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L'aphone.
Macadam :: MacadaTextes :: Poèmes
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L'aphone.
Ne pas avoir les mots pour dire la douleur
D’être beau d’être laid en retard ou à l’heure
D’être con ou subtil pour ce que ça veut dire
Ne pas avoir les mots pour vous dire vous dire
Ce que disent les ombres en posant dans ma paume
Une main de fumée pour des routes sans nom
Ne pas avoir les mots d’injure ou bien de psaume
Pour dire la pitié de ces contrefaçons
Ne pas avoir les mots d’un orchestre à vomir
D’être pores poilus ou pantins à cravates
D’être dans d’être hors la prison ou l’empire
Les mains aux barbelés de libertés en boîtes
D’être bien évident d’être sous-entendu
D’étouffer de trop d’air de manquer de miracles
Ne pas avoir les mots aller ou n’aller plus
Architecte mon cul je suis ruines débâcle
Ne pas avoir les mots même de son histoire
D’être rose brailleur d’être gris de chagrin
D’être grand et petit d’être cru sans y croire
Et soi parlait à soi du début à la fin
Z 06 03 11
D’être beau d’être laid en retard ou à l’heure
D’être con ou subtil pour ce que ça veut dire
Ne pas avoir les mots pour vous dire vous dire
Ce que disent les ombres en posant dans ma paume
Une main de fumée pour des routes sans nom
Ne pas avoir les mots d’injure ou bien de psaume
Pour dire la pitié de ces contrefaçons
Ne pas avoir les mots d’un orchestre à vomir
D’être pores poilus ou pantins à cravates
D’être dans d’être hors la prison ou l’empire
Les mains aux barbelés de libertés en boîtes
D’être bien évident d’être sous-entendu
D’étouffer de trop d’air de manquer de miracles
Ne pas avoir les mots aller ou n’aller plus
Architecte mon cul je suis ruines débâcle
Ne pas avoir les mots même de son histoire
D’être rose brailleur d’être gris de chagrin
D’être grand et petit d’être cru sans y croire
Et soi parlait à soi du début à la fin
Z 06 03 11

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: L'aphone.
Zlatko a écrit:
D’être con ou subtil pour ce que ça veut dire
Ne pas avoir les mots pour vous dire vous dire
Dommage que le deuxième vers sois le même que le premier, je trouve d'ailleurs cette deuxième ligne assez maladroite.
Comme ce passage, par exemple :
"D’être dans d’être hors la prison ou l’empire
Les mains aux barbelés de libertés en boîtes"
[/quote]
J'ai bien lu, mais j'avoue que je trouve ton texte plus maladroit justement que pas mal d'entre eux.
Et le sens ne me parle pas forcément puisqu'il est vague, ce qui n'est pas un défaut mais un style !
Re: L'aphone.
Maladroit peut-être, je l'ai écrit d'un jet d'où l'absence de ponctuation. Mais je ne l'ai pas retravaillé volontairement (répétition de 'dire', parce que c'est 'dire' qui compte).
Et si tu le trouves vague, relis.
Z.
Et si tu le trouves vague, relis.
Z.

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: L'aphone.
Quand je dis qu'un texte est vague, je ne parle pas forcément du sens du texte même, de la direction qu'il prend.
Tu utilises des images qui parleront de telle façon à Sylvie, de telle autre à Swann... de telle autre à moi.
Etre vague dans l'écriture apporte à celle-ci un style "personnalisable" à chaque lecteur.
Tu utilises des images qui parleront de telle façon à Sylvie, de telle autre à Swann... de telle autre à moi.
Etre vague dans l'écriture apporte à celle-ci un style "personnalisable" à chaque lecteur.
Re: L'aphone.
Pour moi, tout droit comme une flèche, dans le mille , à coeur...du début à la fin, sans même chercher.
c'est du jeté sur la page et c'est si bon !
c'est du jeté sur la page et c'est si bon !
_________________
LaLou
Re: L'aphone.
Tu crois ne pas avoir les mots, car ils sont indociles... C'est comme se promener avec des chiens qui tirent pour aller où tu ne veux pas. Au final, indociles ou pas, les mots nous accompagnent.
Re: L'aphone.
A la première lecture, j'ai surtout aimé les deux premières strophes. Il semble qu'il y ait comme un 'tournant" à partir de la troisième. A la deuxième lecture, j'aime beaucoup le tout. En effet, les mots nous manquent... Ou nous en avons trop, ce qui revient au même.
Babylon5- MacadMalade

- Messages: 407
Date d'inscription: 13/06/2010
Re: L'aphone.
Emballé, c'est dépecé !
Oui, du début à la fin ces répétitions procèdent du cheminement des ces mots, parce que l'important c'est de dire.
Ici elles ne m'ont pas choqué, et elles permettent à ta voix aphone de se faire entendre.
Nilo, mégaphone.
Oui, du début à la fin ces répétitions procèdent du cheminement des ces mots, parce que l'important c'est de dire.
Ici elles ne m'ont pas choqué, et elles permettent à ta voix aphone de se faire entendre.
Nilo, mégaphone.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: L'aphone.
Un ensemble encore haut en couleur.
J'ai aimé le sens du texte et le titre car en fait, lorsque je t'ai lu, j'avais l'impression d'entendre ta conscience...celle qui n'arrête pas de parler mais que personne n'entend.
Le dernier vers du 1er paragraphe est en fait , ( je parle de ma propre lecture) comme une liaison, comme une ponctuation qui se lie avec le début du 2eme paragraphe et du coup, j'ai fort bien aimé la répétition. Lorsque l'on pense, très souvent on appuie certains mots que l'on répète comme pour ne pas les oublier ou alors comme pour nous pousser encore plus loin. La colère par exemple/
" On pense à quelque chose qui nous a mis en colère et on dit;" Eux, je vais les tuer ! et bien souvent on accentue en répétant "LES TUER !"
Voilà à quoi j'ai pensé ( ceci n'appartient qu'à ma propre pensée hein
)
Sylvie
J'ai aimé le sens du texte et le titre car en fait, lorsque je t'ai lu, j'avais l'impression d'entendre ta conscience...celle qui n'arrête pas de parler mais que personne n'entend.
Le dernier vers du 1er paragraphe est en fait , ( je parle de ma propre lecture) comme une liaison, comme une ponctuation qui se lie avec le début du 2eme paragraphe et du coup, j'ai fort bien aimé la répétition. Lorsque l'on pense, très souvent on appuie certains mots que l'on répète comme pour ne pas les oublier ou alors comme pour nous pousser encore plus loin. La colère par exemple/
" On pense à quelque chose qui nous a mis en colère et on dit;" Eux, je vais les tuer ! et bien souvent on accentue en répétant "LES TUER !"
Voilà à quoi j'ai pensé ( ceci n'appartient qu'à ma propre pensée hein
Sylvie
_________________
Sylvie
J'aime vraiment faire tourner les aiguilles des horloges à l'envers
Re: L'aphone.
Merci pour ces empreintes qui restent et m'accompagnent.
Z.
Z.

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
re
Les mots sont là, Z, pas de doute là-dessus. Ils continuent de vibrer, de chanter...
Je connais ce sentiment terrible où l'on manque parfois de matière pour décrire parfaitement la vision entrevue. Je connais cette attente insoutenable qui précède la conception d'une oeuvre et les multiples ratés qui font douter. On se retourne dans la vase des mots, on tente de capturer le vers prometteur et l'on ne sait finalement quoi choisir pour traduire ce qu'on a vu.
Le poète authentique vise la pureté absolu dans ces écrits. Il ne peut se satisfaire de compromis. L'objectif est de parvenir à fixer la vérité pour toujours et de s'en convaincre : "c'est fini, c'est graver...je n'y reviendrai jamais, tout est dit". Mais bien souvent on aurait souhaité en dire plus et l'on se tape alors la tête contre les murs pour expier nos "fautes".
L'art, sous toutes ses formes, ne reflète qu'une infime partie de la réalité perçue par nos sens. Ils nous manquent encore tellement pour saisir l'insaisissable...
Il y a cette citation philosophique très connue de William Blake qui exprime justement cette idée : Si les portes de la perception étaient nettoyées, toute chose apparaîtrait à l’homme telle qu’elle est, infinie...
En buvant l'absinthe ou en fumant le haschich, bon nombre d'artistes tentaient de faire fondre les glaciers de l'esprit pour visualiser l'essentiel. Ils savaient instinctivement qu'il y avait en eux des territoires insoupçonnés, cachés.
Malgré ton "aphonie", tu as su toucher ta cible avec brio et tes cordes vocales ont vibré d'un chant juste.
L'aphone ou celui qui sait mais qui n'est pas en mesure de dire...
Je connais ce sentiment terrible où l'on manque parfois de matière pour décrire parfaitement la vision entrevue. Je connais cette attente insoutenable qui précède la conception d'une oeuvre et les multiples ratés qui font douter. On se retourne dans la vase des mots, on tente de capturer le vers prometteur et l'on ne sait finalement quoi choisir pour traduire ce qu'on a vu.
Le poète authentique vise la pureté absolu dans ces écrits. Il ne peut se satisfaire de compromis. L'objectif est de parvenir à fixer la vérité pour toujours et de s'en convaincre : "c'est fini, c'est graver...je n'y reviendrai jamais, tout est dit". Mais bien souvent on aurait souhaité en dire plus et l'on se tape alors la tête contre les murs pour expier nos "fautes".
L'art, sous toutes ses formes, ne reflète qu'une infime partie de la réalité perçue par nos sens. Ils nous manquent encore tellement pour saisir l'insaisissable...
Il y a cette citation philosophique très connue de William Blake qui exprime justement cette idée : Si les portes de la perception étaient nettoyées, toute chose apparaîtrait à l’homme telle qu’elle est, infinie...
En buvant l'absinthe ou en fumant le haschich, bon nombre d'artistes tentaient de faire fondre les glaciers de l'esprit pour visualiser l'essentiel. Ils savaient instinctivement qu'il y avait en eux des territoires insoupçonnés, cachés.
Malgré ton "aphonie", tu as su toucher ta cible avec brio et tes cordes vocales ont vibré d'un chant juste.
L'aphone ou celui qui sait mais qui n'est pas en mesure de dire...

léo- MacadAccro

- Messages: 851
Date d'inscription: 25/03/2010
Age: 28
Localisation: Nord
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