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A ma mère.
Macadam :: MacadaTextes :: Poèmes
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A ma mère.
C’est sa voix que j’entends sous l’écho noir des arches !
Quand la nuit va, charriant les ombres dissolues,
Chante tout ce que j’ai, tout ce que je n’ai plus.
J’aime la contempler, chaque son, chaque trace.
Ce sont des champs éteints où poussent les néons,
Où mes lustres de fer aux crânes arrondis
Partagent au vers luisant les éclats dans la nuit...
Là-haut, une fenêtre a murmuré mon nom !
Je suis une étincelle allant de lui à elle,
Allant de prisme à prisme en soubresauts célères.
Chaque souhait qui me vient, chaque jour que j’espère
Me soutient : c’est le bâton dur des âmes frêles.
S’il faut choisir, ami, la nuit est dans ma hotte,
Et souvent je l’en sors comme un jouet fétiche
Où les coeurs apprentis, où les espoirs en friche
Ecoutent le silence et comme il nous transporte !
L’or a couvert mes ongles, et la nuit sous mes pas
Soulève ses orteils comme des carillons.
Les planchers sont vernis. Les mots sont des crayons
Dont j’ébauche des ciels à la force du bras !
Connaissez-vous l’odeur du cuir et de l’encens,
Ces grandes solitudes où les soirées sont belles?
Où chaque souvenir surgit dessous l’ombrelle
Comme une femme aimée qui vous montre les dents?
Connaissez-vous ces jours où le sang se démène,
Où les larmes se nichent à chaque angle de mur?
Ces instants où l’oracle à ses propres murmures
Trouve une destinée qui ressemble à la sienne ?
Connaissez-vous l’état somptueux des orages
Où la réalité hors des yeux se dévoile?
Cet état de vision où le corps en étoile
Gît au milieu des mots, embrasse leur visage?
Connaissez-vous la main si douce de l’absence
Où le souffle du corps se mêle à la musique?
Où chaque perfection s’adoube, règne, abdique
Au rythme décentré des courbes de l’errance?
Connaissez-vous le miel de ces pluies absolues
Où chaque rêve un peu s’est abrité dans l’autre?
Connaissez-vous l’amour qui n’est jamais le vôtre
A chaque mot, tracé comme un dernier salut?
Le mal déjà revient, je n’ai plus que des os,
Aux cheveux douloureux la marque des phalanges
Où le tourment furieux qui agite les anges
Emmêle sans effort quelques songes idiots...
Je n’ai qu’une beauté de l’instant, un aigu,
Une main qui me tire au-dessus de ce monde
Et me lâche tremblant de ces pauvres secondes
Où tout éclate enfin, mort déjà ! rien de plus.
L’aube est là, le matin ; le bateau rentre au port.
Ô j’aurais aimé bien connaître seulement
Les bras offerts de l’autre... où mène le talent?
La douceur est plus belle aux mains des hommes forts.
Ecoute-moi, rêveur, comme font les apôtres,
Ecoute-moi sombrer sans un bruit dans l’organe
Où naît ma poésie, en amont du profane :
Le poète est présent dans l’absence des autres.
Z 21 06 09
Quand la nuit va, charriant les ombres dissolues,
Chante tout ce que j’ai, tout ce que je n’ai plus.
J’aime la contempler, chaque son, chaque trace.
Ce sont des champs éteints où poussent les néons,
Où mes lustres de fer aux crânes arrondis
Partagent au vers luisant les éclats dans la nuit...
Là-haut, une fenêtre a murmuré mon nom !
Je suis une étincelle allant de lui à elle,
Allant de prisme à prisme en soubresauts célères.
Chaque souhait qui me vient, chaque jour que j’espère
Me soutient : c’est le bâton dur des âmes frêles.
S’il faut choisir, ami, la nuit est dans ma hotte,
Et souvent je l’en sors comme un jouet fétiche
Où les coeurs apprentis, où les espoirs en friche
Ecoutent le silence et comme il nous transporte !
L’or a couvert mes ongles, et la nuit sous mes pas
Soulève ses orteils comme des carillons.
Les planchers sont vernis. Les mots sont des crayons
Dont j’ébauche des ciels à la force du bras !
Connaissez-vous l’odeur du cuir et de l’encens,
Ces grandes solitudes où les soirées sont belles?
Où chaque souvenir surgit dessous l’ombrelle
Comme une femme aimée qui vous montre les dents?
Connaissez-vous ces jours où le sang se démène,
Où les larmes se nichent à chaque angle de mur?
Ces instants où l’oracle à ses propres murmures
Trouve une destinée qui ressemble à la sienne ?
Connaissez-vous l’état somptueux des orages
Où la réalité hors des yeux se dévoile?
Cet état de vision où le corps en étoile
Gît au milieu des mots, embrasse leur visage?
Connaissez-vous la main si douce de l’absence
Où le souffle du corps se mêle à la musique?
Où chaque perfection s’adoube, règne, abdique
Au rythme décentré des courbes de l’errance?
Connaissez-vous le miel de ces pluies absolues
Où chaque rêve un peu s’est abrité dans l’autre?
Connaissez-vous l’amour qui n’est jamais le vôtre
A chaque mot, tracé comme un dernier salut?
Le mal déjà revient, je n’ai plus que des os,
Aux cheveux douloureux la marque des phalanges
Où le tourment furieux qui agite les anges
Emmêle sans effort quelques songes idiots...
Je n’ai qu’une beauté de l’instant, un aigu,
Une main qui me tire au-dessus de ce monde
Et me lâche tremblant de ces pauvres secondes
Où tout éclate enfin, mort déjà ! rien de plus.
L’aube est là, le matin ; le bateau rentre au port.
Ô j’aurais aimé bien connaître seulement
Les bras offerts de l’autre... où mène le talent?
La douceur est plus belle aux mains des hommes forts.
Ecoute-moi, rêveur, comme font les apôtres,
Ecoute-moi sombrer sans un bruit dans l’organe
Où naît ma poésie, en amont du profane :
Le poète est présent dans l’absence des autres.
Z 21 06 09

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: A ma mère.
Je rêve, ou la mère n'est pas très présente, là, finalement ?
Piroys, chercheur de mer...
Piroys, chercheur de mer...
Invité- Invité
Re: A ma mère.
Piroys a écrit:Je rêve, ou la mère n'est pas très présente, là, finalement ?
Piroys, chercheur de mer...
Saint Thomas?
Le cathare Commandant Costaud

Le-cathare- MacaDeb

- Messages: 35
Date d'inscription: 01/10/2009
Localisation: entre Toulouse et pyrennées
Re: A ma mère.
J'ai déjà eu l'occasion de te dire ce que j'en pensais.
Je te le redis.
Superbe envolée !
Un bel hommage à La Poésie.
Nilo, de la famille.
Je te le redis.
Superbe envolée !
Un bel hommage à La Poésie.
Nilo, de la famille.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: A ma mère.
JE SUIS ZLATKISTE!!!
et fier de l'être.
et fier de l'être.

spandrell- MacadAccro

- Messages: 532
Date d'inscription: 14/09/2009
Re: A ma mère.
Je suis touché ! Merci pour ces traces.
Eh non, Piroys, ni mer, ni mère. Mais on apprend à se passer des deux
Z, bien comme ça.
Eh non, Piroys, ni mer, ni mère. Mais on apprend à se passer des deux
Z, bien comme ça.

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: A ma mère.
spandrell a dit :JE SUIS ZLATKISTE!!! et fier de l'être.
MOI AUSSI et fière aussi
MOI AUSSI et fière aussi

Yzaé- MacadAccro

- Messages: 696
Date d'inscription: 07/10/2009
Age: 52
Localisation: touraine
Re: A ma mère.
Je ne sais pas pourquoi mais aujourd'hui le Mur à Dédé ne m'envoie que sur des textes datant des débuts de Macadam.
Sans doute quelque "repentir"...
Toujours est-il que comme d'habitude le mur ne se trompe pas.
Nilo, pas la mer à boire.
Sans doute quelque "repentir"...
Toujours est-il que comme d'habitude le mur ne se trompe pas.
Nilo, pas la mer à boire.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: A ma mère.
Auteur à la une...
Je ne tairais pas toute la tendresse que j'ai pour cet auteur la, que tu es Z.
Mais, ceci ne nuit en rien à l'objectivité que je peux avoir sur tes textes.... et quoi?
et je ne tairais pas non plus toute l'admiration que je porte à ce poète-né ..et quel bel ! quel émouvant ! quel fort et puissant hommage tu rends la à ton art !
J'aurais sincerement aimé savoir, pouvoir, avoir le talent et tout ce qui va avec, pour écrire comme ça..
Lalou c'est dit!
Je ne tairais pas toute la tendresse que j'ai pour cet auteur la, que tu es Z.
Mais, ceci ne nuit en rien à l'objectivité que je peux avoir sur tes textes.... et quoi?
et je ne tairais pas non plus toute l'admiration que je porte à ce poète-né ..et quel bel ! quel émouvant ! quel fort et puissant hommage tu rends la à ton art !
J'aurais sincerement aimé savoir, pouvoir, avoir le talent et tout ce qui va avec, pour écrire comme ça..
Lalou c'est dit!
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LaLou
Re: A ma mère.
J'ai relu ce poème...tellement fort, aussi fort que la présence de la mère...aussi poignant que son absence...aussi touchant que puisse l'être l'auteur.
Des images recherchées et si justement posées que le lecteur a du mal à garder son attention après pour venir y poser ses mots.
Un poème qui sort du profond et qui est loin d'être facile à écrire...Il faut du courage.
Merci Zlatko de nous avoir offert le tien.
Sylvie
Des images recherchées et si justement posées que le lecteur a du mal à garder son attention après pour venir y poser ses mots.
Un poème qui sort du profond et qui est loin d'être facile à écrire...Il faut du courage.
Merci Zlatko de nous avoir offert le tien.
Sylvie
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Sylvie
J'aime vraiment faire tourner les aiguilles des horloges à l'envers
Re: A ma mère.
Re Dédé Wall !
IL fallait qu'il remonte de toutes les façons. Le mur le savait.
On ne laisse pas des perles au fond des tiroirs.
IL fallait qu'il remonte de toutes les façons. Le mur le savait.
On ne laisse pas des perles au fond des tiroirs.
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