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Le crépuscule des pianos.
Macadam :: MacadaTextes :: Vide-Poche
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Le crépuscule des pianos.
Z : Ecris-le.
Il y a des cafards sur mes plinthes.
Je ne sais pas d’où vient ma colère, mais je suis né de méchante humeur. Je suis né il n’y a pas longtemps. Je ne sais plus si naître c’est souffrir. N’ais-je pas souffert avant ? Où commence le cauchemar ? Ils mettent la colère en vase clôt. Truc de gosse. Truc de viande pas faisandée, la colère ! Expliquez-moi cette décence dans les abattoirs. On va mariner dans son jus tiède. Et tout le jour, serrer le gras des viandes serviles. Faire ses politesses !
Ma terreur manichéise. Je beugle ou je tâte mes larves.
Le fumet de vos rires me suffoque – je m’étouffe. J'ai mal au vide !
Le temps m’a fait siffler la gorge.
Eternel ou néant, ma Muse. Le reste est compte d'apothicaire, ersatz – existence nanite mécréante ! Je veux traiter avec les Dieux moi ! Être de la Haute Calamité !
Je traîne une malédiction gélatineuse. Vingt-ans vingt-ans qu’est-ce que c’est que cette merde, on m’a rallongé l’excroissance. J’ai retrouvé la chaîne, le cordon à souffrances, juste au-dessus de l’appareil maudit. Il pendait relié aux murs, au milieu des cafards. J’ai des bestioles sur l’ombilic, ils me grignotent l’âme et le ventre.
Quelque part en Allemagne, on a retrouvé ma veste.
C’est une farce ? J’avais dix mille bras ! J’ai bien joué la pieuvre, j’ai tout donné sur ma scène de flammes. J’ai ouvert toutes les portes ; j’ai cogné sur la cloche du soir, et je n’ai pas retenu mes coups. Hier, j’ai mal joué du piano. Je me suis puni l’annulaire.
L’hallucination n’est pas complète et c’est bien. Je commence à voir danser les murs. De temps en temps, je me rase la tête ; j’enlève le rouge qu’il reste. Comment osez-vous la réconforter ? L’autre, plié en quinze, pauvre taré qui mélange à ses rêves sa crasse d’origine : il n’a pas voulu choisir ! Et l’autre - l’iceberg - qui a tondu sa vie, histoire, ce que c’est que la peur, qu’on n’aille pas lui refiler des puces !
Un nœud, ou une terre brûlée. Quatre-cent tonnes de larmes, ou rongé par l’acide. J’ai eu vos âges.
(..)
Il y a des cafards sur mes plinthes.
Je ne sais pas d’où vient ma colère, mais je suis né de méchante humeur. Je suis né il n’y a pas longtemps. Je ne sais plus si naître c’est souffrir. N’ais-je pas souffert avant ? Où commence le cauchemar ? Ils mettent la colère en vase clôt. Truc de gosse. Truc de viande pas faisandée, la colère ! Expliquez-moi cette décence dans les abattoirs. On va mariner dans son jus tiède. Et tout le jour, serrer le gras des viandes serviles. Faire ses politesses !
Ma terreur manichéise. Je beugle ou je tâte mes larves.
Le fumet de vos rires me suffoque – je m’étouffe. J'ai mal au vide !
Le temps m’a fait siffler la gorge.
Eternel ou néant, ma Muse. Le reste est compte d'apothicaire, ersatz – existence nanite mécréante ! Je veux traiter avec les Dieux moi ! Être de la Haute Calamité !
Je traîne une malédiction gélatineuse. Vingt-ans vingt-ans qu’est-ce que c’est que cette merde, on m’a rallongé l’excroissance. J’ai retrouvé la chaîne, le cordon à souffrances, juste au-dessus de l’appareil maudit. Il pendait relié aux murs, au milieu des cafards. J’ai des bestioles sur l’ombilic, ils me grignotent l’âme et le ventre.
Quelque part en Allemagne, on a retrouvé ma veste.
C’est une farce ? J’avais dix mille bras ! J’ai bien joué la pieuvre, j’ai tout donné sur ma scène de flammes. J’ai ouvert toutes les portes ; j’ai cogné sur la cloche du soir, et je n’ai pas retenu mes coups. Hier, j’ai mal joué du piano. Je me suis puni l’annulaire.
L’hallucination n’est pas complète et c’est bien. Je commence à voir danser les murs. De temps en temps, je me rase la tête ; j’enlève le rouge qu’il reste. Comment osez-vous la réconforter ? L’autre, plié en quinze, pauvre taré qui mélange à ses rêves sa crasse d’origine : il n’a pas voulu choisir ! Et l’autre - l’iceberg - qui a tondu sa vie, histoire, ce que c’est que la peur, qu’on n’aille pas lui refiler des puces !
Un nœud, ou une terre brûlée. Quatre-cent tonnes de larmes, ou rongé par l’acide. J’ai eu vos âges.
(..)

Zlatko- MacadAccro

- Messages: 1554
Date d'inscription: 30/08/2009
Age: 20
Localisation: Centre
Re: Le crépuscule des pianos.
De l'urgence ici, de trouver des réponses aux questions en suspens.
J'ai mal au vide ! C'est bien parce que tu as quelque chose à dire, à faire aussi. Et à savoir.
Dam.
J'ai mal au vide ! C'est bien parce que tu as quelque chose à dire, à faire aussi. Et à savoir.
Dam.
re
Tu tiens bon et c'est là l'essentiel...Maintenir la révolte, la rage et la désinvolture...le crédo des poètes comme dirait l'autre ! Une prose musicale bien domptée sur fond de colère noire et blanche.

léo- MacadAccro

- Messages: 852
Date d'inscription: 25/03/2010
Age: 28
Localisation: Nord
Re: Le crépuscule des pianos.
La colère a quelquechose de profondement beau lorsqu'elle frole la révolte et nous fait sortir de nos gonds. Elle souffle uné vérité sublimée, arrachée et meurtrie mais une vérité profonde, viscérale.
Tu m'as fait penser à un équilibriste qui a envie de tomber.
Tu m'as fait penser à un équilibriste qui a envie de tomber.
_________________
LaLou
Re: Le crépuscule des pianos.
C'est exactement ça.
Un funambule qui limerait son fil, lentement, pour faire durer le plaisir de la peur du vide...
Nilo, balancier.
Un funambule qui limerait son fil, lentement, pour faire durer le plaisir de la peur du vide...
Nilo, balancier.
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... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
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