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France,Sénégal, Nianing, France Mars à Juillet 1974,127° à 129° (+..)Bon°

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France,Sénégal, Nianing, France Mars à Juillet 1974,127° à 129° (+..)Bon°

Message  tremsal le Mar 12 Juil - 9:20




Un lieu sans télé ?
Quels héros ont les jeunes en 2011 ?
Sauvons les plus faibles.









Tout le monde s’est levé plus tard, et on profite bien d’un bon petit déjeuner préparé par Ty. J’avais oublié qu’on allait pour midi à Poissy, chez les Debroc. Après avoir raconté mon rêve, Christian me dit, que ça aurait pu être beaucoup plus grave.
--Mais c’était un rêve, Christian chéri !
--Oui, Isabelle je sais, tu as raison…
Bon, mes enfants et Ty, il faut qu’on fasse le programme de la semaine. N’oubliez pas que vendredi soir, on part dans les Vosges.
Il nous faut continuer à mettre de l’ordre à l’atelier et à l’appartement. Coté expéditions il nous reste nos bagages et une cantine. Ty, tu as des rendez-vous à Jet Tours. Il faut que je prévois avec le fournisseur de planches à voile, l’expédition sur Jet Tours Paris. Il faudra que je consacre deux bonnes heures à Marcelle Oury. Christian et Isabelle, si vous avez encore des choses à donner, portez les à l’église. Je trouve Ty, qu’il y a encore trop de vêtements d’hiver à moi, dans le placard. Là aussi, à donner.

La journée s’est très bien passée et nous avons fait nos adieux à cette famille de Poissy, les Debroc. De retour avant les gros embouteillages, nous voici détendu et devant la télévision. Christian veut savoir si on en aura une à Nianing ! Je m’empresse de dire que non, du moins pas cette année. Je ne sais pas si on peut capter des signaux hertziens dans notre secteur ? Et puis, je veux leur dire que je serais toujours avec les vacanciers, que je n’aurais pas beaucoup de temps pour moi.
--Papa, ton travail va être difficile, il faudra que tu sois toujours souriant ! Et maman chérie aussi.
A la télé, un film du dimanche soir. La Flèche et le Flambeau, avec Burt Lancaster, Virginia Mayo…Je dis aux enfants que je l’ai vu à Tunis, au Palmarium, dans les années cinquante…Une histoire chevaleresque, qui se situe en Europe, au moyen âge, avec des châteaux, des joutes et des combats d’arcs et de flèches. Je me souviens d’un valet muet, Piccolo… et d’un Lancaster, (ancien trapéziste de cirque), sorte de Robin des Bois, déployant tous ses talents. Ils étaient combien mes héros hommes de films, surtout des américains…Je vous l’ai déjà dis ! Gary Cooper, Rock Hudson, Burt Lancaster, Errol Flynn’s, Alan ladd, Kirk Douglas et puis, et puis…Georges Sanders, qui avait toujours le rôle du méchant et tant d’autres, actrices, acteurs…Je citerais une très belle actrice femme, encore très jeune, Ava Gardner dans « Mogambo », avec Clark Gable, film magnifique, tourné au Kenya. Souvent à cette époque, c’était des acteurs blancs qui, le corps noircit, jouaient les rôles des noirs ! Un des premiers acteurs noir fut Sidney Poitier…Après cette soirée tardive ciné, on alla tout droit au lit.
--Bonne nuit papa chéri.

La semaine passa très vite et je pris le temps pour faire un dernier point avec Paul. Il fut soulagé, de voir ma prudence, pour garder une petite réserve financière à la banque. C’est vrai que chaque fois qu’on se voyait, il montrait un certain pessimisme quand à la rentabilité de mon projet…Bien sur, que je partageais en partie son point de vue, mais je voulais garder mon enthousiasme et ma foi. Comme prévu, le fils Sicard avait déjà rencontré quelques clients et il lui tardait de venir s’installer. Pour des raisons pratiques, on avait convenu que cela se ferait le dimanche 21 juillet, le lendemain de notre départ. Il était venu s’exercer au labo et avait trouvé l’installation au top. Cet investissement, réalisé avant 1965, comprenait un agrandisseur pour grands formats, reproductions trait et similie, un développeur copyproof, de qualité très fine, noir et blanc. Il fallait rajouter un développeur rapidoprint, demi-teinte, deux bacs de rinçages et une sécheuse. Cette installation très technique, me permis de pouvoir répondre en permanence, à l’extrême complexité et à la diversité de la création publicitaire et des documents d’exécutions. Les enfants étaient invités à Suresnes chez des amis, qui voulaient fêter leur départ, en réunissant les copains, les copines. Avec Ty, que je trouvais plus détendue, on fit le tour de la cave à l’appartement, puis l’atelier. On n’avait pas de limitation de poids pour notre voyage. Il nous manquait une autre grande valise, pour répartir le poids. Nous étions seuls et Ty ne disait rien.

--Ty, tu as besoin de me parler ?
--Marc, j’aimerais que tu saches, que mon ami ne m’a fait aucun reproche sur mon choix de partir avec vous…
Que pouvais-je dire. Pendant un moment on se parla calmement et puis je finis par lui confier.
--Ty, ce qui importe c’est toi. Tu as fais ton devoir, plus ce que ton cœur te dictait, et je suis fier de toi.

A la télé, une émission sur la famine dans le monde, statistiques 1973. Les chiffres sont terribles et ils émanent des organismes internationaux. Le continent africain est de loin le plus touché. Plusieurs centaines de millions d’êtres humains, sont victimes de la famine…
En 2011, Ce sont les mêmes chiffres qui sont annoncés! Voir nettement à la hausse. Et toujours l’Afrique Noire, et plusieurs pays d’Asie. Nouveau constat alarmant, famine et mortalité explosent, malgré le nombres croissants d’une multitudes d’ Organisations Internationales, anciennes et nouvelles, d’ Ong, et d’actions humanitaires…Dont la plupart n’existaient pas alors ! Mais il est vrai, les zones de guerres, de conflits se sont multipliées, avec des morts, des blessés, des déplacements de population… Et toujours la création de camps pour réfugiés, à la merci du manque de moyens des organisateurs, et des militaires sans soldes et des pillards…Ce qui se passe au Soudan est un vrai scandale ! Un chef d’Etat condamné pour crime contre l’humanité et qui voyage jusqu’en Chine, sans être inquiétez ! A quand, une véritable, politique d’intervention musclée, dés la localisation par satellite, de ces actions criminels. Et--il normal, de voir ces camps de regroupement durés des dizaines d’années, avec autant de drames et de misères!

En 1974, au Sénégal, on est loin de tout ça. Son Président Léopold Sédar Senghor, a su préserver la démocratie, le pluralisme politique, et de bons accords avec la France et l’Europe. En songeant, aux images vues hier soir, je me dis que la planète va mal. J’ai réussi, il y a quelques années, à rééditer en hommage à mon père, sa thèse qu’il avait soutenue en 1929, lui permettant ainsi, à 27 ans, comme tout jeune médecin diplômé de s' installer à Tunis. Considéré par ses pairs, comme un brillant ouvrage, cette thèse, fondée, sur l'éradication des endémies, des épidémies, des maladies infectieuses, sur la forte diminution de la mortalité infantile, etc... Statistiques et chiffres à l'appui et s'intitulant « Médecine coloniale en Algérie durant un siècle » fut préfacée, grand honneur pour mon père, par le Lauréat du Prix NOBEL 1928, Monsieur Charles NICOLLE, Biologiste, alors Directeur de l'Institut Pasteur à Tunis.



*












Un dernier petit air de jazz à Paris.
Retrouvailles et au revoir au Clos du bonheur…
De Latécoère…Aux oiseaux du Djoudj.







Cette dernière journée de vendredi a été sans nul doute, une dés plus chargée de la semaine. Voulant absolument avancer sur les « au revoir », j’avais réservé dans la matinée, quartier de l’avenue Matignon, et du Faubourg Saint Honoré, une visite chez Hervé Odermatt et à la galerie Nichido, qui avaient été de fidèles clients. J’avais pris la Taunus qui était en très bon état, sans trop de kilomètres et il fallait la vendre au moins au prix de l’argus, elle datait de 1972. C’était une berline coupée deux portes, et Ty l’avait bien appréciée.
Je rentrais par mon chemin favori, la Concorde, les champs, l’Etoile, et le bois de Boulogne. La radio égrenait un vieil air de jazz et ravivait des souvenirs…Au Bois, au mois de juillet, tout était d’un vert tendre, malgré les quelques semaines sans pluie. René Tabone avait enfin récupéré à Suresnes la 403 et les papiers. Elle nous avait été d’un sérieux secours, et bien utile pour la pub du Domaine. Je trouvais ma petite famille prête, avec Hubert, car nous devions quitter la capitale avant dix sept heures. La route des Vosges, la N.4, sans autoroute, était un des axes les plus empruntés et les poids lourds y faisaient la loi. Nous connaissions cette route par cœur et les risques étaient réels. Christian avait pris son Radiola à cassettes, et on eu droit, aux fables de la Fontaine. Enfin on quitta Suresnes à l’heure.
Une chaleur moite, un coup de vent et une forte pluie nous surpris vers Fontenay Trésigny. La route devenue dangereuse, la nuit tombant, on s’arrêta dans une voie de traverse. Ty avait préparé, des fruits et des tartelettes de sa confection Je me reposais un peu et on reprit la route… Mes parents avaient l’habitude de voir arriver « les parisiens », tard dans la nuit et avant minuit nous étions au Clos. Des aboiements de joie, de la part de Blaky, quelques caresses. Une lumière scintille derrière le carreau de la porte d'entrée.
J'entends la voix joyeuse de maman...Mon Jean, les voilà...! Tendres embrassades, émotion…

Comme à l'accoutumée, papa et maman nous avaient attendus, heureux de nous voir enfin arriver tant les routes sont dangereuses ces longs week-ends de fêtes....En quelques minutes, maman nous installe devant une bonne omelette au fromage, salade, un rosé de Provence...Hubert avait dormi pendant la route…Et avait une faim de loup. Puis nous sommes montés embrasser notre Mémé Madeleine et sans trop tarder, chacun, chacune, rejoignirent leurs chambres. Pour moi, ce dernier rendez-vous ici, chez mes parents, avec certains frères et sœurs, à l’occasion de la crémaillère des Tremsal Denis, avait une signification importante. Nous quittions la France le 20 juillet et ne savions pas lorsqu’on se reverrait… La nuit fut propice aux pensées tourbillonnantes, sur tout ce que j’avais réalisé en si peu de temps et ce qui allait m’attendre là-bas. Dans le grand lit de la chambre bleue, bien couché de mon coté, prés de la lampe de chevet et ne dormant pas, sans réveiller Ty, je me mis à lire une vieille revue, prise comme par hasard sur la commode.

Un long article, avec quelques gravures, traitait… du commerce de la gomme arabique, (sève récoltée par saignée, sur une espèce d’acacia), dont le nom le plus répandu est, (l’acacia-Sénégal)… Quelle bonne surprise ! Cela se passe à Saint Louis du Sénégal au XVIIe siècle ! Cette région du nord, ou le fleuve Sénégal se jetait dans l’océan, (avant l’édification du barrage de Damia), est alors appelée à un grand avenir. Cette belle ville de St. Louis, deviendra la première capitale du Sénégal. La production de la gomme arabique jouera un rôle majeur dans l’économie des premiers habitants de la colonie, avec encore, la bien triste traite des esclaves. Les pages qui suivent, sont plus historiques…L’on y apprend que la ville est rapidement dotée de superbes bâtiments et de maisons à l’architecture coloniale variée et de grande qualité. C’est le point de départ des grandes expéditions coloniales vers l’intérieur du continent et du commerce Europe-Amérique. A la fin du XIXe siècle, Saint-Louis est à son apogée et comme à Gorée, Rufisque et plus tard Dakar, les citoyens sont des Français à part entière, et peuvent être candidats à la députation au Parlement français. On y rencontre de très belles femmes, que l’on appelle les Signares… Résultat des métissages multiples, depuis la conquête. Peu à peu, la gomme arabique sera détrônée par le commerce de l’arachide et la belle Ile, s’endormira sur son riche passé, perdant son statut de capitale et le laissant à Dakar.
Grâce à l’aéronautique, Latécoère, Air France et ses prestigieux pilotes et mécaniciens, dont l’illustre Mermoz, Saint louis renaitra de ses cendres…
J’éteins la petite lampe de chevet et je m’imagine découvrant réellement cette ville…

« …Bien plus tard je devais enfin aller à Saint Louis, et y retourner souvent avec des amis. C’était une fois par mois, une évasion …un réel bonheur ! »

La nuit fut calme et c’est Christian qui nous réveille, avec les aboiements de Blaky. Il fait beau et le petit déjeuner est copieux. Notre mémé est descendue et c’est le moment des bisous. Bernard, Elyzabeth et Virginie, ne devraient pas tarder à arriver. Selon mon habitude, j’irai tout à l’heure, avec papa aux courses à St. Dié. J’entends quelques airs à une main au piano et je sais que c’est Isabelle qui fait des gammes.
--Hello, Isa…C’est très bien.
Maman est toute heureuse de voir sa maison se remplir. Les parisiens seront presque tous là et je suis heureux de revoir mon frère Michel, Jacqueline et leurs quatre enfants qui sont venus de Nérac, comme chaque année d'ailleurs, pour une quinzaine de jours! Vacances tant attendues par la petite famille... Leur grande chambre rose est prête, le petit lit pour Domi est prévu, les aînés, Eric, Jean-mi et Marie-Christine sont heureux de retrouver le « dortoir. »où logent Christian et Isabelle...En montant dans la 404 verte, je dis à papa, que maman arrive en courant, pour nous remettre une dernière petite liste et embrasser son Jean.
Les Vosges l’été, offre une palette de vert comme nulle part ailleurs. Papa, me fait passer par la vieille route ou de nombreux champs et de belles anciennes fermes vosgiennes résistent aux habitations modernes de tous styles. De plus en plus les citadins de St. Dié des Vosges, et d’autres villes, préfèrent de plus en plus habiter la campagne. Beaucoup de résidences secondaires voient le jour un peu partout. C’est regrettable qu’il n’y ai pas le respect du véritable style architectural, typique des Vosges. En Savoie, c’est le cas, en Alsace aussi. Notre conversation bat son plein et je trouve mon père en forme. Evidemment le sujet du jour est notre départ. Papa, tient à ce que je fasse un bilan de santé. Il est préoccupé par les risques du paludisme au Sénégal, le falciparum, (très agressif), sachant que j’avais été infecté en Algérie, par le (plasmodium vivax).
--Il faudra être très prévoyant, mon petit Marc.

Après avoir tout acheté, il me proposa une partie de billard français et un verre de blanc d’alsace. Très régulier dans ces coups, il me battit une nouvelle fois. Mon père était très actif dans le département et je reconnaissais la, l’homme d’action.… (Les rapatriés, associations sportives, les amis de Barrés…) En le regardant conduire et fumer sa cigarette pendant le chemin du retour, je pensais…Toute sa vie, cet homme avait été un actif, un excellent médecin, un brillant élu, et ses engagements associatifs en Tunisie, furent très nombreux. Cela était vital pour lui, que de s’investir dans le monde social du privé ou du public.
--Papa, vous n’avez jamais essayé d’arrêter de fumer ?
--Non, mais je laisse sortir la fumée, je ne l’aspire pas et je fume qu’une dizaine de cigarettes par journée.
Sur le bout de chemin qui monte à la maison, les enfants leurs bicyclettes à la main reviennent d’une balade.
--Papy, papa, bonjour ! On vient de la laiterie.
--Et nous des courses les chéris, venez nous aider.
Blaky, attaché, sagement me lèche la main, je le caresse, il a envi de liberté ! Avant le déjeuner, je vais jouer d’oreille, quelques airs anciens…. J’ai appris tout seul à Tunis sur ce même piano, pour moi, c’était un vrai plaisir. J’avais noté sur un petit carnet, toutes les chansons, mais je ne l’ai plus. La table est mise dans la grande salle à manger. Le téléphone sonne…Ce sont les Bernard qui n' arriveront qu’en début d' après-midi, avec leur petite Virginie et leur petit chien Royce…Il ne faut donc pas les attendre pour déjeuner. Après un bon « Grenache » pour apéro et ses petits amuses gueules, Maman nous invite à passer à table. Un magnifique poulet haricots verts avec frites est servi. Pendant le repas, papa interroge les uns, les autres sur leurs activités. Christian, Isa et Ty sont impatients de raconter tous leurs préparatifs pour ce voyage au bout de l’Afrique. Je promets à maman d’écrire régulièrement et d’appeler une fois par semaine. Après le déjeuner, j’apprécie le bon café servi à la grande table, dans la salle de séjour, (l’ancienne grange, lieu de notre repas de mariage en 63).
Christian veut aller promener Blaky, Isabelle va aller pianoter, et mémé monte se reposer. Papa, me propose un petit digestif du cru, une bonne mirabelle, que je savoure bien volontiers. Ma douce maman, un livre à la main est installée dans un bon fauteuil près de la porte vitrée.
--Maman que lisez-vous ?
--Ton papa m’a gâtée, c’est le dernier ouvrage de Jean d’Ormesson, «Au plaisir de Dieu ».
--Avez-vous lu, « La Gloire de l’Empire » ?
--Oui ! Il est rangé dans la loggia…Avec tous les Napoléons !
--Maman, on dit que cet ouvrage, paru en 1971, a été déterminant à son élection à l’Académie Française en 1973.
--Tu sais mon Marc, son œuvre très importante a du séduire ses « pairs ».
--Papa, vous saviez que Jean d'Ormesson est le directeur du Figaro depuis quelques mois ?
--Oui, nos idées au moins seront mieux défendues. Tu sais que je lis régulièrement ce journal, avec les journaux régionaux Lorrains.

Un bruit de moteur, les Bernard sont là. Attention à Blaky, qui ferait qu’une bouchée de leur minuscule chien. Dans l’après-midi, arriveront de Paris les Paul Tremsal, avec leur petite fille blonde, Laurence. Ce soir, les six frères seront réunis sous le ciel des Vosges. Savoir notre Denis, installé à une centaine de mètres du Clos, est d’un vrai réconfort pour nous tous. Papa et maman ont eu une bonne idée de lui céder cette parcelle de terrain au bout du pré, pour construire leur maison ! Il ne reste que le verger, planté par le cousin Jean Girard de Portieux dans les années 60, à traverser, et nous voilà dans la belle maison de Denis et Yolande. Quelques moutons se reposent à l’ombre des arbres. Il faut se méfier du gros bélier, qui selon son humeur, charge les intrus ! Le style de la maison de Denis, est plutôt, Ile de France. Ce vieux village de Nompatelize, ne s’embarrasse pas trop, en imposant pas le caractère Vosgien des maisons-fermes…Mais cette demeure est belle.

Bernard est chargé d’accompagner en voiture notre mémé Madeleine qui, avec ses quatre vingt dix sept ans, est de très loin, notre vénérée doyenne. Maman et Nadia Valay, sa « petite sœur », en séjour au Clos, sont avec papa. Cette crémaillère, est l’occasion d’une belle réunion de famille. Avec nos chers parents, autour de la famille de Denis et de Yolande, il y a Philippe Mongel, et notre sœur Annie, son épouse et leurs 3 enfants, qui sont installés à St. Dié. Ma sœur Geneviève, toujours fidèle, est là. Tous les parisiens, sont là, sauf Marie-Noël et Jacques. Marc Bartolo et ma sœur Odile sont aussi absents. En observant ces nombreux bambins, je suis heureux pour nos parents. Denis a sacrifié un bel agneau, qu'il a farci, pour rôtir au barbecue et préparé un buffet campagnard, accompagné de boissons diverses. Le vin d’alsace est à l’honneur. Monsieur JARAY, le père de Yolande, est un homme très attachant. Agriculteur, éleveur, producteur de lait et de fromages, cette diversité, cette réussite, démontre le courage et la ténacité des Vosgiens. J’ai toujours du plaisir, à parler avec lui.
Papa et maman, Nadia, se sont installés à l’ombre près de mémé. Une petite partie de foot, entre Paul, Hubert, Bernard, et Eric et Jean-Michel, les enfants de Michel est organisée. Ty, est en grande conversation avec Annie et Philippe. Denis s’affaire toujours au barbecue et je lui dis qu’il faudra qu’il plante vite quelques arbres, de beaux sapins, des cèdres, dans son grand terrain, comme papa l'avait fait en arrivant au Clos, en 1961- 62. Ceux qui ont des caméras super huit, filment. Je fais quelques photos, comme mon Denis. Cette journée se déroule avec un sentiment de bien être et tous au Clos, sommes contents pour Denis et Yolande.

Pour ma petite famille l'heure est au départ....Avant de nous quitter, chacun, chacune, à son mot d'encouragement, nos étreintes sont emplies d'émotions, les conseils fusent de toutes parts, car Dieu seul sait ce qui nous attend sur cette terre Sénégalaise.
Question prudence, nous partirons avant le repas de ce soir de Nompatelize. Maman nous a proposé de nous faire des sandwiches. C’est vrai que l'on aurait aimé rester le plus tard possible auprès de nos parents, mais......Avec papa, comme promis, on va choisir les quelques disques qu’il me confie et puis connaissant mon intérêt pour la médecine, il m’a gardé un Vidal de l’année passée. Allant à son bureau, et il me fait la surprise, de me donner une de ses trousses en cuir, avec un tensiomètre et un stéthoscope. C’est pour moi, une grande joie, et une preuve de son affection. J’embrasse mémé qui tricote…Il fait nuit et Hubert arrive en courant pour se caser dans la voiture. Blaky pousse des petits aboiements tristounets. Je serre maman dans mes bras, en lui disant que je l’aime. Mon père est là, je le vois, très ému.
--Au revoir papa et maman, je vous appellerai une fois par semaine…
Du bas du chemin, j ’aperçois, dans le rétroviseur, la jolie silhouette de maman…Elle nous fait un petit signe de la main…
Je connais la route par cœur. Le dimanche, il n’y a pas de poids lourds. J’ai quand même dû m’arrêter plusieurs fois, tant j’avais tendance à somnoler. Les sandwiches sont très bons. Enfin on arrive à Paris, presque désert à deux heures du matin. Hubert dormira à l’atelier dans le canapé rouge. La petite famille, ne s’est pas faite priée, pour se coucher.
--Bonne nuit papa…Donne moi ta main.
--Bon dodo, toi aussi, ma chérie.
Christian dort déjà à poings fermés ! Ty, s’est couché la première…C’est reposant de savoir que la dernière semaine, sera finalement la moins fatigante de toutes !

*


Quelques derniers achats et sur les conseils de papa, on achète à la pharmacie Lémé, du bas de Suresnes, une trousse complète de première urgence et de quoi faire face aux morsures de serpents, piqûres d’insectes, etc. A Air France, sans rendez-vous, on a fait le vaccin de la fièvre jaune qui est obligatoire. Le pédiatre Nahum, doit nous faire le vaccin antitétanique et m’a promis quelques médicaments. J’attends de mon beau-frère, le docteur Bartolo, un petit colis d’antibiotiques et d’antalgiques. Je réalise un peu tard, que sur le plan médical, soins, le Domaine est complètement dépourvu sur place. On dépendra de la ville de M’Bour et du Docteur Diouf, dont j’ai entendu parler, le seul médecin qui a une bonne réputation. En plus l’arrivée en saison des pluies, c’est le risque du paludisme,
A la maison, il y a des valises partout. Pour que ce soit plus facile, il faut rester en dessous des trente kilos par bagage.

Le fils Sicard s’est pratiquement installé et nous faisons encore le point de ma clientèle…Devenue la sienne. Question labo, il est emballé. Monsieur François est revenu me dire au revoir. A la banque de Suresnes, je confirme mon départ et mon frère Bernard suivra le compte. J’attends qu’Apo appelle, question d’économie. Alain Tuil, m’a appelé. Il est inquiet car rien ne bouge à Dakar…Je lui promets d’agir dés mon arrivée. Jeudi, nous allons déjeuner chez Jean-Claude Eger, en famille.
Le téléphone va sonner ces derniers jours, c’est certain. Ty, a continué de faire un grand nettoyage et à ranger à la cave, des choses des enfants. Une grande partie de ma journée de Mercredi est pour Marcelle Oury. Un dernier travail pour la rassurer. Pratiquement, au moins cinq ouvrages auront été réalisés. Marcelle me propose pour les films suivants, de tout répertorier et classer les articles, photos, et d’attendre ma venue… aux vacances prochaines. Je ne promets rien, mais je lui laisse entendre, qu’on se reverra, dés mon retour, sans faute. Elle verse de grosses larmes au moment de mon départ. Je l’embrasse tendrement…
A Paris, Paul, me consacre un moment autour d’une bonne bière. On reparle des Vosges et du dernier Week-end. Comme convenu, je suivrai ces précieux conseils. Bernard s’est libéré pour nous accompagner samedi matin avec Hubert…





*




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