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Lonesome cowboy
Macadam :: MacadaTextes :: Poèmes
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Lonesome cowboy
En art comme en partis il nous faut en apprendre :
trop facile de choisir de ne rien y comprendre.
Comme une faille prostatique, notre morgue s'essaime
aux béotiens chroniques nippés de faux sachems.
Le pauvret des gens riches, qu'ils conçoivent sans hygiène
en défroques si fripées qu'elles paraissent raccourcies...
vous qui n'êtes pas milord : zappez pour d'autres chaines.
N'êtes-vous pas tenté de briser des rachis ?
Nous sommes motorisés par cette foi tenace
que si tous crânes opinent, cela brille en sagace.
Et nous nous moquons bien des tourments du voisin...
en ces jours de grands feux, nous n'y sommes pour rien.
Il faudra à cette heure, pour grandir en grands singes,
épancher notre coeur, relâcher nos méninges.
Voyez-vous quel fantôme me tanne dans la clameur ?
En savez vous l'arôme ? Vous rirez : c'est la peur.
Eux bâtissent leur humeur, un brassard sang et noir,
car la rage mérite bien de gîter comme un tsar.
Allez graver leurs signes dans une roche féconde...
les parpaings glorifient cette espèce de faconde.
Le trimeur, étranger dont je cote le culte,
cet homme là, sans audience, aux abords des tumultes...
l'histoire nous a dépeint comment trinque l'avorton
de toujours dénombré ainsi qu'une Légion.
Et l'homme blanc arpentant de grouillants corridors
qui ne compte plus vraiment sur les autorités...
elles qui gèlent les denrées accordées au privé
et qui tuent son emploi pour une blouse à prix d'or.
L'ouvrier et l'instit, le toubib de banlieue,
ses collègues urgentistes en panards de sept lieues
et vos mères astiquant de derrière la murette
comme tant d'autres avançant du bout des baïonnettes.
La mémoire a flanché, je ne sais pas trop quand,
mais l’on pousse ses cannes au sein des boniments.
Contester parait vain et l’on manque de crachats,
c'est comme déposer plainte contre un commissariat.
Ils ont jeté les urnes, les circuits imprimés
se sont déjà starté : ils finiront hackés.
Tout autour nous trouvons des foyers difficiles
couramment voisinant des douleurs imbéciles :
Là, l'ivrogne imbibé réclamant ses enfants
en forçant vainement sur des portes blindées.
Je ne ponctuerai pas ces geignements constants
nés de braillards infirmes, de fratries divorcées.
"Le divorce, si vous n'y venez pas pour vos poires,
courrez y pour vos chiards, ils sauront l'apprécier.
Après tout n'ont-ils pas, des emplettes aux grandes foires,
saccagé vos répits en allants hébétés ?"
Ils n'ont jamais vécu, tous ces pleutres bouchés
qui préfèrent aux fractures quelques grains d'escampette.
A la vue des passants qui ne font que passer,
peut être est-ce une erreur : je n'ai vu que des bêtes.
Ces abonnés constants aux cantons de l’enfant,
cultivateurs du futile, de spermatides arides.
Je n’aime point écouter les babils agaçants
d’indécrottables cons, de Peter Pan fétides.
Les amants de l'enfance semblant planquer leur trique
sont curés paradant leurs grelots drolatiques.
C'est un peu trop facile, je le sais, c'est encore
un tout petit graillon sur ces gueules que j'abhorre
car n'omettons pas ceux, qui de belles volontés,
pour vous dire les bonnes moeurs sont toujours les premiers.
Ces fantasques gosiers seraient bons à cendrer,
j'enverrai à leur nez mes plus lourdes fumées.
J’ai croisé à Paris de studieux étudiants
qui monnaient leur école à la sueur du fondement,
de vieilles rosses finançant le couvert et le gîte
à des gitons mineurs qui apprécient leur bite.
Sous les rais d'Artémis, mes saignées aux corneilles
paraîtraient plus noirâtres qu'une motte africaine.
Je boirai volontiers, sans le mettre en bouteille,
ce vin crasse qui se flatte de rester dans la veine.
Alors quoi ? Vous n'êtes pas au courant de tout ça ?
On ne le décèle pas en courant les forçats
mais en râclant aux pans, en flairant de chaque air.
Avouez-vous alors sots, peu soucieux pour vos frères.
"Il est vrai que parfois, je n'ai d'yeux que pour moi,"
quel crédo décapant pour nos pauvres tympans
qui, râclant en sadismes notre vieux palpitant,
justifie les poltrons sauvés par omission.
L'omission de tout ce qui ne nous touche plus.
La plus pure amnésie, et plus sûrement voulue
qu'aucun rêve de partages, de brassages impromptus
qui pourraient refaire tresses de nos liaisons rompues.
Comme il est fade et triste, ce lointain névrosé
s'obligeant, par sûreté, un plafond de compères.
Comme il lasse ! Comme il pue ! l'être humain évidé
qui ne sait plus aller au delà de ses terres.
Sa fureur s'apparente à ces ires de bourgeois
que l'on plume d'un avoir dont ils n'ont pas l'emploi.
Il prescrit ses maximes et proscrit l'opinion
qu'il trouve aux antipodes de ses propres notions.
Mettre l’autre au tapis me parait bien désuet,
moi qui n’ai aucune tête au pic de ma sagaie,
excepté, il est vrai, celle de gars audacieux
si l’on puis aux javelots comparer mon épieu.
Je ne crois pas vraiment mieux valoir que les nôtres,
et ne voit nulle aubaine, dans une soif prétendue,
pour sabrer dans les panses. Mes valeurs sont toutes autres
et ne peuvent se traduire en viscères répandues.
L'espoir, à la merci de si nombreux sinistres,
n'a laissé des fournaises que ces pins des heures tristes.
Brillent alors trois beaux phares rebatis de nos cendres :
l'oreiller, la télé, le câblage où se pendre.
Allez tous vous faire foutre...
trop facile de choisir de ne rien y comprendre.
Comme une faille prostatique, notre morgue s'essaime
aux béotiens chroniques nippés de faux sachems.
Le pauvret des gens riches, qu'ils conçoivent sans hygiène
en défroques si fripées qu'elles paraissent raccourcies...
vous qui n'êtes pas milord : zappez pour d'autres chaines.
N'êtes-vous pas tenté de briser des rachis ?
Nous sommes motorisés par cette foi tenace
que si tous crânes opinent, cela brille en sagace.
Et nous nous moquons bien des tourments du voisin...
en ces jours de grands feux, nous n'y sommes pour rien.
Il faudra à cette heure, pour grandir en grands singes,
épancher notre coeur, relâcher nos méninges.
Voyez-vous quel fantôme me tanne dans la clameur ?
En savez vous l'arôme ? Vous rirez : c'est la peur.
Eux bâtissent leur humeur, un brassard sang et noir,
car la rage mérite bien de gîter comme un tsar.
Allez graver leurs signes dans une roche féconde...
les parpaings glorifient cette espèce de faconde.
Le trimeur, étranger dont je cote le culte,
cet homme là, sans audience, aux abords des tumultes...
l'histoire nous a dépeint comment trinque l'avorton
de toujours dénombré ainsi qu'une Légion.
Et l'homme blanc arpentant de grouillants corridors
qui ne compte plus vraiment sur les autorités...
elles qui gèlent les denrées accordées au privé
et qui tuent son emploi pour une blouse à prix d'or.
L'ouvrier et l'instit, le toubib de banlieue,
ses collègues urgentistes en panards de sept lieues
et vos mères astiquant de derrière la murette
comme tant d'autres avançant du bout des baïonnettes.
La mémoire a flanché, je ne sais pas trop quand,
mais l’on pousse ses cannes au sein des boniments.
Contester parait vain et l’on manque de crachats,
c'est comme déposer plainte contre un commissariat.
Ils ont jeté les urnes, les circuits imprimés
se sont déjà starté : ils finiront hackés.
Tout autour nous trouvons des foyers difficiles
couramment voisinant des douleurs imbéciles :
Là, l'ivrogne imbibé réclamant ses enfants
en forçant vainement sur des portes blindées.
Je ne ponctuerai pas ces geignements constants
nés de braillards infirmes, de fratries divorcées.
"Le divorce, si vous n'y venez pas pour vos poires,
courrez y pour vos chiards, ils sauront l'apprécier.
Après tout n'ont-ils pas, des emplettes aux grandes foires,
saccagé vos répits en allants hébétés ?"
Ils n'ont jamais vécu, tous ces pleutres bouchés
qui préfèrent aux fractures quelques grains d'escampette.
A la vue des passants qui ne font que passer,
peut être est-ce une erreur : je n'ai vu que des bêtes.
Ces abonnés constants aux cantons de l’enfant,
cultivateurs du futile, de spermatides arides.
Je n’aime point écouter les babils agaçants
d’indécrottables cons, de Peter Pan fétides.
Les amants de l'enfance semblant planquer leur trique
sont curés paradant leurs grelots drolatiques.
C'est un peu trop facile, je le sais, c'est encore
un tout petit graillon sur ces gueules que j'abhorre
car n'omettons pas ceux, qui de belles volontés,
pour vous dire les bonnes moeurs sont toujours les premiers.
Ces fantasques gosiers seraient bons à cendrer,
j'enverrai à leur nez mes plus lourdes fumées.
J’ai croisé à Paris de studieux étudiants
qui monnaient leur école à la sueur du fondement,
de vieilles rosses finançant le couvert et le gîte
à des gitons mineurs qui apprécient leur bite.
Sous les rais d'Artémis, mes saignées aux corneilles
paraîtraient plus noirâtres qu'une motte africaine.
Je boirai volontiers, sans le mettre en bouteille,
ce vin crasse qui se flatte de rester dans la veine.
Alors quoi ? Vous n'êtes pas au courant de tout ça ?
On ne le décèle pas en courant les forçats
mais en râclant aux pans, en flairant de chaque air.
Avouez-vous alors sots, peu soucieux pour vos frères.
"Il est vrai que parfois, je n'ai d'yeux que pour moi,"
quel crédo décapant pour nos pauvres tympans
qui, râclant en sadismes notre vieux palpitant,
justifie les poltrons sauvés par omission.
L'omission de tout ce qui ne nous touche plus.
La plus pure amnésie, et plus sûrement voulue
qu'aucun rêve de partages, de brassages impromptus
qui pourraient refaire tresses de nos liaisons rompues.
Comme il est fade et triste, ce lointain névrosé
s'obligeant, par sûreté, un plafond de compères.
Comme il lasse ! Comme il pue ! l'être humain évidé
qui ne sait plus aller au delà de ses terres.
Sa fureur s'apparente à ces ires de bourgeois
que l'on plume d'un avoir dont ils n'ont pas l'emploi.
Il prescrit ses maximes et proscrit l'opinion
qu'il trouve aux antipodes de ses propres notions.
Mettre l’autre au tapis me parait bien désuet,
moi qui n’ai aucune tête au pic de ma sagaie,
excepté, il est vrai, celle de gars audacieux
si l’on puis aux javelots comparer mon épieu.
Je ne crois pas vraiment mieux valoir que les nôtres,
et ne voit nulle aubaine, dans une soif prétendue,
pour sabrer dans les panses. Mes valeurs sont toutes autres
et ne peuvent se traduire en viscères répandues.
L'espoir, à la merci de si nombreux sinistres,
n'a laissé des fournaises que ces pins des heures tristes.
Brillent alors trois beaux phares rebatis de nos cendres :
l'oreiller, la télé, le câblage où se pendre.
Allez tous vous faire foutre...
re
Je suis heureux d'être arrivé au bout de ce pavé...
Plusieurs choses dans ce poème. D'abord le titre qui exprime la solitude extrême du poète dans un univers qui lui semble parfois étranger.
Ensuite cette rage qui te caractérise et ce profond sentiment d'injustice qui te colle à la peau.
Je note également un fatalisme existentiel incrusté dans la chair et ce désir non dissimulé de dégainer à tout va et sur tout ce qui bouge. Néanmoins il est dommage que tu t'embourbes dans cette forme-là. N'as-tu jamais pensé à la prose ?
Dernier point : Provoquer de façon crue ça fonctionne un moment mais le risque est que tes lecteurs peuvent s'en lasser un jour ou l'autre. Méfiance donc, il faut constamment tuer son style pour accéder à du nouveau ( c'est ce que je tente de faire, crois-moi). Maintenant si ce système te convient et te permet d'évacuer un maximum...
Pour conclure, je souhaite mettre en avant des passages qui m'ont réellement marqué :
Nous sommes motorisés par cette foi tenace
que si tous crânes opinent, cela brille en sagace.
Et nous nous moquons bien des tourments du voisin...
en ces jours de grands feux, nous n'y sommes pour rien.
Il faudra à cette heure, pour grandir en grands singes,
épancher notre coeur, relâcher nos méninges.
Voyez-vous quel fantôme me tanne dans la clameur ?
En savez vous l'arôme ? Vous rirez : c'est la peur.
Eux bâtissent leur humeur, un brassard sang et noir,
car la rage mérite bien de gîter comme un tsar.
Allez graver leurs signes dans une roche féconde...
les parpaings glorifient cette espèce de faconde.
...
La mémoire a flanché, je ne sais pas trop quand,
mais l’on pousse ses cannes au sein des boniments.
Contester parait vain et l’on manque de crachats,
c'est comme déposer plainte contre un commissariat.
ps : Après relecture, ce poème m'est apparu trop hermétique dans le fond. Trop riche aussi. L'utilisation de l'argot est ta marque, certes. De même que cette posture baroque. Mais encore une fois le lecteur pourrait mal digérer cette recette...
Plusieurs choses dans ce poème. D'abord le titre qui exprime la solitude extrême du poète dans un univers qui lui semble parfois étranger.
Ensuite cette rage qui te caractérise et ce profond sentiment d'injustice qui te colle à la peau.
Je note également un fatalisme existentiel incrusté dans la chair et ce désir non dissimulé de dégainer à tout va et sur tout ce qui bouge. Néanmoins il est dommage que tu t'embourbes dans cette forme-là. N'as-tu jamais pensé à la prose ?
Dernier point : Provoquer de façon crue ça fonctionne un moment mais le risque est que tes lecteurs peuvent s'en lasser un jour ou l'autre. Méfiance donc, il faut constamment tuer son style pour accéder à du nouveau ( c'est ce que je tente de faire, crois-moi). Maintenant si ce système te convient et te permet d'évacuer un maximum...
Pour conclure, je souhaite mettre en avant des passages qui m'ont réellement marqué :
Nous sommes motorisés par cette foi tenace
que si tous crânes opinent, cela brille en sagace.
Et nous nous moquons bien des tourments du voisin...
en ces jours de grands feux, nous n'y sommes pour rien.
Il faudra à cette heure, pour grandir en grands singes,
épancher notre coeur, relâcher nos méninges.
Voyez-vous quel fantôme me tanne dans la clameur ?
En savez vous l'arôme ? Vous rirez : c'est la peur.
Eux bâtissent leur humeur, un brassard sang et noir,
car la rage mérite bien de gîter comme un tsar.
Allez graver leurs signes dans une roche féconde...
les parpaings glorifient cette espèce de faconde.
...
La mémoire a flanché, je ne sais pas trop quand,
mais l’on pousse ses cannes au sein des boniments.
Contester parait vain et l’on manque de crachats,
c'est comme déposer plainte contre un commissariat.
ps : Après relecture, ce poème m'est apparu trop hermétique dans le fond. Trop riche aussi. L'utilisation de l'argot est ta marque, certes. De même que cette posture baroque. Mais encore une fois le lecteur pourrait mal digérer cette recette...

léo- MacadAccro

- Messages: 852
Date d'inscription: 25/03/2010
Age: 28
Localisation: Nord
Re: Lonesome cowboy
J'ai aimé te lire ici.
Malgré le fouillis de tes idées, le labyrinthe où tu nous mèmes.
Car vois-tu il y a de la vie et du vrai dans tes dires. Et même si je ne partage pas tout j'ai pu te suivre dans ce dédale et trouver des chemins que j'avais déjà empruntés.
Et j'y reviendrai.
Nilo, malgré les griffures.
Malgré le fouillis de tes idées, le labyrinthe où tu nous mèmes.
Car vois-tu il y a de la vie et du vrai dans tes dires. Et même si je ne partage pas tout j'ai pu te suivre dans ce dédale et trouver des chemins que j'avais déjà empruntés.
Et j'y reviendrai.
Nilo, malgré les griffures.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Lonesome cowboy
Vous êtes patients quand même, avec mes sautes d'humeur 
Léo : encore une fois, ma réponse peut paraître un peu "rien à foutre des autres", mais lorsque j'écris mes machins, je le fais d'abord pour moi.
J'aime persévérer dans mon style, en l'améliorant, je crois, avec le temps.
Mais ce texte est effectivement une évacuation de pas mal de choses, les injustices, les pleurnichards qui n'ont pas assez saignés à mes yeux pour se lamenter.
Pour la prose, j'en ai fait quelques unes, il y a longtemps, mais ce n'est pas trop mon truc... moins de plaisir pour moi. Puisqu'il s'agit avant tout de plaisir.
Nilo : j'imagine bien qu'à ton âge, sans te dire vieux, tu as déjà eu des réflexions semblables... comme tous, j'imagine, tôt ou tard.
Merci d'être passé encore, en tout cas.
Léo : encore une fois, ma réponse peut paraître un peu "rien à foutre des autres", mais lorsque j'écris mes machins, je le fais d'abord pour moi.
J'aime persévérer dans mon style, en l'améliorant, je crois, avec le temps.
Mais ce texte est effectivement une évacuation de pas mal de choses, les injustices, les pleurnichards qui n'ont pas assez saignés à mes yeux pour se lamenter.
Pour la prose, j'en ai fait quelques unes, il y a longtemps, mais ce n'est pas trop mon truc... moins de plaisir pour moi. Puisqu'il s'agit avant tout de plaisir.
Nilo : j'imagine bien qu'à ton âge, sans te dire vieux, tu as déjà eu des réflexions semblables... comme tous, j'imagine, tôt ou tard.
Merci d'être passé encore, en tout cas.
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