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carnet été 2010

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carnet été 2010

Message  marc le Sam 28 Mai - 21:07

22 juillet 2010
Arrivé à Perpignan. Marge m’a rejoins en début de soirée. Premiers orages.

Vendredi 23 juillet 2010
J’ai mal dormis malgré la fraicheur. Arrivé à st Hippolyte. Pensées sur le corps de Marge, sur le corps d’Aude. Le premier joint me fait un trou dans la tête. « shore leave ». Disparaitre à l’horizon.
Je me rappelais aussi le corps de A. La vie bohême avec les murs gris. Finalement de très bons souvenirs de ma jeunesse. Sur le fil.
Elle refermait son cul, se cambrait. Un paradoxe, une moquerie. Je ne l’ai pratiquement jamais fais jouir.
Un vertige lumineux des années 80. « running up that hill » de Kate Bush.
Ces deux derniers soirées chez moi avec Marge avait été très agréables. Du plaisir, les sourires, l’indifférence. Je devrais venir me poser ici. Une soirée sans personne. La ville offre le soir son air, une insouciance. On y marche heureux ou hagard.
Chez mes parents. Je me suis installé au salon. Objets, monticules d’objets, la poussière, les cousins sur d’autres coussins. Tout cela me repousse, m’asphyxie. La maison se dégrade. Prendre une décision ? Il faudrait alors s’y tenir. Tout laisser pourrir ? J’ai cette facilité de l’apathie pour les décomptes.

Samedi 24 juillet 2010
Une nuit reposante. J’espère que la fatigue que je traîne passera. Marge et moi devrions nous revoir ce soir. Je dois penser emmener d’autres affaires à Perpignan. Je me suis tout de même réveillé durant 1h cette nuit et malgré deux cafés, je me suis rendormi jusqu'à 9h. La température s’est rafraichie. Si st Hippolyte avec son marché a les aspects d’une vie, je préfère y voir un endroit comme une aire d’autoroute, pour certains un arrêt définitif. Lectures hier de lettres de Van Gogh.
Le lotissement derrière chez moi. Quelques soupirs plus loin.
Fin de matinée. Rentré à Perpignan. Achat du nécessaire, petite ballade dans le centre ville.
Eviter les rêves glacés en pleine nuit. On se rapprochait de l’an 2000 à grande vitesse. Pas d’arrêt dans la nuit. Un corps. Le soumettre ? Se soumettre ? Plonger en tout cas.




Dimanche 25 juillet 2010
Rentré ce matin à st Hippolyte. L’ombre glisse en douce le long des murs. Une révolution. J’ai discuté avec TH sur la place de rentrant de ma promenade. On voudrait voir ce monde disparaitre, tomber a jamais dans l’oubli. C’est peut-être la condition de…quoi ?! J’ai téléphoné à Aude ce matin.
A fuir encore, le monde et son ambition de famille. Pourtant ces en-dessous, non-dit, mensonges. La jeunesse poursuivie jusqu'à la pourriture.
La règle nuptiale transformée en mâchoires.

Lundi 26 juillet 2010
J’ai pris froid ces derniers jours. Passé une partie de la soirée en compagnie d’amis. Cela et une immense montée de paranoïa qui m’a poussé à partir. C'est-à-dire que « je ne crois pas ce qu’ils disent » et petit à petit, cela se mu en une attaque en règle ou je discerne plus rien. Il est 7h environ. Depuis quelques temps je ne me réveille plus avec l’enthousiasme de ces dernières semaines. Je discerne mal là aussi. Mes nuits sont plus longues, le temps, frais et venteux.

Mardi 27 juillet 2010
La fin d’après-midi à st Estève, « les portes du lac ». La clim, une bière. Ma famille me bénit, n’écoute pas. Le rideau sombre derrière lequel se cache le bruit. Quelques tics au niveau du regard. Comme un enfant sage allant vers le soir. La chaleur est écrasante dehors. Canicule hormonale. Un cirque le long du corps, un cercle et des directions, de simples gémissements, des peut-être, de l’indifférence.
Le soleil couchant au bord des yeux. Si ma rage était hilare, elle tuerait du monde. Et l’on se voudrait fœtus dans le monde, rien de plus. On a sa foi, on l’arme de courage, cherchant ses illusions de génie. Au dehors ce soir, palais des rois de Majorque

Mercredi 28 juillet 2010
Je pensais dormir plus longtemps après la cuite d’hier soir. Cette nuit. Je me rappelle le cul magnifique de G auquel je n’ai pas touché, auquel j’aurais aimé toucher. Un discours assez fade et un joli sourire. Il est environ 8h. Le réveil est moins douloureux que je ne le pensais. La journée s’annonce étouffante.
Mon esprit, crispé maintenant cherchait quelques états vagues. Le murmure téléphonique. Des sous-vêtements rouges. Le réveil calme et puis la journée qui se fracture. Le soleil cuit déjà, crame. Carnage !
Un retour en arrière. Les années 70. Ça s’est vécu par là surement. La fin, l’attendrissement de l’insouciance. Au travers de quelques images, j’essaie de ressentir une idée de cette époque. Je pourrais me dire « piéger » aujourd’hui, dans cette après-midi.
J’ai passé la fin d’après-midi à dormir en écoutant de la musique (Clapton, Sepultura). La soirée. Je me réveille. Il est 20.30. Du calme autour de/en moi, lectures.

Jeudi 29 juillet 2010
Je me suis réveillé, un vent frais traversait la pièce. Le ciel est gris. Elle a pleuré. La tristesse plutôt que de jaillir dans la colère s’est muée en crise de larmes. L’hospitalisation semble proche et nécessaire. Dépassé par le travail domestique, rongé par d’anciennes paroles, situation. Le passé la saisie tel un chien a la gorge. Moi-même de ce mois de juillet passé chez mes parents, je sentais les non-dits, les fantômes qui squattaient la mémoire des êtres. La chaleur écrasante certains jours a poussé la colère hors des murs, l’a poussé contre d’anciens souvenirs, sensations d’un été. Ce savoir est désormais sorti de la gangue nostalgique dans laquelle je le préservais. La cuite d’avant hier avec J ou malgré les verres, l’ivresse mon esprit resté vigilant sans jamais se dissoudre dans l’euphorie, dans une insouciance de mégalomane. Cette soirée referme des portes, des trajets, des usines en col blanc. Elle a chuté dans l’escalier. Ses pleurs, son week-end passé à dormir sous Nozinan les lèvres tachetées. Cet été confirme quelques banalités comme le fait que j’approche de la quarantaine. Me voila a découvrir, à naitre dans ma vie devant quelque chose de vieux, y allant. Sa fragilité de cristal. Fin d’après-midi, début de soirée à st Hippolyte.

Vendredi 30 juillet 2010
Levé aux alentours de 8h30. Passé chercher des clopes. Elle semble aller mieux après la discussion que nous avons eu hier après-midi. Un bref sourire d’accalmie. Les journées finissent par avoir raison d’elle.
Hier soir, J est passée à la place du village. Il y avait TH, L, moi. Aux environs de minuit. Je sens une angoisse sourde en moi. Il fait beau, le vent rafraichit et nous permet d’apprécier ces journées d’été, ses nuits.
Je me suis recouché une demi-heure en rentrant ce matin. Regardé le dernier concert de Baschung. Il devait mourir peu après. Je dois aller avec elle au cabinet du docteur B. elle m’a demandé de l’accompagner, je n’en ai guère envie. Faire une promenade avant, passer par la place. En tout cas, prendre l’humeur du jour, de la maison, son humeur à elle. J’ai téléphoné à Marge. Elle ne semble pas libre pour ce soir.
Arrivé en ville en début d’après-midi. Quelques courses sous la chaleur étouffante. J’ai ouverts la porte de la terrasse malgré le bruit sourd du chantier. J’ai bu un reste de café après m’être assoupi un moment. Marge va peut-être passer ce soir finalement. Peut-être le temps d’une ballade.
Les fins d’après-midi sont toujours agréables depuis cette fenêtre estivale, les soirées me propulsent vers la nuit et la peur de l’insomnie est toujours présente. Marge n’est toujours pas arrivé. Le dernier bus pour st Hippolyte est partie.

Samedi 31 juillet 2010
Marge est finalement là. Nous passons la nuit ensemble. Je regardais son cul ce matin après un de ces réveils subit en milieu de nuit. Je devrais faire un test HIV. Après tout j’ai couché avec pas mal de mecs après ma rupture avec Aude. La moindre des choses, un acte de courage est de savoir ou j’en suis a ce niveau là. Marge comme moi aime ce que le corps suinte : salive, sperme, urine. Après avoir écris ces mots je regarde autour de moi. C’était la chambre de ma sœur, maintenant la mien, depuis longtemps. Tout ce que je fais et vis dans le monde s’arrête à cette porte là. J’ai un lieu pour l’innocence, une innocence que je peux transporte, revêtir dans le monde. Elle est là derrière la pénombre des rideaux. L’été, cet été n’a plus rien a voir avec ceux que j’ai vécu, rêvé lorsque je m’attardais à la terrasse d’un café à Canet et passait chez ma sœur. Dans quelle forêt obscure ai-je mis les pieds ? Et cela ressemble à la vie ! Cette douleur de la vie. L’apesanteur de l’âme en silence.
Il est midi. Je suis descendu manger un morceau. Mon père est sur la place à cette heure ci, dans une langueur, une époque ancienne. Il n’en sortira pas, plus. Elle est partie faire les courses, trainer son poids sur les colonnes de chair que sont ses jambes. Je me fragmente dans ce silence à midi peuplé de quelques piaillements d’oiseaux.
Bientôt la fin de l’après-midi. Je m’imagine rentrer à nouveau par la porte de la maison d’Aude. Ca frappe dans mon crâne, on y tambourine. En début d’après-midi, j’étais sur la place avec un petit groupe. Rien de nouveau en ce qui concerne des personnes comme TH ou moi mais d’anciennes personnes comme G ou X sont prit dans les tourments de l’existence. G a un pacemaker et X s’est barré de chez sa copine, traînant, buvant. L’incertitude pour ces deux, pour nous quatre. Je suis renté faire une sieste. Ça ne tambourine plus. Le crâne s’amollît, l’âme va s’étendre dans le lit. Vidéos de « daemons days ».

Dimanche 1 aout 2010
Je me suis réveillé une première fois à 2h du matin. Les effets des anxiolytiques pris la veille m’ont peu fait dormir (environ 4h). C’est souvent le cas et d’ailleurs j’apprécie ces sortes de « siestes » nocturnes dont je me réveille en pleine forme. Sursaut dans une tâche d’encre. J’avais trouvé hier soir où elle cache les calmants. J’en ai pris beaucoup tout au long de la soirée. Le plaisir moins évident en avançant. Pas l’embolie de calme et de sourires vagues. Les questions, les scénarios qui m’encombrent se tassent, me laissent nul, sur le carreau. La culpabilité, cette pierre angulaire me laisse passer, s’endort. La gourmandise de ces états. La voracité d’être profondément inexistant. J’en ai gardé un ou deux pour aujourd’hui. L’enthousiasme que je ressens au réveil ne doit pas masquer ma « chute dans le jour », mon immobilité ou l’esprit va débattre comme à l’infini de tel ou tel actes pour finir par se mordre les lèvres. Ne rien faire. Je suis allé sur la place à 4h30 espérant bêtement qu’il y aurait encore quelqu’un. Un gitan avec un large sourire est passé, m’a serré la main, m’a demandé une clope. Nous avons échangés quelques mots puis il est repartit. Il n’arrivait pas à dormir m’a-t-il dit. Nous sommes donc en Aout. Les nuits n’ont pas vraiment de dates, on leur refuse.
Je viens de me lever il y a une demi-heure, deuxième café, il faudrait que je prenne une douche. Plus de clopes, un fond de pot de tabac. Déjà une angoisse, légère. Elle s’installe dans mon estomac. L’année dernière a cette date, mes parents étaient à Prats-de Mollo. Je me saoulais du silence de la maison. Elle va mieux, l’augmentation de l'antidépresseur semble lui réussir.



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Re: carnet été 2010

Message  Nilo le Lun 30 Mai - 17:53

Tu sais, en très peu de mots réumer tout ce que je lis de toi. Par exemple, ceux-ci
J’ai cette facilité de l’apathie pour les décomptes.
ou encore
Sursaut dans une tâche d’encre.
et ce sublime
Les nuits n’ont pas vraiment de dates
dont j'attends les enfants et les petits enfants...
Ces carnets me sont vraiment de belles lectures.

Nilo, incarnet.

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Re: carnet été 2010

Message  Nilo le Dim 3 Juil - 17:33

Je trouve dommage que ces pages aient eu si peu de lecteurs et de retours.

Nilo, that's all folks.

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