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Sénégal,Nianing, France, Mars à juillet 1974, 103° à 105° Marc Tremsal Bon °

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Sénégal,Nianing, France, Mars à juillet 1974, 103° à 105° Marc Tremsal Bon °

Message  tremsal le Dim 27 Mar - 9:04


Après un bon petit déjeuner, garni de croissants, que je suis allé acheter, on
organise la journée.
Ty et isabelle, ont prévu de faire quelques achats à Paris. Pour Christian et moi, le programme, c’est la deuxième sortie en bateau sur la Seine. L’équipe de P.BROT doit mettre le bateau à l’eau pour 13h.30. Traversant le bois de Boulogne, je fais conduire Christian qui est très adroit au volant. J’ai appelé mon amie Marcelle Oury pour lui dire que nous passerons l’embrasser vers onze heures. Marcelle m’a toujours témoigné une grande affection. C’est vrai que pendant plus de dix ans nous avons travaillé ensemble dans son, chez elle, ce qui peut expliquer cela. Une belle amitié en a résulté. Christian déguste un jus d’orange, des biscuits et moi un café. Marcelle allongée sur son lit me rappelle qu’il y a encore du travail. Je la rassure. Je viendrai avant de partir. S’adressant à Christian, elle lui dit :
-- Christian, es-tu heureux de partir en Afrique ?
--Oui, Marcelle. On se verra moins, mais je vous écrirai. Et puis dans quelques mois, j’espère qu’on se reverra !
--Tu vas me manquer ainsi que ton papa.

Après un moment de conversation, on se quitta. Je rejoignais, vers l’avenue des Ternes, l’armurier Mercier, pour l’acquisition du calibre 12, un Darne…Je dois vous dire cher lecteur, qu’il ne m’a jamais servi et que confié à Apo, qui… s’amusait à tuer les najas avec !
je devais lui laisser par oubli, lors de mon départ définitif en 1991.
Le temps était au beau, les arbres presque en fleurs , nous prïmes chacun un croque monsieur à la terrasse d’un café. J’étais heureux avec mon fils, un adolescent très beau. En le regardant, je ne pouvais m’empêcher de penser à tout ce que j’avais entrepris pour tenter de sauver notre petite famille, à Ty et aux moments de haut et de bas, qu’elle traversait encore.
--Papa, on y va ?
Christian allait avoir onze ans et son sourire m’encourageait toujours. La 403 nous était bien utile et arrivant chez Hall Méditerranée, à l’Ile de la Jatte, après m’être garé, je plaçais mon chevalet sur le toit de l’auto, avec les affiches du Domaine…Le bateau était prêt et Christian le trouva « super » ! Le réservoir plein, on quitta le quai.
--Papa, je peux conduire…
On avait deux heures de navigation et j’avais prévu d’aller jusqu’au barrage-écluse de Suresnes, au trafic très important. Christian se débrouillait bien, tout en surveillant le passage des péniches. Les remous étaient assez fort. La Seine avait toujours ses reflets gris-argenté et nous semblait plus propre que d’habitude. Avec quelques pointes de vitesse, on se trouva rapidement sous le pont de Puteaux. L’originalité de ce bateau, réside à sa coque rigide qui lui permet d’être très stable, de garder le cap parfaitement, de bien virer, ce qui n’est pas le cas dans les zodiacs, exclusivement pneumatiques. À l’approche du pont de Suresnes, une file de nombreuses péniches attendaient l’ouverture de l’écluse, très encombrée. On fit demi-tour pour rentrer vers Neuilly tranquillement. Christian était près de moi et tout heureux…Après avoir accosté au quai et rendu le bateau aux gens d’Hall Méditerranée, on alla saluer Monsieur Brot.
Tout s’était bien passé et après avoir rangé mon chevalet publicitaire, on se mit en route vers Suresnes. Les quais étaient encombrés et je rentrais par le centre de Puteaux, puis par le bas de Suresnes. En passant devant l’église de briques rouges du Coeur-Immaculé-de-Marie, Christian me rappela sa tentative de jeune louveteaux.
--Papa, c’est l’église des scouts !

En effet j’avais voulu qu’il connaisse comme moi, comme mes frères, une expérience utile dans le monde du scoutisme. Mais ça ne dura pas. Je ne lui avait jamais dit que je n’avais fait… qu’une année aux louveteaux, et que j’étais « amoureux » de ma jolie cheftaine, Baguera. Devant une bonne bière et Christian une menthe à l’eau, attablés à une terrasse de café, on bavarda un moment.
De retour à l’atelier, je faisais le point avec Monsieur François. Les dossiers avançaient et les clients sachant que je quittais la France voulaient que tout ce qui était en cours soit livré. Christian s’installa à une des tables à dessin et comme il aimait le faire s’amusa à faire une maquette avec des chutes de photos. Ty ne tarda pas à arriver avec Isabelle, de retour du cours de danse. Coté Jet Tours, le stage de formation de Mathilde, est prévu au Maroc courant Juin. Mes contacts chez Travel, Paquet, Havas Voyage qu’Apo m’a demandé de prendre, suivent leurs cours.

Je suis convaincu pour ma part, que l’avenir du Domaine, son développement, sa réussite passe par de bons et de fidèles accords avec Jet Tours. René Tabone est rentré de Nianing, et m’a donné des nouvelles fraîches. Je compte beaucoup sur lui, son appartenance à Air France et son positionnement à Orly. Je lui avais demandé de voir avec Apo, l’établissement d’une carte consulaire de résident au Sénégal, pour obtenir les détaxes lors de mon départ. La confirmation de la venue d’Apo est imminente. Il possède un pied à terre à Saint Cloud, ce qui sera bien pratique pour nous voir. Il me tarde de le voir. Il ne m’a pas répondu à une lettre que je lui avais faite porter par René Tabone, dans laquelle je lui demandais quel statut légal exactement, j’aurais à Nianing.

*


Ci-dessous, courrier original, manuscrit, remis à Apo, fin juin 74, par René Tabone en séjour au Domaine. :

« Bonjour Apo,
J’attends ton feu vert pour les expéditions. Penses à ma carte consulaire pour les détaxes. Quel contrat de travail j’aurais dés mon arrivée ? Je veux que tout soit clair, surtout mes fonctions par rapport au gérant actuel du Domaine, Bernard N. Cher Apo, il me tarde d’œuvrer à vos cotés. Je vais relancer Tuil pour le suivi Hertz. Mathilde est toujours heureuse et enthousiaste quant à l’avenir. Il lui tarde de partir. Apo, amitiés à Alex, Armande et à Catherine de Chicourt.
A bientôt.Marc.»


A son retour de Nianing, René Tabone, m’a remis un sac avec des mangues, de la part d’Apo, mais pas de réponse à mon courrier ! Lors de son prochain séjour en France j'en profiterai pour lui parler de tout cela. Tous les départs vers le Sénégal, se font par Orly, le samedi. René, connaissant des commandants de bord, me rassure pour les expéditions de matériel. Il me confirme qu’a Nianing, des travaux ont commencé autour de la future piscine, et que le personnel du Domaine lui a beaucoup parlé de moi ?
--Marc, tu es attendu comme le Messie, tout le monde est au courant de ce que tu fais pour le Domaine…




*








C’était à garder en lieu sur !
Un beau-père en or.
Geste amical ou commercial?






Nous voici déjà début Juin. Mathilde a commencé à faire un grand ménage et des rangements dans la cave. L’appartement doit être fonctionnel car Hubert doit se sentir à l’aise. À l’atelier, j’ai commencé à faire le tri dans les dossiers. En quatorze ans, j’ai abattu un sacré boulot. J’ai six grands classeurs noirs, où sont rangés, des justificatifs des publicités réalisées… durant plus de dix ans ! Un boulot d’archiviste ! Des galeries d’Arts à Claude Chabrol, Gérard Oury, François Reinchenbach, Alain Jessua, etc, d’Alcatel à Dassault, de Promrel à Aviaplans, etc.
Mais…
« ...Courant 78, année de péripéties, dont je vous parlerai plus tard, je les avais confiés à un ami Henri Paul et à mon frère Paul, qui œuvraient au sein d’une agence de publicité, HPC, dont j’avais participé très largement à la création… Malheureusement ces précieux dossiers disparurent dans un déménagement, ce qui me contraria beaucoup »

Un long coup de fil du père de Ty, nous confirme qu’il passe à Paris. Comme d’habitude j’irai le chercher à Orly et il séjournera à la maison. J’aime beaucoup mon beau-père...

« En 1960, à mon retour d’Algérie à Tunis, il m’avait reçu chez lui, pour savoir quels étaient mes projets d’avenir, pour moi et sa fille…Lui ayant dit que j’envisageais de partir à Paris avec comme bagage professionnel, mes cinq années à l’école des Beaux Arts, il me répondit.
--Marc, la sagesse est que Mathilde poursuive à Tunis ses études. En fonction de votre implantation à Paris et des choix que vous allez faire, il ne faut rien précipiter. Vous vous aimez. Ces trois années de séparation, pour causes de service militaire, vous ont permis de solidifier votre amour. J’ai confiance en vous, et serai toujours à vos cotés. »


Mon beau-père depuis quelques années vivait sa vie avec un certain désenchantement et on l’entourait beaucoup. J’ai toujours relié cela, à un grave accident de voiture en 1967 de nuit, en Tunisie, où son épouse avait été grièvement blessée aux mains et en avait gardé des séquelles. Il avait beaucoup culpabilisé, car il était le conducteur. Papy Georges, pour trois jours parmi nous, était très discret et notre projet de quitter la France, sans explication, l’avait inquiété quelque peu. Ayant gardé secret notre « drame », il fallait trouver des causes, des raisons nouvelles. Ma réussite à Paris, nous savoir à l’abri de soucis de toutes sortes, avait rassuré ma belle famille depuis quelques années. Mais il en était ainsi, et nous voir partir comme ça, même avec l’excuse de ce coup de foudre Africain, quand même à l’aventure, devait être une préoccupation certaine pour lui. Mon beau-père, m’avait tours témoigné son affection, sa confiance, et il se contenta de la présentation de notre projet, certes ambitieux, et de ma narration sur les conditions de vie au Domaine et de mon association avec Apo. Le fait de savoir que Mathilde allait avoir un job sympa, lui donna aussi des assurances.

Sur les Champs Elysées, au Colisée, il aimait nous inviter à déjeuner et à nous faire apprécier les huîtres, les coquillages et autres fruits de mer. Christian dit à son grand-père qu’on irait en Tunisie à l’époque de la fermeture du Domaine. On flâna sur les Champs, le temps était au beau, les jours d’été étaient là. Après ce bon déjeuner, la promenade sur la plus belle avenue du monde était incontournable. Papy avait un peu de mal à marcher longtemps, et après avoir récupéré la voiture, la décision unanime de faire un tour de Paris fut prise. Comme d’habitude, je demandais aux enfants de choisir l’itinéraire. Ty et moi, leurs avions appris à se souvenir des monuments de Paris et Isabelle cita, la Tour Effel et l’Arc de Triomphe., Christian, Les Invalides et Montmartre. Papy voulut qu’on passe devant Chez Maxime et le Ministère de la Marine à la Concorde. Mon beau-père aimait Paris. Je réalisais que je ne savais pas quand on irait en Tunisie. Nous devions quitter la France en Juillet pour préparer efficacement la saison d’hiver 1974,75, à Nianing, cela ferait une année pleine de vie en Afrique.
En rentrant à Suresnes, mon beau-père voulut revoir son ami André Mercier, qui avait acheté dans les années 63,64 dans le Donjon, au retour de Tunisie, un petit appartement au deuxième étage. Les circonstances voulurent que ce logement étant vacant, j’ avais proposé cette opportunité, lui-même étant à la recherche d’un pied à terre en région parisienne. Il fallait tout refaire et il me confia de diriger les travaux... Trop de souvenirs se bousculent, et malgré tout l’intérêt affectif, que je porte à cette époque, le temps presse pour avancer sur mon récit, car nous voici à deux mois de mon départ au Sénégal, avec encore un travail fou à accomplir.

*


Mathilde est de plus en plus motivée par sa formation à Jet Tours, les rendez-vous dans des agences de voyages et la perspective de son stage au Maroc, qui ne devrait tarder. Nos relations sont meilleures, mais je sens parfois, qu’elle est ailleurs… Son ami montagnard, est « encore là », et il faudra encore du temps, pour qu’on se retrouve, heureux, en famille.
À l’atelier s’accumulent les commandes du petit matériel de sport, qui partira dans les grosses valises acheter aux puces de Clignancourt. Petit à petit, les demandes de maquettes et de travaux publicitaires se font rares. La tournée de ma clientèle à porter ses fruits. Il me reste à faire les relances de paiement. Le fils Sicard a prévu de s’installer dés mon départ. Son père est très satisfait de le voir ainsi prendre la suite de mon studio. Par contre, est-ce que mes clients, le je l’espère. Quant à Monsieur François, fidèle assistant, il devrait prendre sa retraite.



*

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