûteux de notre investissement, mais on bénéficierait de prix hors taxes pour l’étranger.
Je n’avais pas perdu de temps et l’on se mit d’accord pour se revoir rapidement. Pour le permis, il avait joint Mazzura marine, toujours sur les quais, mais vers Saint Cloud. Tout en continuant ma route en bordure de Seine, je refaisais mes comptes. Nous avions de côté, deux millions anciens et l’on était loin du compte. Il fallait voir ma banque, car les grillages tennis, la sellerie, les voiliers, les planches à voile, les vélos, etc, avoisinerait à peu prés le double.
*


À l’approche du pont d’Asnières, je décidais d’aller vers la rue de Courcelles, à Paris, voir mon amie Marcelle Oury, mère du grand réalisateur. D’un proche café, je l’appelais pour l’avertir, et cela ne la dérangeait pas. Comment allais-je m’y prendre, pour lui annoncer notre départ de France. Nous étions très liés et avions accompli tant de travaux ensemble depuis les années soixante ! Je vous en ai déjà parlé…Marcelle s’était abonnée à l’Argus de la presse, classait tout ce qui concernait son fils Gérard. Mon travail consistait sur de grands formats, film par film, page par page, à découper les articles, à les coller, à mettre des titres, des photos, Marcelle à mes cotés, suivait mon travail. Un livre sur « L’enfance et la carrière d’acteur de Gérard», puis un sur « Le Corniaud »,puis un autre sur la « La Grande Vadrouille », « Le Cerveau »…Nous avions pris l’habitude de travailler une heure avant et une heure après le déjeuner, au moins une fois par semaine. Marcelle me faisait préparer toujours une magnifique sole, pommes vapeurs. Elle aimait être souvent allongée sur son lit, me racontant sa vie si riche, aux rencontres passionnantes. Durant sa vie, entre autres activités, elle fut une grande journaliste à Paris Soir…Ancêtre de France-Soir. Gérard tout au long de sa vie, et pendant l’écriture des scénarios de ses grandes réalisations, écoutait toujours les précieux conseils de sa chère maman. En écrivant ses lignes, je pense avec nostalgie à tous les deux…
Dans ce quartier, les places étaient rares pour se garer, mais, chance, j’en trouvais une. Son appartement était au rez-de-chaussée. Très vite on se retrouva, heureux de se revoir. Elle voulait avoir des nouvelles de Mathilde.
--Tout va bien Marcelle. Très impatiente, elle me montra une pile d’articles en attente de collage. Je ne savais pas comment lui dire, que dans quelques mois, son ami, Jean-Marc l’abandonnerait…Comme toujours, je ne me lassais pas d’admirais les grands tableaux de Raoul Dufy, grand peintre qu’elle avait bien connu. Elle me donna des nouvelles de Gérard, de Michèle, et de Danielle. De Danielle, de sa beauté, de son rire, je garde pour elle une grande estime...En 1962. Me sachant fiancer à Mathilde, elle me fit une leçon de morale, pendant une séance de cinéma…
Avant de quitter Marcelle, la sagesse fit, de lui proposer de se revoir rapidement, et je la quittais sans avoir rien dit, la sachant très sensible.



*









La locomotive Marc est lancée !
Exaltation pour un projet.
Par amour, rien n’est impossible.







Le froid à Paris se faisait encore sentir, et retrouvant les quais, j’allais jusqu'à Mazzura marine. Une grande péniche aménagée et en vente du matériel nautique. Je voulais avoir des renseignements et des prix. Je repartais avec des catalogues, des prix, des adresses, et de quoi apprendre le code, pour le permis bateau. En 1974, c’était « une époque» où l’on téléphonait encore, des cafés, ou des cabines téléphoniques. Ayant fais une liste, je ne perdais pas de temps. Étant toujours sur Paris, je devais voir, Monsieur Sicard, avec lequel j’étais en affaire, et appeler mon frère Paul.
Dans un café du neuvième, on se retrouva avec mon frère en fin de journée. Je savais Paul toujours très occupé, mais à l’annonce de mes projets, tout en étant très surpris, il fut à l’écoute, toujours de bons conseils et se proposa de m’aider dans l’analyse et l’étude financière. Je devais tout d’abord lui faire un topo écrit sur le Domaine, la liste du matériel à acquérir. Comme Bernard, il s’inquiéta des risques encourus. Le fait qu’Air France, et sa filiale Jet Tours, étaient parties prenantes, le rassurèrent. Paul était très cultivé, doué d’une vive intelligence. Après son installation dans la région parisienne, je le consultais souvent, quand j’avais à résoudre des créations de slogans, des textes publicitaires difficiles, des idées… Une nouvelle fois, je le mettais à l’épreuve, sans toutefois rentrer dans la cause profonde de mon choix. Tout au long de la journée, j’avais pris au moins dix cafés et avec Paul, l’on convenu de se revoir assez vite.

Il faisait nuit lorsque j’arrivais à Suresnes. Christian devait être à son entraînement de natation, et j’allais à la piscine, au bout de notre rue, le chercher. Christian était un excellent nageur pour ces onze ans, et avait obtenu dans des compétitions pas mal de victoires. Son entraîneur, là aussi, serait déçu en apprenant son départ. J’avais pris l’habitude depuis leur scolarisation de m’organiser pour les accompagner le matin à l’école, le soir parfois d’aller les chercher. Ma profession libérale me permettait de faire passer en priorité, ma vie de famille…Ce qui ne nous mit pas à l’abri…

*


…Avec Mathilde, c’est vrai que notre vie s’étendait largement à nos deux familles. Les vacances d’été en Tunisie, chez ses parents, les Noëls dans les Vosges, chez les miens, depuis 1964, sans compter tous les allers et retours improvisés pour aller embrasser mes parents. En attendant Christian, je songeais à mon père, avec lequel nous avions décidé d’écrire un jour ensemble, « Sa vie » en Tunisie.
A mon grand regret, mon départ allait enterrer ce projet. Christian fut surpris et content de me voir.
--Papa, j’ai dit à mon entraîneur que j’allais partir en Afrique. Il faudra que tu le vois.
Papa, ta journée s’est bien passée ?
--Oui, mon cher fils, j’irais voir tes entraineurs.
Tout en marchant, je le tenais au courant de ce que j’avais fait :
--Papa, tu m’emmèneras voir le bateau ?

Ty et Isabelle nous attendaient pour le dîner. La télé était en marche, avec son lot de mauvaises nouvelles ! Pendant le repas, je continuais à parler, les tenants au courant de ce que j’avais fait. Ty, me semblait avoir retrouvé le sourire. Le rendez-vous à Jet Tours était important pour elle. Elle avait eu ses parents au fil, et ils devaient venir à Paris dans un mois. Ty regarda un film à la télé et moi, comme chaque soir, j’allais dans la chambre des enfants, pour parler et leur raconter une histoire… Avant de me coucher, un petit détour et j’embrassais Ty. Elle avait oublié de me dire qu’Apo avait appelé et qu’il fallait absolument que je rencontre Alain Tuil, pour lui dire que les choses avancer à Dakar. Armande avait d’autres choses à me dire, et ferait un télex à Jet Tours. Je retrouvais mon lit avec plaisir et le sommeil mis du temps à venir. Le gros souci était financier.
Tout le reste était organisation, priorité et tous mes clients à rencontrer. Ma banque était la Bred, et j’avais de bons rapports avec un des conseillers financiers. Ce qui m’inquiétait, c’était le manque de revenus en France, à partir de fin juillet. Mon studio de publicité, reposant totalement sur moi, ma succession serait incertaine.
À ce sujet, Monsieur Sicard avait un fils qui était branché vers la publicité et peut être que prendre ma suite à Suresnes, l’intéresserait. Cela éviterait que je laisse tomber brutalement ma clientèle. Cette idée n’était pas mauvaise et dés demain j’appellerai mon ami Sicard. De ma fenêtre, avant de m’endormir, j’admirais chaque soir au loin, Paris et ses lumières. Ce que je voyais était aux antipodes des nuits Africaines, du ciel de Nianing remplis d’étoiles. Il se passait en moi, une lente métamorphose et cette lointaine terre d’Afrique Noire commençait à me manquer. J’imaginais une plage de sable blanc, des enfants tous noirs, souriants, remplissant leurs petites cuvettes de couleurs vives, de petites sardines…Et, les vols majestueux de pélicans, le courage et le beau sourire de la mère Marie Prigent, du dispensaire de M’Bodiene…

*


La semaine était chargée. Monsieur François avait bien cherché les adresses de fournisseurs. Les enfants étaient partis à l’école. Avant de quitter Suresnes, je passais à la Bred et expliquais ma demande de prêt. Par la banque, il me fallait au moins, un million ancien. Sans trop leur raconter mes projets et compte tenu de mes bons antécédents professionnels, en fournissant certaines pièces, il me serait accordé. De l’atelier, je contactais la sellerie Forestier pour une demande de prix. Puis le fournisseur de grillage de Tennis, à qui je donnais les dimensions. L’importateur de voilier Hobbie Cat 14. Il me fallait des tarifs hors taxes pour tout ce matériel. Monsieur François avait bien avancé sur le matériel publicitaire, Nianing, Jet Tours. Pour la carte de sports payants, j’avais fait un crayonné et François ferait la maquette. Pour les travaux en cours, j’avais une dessinatrice Madame Roland, que je devais voir pour des documents à faire. Le travail ne manquait pas, Il fallait assurer pendant tout ce temps de préparation au départ, pour que la clientèle soit satisfaite. Jean-Claude Eger m’avait invité à déjeuner. Comment allait réagir mon ami de toujours ? Je devais aller voir Monsieur Sicard pour des travaux d’imprimerie, mais pour lui parler de son fils. Bien entendu, il n’était pas dans mon intention de vendre ma clientèle, mais j’avais investi dans un véritable studio photos, très complet, qui pourrait être repris pour un prix raisonnable.

*


Monsieur Tabone d’Air France était à Orly. On avait convenu que j’aurais la 403 d’Apo à disposition, et mon idée était de faire un chevalet, posé sur le dessus de la voiture, pour mettre au stationnement, les affiches du Domaine. Tabone aussi serait la cheville ouvrière pour les expéditions par avion. Je voulais faire sa connaissance et filais à Orly. Apo lui avait parlé de moi et ce pied-noir, me fit bonne impression.
On fit le tour des questions, et il me promit d’amener à Suresnes la voiture. Au retour, je passais par Arcueil, chez Alcatel, mon plus important client industriel, pour prendre une commande. Monsieur De Mauvaisins était un retraité de la marine et chef de la publicité chez Alcatel. On avait un bon contact et il m’avait avoué un jour, qu’il était un novice en Pub ! Cela n’empécha pas que durant quelques années, on fit un excellent travail ensembles.

Prés de la place des Vosges où habitait Jean-Claude, je m’arrêtais chez un imprimeur, pour avoir des prix, parler de mes cartes de ports, d’un adhésif publicitaire pour le Domaine. Je réservais l’après-midi pour voir mon ami Sicard, dans le neuvième. Jean-Claude, m’accueillit comme d’habitude avec un sypatique, « bonjour Jean-Marc ». On prit un Whisky et sans hésiter j’abordais d’une seule phrase, mais avec émotion :
--Mon Jean-Claude, nous allons quitter la France pour l’Afrique, au mois de Juillet…
Pendant deux heures, avant et après le repas, ce fut une conversation captivante, ou je ne m’arrêtais pas de parler. Jean-Claude était désappointé, inquiet, mais toujours aussi affectueux, il conclut en disant avec sa voix très personnelle.
--Ce qui me préoccupe, c’est tout ce que tu abandonnes, toutes tes années de labeurs, et tous les tiens…Et les risques que tu prends ! Mais je comprends ta motivation profonde. Je viendrais vous voir ! On se quitta, j’étais angoissé et un peu triste…De me séparer de cet ami si cher.



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