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Sénégal,Nianing,France, Mars à Juillet 1974, 114° à 116° Marc Tremsal, Bon °
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Sénégal,Nianing,France, Mars à Juillet 1974, 114° à 116° Marc Tremsal, Bon °
Au réveil, on parle avec les enfants, du programme de la journée. Comme prévu, un grand rangement dans leur chambre, et la préparation des cantines à l’atelier. Vers dix heures du matin, j’appelle mon ami Jean-Claude, Marcelle Oury et mes parents. Mon père est heureux de savoir que nous venons le 13 et le 14 Juillet, pour leur dire au revoir. Il y aura d’autres Parisiens, frères et sœurs, car Denis inaugure sa belle maison au bout du champ, non loin de la maison de nos parents. On fera juste l’aller et retour. Je connais bien cette route des Vosges. Songeant alors à Ty, cela me rappelle un événement, lors d’un de ces très courts voyages, début juin, allant dans les Vosges…
« On avait confié les enfants à Geneviève, Ty n’était pas très bien, nous avions convenu de s’évader, d’être seuls, d’avoir du temps pour parler. Papa m’avait demandé une démarche à Paris, et on devait se voir avant. Ty avait besoin d’une consultation médicale pour son contrat avec Jet Tours, et papa, s’était proposé de l’examiner. Mon père avait suivi de prés, toute la prime enfance et l’adolescence de nos enfants, et je peux dire qu’il était notre médecin de famille. Il avait en Tunisie, une réputation de posséder une finesse de diagnostic hors pair et cela lui était resté. Nous avions beaucoup parlé, Ty et moi, en roulant, Ty restait très angoissée, et sur la N4, à l’approche de Vitry Le François, elle me dit brutalement :
--Marc, Je ne sais plus, je n’ai plus le courage de partir avec vous, c’est trop pour moi, tu as pris trop de risques, j’ai fait des efforts pour vous aimer à nouveau, mais j’ai plus la foi, pardonne moi, arrête toi, laisse-moi à la gare…
Nous étions à moitié du parcours vers les Vosges et en entendant la fin de sa phrase, je fus comme pétrifié. Trouvant une place pour me garer, j’essayais de trouver en moi, le calme et les mots pour lui répondre.
--Ty, moi qui sentais que tu allais beaucoup mieux ! Réalise-tu que ce n’est plus possible, à quinze jours de notre départ, de nous faire vivres encore, ces moments d’hésitation ! Ma Ty, quoi que tu penses, tu dois te battre, tu es bientôt engagée par Jet Tours et nous avons décidé ensemble, le chemin à suivre. Ty, nos enfants sont heureux de partir avec nous, je dis bien avec nous. Tu le sais, il faut tout tenter pour nous retrouver. Je comprends ton désarroi, mais mon devoir est de te guider…
Ce fut une heure difficile, angoissante, émouvante d’échanges, de silences, de propos parfois durs. Enfin, en s’éloignant de cette gare, l’espoir était de retour, et Ty avait retrouvé un petit sourire, en somnolant à côté de moi.»
Croyez- moi, je n’ai jamais trop aimé les gares, pourtant les locomotives à vapeurs je les aime, ainsi que les « premières gares » dans les westerns…Mais cet après midi là, il me tardait de reprendre la route. Notre court week-end dans les Vosges, fut réconfortant…
La chambre est en dessus dessous, Christian astucieux, à monter une des cantines et il commence à faire du rangement. Il y a ce que nous emmenons et ce que l’on donnera. La seule remarque que je fais, et de leur dire de ne pas dépasser les 40 kilos, pour que la cantine ne soit pas trop lourde à porter. On y mettra ma platine, un ampli et des disques. Tout le reste ira dans l’autre cantine. Prenant mes dossiers, je vais à l’atelier. En faisant les comptes, mon investissement s’élève à plus de cinq millions anciens. J’ai raclé les fonds de tiroirs, je pars en règle avec les impôts. Il me reste un reliquat de prêt familial à rembourser.
Pour samedi, il faut que je rappelle tous les fournisseurs qui doivent livrer tôt le matin à Orly. René Tabone en liaison avec Jet Tours-Air France, sera présent. Le fils Sicard vient d’arriver et dépose des cartons à dessins. Vraiment je souhaite à ce jeune homme, de réussir, et de satisfaire ma clientèle. Il a déjà fais connaissance avec les gens de Dassault et d’Alcatel et de certaines Galeries de tableaux. Ce sera plus difficile pour lui, de travailler dans le milieu du cinéma, très fermé. Sa présence dans mon studio de publicité, me rassure. La vente du matériel de photos, à son père, m’indemnise quelque peu, puisqu’il ne paiera pas de loyer. Après son départ, je fais du rangement. J’emmène au Sénégal mes boîtes d’aquarelles, pinceaux, feuilles de papier dessins, calques, et divers livres. Le reste ira à la cave, ainsi que pas mal de choses de l’appartement, pour le libérer pour Hubert. Un coup de fil sympa de Jean-Claude Eger qui me propose de venir déjeuner prés de chez lui, dans un resto, avec les enfants.
Avant d’aller cherchez Ty à Orly ce soir, on pourra cet après-midi, aller se promener sur les quais de Seine et visiter la Conciergerie, ce lieu chargé d’histoire de France, bien tragique. Christian et Isabelle ont bien avancé et se font une joie d’aller à Paris. Je décide de prendre la 403 et mon chevalet publicitaire. Nous retrouvons Jean-Claude, place de la Bastille au début du boulevard Beaumarchais, à la terrasse d’une brasserie. Au menu, une choucroute bien garnie, bière et eau plate. Grand bavardage, on parle de l’Afrique, du départ, de tout et de rien. Jean-Claude tient à revoir Mathilde, on se reverra la semaine du départ. Mon ami fidèle remet un petit paquet à Christian.
--Christian, c’est un morceau d’une décoration faite sur une tête de lit, peinte par Raoul Dufy, et par la suite découpée. C’est pour toi, en souvenir de moi.
--Merci Jean-Claude, je le garderais toute ma vie…
Regagnant la Seine, nous voici sur les quais, et je trouve une bonne place pour me garer. Christian installe le chevalet et les deux affiches sur Nianing. En cette journée d’été, Paris est magnifique.
Ma proposition d’aller voir la Conciergerie, pour se remémorer cette année 1793, et les derniers mois de vie de la Reine Marie-Antoinette, plait aux enfants. On ne peut dissocier le calvaire qu’a vécu cette femme avant de mourir, et l’exécution du Roi, Louis XVI, en Janvier 1793. Ce corps de bâtiment aux pierres blanches, de la Conciergerie, ses tours aux tuiles noircies par le temps, domine la Seine et donne l’impression d’être là depuis toujours. Un petit fascicule nous est remis, avec des informations historiques. Je le feuillette.
On nous signale une demi-heure d’attente. Vue de l’extérieur, cette imposante architecture romane, s’impose par la sobriété de son style. Plusieurs transformations, agrandissements, se feront au fil des siècles. Les enfants sont surpris qu’un peuple ait accepté que l’on guillotine le Roi de France et la Reine. La seule explication acceptable a été de leur dire qu’après des siècles de Royauté, il y a eu la Révolution Française avec tous ses excès, ses acquis, et la période de la Terreur. Ils sont encore très jeunes pour comprendre la complexité de cette époque. Je leur dis quand même, que tous les révolutionnaires régicides, ont été jugés et guillotinés par la suite, et que des noms comme Danton, Robespierre, sont dans toute les mémoires. Après cette visite, il reste un sentiment douloureux, car faisant suite à la prison du Temple, ce lieu, la chambre sinistre, sordide, où fut enfermée la Reine, séparée de ses enfants, laisse aussi une impression de culpabilité. Après celui du Roi, la mort votée avec une voix d’écart, décisive, aura lieu le deuxième procès. Complètement à charge, bâclé, aux témoignages douteux, il ne donne aucune chance à Marie-Antoinette, sans cesse appelée l’Autrichienne. On imagine ce long parcours depuis la Conciergerie, transportée dans une charrette, sous les huées, et l’arrivée à la Terrasse des Tuileries, où la Reine, avec dignité et courage, va affronter le couperet. C’est fait. Le peuple immense ce jour-là, scande Vive la République, devant cette tête royale, présentée à bout de bras, par le bourreau. Je reconnais que ces deux heures, plongées dans cette période d’histoire dés plus controversée et douloureuse, ne donne pas de joie au cœur !
Rangement dans le coffre du chevalet publicitaire et avant d’aller à Orly chercher Ty, nous allons au Jardin d’acclimatation du Bois de Boulogne. Ce lieu verdoyant est agréable. Les attractions variées, plaisent aux enfants. Le labyrinthe est incontournable. On en profite pour apprécier un petit goûter. Le coût des prestations me semble toujours en augmentation…
Nous voici à Orly, un peu en avance. Le trafic est intense et j’essaie de voir si René Tabone est là. Ce serait l’occasion de faire le point. C’est mon jour de chance. René me propose d’aller au fret, fixer l'endroit où l'on doit se retrouver samedi prochain. Je lui confirme que les fournisseurs viendront livrer, au plus tard vendredi. Le tonnage est de deux tonnes. À savoir que les grillages des tennis, font plus de trois mètres cinquante de long. René, veut que je sois présent. Il a déjà vu le commandant de bord qui sera d’après lui en service ce jour-là.
Mathilde est arrivée, toute joyeuse. Dans la voiture, les questions fusent et le pays Marocain, cette ville d’Agadir, ont ravi notre future hôtesse jet Tours.
--J’ai été marqué par gentillesse des gens. Aussi de la blancheur des maisons, et il y a beaucoup de fleurs, surtout des bougainvilliers de toutes couleurs, plus qu’au Sénégal.
Nous racontons notre emploi du temps et Christian se manifesta :
--Papa et maman, on va chez Mario manger une pizza ? Ho oui, oui, s’enchérit Isabelle !
Mario nous gratifie d’un grand sourire et l’on passe commande. Moi, j’ai pris l’habitude de choisir la pizza au thon. Les enfants prennent chacun, une méditerranéenne avec un œuf. Ty, en bonne Italienne, (par sa mère), des spaghettis Bolognaises. Le tout arrosé d’un petit vin rouge et d’eau plate. Il fait encore jour et nous rentrons par l’itinéraire favori, les Champs Elysées. Christian m’interpelle :
--Papa, ça va nous manquer le cinéma au Sénégal…Il faut dire que comme moi, il adore aller voir des films.
--Oui, mais on aura d’autres activités, notamment le sport. Isabelle, qui a feuilleté les catalogues des commandes de sellerie, nous dit qu’elle apprendra bien à monter à cheval. Mathilde qui aime l’équitation depuis la Tunisie, dit qu’elle s’y remettra aussi. Puis c’est à moi de leur dire, qu’on fera des balades en famille.
Nous voici rentrer. On va finir de remplir les cantines. Surtout pas trop lourdes dit Christian ! Je me charge de celle de l’atelier et vous continuez de finir celle qui est en haut. A tout à l’heure.
Dans mon atelier publicitaire, réputé pour son ordonnancement, les colis, paquets divers, les affaires du fils Sicard, en attente de rangement, donnent l’impression d’un vrai déménagement. Monsieur François, auquel j’ai demandé de faire le point sur tous les dossiers en cours, s’apprête à faire, lui aussi ses bagages. En âge de prendre sa retraite, je garderai de lui un bon souvenir.
J’ai fait mes adieux à Madame Roland, excellente dessinatrice, ainsi qu’à Fauvet, avec lesquels, on a bien travaillé ces dernières années. Recevoir tout ce monde à la maison, semblait déranger Ty. Cette semaine me permettra de dire au revoir à ma clientèle, déjà informée qu’il y aura un suivi après mon départ.
« On avait confié les enfants à Geneviève, Ty n’était pas très bien, nous avions convenu de s’évader, d’être seuls, d’avoir du temps pour parler. Papa m’avait demandé une démarche à Paris, et on devait se voir avant. Ty avait besoin d’une consultation médicale pour son contrat avec Jet Tours, et papa, s’était proposé de l’examiner. Mon père avait suivi de prés, toute la prime enfance et l’adolescence de nos enfants, et je peux dire qu’il était notre médecin de famille. Il avait en Tunisie, une réputation de posséder une finesse de diagnostic hors pair et cela lui était resté. Nous avions beaucoup parlé, Ty et moi, en roulant, Ty restait très angoissée, et sur la N4, à l’approche de Vitry Le François, elle me dit brutalement :
--Marc, Je ne sais plus, je n’ai plus le courage de partir avec vous, c’est trop pour moi, tu as pris trop de risques, j’ai fait des efforts pour vous aimer à nouveau, mais j’ai plus la foi, pardonne moi, arrête toi, laisse-moi à la gare…
Nous étions à moitié du parcours vers les Vosges et en entendant la fin de sa phrase, je fus comme pétrifié. Trouvant une place pour me garer, j’essayais de trouver en moi, le calme et les mots pour lui répondre.
--Ty, moi qui sentais que tu allais beaucoup mieux ! Réalise-tu que ce n’est plus possible, à quinze jours de notre départ, de nous faire vivres encore, ces moments d’hésitation ! Ma Ty, quoi que tu penses, tu dois te battre, tu es bientôt engagée par Jet Tours et nous avons décidé ensemble, le chemin à suivre. Ty, nos enfants sont heureux de partir avec nous, je dis bien avec nous. Tu le sais, il faut tout tenter pour nous retrouver. Je comprends ton désarroi, mais mon devoir est de te guider…
Ce fut une heure difficile, angoissante, émouvante d’échanges, de silences, de propos parfois durs. Enfin, en s’éloignant de cette gare, l’espoir était de retour, et Ty avait retrouvé un petit sourire, en somnolant à côté de moi.»
Croyez- moi, je n’ai jamais trop aimé les gares, pourtant les locomotives à vapeurs je les aime, ainsi que les « premières gares » dans les westerns…Mais cet après midi là, il me tardait de reprendre la route. Notre court week-end dans les Vosges, fut réconfortant…
*
Recueillement royal.
Surtout de bons disques !
Joyeuse, de retour d’ Agadir.
Recueillement royal.
Surtout de bons disques !
Joyeuse, de retour d’ Agadir.
La chambre est en dessus dessous, Christian astucieux, à monter une des cantines et il commence à faire du rangement. Il y a ce que nous emmenons et ce que l’on donnera. La seule remarque que je fais, et de leur dire de ne pas dépasser les 40 kilos, pour que la cantine ne soit pas trop lourde à porter. On y mettra ma platine, un ampli et des disques. Tout le reste ira dans l’autre cantine. Prenant mes dossiers, je vais à l’atelier. En faisant les comptes, mon investissement s’élève à plus de cinq millions anciens. J’ai raclé les fonds de tiroirs, je pars en règle avec les impôts. Il me reste un reliquat de prêt familial à rembourser.
Pour samedi, il faut que je rappelle tous les fournisseurs qui doivent livrer tôt le matin à Orly. René Tabone en liaison avec Jet Tours-Air France, sera présent. Le fils Sicard vient d’arriver et dépose des cartons à dessins. Vraiment je souhaite à ce jeune homme, de réussir, et de satisfaire ma clientèle. Il a déjà fais connaissance avec les gens de Dassault et d’Alcatel et de certaines Galeries de tableaux. Ce sera plus difficile pour lui, de travailler dans le milieu du cinéma, très fermé. Sa présence dans mon studio de publicité, me rassure. La vente du matériel de photos, à son père, m’indemnise quelque peu, puisqu’il ne paiera pas de loyer. Après son départ, je fais du rangement. J’emmène au Sénégal mes boîtes d’aquarelles, pinceaux, feuilles de papier dessins, calques, et divers livres. Le reste ira à la cave, ainsi que pas mal de choses de l’appartement, pour le libérer pour Hubert. Un coup de fil sympa de Jean-Claude Eger qui me propose de venir déjeuner prés de chez lui, dans un resto, avec les enfants.
Avant d’aller cherchez Ty à Orly ce soir, on pourra cet après-midi, aller se promener sur les quais de Seine et visiter la Conciergerie, ce lieu chargé d’histoire de France, bien tragique. Christian et Isabelle ont bien avancé et se font une joie d’aller à Paris. Je décide de prendre la 403 et mon chevalet publicitaire. Nous retrouvons Jean-Claude, place de la Bastille au début du boulevard Beaumarchais, à la terrasse d’une brasserie. Au menu, une choucroute bien garnie, bière et eau plate. Grand bavardage, on parle de l’Afrique, du départ, de tout et de rien. Jean-Claude tient à revoir Mathilde, on se reverra la semaine du départ. Mon ami fidèle remet un petit paquet à Christian.
--Christian, c’est un morceau d’une décoration faite sur une tête de lit, peinte par Raoul Dufy, et par la suite découpée. C’est pour toi, en souvenir de moi.
--Merci Jean-Claude, je le garderais toute ma vie…
Regagnant la Seine, nous voici sur les quais, et je trouve une bonne place pour me garer. Christian installe le chevalet et les deux affiches sur Nianing. En cette journée d’été, Paris est magnifique.
Ma proposition d’aller voir la Conciergerie, pour se remémorer cette année 1793, et les derniers mois de vie de la Reine Marie-Antoinette, plait aux enfants. On ne peut dissocier le calvaire qu’a vécu cette femme avant de mourir, et l’exécution du Roi, Louis XVI, en Janvier 1793. Ce corps de bâtiment aux pierres blanches, de la Conciergerie, ses tours aux tuiles noircies par le temps, domine la Seine et donne l’impression d’être là depuis toujours. Un petit fascicule nous est remis, avec des informations historiques. Je le feuillette.
On nous signale une demi-heure d’attente. Vue de l’extérieur, cette imposante architecture romane, s’impose par la sobriété de son style. Plusieurs transformations, agrandissements, se feront au fil des siècles. Les enfants sont surpris qu’un peuple ait accepté que l’on guillotine le Roi de France et la Reine. La seule explication acceptable a été de leur dire qu’après des siècles de Royauté, il y a eu la Révolution Française avec tous ses excès, ses acquis, et la période de la Terreur. Ils sont encore très jeunes pour comprendre la complexité de cette époque. Je leur dis quand même, que tous les révolutionnaires régicides, ont été jugés et guillotinés par la suite, et que des noms comme Danton, Robespierre, sont dans toute les mémoires. Après cette visite, il reste un sentiment douloureux, car faisant suite à la prison du Temple, ce lieu, la chambre sinistre, sordide, où fut enfermée la Reine, séparée de ses enfants, laisse aussi une impression de culpabilité. Après celui du Roi, la mort votée avec une voix d’écart, décisive, aura lieu le deuxième procès. Complètement à charge, bâclé, aux témoignages douteux, il ne donne aucune chance à Marie-Antoinette, sans cesse appelée l’Autrichienne. On imagine ce long parcours depuis la Conciergerie, transportée dans une charrette, sous les huées, et l’arrivée à la Terrasse des Tuileries, où la Reine, avec dignité et courage, va affronter le couperet. C’est fait. Le peuple immense ce jour-là, scande Vive la République, devant cette tête royale, présentée à bout de bras, par le bourreau. Je reconnais que ces deux heures, plongées dans cette période d’histoire dés plus controversée et douloureuse, ne donne pas de joie au cœur !
Rangement dans le coffre du chevalet publicitaire et avant d’aller à Orly chercher Ty, nous allons au Jardin d’acclimatation du Bois de Boulogne. Ce lieu verdoyant est agréable. Les attractions variées, plaisent aux enfants. Le labyrinthe est incontournable. On en profite pour apprécier un petit goûter. Le coût des prestations me semble toujours en augmentation…
*
Nous voici à Orly, un peu en avance. Le trafic est intense et j’essaie de voir si René Tabone est là. Ce serait l’occasion de faire le point. C’est mon jour de chance. René me propose d’aller au fret, fixer l'endroit où l'on doit se retrouver samedi prochain. Je lui confirme que les fournisseurs viendront livrer, au plus tard vendredi. Le tonnage est de deux tonnes. À savoir que les grillages des tennis, font plus de trois mètres cinquante de long. René, veut que je sois présent. Il a déjà vu le commandant de bord qui sera d’après lui en service ce jour-là.
Mathilde est arrivée, toute joyeuse. Dans la voiture, les questions fusent et le pays Marocain, cette ville d’Agadir, ont ravi notre future hôtesse jet Tours.
--J’ai été marqué par gentillesse des gens. Aussi de la blancheur des maisons, et il y a beaucoup de fleurs, surtout des bougainvilliers de toutes couleurs, plus qu’au Sénégal.
Nous racontons notre emploi du temps et Christian se manifesta :
--Papa et maman, on va chez Mario manger une pizza ? Ho oui, oui, s’enchérit Isabelle !
Mario nous gratifie d’un grand sourire et l’on passe commande. Moi, j’ai pris l’habitude de choisir la pizza au thon. Les enfants prennent chacun, une méditerranéenne avec un œuf. Ty, en bonne Italienne, (par sa mère), des spaghettis Bolognaises. Le tout arrosé d’un petit vin rouge et d’eau plate. Il fait encore jour et nous rentrons par l’itinéraire favori, les Champs Elysées. Christian m’interpelle :
--Papa, ça va nous manquer le cinéma au Sénégal…Il faut dire que comme moi, il adore aller voir des films.
--Oui, mais on aura d’autres activités, notamment le sport. Isabelle, qui a feuilleté les catalogues des commandes de sellerie, nous dit qu’elle apprendra bien à monter à cheval. Mathilde qui aime l’équitation depuis la Tunisie, dit qu’elle s’y remettra aussi. Puis c’est à moi de leur dire, qu’on fera des balades en famille.
Nous voici rentrer. On va finir de remplir les cantines. Surtout pas trop lourdes dit Christian ! Je me charge de celle de l’atelier et vous continuez de finir celle qui est en haut. A tout à l’heure.
Dans mon atelier publicitaire, réputé pour son ordonnancement, les colis, paquets divers, les affaires du fils Sicard, en attente de rangement, donnent l’impression d’un vrai déménagement. Monsieur François, auquel j’ai demandé de faire le point sur tous les dossiers en cours, s’apprête à faire, lui aussi ses bagages. En âge de prendre sa retraite, je garderai de lui un bon souvenir.
J’ai fait mes adieux à Madame Roland, excellente dessinatrice, ainsi qu’à Fauvet, avec lesquels, on a bien travaillé ces dernières années. Recevoir tout ce monde à la maison, semblait déranger Ty. Cette semaine me permettra de dire au revoir à ma clientèle, déjà informée qu’il y aura un suivi après mon départ.

tremsal- MacadAdo

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Date d'inscription: 12/08/2010
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