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°Sénégal,Nianing,Juillet 1974, Marc Tremsal,150°à 156° Bon°

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°Sénégal,Nianing,Juillet 1974, Marc Tremsal,150°à 156° Bon°

Message  tremsal le Mer 27 Juil - 17:43

Une conversation utile.
Je réalise que je dépends…
Des peuls, magiciens de leur musique







L’après midi passa vite. Sieste, baignade et recherche du fameux serpent, non loin de nos villas. En fait la grande termitière jaunâtre de plus d’un mètre, était bourrée de trous informes, où l’eau de pluie devait s’infiltrer. Refuge inespéré pour des serpents en quête d’abri, mais recherches infructueuses.
En frappant à la porte du bureau, avec mes papiers en main, je respirais un grand coup. Vaste pièce, paperasserie innombrable, coffre fort et un fauteuil qui me tendait les bras. Notre entrevue cordiale dura plus d’une heure et tout fut abordé. Concernant mon statut, sujet premier, Apo me proposa que les revenus sports et loisirs me reviendraient, et que l’un des comptables, Diene suivrait les comptes. Il n’envisageait pas pour l’instant, de m’octroyer un salaire, on ferait le bilan en fin de saison. Pas de contrat d’expatrié non plus. Et puis on aborda le cas Hertz, et il voulut être rassurant, en m’affirmant que son frère Alex, chargé de l’entretien avait encore deux à trois mois de travail, pour que le parc de voitures puisse être cédé au meilleur prix. Je m’empressais de lui dire de tenir informé monsieur Tuil, mon ami, et responsable d' Hertz Afrique de cette négociation.. Lorsqu’on arriva au cahier des charges, sur ce que j’attendais de lui comme travaux, ceux des tennis étaient en premier. Il fallait fabriquer toute la clôture des deux courts et il me dit :
--Marc, j’ai tout en stock, on mettra les soudeurs à l’ouvrage.
Nous avions à peu près deux mois devant nous, et il y avait tant et tant à faire. Je lisais à Apo, tout ce que je voulais et lui remettais ma liste. Pour notre maison, il allait activer les choses et le retard pris pour la piscine, serait rattrapé, malgré les pluies. Il s’attarda sur des détails, comme par exemple, que tout devait passer par lui, et qu’il donnerait les consignes à Bernard et à Monsieur Tiss.
--Apo, quels sont vos relations avec Bernard ?
Ce fut un petit récit, auquel j’eus droit, avec en conclusion, qu’il avait pratiquement élevé ce garçon, après la mort de ses parents dans un accident…
--Marc, de toute façon vous dépendez que de moi. Il faudra faire le point de tout votre matériel qui est rangé aux magasins, avez-vous toutes les dimensions pour la mise en fabrication des poteaux, portes…Monsieur Tiss, et vous même suivrez tout ça de près.
--Apo, tout est dans l’épais dossier que voici.
--Mais c’est une encyclopédie ?
Apo se mit à rire, et puis, on parla de Paris, de Tabone, de la 403 qu’il m’avait prêtée et de Jet Tours. Je le quittais après qu’il m’ait laissé entendre, qu’un jour, il viendrait vivre au Domaine.

RAPPEL, LISTE DE TRAVAUX, dans l’ordre d’urgence. Remis à Apo. Juillet 74.

Piscine : reprise des travaux, fabrication des dalles de pourtour.
Tennis : Fabrication des poteaux, pose, mis en place des grillages sous tensions.
Terrain de volley : Endroit idéal, terre-plein latérite plage.
Amélioration de la Case d’accueil Jet tours. Protection des panneaux d’informations sur le Domaine, excursions, etc.
Abri indispensable pour les vélos, agrandir l’aire de location.
Construction d’une Case infirmerie, face à la réception.
Fabrication d’un corps mort, pour le bateau PB.
Modification de la sono du restaurant.
Réfléchir à la construction d’une grande boutique, à l’entrée du parc.
Envisagez la construction d’une salle loisirs, près du restaurant.
Apo, vous trouverez dans le dossier joint, tous les plans, dessins, relatifs aux travaux à réaliser. Je planche aussi sur l’environnement, la transformation des marigots, l’habitat des singes…Concernant l’animation, je fais le point et vous présenterai un programme. Je compte sur vous, pour diligenter tout cela et mettre en œuvre ce plan d’urgence. Marc.

*


J’avais ressenti une réelle complicité et en le quittant, le ferme espoir de voir tout avancer, m’animait mais je réalisais aussi, que je dépendais de lui, de sa conviction à bien vouloir m’entendre…Attiré par les cris des singes, sortes d’aboiements, je découvrais qu’un patas s’était échappé. Cet endroit devait être supprimé, car trop proche des habitations. Je retrouvais Ty, et on rentra à la villa se détendre un peu. Je ne voulais pas manquer le spectacle ce soir. Les enfants ne tardèrent pas à arriver à vélo.
--Papa et maman, Ali Kébé, nous a fait faire un tour en quatre-quatre et j’ai conduit !
Christian était tout exalté et fier de son expérience. Avec Isa, heureux, ils ne cessaient de nous conter leur promenade, ainsi, ils nous apprirent que des ouvriers étaient entrain de travailler, d’agrandir le trou de la future piscine. En pensant à Ali Kébé, il fallait qu’il nous emmène demain, à l’école de Nianing. J’avais l’impression d’être là depuis plus longtemps, et que le temps passait vite. Avant de nous installer sur la terrasse, je montrais à ma petite famille le simple local technique où, outre deux armoires et une petite table, tournait le révox . Spontanément Christian me dit :
--Mais papa, tu pourras ranger tes affaires ici, avoir un bureau…Et l’autre ton stock de médicaments, une petite infirmerie. Toi qui adore soigner les personnes.
Effectivement cela était une bonne idée, et allégerait les petites armoires de chez nous. J’aimais à voir mes jeunes enfants s’impliquaient dans notre nouvelle vie. A peine âgé de dix ans et sept ans, Christian et Isabelle s’entendaient à merveille et s’intéressaient à tout.

En allant à notre table, je passais par le bar. La sono installée là, devait être revue, l’ampli était bon, le micro, l’appareil à cassettes que j’avais apporté ferait l’affaire, avec une révision des câblages et des hauts parleurs. En fait, ce nouveau circuit compléterait celui du revox. Le lot de cassettes que nous avions, changerait complètement de style musical. Par la suite, il me serait aisé, de faire de nouveaux enregistrements, avec ma sono personnelle, chez moi ! J’attendais d’être dans notre maison…

Un son envoutant de flûtes, et d’instruments à cordes, dominait la mélopée lancinante de ce groupe d’hommes, qui face à nous, venait d’arriver et avaient pris place en demi cercle, par terre. Faisant suite, plusieurs femmes, avec des petits enfants, s’étaient assises à même le sol, derrière les artistes. Seul, un homme à la forte stature, au visage buriné, au costume rouge et blanc, aux talismans ou grigris impressionnants, était debout, commençant une danse de présentation, en se présentant du non de Wabili Camara. De cet instant là, jusqu’au moment où tourbillonnant sur la piste, lorsqu’il dansait en « avalant » le feu de sa gerbe de paille enflammée, en restituant…la fumée par la suite, je devais été conquis par ce personnage. A la fin de son spectacle, debout sur une grande calebasse de bois, il se déhanchait pour se déplacer, en émettant des sons lugubres, fixant les spectateurs de son regard noir…afin qu’ils déposent quelques pièces dans celle-ci. Puis, avant qu’ils ne regagnent leur village, Ty et moi, étions allés les saluer, en se présentant. Wabili connaissait un peu le français et me présenta ses deux épouses…
Cela ne vous rappelle rien?

Apo, n’était pas au restaurant et devait diner coté cuisine ce qui lui permettait de suivre le service et de discuter avec Bernard, qui mangeait rarement en salle. Monsieur Estival arriva au moment où nous prenions place à notre table habituelle.
--Monsieur Tremsal, bonsoir, j’ai eu une longue entrevue avec Apo et nous allons attaquer la piscine, vous devez être rassuré ! Je le remerciais, satisfait bien sûr, et le vis se diriger vers les cuisines…
Les quelques dizaines d’estivants, avaient apprécié le spectacle et je réfléchissais au moyen d' attirer une partie plus importante de notre clientèle, pour assister à ces soirées organisées . Dés que la nouvelle sono serait en place, une annonce à l'heure des repas serait la meilleure façon de captiver l ' attention de nos vacanciers et l'occasion de me faire connaître, de nous présenter, Ty, les enfants et moi. Pendant le diner, aux plats très classiques, il me vint l’idée d’un petit tableau à craie, annonçant le menu, à l’entrée du restaurant. Ty me fit la remarque qu’un éclairage plus fort de la piste dehors serait judicieux, surtout pour les photos. A ce sujet, j’avais deux pellicules diapos kodack, sous sachets jaunes à faire développer en France et Ty me dit qu’ayant sympathisé avec certaines personnes, elle leur confierait, le jour de leur retour, le courrier et les photos… Ces dernières nous reviendraient à l’adresse indiquée, de Suresnes.
Par correction et envie, on fit le petit détour pour aller saluer Apo, qui était en conversation avec les Bernard et Estival.
--Ha, voilà les Tremsal, on parlait de vous il y a cinq minutes !
En nous parlant, Apo, un plat de rouget devant lui, semblait se régaler.
--Bonsoir à vous. On va coucher les enfants et nous ferons un tour à la discothèque après.

Sur le chemin du retour, comme chaque soir, on apprécia les couleurs du ciel, changeantes et colorées. Les derniers et lointains rayons de soleil argentés, caressaient les cimes des grands filaos. Le passage à la nuit n’était pas loin. Isa, voulut une première histoire dans sa chambre, et je lui contais une aventure de prince et de jolie princesse, avec un méchant châtelain et une fée protectrice…Une pure invention qui eut pour effet d’endormir les deux chéris. Ty voulut se changer. Réunissant tous mes dossiers, matériel photos, sac de médicaments, petits outillages, quelques disques, on alla tout ranger dans le local, auquel il faudra une autre serrure. Finalement, c’était une bonne idée de Christian et il faudra un deuxième voyage, je pense aux autres disques, cassettes, bandes magnétiques, livres d’animations et de sports, qui seront ainsi à portée de main.

En entrant dans la discothèque qui deviendra pour tous « Le Merle Bleu », je pense qu’elle est entièrement à revoir. Cette tente militaire à armature d’acier, doit laisser place à une construction en dur, aux mêmes proportions, bien que la surface totale soit moyenne. L’emplacement est correct. J’ai des idées de décoration, et d’aménagement. Il n’y a personne, même au bar, seul le préposé aux disques qui, le midi est serveur au restaurant, est présent. IL est tout content. Ty lui a donné quelques nouveaux disques, et tandis qu'il en choisit un, il nous invite à inspecter sa petite cabine qu'il a toute nettoyée. Nous nous installons à une table basse en bois rouge de caïcédra, et écoutons Gloria Gaynor…Never can say.
Un nouveau serveur de nuit, arrive avec sa caisse sous le bras, et nous demande ce que nous désirons boire. Ty choisit un coca et moi un Perrier. Les enceintes sont placées un peu trop haut, mais le son est bon. J’ai amené au discjochey, mon vieux, mais toujours bon 33 tours des Platers, et le slow le plus connu dans le monde, Only You, datant des années cinquante, incite Ty, à m’inviter à danser ! Quel événement…Et quel doux plaisir. Des bruits de voix et un groupe de vacanciers arrive en demandant du Disco…Le slow est terminé, j’embrasse Ty sur le front.
Ce sont les personnes qu’elle connait. Ty me présente et j’apprends que ici, certaines personnes croient que je suis le fils d’Apo ! Je rassure tout le monde et ne cache pas que je viens d’arriver pour travailler à ses cotés, en famille. Oui, nous savons que vous avez du matériel, que vous allez vous occuper de l’animation…Ici le personnel est très bavard. L’imposante silhouette d’Apo tout en blanc, se détache lorsqu’il rentre vers le bar. Un bonsoir collectif et il me fait un signe, pour que je vienne vers lui.
--Cette musique vous plaît ? Quel boucan, mais comment peut-on, aimer ça !
--C’est du Disco Apo, c’est à la mode. Mais je vais te faire une nouvelle bande pour le resto, qui te plaira et il y aura aussi un peu de musique Grecque.
Restant accoudés au coin du bar, il me confie qu’il a du mal à faire venir en hors taxes, tout le matériel de filtration de la piscine, mais qu’il va s’arranger avec Estival. On sort dehors, la nuit est étoilée, la musique est trop forte.
--Apo, dans la future discothèque, on insonorisera les portes et le dessus de la piste de danse.
--Ya qu’à, ya qu’à ! Je vais sur Dakar demain matin, j’ai fait le point ici. J’ai lu ton dossier et j’espère qu’on va avancer. A demain Marc. Bonsoir à Mathilde.
Je faisais trois pas avec lui, en lui disant que tout dépendait de lui, des consignes qu'il donnerait pour l’avancement des travaux, de sa présence plus souvent au Domaine…Et surtout que Bernard soit de notre coté.








Quelques semaines passèrent…













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