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Il était tard, c'était hier.
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Il était tard, c'était hier.
Il me reste à penser, puisque je n’ai plus rien.
Poésie... poésie ! mon âme, mon soutien,
Celui-là est enfant de mon incompétence...
Je ne sais plus chanter... ce néant ! ce silence !
Ils ont pris cette voix qui chantait à ma place...
Cette immédiateté fabuleuse, l’espace
Où je jouais enfant : rendez-le moi ! Sans lui,
Je ne suis qu’un amas de viscère et d’ennui !
Il me reste à penser... décortiquer l’abîme,
Me convaincre qu’un mot n’efface pas un crime,
Me taire pour de bon, sans procès ni scandale...
Ecrire des bouquins, de ma prose bancale...
Je ne sais pas écrire autrement que par toi !
Ce long souffle profond qui chante sous les doigts,
Innerve mes pensées, mes folies... mon sommeil !
Poésie... poésie ! Je t’attends et je veille.
J’ai le verbe vivant, l’optimisme solide,
Le coeur battant, l’âme lancée comme un bolide
Dans un ciel d’encre rouge où les mots, en paillettes,
Dessinent les contours de royaumes esthètes
Et ma barque posée sur l’eau de ma vigueur
Porte ma démesure - ô pays de mon coeur !
Tes hauteurs, tes forêts de vents et de chimères
Ont disparu... il était tard, c’était hier.
J’ai senti le parfum qui s’emmêlait à l’ombre
Se glisser hors de moi, voler vers d’autres mondes
Et me laisser brisé, mécréant, aphasique...
Plus de harpes, de choeurs. Plus de boîte à musique...
Il me reste à penser de travers, et la brume
Va frôlant le pavé de ma ville où la lune
Ecrase le rayon grandiose de son Oeil...
Les bourgeois assoupis rêvent de portefeuilles
Où l’argent fait craquer les coutures ; les vieux
Rêvent que toute vie s’en ira avec eux...
Les femmes assoupies, les membres chauds et lourds,
Rêvent de voyager... et moi, je rêve sourd,
Je rêve de rêver ; a chaque mot résonne
La colère blessée de ceux qu’on abandonne,
Le désaveu, la honte effrayée de l’absence...
Le gémissement sourd des vieilles innocences.
Je ne supporte pas le silence du corps.
Si la voix m’est rendue, je chanterai plus fort
La somptuosité des grandes solitudes...
Résident forcené d’abîmes, d’altitudes.
Z 04 10 09.
Poésie... poésie ! mon âme, mon soutien,
Celui-là est enfant de mon incompétence...
Je ne sais plus chanter... ce néant ! ce silence !
Ils ont pris cette voix qui chantait à ma place...
Cette immédiateté fabuleuse, l’espace
Où je jouais enfant : rendez-le moi ! Sans lui,
Je ne suis qu’un amas de viscère et d’ennui !
Il me reste à penser... décortiquer l’abîme,
Me convaincre qu’un mot n’efface pas un crime,
Me taire pour de bon, sans procès ni scandale...
Ecrire des bouquins, de ma prose bancale...
Je ne sais pas écrire autrement que par toi !
Ce long souffle profond qui chante sous les doigts,
Innerve mes pensées, mes folies... mon sommeil !
Poésie... poésie ! Je t’attends et je veille.
J’ai le verbe vivant, l’optimisme solide,
Le coeur battant, l’âme lancée comme un bolide
Dans un ciel d’encre rouge où les mots, en paillettes,
Dessinent les contours de royaumes esthètes
Et ma barque posée sur l’eau de ma vigueur
Porte ma démesure - ô pays de mon coeur !
Tes hauteurs, tes forêts de vents et de chimères
Ont disparu... il était tard, c’était hier.
J’ai senti le parfum qui s’emmêlait à l’ombre
Se glisser hors de moi, voler vers d’autres mondes
Et me laisser brisé, mécréant, aphasique...
Plus de harpes, de choeurs. Plus de boîte à musique...
Il me reste à penser de travers, et la brume
Va frôlant le pavé de ma ville où la lune
Ecrase le rayon grandiose de son Oeil...
Les bourgeois assoupis rêvent de portefeuilles
Où l’argent fait craquer les coutures ; les vieux
Rêvent que toute vie s’en ira avec eux...
Les femmes assoupies, les membres chauds et lourds,
Rêvent de voyager... et moi, je rêve sourd,
Je rêve de rêver ; a chaque mot résonne
La colère blessée de ceux qu’on abandonne,
Le désaveu, la honte effrayée de l’absence...
Le gémissement sourd des vieilles innocences.
Je ne supporte pas le silence du corps.
Si la voix m’est rendue, je chanterai plus fort
La somptuosité des grandes solitudes...
Résident forcené d’abîmes, d’altitudes.
Z 04 10 09.
Dernière édition par Zlatko le Mer 21 Avr - 9:19, édité 1 fois

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: Il était tard, c'était hier.
Yes!!!!!!!!!!!!!
j'ai appelé ma fille et je lui ai dit "hé viens lire ça !" ...
"Je ne sais pas écrire autrement que par toi !
Ce long souffle profond qui chante sous les doigts,"
mais O combien tu sais écrire par "elle" et O combien elle te porte et nous porte avec toi vers tes pensées, tes doutes et tes questionnements...
Bravo Z !!
j'ai appelé ma fille et je lui ai dit "hé viens lire ça !" ...
"Je ne sais pas écrire autrement que par toi !
Ce long souffle profond qui chante sous les doigts,"
mais O combien tu sais écrire par "elle" et O combien elle te porte et nous porte avec toi vers tes pensées, tes doutes et tes questionnements...
Bravo Z !!
_________________
LaLou
Re: Il était tard, c'était hier.
Wouaw... je ne serai pas très constructive sur ce coup-là, parce que je suis scotchée.
Quel puissance ! Quelles images !
J'ai été portée de bout en bout par un rythme qui ne s'essouffle pas.
Une toute belle lecture, j'y reviendrai.
Quel puissance ! Quelles images !
J'ai été portée de bout en bout par un rythme qui ne s'essouffle pas.
Une toute belle lecture, j'y reviendrai.
oui
C'est très beau ...

Le-cathare- MacaDeb

- Messages: 35
Date d'inscription: 01/10/2009
Localisation: entre Toulouse et pyrennées
Re: Il était tard, c'était hier.
Superbe et puissant.
De très beaux passages comme (entre autre) "Celui-là est enfant de mon incompétence", "Ils ont pris cette voix qui chantait à ma place", "Et ma barque posée sur l’eau de ma vigueur", "tes forêts de vents et de chimères", "Il me reste à penser de travers" ou "Le gémissement sourd des vieilles innocences". Bon, j'arrête, je ne vais quand même pas réécrire tout le texte !
Juste un (petit) bémol : j'aime pas trop quand un vers se termine par le sujet de la phrase suivante.
De très beaux passages comme (entre autre) "Celui-là est enfant de mon incompétence", "Ils ont pris cette voix qui chantait à ma place", "Et ma barque posée sur l’eau de ma vigueur", "tes forêts de vents et de chimères", "Il me reste à penser de travers" ou "Le gémissement sourd des vieilles innocences". Bon, j'arrête, je ne vais quand même pas réécrire tout le texte !
Juste un (petit) bémol : j'aime pas trop quand un vers se termine par le sujet de la phrase suivante.
Invité- Invité
Re: Il était tard, c'était hier.
Du grand Z, et je souhaite que la muse vienne longtemps te frôler de son aile pour féconder tes rêves.
Swann, paternel
Swann, paternel
Dernière édition par Swann le Mar 13 Oct - 13:43, édité 1 fois

Swann- MacadAccro

- Messages: 924
Date d'inscription: 31/08/2009
Age: 60
Localisation: entre deux cafés
Re: Il était tard, c'était hier.
Oui, du grand Z.
Et ce passage là :
Je rêve de rêver ; a chaque mot résonne
La colère blessée de ceux qu’on abandonne,
Le désaveu, la honte effrayée de l’absence...
Le gémissement sourd des vieilles innocences.
Qui, s'il ne dit pas tout, en dit tant qu'il me semble devoir le plier en quatre dans ma poche pour l'emmener partout dans mes pages.
Nilo, Paul du Zlatkisme.
Et ce passage là :
Je rêve de rêver ; a chaque mot résonne
La colère blessée de ceux qu’on abandonne,
Le désaveu, la honte effrayée de l’absence...
Le gémissement sourd des vieilles innocences.
Qui, s'il ne dit pas tout, en dit tant qu'il me semble devoir le plier en quatre dans ma poche pour l'emmener partout dans mes pages.
Nilo, Paul du Zlatkisme.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Il était tard, c'était hier.
je ne le connaissais pas celui-là ...
c'est ...quoi dire quand on est emportée à ce point ?
du grand Z, je suis d'accord, je me sens toute petite à côté ...
yzaé
c'est ...quoi dire quand on est emportée à ce point ?
du grand Z, je suis d'accord, je me sens toute petite à côté ...
yzaé

Yzaé- MacadAccro

- Messages: 696
Date d'inscription: 07/10/2009
Age: 52
Localisation: touraine
Re: Il était tard, c'était hier.
Juste pour le plaisir et permettre à ceux qui ne l'ont pas lu de s'envoler avec Zlat et sa superbe muse.
_________________
LaLou
Re: Il était tard, c'était hier.
c'est pas ma faute, 'cest le mur à dédé ...
mais fichtre, diantre, il le mérite bien!
mais fichtre, diantre, il le mérite bien!
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LaLou
Re: Il était tard, c'était hier.
C'est magnifique, tant de force, d'amour, de désespoir dans tes mots!
Bravo j'aime beaucoup ton style.
Amitiés.

Bravo j'aime beaucoup ton style.
Amitiés.

Invité- Invité
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