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Dame Banlieue
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Dame Banlieue
La banlieue, l'apanage du péril ? Quelle idée !
Ce sont là des pensées d'alarmistes faussés.
Trente ans maintenant qu'on déguise ses ires
et bien plus aujourd'hui qu'on étouffe son cri.
Elle se tue et pallie, au bitume du ter-ter,
à l'infâme castration de lendemains mourants
comme à la pauvreté fustigeant les familles.
Car ses crimes, de toujours, n'ont été que symptômes.
Elle qui pleure, légitime, les vannes qu'on a fermées
des locaux de plaisance, des services publics
et l'ouverture abjecte de mas-des-secondes-chances
qui ne forment, au hasard, qu'une poignée de pékins.
Sale éden, florissant en grands blocs en béton,
n'hébergeant qu'immigrés et modestes culs blancs,
elle qui a dans ses rues quelques toits de carton
qui abritent, en hivers, des cadavres gelés.
Cette mère harassée observant ses enfants
se moquer et se tuer, les uns comme les autres...
ses couleurs, ses accents n'auront jamais fait d'elle
un immense bastringue où ne dansent que des frères.
Elle maudit, du fond des salles de garde à vue,
ceux jouissant de fortunes qu'ils n'ont pas remportées.
Elle qui, le coeur dehors, voudrait voir se livrer
une guerre improbable à des hères intouchables.
Elle qui se voit lourdée, et salie, et tronquée
par tous ceux qui jamais - grand jamais ! - ne l'on vue.
J'ai des tricards à l'oeil vomissant sa diction.
Moi je l'aime, ma banlieue, j'en suis un soupirant.
Ce sont là des pensées d'alarmistes faussés.
Trente ans maintenant qu'on déguise ses ires
et bien plus aujourd'hui qu'on étouffe son cri.
Elle se tue et pallie, au bitume du ter-ter,
à l'infâme castration de lendemains mourants
comme à la pauvreté fustigeant les familles.
Car ses crimes, de toujours, n'ont été que symptômes.
Elle qui pleure, légitime, les vannes qu'on a fermées
des locaux de plaisance, des services publics
et l'ouverture abjecte de mas-des-secondes-chances
qui ne forment, au hasard, qu'une poignée de pékins.
Sale éden, florissant en grands blocs en béton,
n'hébergeant qu'immigrés et modestes culs blancs,
elle qui a dans ses rues quelques toits de carton
qui abritent, en hivers, des cadavres gelés.
Cette mère harassée observant ses enfants
se moquer et se tuer, les uns comme les autres...
ses couleurs, ses accents n'auront jamais fait d'elle
un immense bastringue où ne dansent que des frères.
Elle maudit, du fond des salles de garde à vue,
ceux jouissant de fortunes qu'ils n'ont pas remportées.
Elle qui, le coeur dehors, voudrait voir se livrer
une guerre improbable à des hères intouchables.
Elle qui se voit lourdée, et salie, et tronquée
par tous ceux qui jamais - grand jamais ! - ne l'on vue.
J'ai des tricards à l'oeil vomissant sa diction.
Moi je l'aime, ma banlieue, j'en suis un soupirant.
Re: Dame Banlieue
Beau plaidoyer. Mais...
Oui, belle défense, mais tout n'est pas défendable, ni tout noir, ni tout blanc.
Ce qui ressort en fait, ce qu'on remarque, c'est la grisaille, comme celle qui salit les belles pierres des beaux quartiers. Et les chewing-gums sur les trottoirs des Champs Elysées.
Nilo, séjour des âmes vertueuses.
Oui, belle défense, mais tout n'est pas défendable, ni tout noir, ni tout blanc.
Ce qui ressort en fait, ce qu'on remarque, c'est la grisaille, comme celle qui salit les belles pierres des beaux quartiers. Et les chewing-gums sur les trottoirs des Champs Elysées.
Nilo, séjour des âmes vertueuses.
_________________
... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Dame Banlieue
Je fouille dans les bons conseils de Dédé et je n'ai aucun regret puisque j'ai vraiment aimé ton poème et d'ailleurs, j'attends des nouveautés.
_________________
Sylvie
J'aime vraiment faire tourner les aiguilles des horloges à l'envers
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