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Premier Voyage,Nianing,Sénégal, marc Tremsal 46°47°48°49° Mars 1974. Bon °

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Premier Voyage,Nianing,Sénégal, marc Tremsal 46°47°48°49° Mars 1974. Bon °

Message  tremsal le Jeu 3 Fév - 18:58



Un intégral bronzage.
Mon ami de toujours, N’Diaye.
Le point de non retour.










En marchant sur le sable chaud, le temps était superbe et mon appareil de photos en main, je dis à Ty. Il n’y a personnes, va te baigner,
--Je n’ai pas de maillot.
--Tant pis, baigne-toi nue, puisque tu n’as pas de maillot!
--Chiche, j’y vais…
Et en un clin d’œil elle était dans l’eau ! Je « mitraillais » cette jolie femme, totalement dénudée, bronzée, me rappelant nos folles années de bonheur en Tunisie.
La séance photos se poursuivit sur le sable, car nous étions vraiment seuls. Ces instants furent merveilleux…
*


Avant le dîner avec Apo, qui voulait fêter notre association, il fallait absolument dire à Ty, la décision que j’avais prise d’investir et dans quelles conditions. Lui avouer que nous participerions financièrement dans les équipements loisirs et sports et que j’en serais responsable. Au retour, après les photos, je la trouvais toute gaie :
--Marc, et si on nous a vus?
En marchant vers notre case, profitant de cet état de grâce, je la mettais au courant, lui racontant toutes mes entrevues avec Apo, ce qu’il m’avait appris sur ces ennuis, et le « saut » que j’avais dû franchir, pour pleinement réussir notre installation, en participant à des équipements loisirs et sports.
--Marc, tu es fou ! Je te retrouve bien là ! Tu vas trop loin ! Où vas-tu trouver autant d’argent ? Quelles sont les garanties offertes par Apo ? Tu réalises que tu vas laisser ton affaire, et nos familles.
--Ty, j’ai confiance en lui, je ne ferai pas marche arrière.
Je désirais qu’elle comprenne qu’en tant que future hôtesse Jet Tours, moi responsable des loisirs, sports et animation, nous avions une garantie. Et puis, nous ne pouvions pas nous permettre, de nous lancer pour la prochaine saison, dans l’état actuel des choses, sans moyens, sans matériel.
--Vraiment Marc, es-tu conscient que tu vas tout abandonner en France! Nous voici partis dans une folle aventure et j’ai peur de craquer ! Non je ne pourrais pas…
--Ty, je ferai tout pour t’encourager, n’oublie pas que tu auras un job à assurer à mes côtés…C’est vrai qu’il y a du risque, mais ce qui compte, c’est que tu me soutiennes et que tu regardes devant toi. Tout le reste, je le résoudrai. Ce grand saut, c’est à cause de toi, pour toi, pour nous ! Ce soir au dîner, essaye, pour les enfants et pour nous, de garder le sourire.

Apo avait fait préparer une belle table et à l’heure de l’apéritif, le bar était animé. Toujours la soixantaine de vacanciers avaient déjà pris place à leurs tables. Je croisais le gérant, Bernard, avec lequel j’avais eu très peu de contacts pendant notre séjour. Apo ne m’en avait pas parlé, ou très peu.
L’arrivée d’Apo accompagné d’Armande fut la surprise. Nous nous étions vus à Dakar, et je savais par Apo, qu’elle comptait beaucoup pour lui. Je n’en savais pas plus, d’autant qu’Apo était marié. Armande était en robe bleue, et avait belle allure. Ty était habillée d’une robe d’été, haute en couleurs. Ont pris place et Thiam apporta le champagne et nous servit. Notre table était à l’écart. Apo pris la parole en souhaitant que notre association porterait ses fruits et me remerciât de mon engagement financier. S’adressant à Mathilde, il lui confirma que Jet Tours était d’accord et que dès notre retour à Paris, elle aurait un rendez-vous. Armande, assez discrète, me dit qu’elle serait là le lendemain, et qu’on pourrait voir ensemble mon projet. Pendant le repas, arrosé de vin rosé, on nous servit de très belles langoustes grillées... Apo, me demanda si j’arriverai à respecter les délais, pour notre arrivée en juillet.
--Apo, je vous le confirmerai dès que j’aurai fait le point. Armande me rassura en me disant, que grâce au télex, au téléphone, on resterait en contact par Jet Tours. Apo repris la parole :
--Marc, j’envisage pour Hertz, de trouver une porte de sortie, certes il y a une remise en état de pas mal de voitures, vendre serait peut-être la solution. Mon frère Alex, va avoir du travail ! Armande nous dit que le responsable Afrique d’Hertz s’était annoncé pour demain. Ce serait bien que vous le rencontriez…

Ty semblait détendue, nos regards se croisaient souvent et j’aimais la voir sourire. Mon angoisse était dans la perspective où au dernier moment, elle perdrait confiance et me laisserait partir seul avec Christian et Isabelle. Je ne pouvais m’empêcher d’imaginer le pire. Tout dépendrait de moi, de nous…Le contrat qui l’engagerait avec Jet Tours serait déterminant.
À ce sujet, le représentant en place, Philippe m’avait fait une réflexion et ne voyait pas d’un bon œil son remplacement. Malgré notre discrétion, il semblait être au courant de nos projets. Je le rassurais en lui disant, que rien n’était décidé. Il nous restait deux jours, avant notre départ. Le repas se terminait et l’on parla de la publicité, celle-ci, comprendrait un dépliant, quelques affiches, le tout serait réalisé en partie, par les imprimeurs de Jet Tours. Apo me dit au passage, qu’il avait une 403 à Paris, qui pourrait nous servir ?

Le dîner fort copieux arrivait à sa fin. Armande et Mathilde avaient l’air de s’entendre. On devait se revoir le lendemain, pour qu’elle me parle des relations à avoir avec Jet Tours, de mes achats, des expéditions. Monsieur Estival, qui rentrait chez lui, nous salua à notre table. Apo s’empressa de lui dire qu’il fallait avancer sur la piscine…Avant la saison des pluies. Après son départ, Apo nous dit beaucoup de bien de son ami Estival…Ty pour la première fois s’adressa à Apo.
--Apo, quand nous arriverons en famille au mois de juillet, ou serons-nous loger ? Cette question très concrète, me mis du baume au cœur. Enfin, je ressentais de sa part, un intérêt pour notre vie future. Apo, la rassura et il nous proposa sans hésiter, de construire dans le fond du parc, une maison de bois, qu’il avait achetée à une société d’exploitation forestière, entièrement démontable, et confortabe.
--Je vous la montrerai demain. On se dit bonsoir, je remerciais Apo pour cette bonne soirée.On rentra avec Ty se coucher car vendredi s’annonçait être une journée chargée. Chacun dans notre lit, comme d’habitude, on se souhaita bonne nuit, mais Ty, très calme, me confia :
--Marc, pendant le dîner, tu as laissé beaucoup parler Apo, je t’ai trouvé très discret ? Je répondis que nous étions ses invités, qu’Armande devait s’exprimer.
--Ty, bonne nuit, moi je t’ai trouvé en pleine forme.

*


Comme d’habitude, je me levais de bonne heure. J’avais eu du mal à m’endormir, ne cessant de penser à tout ce qui m’attendait à Paris, recherche de fournisseurs, contacts à Jet Tours… Et à tout le travail publicitaire en cours, qu’il fallait terminer et livrer. Il me faudrait ensuite, avertir toute ma clientèle de ma cessation d’activité, et faire le tour de nos amis, avertir la famille, aller dans les Vosges, voir mes chers parents.
Toujours le premier au petit-déjeuner, Grégoire me gâtait en m’apportant des croissants bien chauds. Il me dit que tout le personnel avait appris que je reviendrais et dans quelles conditions.
---Monsieur, nous sommes tous très heureux de votre installation au Domaine.

En écoutant Grégoire, je revoyais M’Bodiene et le dispensaire, le petit cimetière aux sépultures très anciennes, l’église du Père Bouteiller. J’étais en avance et prenant des notes, avant l’entrevue avec Armande, je pensais à Ty, à tout ce que nous avions vécu ici, à mon choix, qu’elle trouvait fou et aventureux. Avec ses parents, qui étaient restés en Tunisie, après l’indépendance, nous étions très attachés. Comment allaient-ils réagir, face à ce bouleversement ? Mon beau-père avait une santé fragilisée depuis un certain temps et supportait mal les tracas, les soucis. Armande n’étant pas encore là, je préparais pour Ty, un petit-déjeuner, et lui portait, mettant dans son plateau, un brin de bougainvillier.
--Bonjour, c’est moi. Le réveil un peu brutal fut compensé par la vue du plateau bien garni.
--Merci Marc, toujours attentionné, merci.
Avant de repartir je grignotais un croissant et rappelais à Ty, mon rendez-vous avec Armande.
--Marc, je vais aller à la plage, rejoins- moi si tu veux, je prends l’appareil de photos. Je l’embrassais sur le front.
*


Après avoir « salué » les babouins, dont la jeune femelle, je faisais des photos. Rejoignant la réception, j’allais au bureau d’Armande. Je ne pouvais dire son age. La quarantaine…Son bureau était dés plus simple. Elle m’expliqua qu’elle vivait à Dakar, qu’elle travaillait beaucoup et qu’elle venait rarement au Domaine. Au bout d’un moment j’en savais beaucoup plus sur elle et Apo. Discrètement elle me fit comprendre sa liaison sérieuse avec Apo, mais lui étant marié…On se mit au travail et je donnais à Armande la première liste du matériel que j’envisageais d’acheter. Mis à part quelques réserves, elle était d’accord sur tout. Elle m’avait préparé un document avec les noms des gens de Jet Tours à voir. D’après elle, je pourrais compter sur «leur service accompagnement», pour les expéditions.

Tout viendrait par avion, sauf certains colis trop encombrants. Notre conversation se poursuivit et Armande me parla d’Hertz et de la venue pour déjeuner du directeur Afrique. Nous avons un litige avec eux. Marc, vous serez aimable de le recevoir, de voir ce qu’il veut, d’agir en diplomate. J’abordais le sujet délicat concernant les travaux de la piscine. Armande me dit qu’elle suivrait ça de prés. J’en profitais pour lui donner un dessin que j’avais fait de l’oiseau fétiche d’Apo, le calao, gros plan de la tête avec son grand bec rouge. Apo en avait apprivoisé un, qu’il sortait de temps en temps. Ce sigle devait accompagner toutes les publicités à venir…Et je disais à Armande de le faire réaliser en mosaïque, dans le fond de la piscine. Ayant constaté la modestie de la boutique, je lui proposais de voir à Paris, des grossistes en bijouterie, choix varié de montres, etc. Armande me donna son accord. L’heure passait et l’on se quitta. Elle devait retourner à Dakar, l’après midi, on se reverrait juste après le déjeuner, car elle devait voir le Directeur d’Hertz.

Cette dernière journée complète au Domaine me donnerait-elle le plaisir de me baigner ? Oui. Après avoir pris mon maillot, je pris la direction de la plage, traversant cette fameuse route goudronnée. À ce sujet, j’avais noté que l’on pourrait construire une haute passerelle, large, de belle architecture et en bois.
Ty était allongée sur une natte avec son maillot deux pièces. Elle lisait.
--Je t’avais promis de venir’ me voilà ! On va se baigner ?
--Oui Marc, demain c’est le départ…
L’eau ne dépassait pas les vingt degrés, et l’on nagea vers la coque bleue au mouillage, on plongea dans l’eau trouble. Au retour on fit la course. On arriva au bord presque ensembles.
--Hier, sur la plage, tu étais belle et sauvage…Et nue. Imagine le photographe, à Paris, quand je lui ferai développer cette bobine ! Ty sourit en mettant son paréo. Je me changeais rapidement et rejoignais le restaurant. Ty, fit de même. Il était bientôt une heure, et l’on attendait au bar, le responsable Hertz. Puis il y eu une certaine animation sous la paillote, car le buffet venait d’être présenté. Il faisait chaud et je demandais à ce que l’on nous mette une table pour quatre, dehors sur la pelouse.




*










Deux jeunes gens de Tunis.
Une femme du Nord.
Ali Kébé, l’homme à tout faire.







Venant du parc à voitures, un homme dans la trentaine, arriva vers le bar, vers nous. Nos regards se croisèrent avec étonnement, et presque en même temps, en se saluant, on se dit bonjour…Puis il me dit, vous êtes Marc Tremsal ! Et je lui dis, Alain ! Alain Tuil ! Le responsable Afrique, d’Hertz était un ami de jeunesse à Tunis !…Un apéritif pour fêter nos retrouvailles et nous passâmes à table. Une bonne assiette du buffet en entrée, du vin rosé puis Alain, à qui j’avais expliqué rapidement ma décision de venir aux cotés d’Apo, me confia alors, les graves soucis qu’il avait avec lui. Sa venue était très sérieuse, il était question de poursuite judiciaire…
Ty, levait les yeux au ciel. Elle avait fini son assiette, pris congé, pour aller commencer nos valises.
Alain continua :
--Marc, tu as pris un gros risque, sois vigilent, prudent, mais on va se revoir en France, on en reparlera. Pour ce qui est du litige avec Apo, on va essayer de temporiser, mais la situation est grave.
Avec Alain, qui pris une bière, je pris un café glacé, en essayant de se souvenir des années cinquante à Tunis, du sport, des surprises party, de nos flirts ! Il devait rentrer sur Dakar dans l’après-midi.
--Alain, merci d’essayer d’arranger les choses, avec ta direction, fais ça pour moi. [/justify]


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