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Message  tremsal le Lun 15 Aoû - 15:39



Arriverais-je à voir Apo, avant son départ ? Le connaissant, il ferait certainement un tour de son Domaine en jeep et nous aurions peut être pu le faire ensemble ? Je croise Matar qui voudrait me montrer une de ses brûlures à la jambe. Dans mon petit local polyvalent, j’ai du tulle gras et des gazes. La plaie est propre et le bandage terminé, il me remercie, avec son aimable sourire. Le chauffeur d’Apo est à l’entrée avec sa Peugeot. Je me hasarde au bureau, personne. D’un coup de vélo, je vais aux ateliers avec mes dossiers. Par chance, je croise Apo en jeep, devant le grand baobab.
--Marc, pose ton vélo et monte ! Je suis en retard.
Comment aborder ce qui me tracasse le plus, la question des fonds dont j’ai besoin d’urgence…J’ai mis par écrit mes états d’âme et cela m’a fait du bien de me libérer ainsi. En apparence, je ne fais pas l’effet d’un homme stressé, mais l’accumulation des déceptions représente un énorme poids. Il me vient à l’esprit, de lui parler des chantiers qui avancent enfin, que sa présence ici, son autorité, font que les lignes bougent , or, je m'entends lui dire.....!
--Apo, N’oublie pas de faire le virement promis, à ma banque, car je suis à découvert. Dans ce dossier, tu as tout mon bilan et tu verras que je ne me suis pas payé, faute de revenus corrects.
--D’accord, c’est Armande qui va s’en occuper. On verra pour la saison prochaine, comment faire. Mais, tu savais que ce serait difficile…
On arrivait vers son bureau et il me restait à lui dire des tas de choses.
--Apo, je t’ai mis par écrit, tout ce que tu m’as demandé, ainsi que des idées, des projets, auxquels j’ai réfléchi. J' irai te voir à Dakar bientôt. Voici un télex de Mathilde pour Jet Tours, urgent. Ne sois pas surpris si je te fais part, de mes réflexions, et d’une certaine désillusion…
--Pourquoi urgent ce télex à Jet Tours? Ha bon, tu es déçu…
Je lui répondis que je ne savais pas…Et que oui, mon moral était bas…Au moment de se quitter, je sentis qu’il voulu me rassurer pour les travaux en cours, en me disant, que tout irait vite. De toute façon, il lirait mon message et comprendrait, que les choses devraient changer…

Courrier novembre 74, remis en main propre à Apo.
Apo.
De longs jours ont passé sur Nianing, mes espoirs, nos projets et nos relations. Depuis cette rencontre en Mars de cette année, où nous décidions de venir vivre à tes côtés au Domaine. Envisageant brutalement, avec passion aussi, de transformer complètement notre vie, pour t’aider financièrement, avec les miens, à donner à ce cher Nianing, une vie plus humaine, de la chaleur vraie, un sang neuf. Je ne te cacherai pas que mon enthousiasme, ma foi, mon moral, ont été atteints de plein fouet, par cette atmosphère de tension, d’hypocrisie, d’incohérence, que nous avons rencontrée au fil des mois. Les Bernard ne sont pas les seuls en causes. J’ai cru, en me donnant corps et âme, en décidant avec Mathilde, pour toi, d’abandonner tout le fruit d’un travail d’une décennie de rassembler mes économies, une sécurité financière, qu’on avait cru bon de placer, pour investir ici, à ta demande. J’ai cru en toi, en Nianing. J’ai entrainé Mathilde, mes enfants, qui sont toute ma raison de vivre, abandonné mes parents, pour te suivre dans ce que j’espérais être une belle aventure. Il aura fallu tant de temps, pour qu’on envisage d’être chez nous, pour que la piscine soit en voie d’achèvement, et tant d’autres choses. Le plus fort c’est quand tu as pris des fonds, dans ma caisse des loisirs, contre un petit papier, sorte de reçu ! Pour me rembourser… Une partie de mon investissement des tennis ! Somme dont je n’ai jamais vu la couleur. Tu savais pourtant, que je ne me versais aucun salaire. Apo, je te découvrais, tout en voulant t’admirer. Je n’ai jamais exigé que tu régularise de suite ma situation, mais je t’en ai souvent parlé. Tout est resté lettre morte. Il m’est arrivé de songer à ce que nos chemins se séparent, plutôt de vivre à tes cotés, sans confiance, dans le doute…Mais l’espoir fait vivre. Ce pays, ton pays d’adoption, nous plaît, les enfants se sont bien acclimatés. Mathilde, malgré sa fonction, souffre de ce malaise. En aucun cas, ni elle, ni moi, aliéneront notre moralité, notre liberté, nos principes. Si à chaque pas que je fais, à chaque initiative que je prends, à chaque projet, je me heurte au refus, à l’incohérence ou à cette maxime, si chère à Monsieur Tiss : Ici tout passe par Apo, il faut attendre !... Comment espérer réaliser notre idéal ! Et puis, cette affaire de Hertz, qui traine indéfiniment, alors que si tu avais voulu activer les choses, tu n’en serais pas à tes tourments financiers, et on aurait pu poursuivre les équipements du Domaine. Partir ? L’idée m’est passée par la tête et puis mon esprit de combat l’a emporté. Je rêvais avec Mathilde, de t’aider à transformer ce lieu, à certains aspects rigoureux, disciplinés, monotones, en un paradis de rêve et d’évasion. Nous en sommes aux premiers pas…Apo, je persiste à penser qu’en toi il y a un homme bon, qui peut être à l’écoute, qui peut se maîtriser et non s’emporter. Je veux rester au-dessus de ces tracas, car je ne suis pas seul. Je suis donc avec toi, mais je ne voulais pas te cacher ses préoccupations. Tu trouveras ci-joint un rappel des choses en attentes….Amitiés, Marc


Relisant ces écrits après si longtemps, je me demande quelle force extraordinaire, m’a permis de ne jamais désespérer, et de croire à un certain bonheur et en la réussite. Cette force devait être « La Foi ».

*


Mon dessin de la tête du calao à bec rouge, qui était le nouveau sigle du Domaine, servirait comme modèle, pour sa réalisation en carrelage, au fond du bassin. Apo, après s’être changé, pris la route. Je regardais le ciel bleu, sans aucun nuage à l'horizon. Cela faisait trois jours sans pluie.
Le coffrage béton de la piscine était en cours et l’ami Estival, habillé en kaki, avait pris possession des lieux. J’imaginais le tout terminé. A proximité, la présence des eucalyptus, des tamaris, des vieux caïcédras, toute la présence de cette verdure, donnerait de suite, l’atmosphère forestière. L’aire d’ensoleillement, l’espace autour du bassin, seraient largement suffisants. Il me fallait récupérer mon vélo au fond du parc, mais j’aperçus Ty et les enfants, tout au loin. Après un moment passé ensemble au coin petit déjeuner, on s’organisa pour la journée. Je désirais aller à l’Aldiana, l’hôtel voisin, construit sur le Domaine maritime, avant leur fermeture annuelle... J' étais curieux de découvrir plus en détail, leur centre équestre, la piscine… Très bel établissement, dans le style d’un Club Med, pouvant accueillir six cents estivants, clientèle principalement allemande, car leur tour opérateur était « Neckerman ». On décida d’y aller en famille, à vélos. A peine à une centaine de mètres du Domaine, on arriva à hauteur du petit pont, près des chevaux, on senti une forte odeur de purin. Je remarquais que sur la droite, une légère excavation existait, complètement embroussaillée, avec un restant d’eau polluée et noirâtre. En fait, le trop plein de purin de notre élevage de porcs, s’écoulait là. C’était une nouvelle priorité, que de réfléchir à redonner à ce secteur, un environnement agréable. Marcel le jeune palefrenier, nous fit un petit bonjour de loin. Daouda et lui, lavaient les chevaux.

L’Aldiana, c’était l’opposé de Nianing…Routes goudronnées pour y accéder, et une pauvreté arboricole qui sautait aux yeux. Seuls des Filaos,( pins d’Australie), avaient été plantés en grand nombre. Si vous vous souvenez, nous avions fait une visite ici…Le lieu était presque désert. Voulant rencontrer un responsable, , on se dirigea vers le grand bâtiment des services... De ce jour, où nous fîmes connaissance de Michel Couasnon, qui avait été un des artisans architectes de la construction de ce complexe, de sa fille Nathalie, nous gardèrent de bonnes relations. Son métier devait l’emmener en Suisse, à Paris, de nouveau au Sénégal, et à Annecy. Christian et isabelle commençaient à avoir de nouveaux amis en Afrique. Le futur directeur de L’Aldiana, serait un Français du nom de Huguenin et le responsable technique Alain, d’origine Belge. C’était prioritaire que d’entretenir de bonnes relations avec nos voisins. Gilbert et Geneviève, des boutiques, étaient en vacances. Après avoir fait des photos, des box des chevaux, et de ce qui me semblait intéressant, on rentra au Domaine. Nous serions bien allés au village peuls, mais nos vélos étaient des minis et pour moi et Ty, pas pratiques du tout. Christian avait envie de roder le bateau et de faire du ski. Son poids plume devrait faciliter la tentative. Cheikh Ba, était là et l’océan sans vague. Quelle différence, avec le mois de mars ! Les pêcheurs étaient sortis au grand large, pour ramener du gros. C’était un temps idéal pour aller pêcher le mérou ou thiof, à la ligne de fond. Surtout, pour la première leçon de sky nautique de Chris! Hourrah, il n' a fallu que trois petits essais pour voir mon Christian émerger de l'eau et tenir tant bien que mal sur ses skys! Isabelle, ses cheveux clairs au vent, l'encourage et lui adresse des bravos d'admiration. Le moteur puissant de 75ch, est très silencieux. C’est à mon tour, et je n’ai rien perdu de ma technique, malgré un peu de poids en plus. C’est Ty la championne, surtout en mono ski, elle est performante. Elle nous rappelle qu’elle avait participé, avec ses parents, Annie, sa grande sœur et Claude, son frère aîné, au ballet nautique donné en 1957, à l’occasion de la fête de l’indépendance de la Tunisie, devant le président Bourguiba…

Ty est restée à la plage avec les enfants. Après une visite aux chevaux, me voici au chantier piscine. La grande fosse en béton armé est coulée en partie. Il reste, à faire les installations des circuits de filtration. Sur place la fabrication des dalles de pourtour se poursuit. Ah ! Si on avait commencé plus tôt ! On aurait fait moins de déçus. Ali Kébé, le chauffeur et homme de confiance d’Apo, vient de livrer des sacs de ciment. Je monte dans le quatre-quatre, et lui propose si c’est possible, d’aller au chantier de notre maison et ensuite au forage. Ce grand domaine, sans la présence des touristes est d’un calme impressionnant. On s’est habitué aux cris et chants d’oiseaux, intensifiés par la nidification des tisserins. Ali me parle de sa famille et voudrait me la présenter un jour prochain.

*





Un forage ? Peut être une idée…
Rentrée des classes.
Institut Pasteur à Dakar.






Monsieur Tiss, a qui j’ai remis des croquis d’aménagement de la véranda et des chambres, me dit comme d’habitude, qu’il faudra voir Apo ! C’est toujours ce sentiment de crainte, que l’on perçoit surtout chez les employés blancs…Bernard, le gérant, lui aussi met un temps fou à réagir et adopte la même attitude. Je constate aussi, être sujet à cette autorité qu' Apo exerce sur nous...
Tout cela fait perdre un temps fou. Nous avons de la chance, il ne pleut pas. Ali, qui est le chauffeur le plus présent, me rassure pour le transport de Christian, à l’école de Nianing. En son absence je pourrai conduire le petit bus Wolksvagen. Désirant connaître la distance du marigot au forage, qui date de l’époque des prédécesseurs d’Apo, Ali m’y emmène. En fait cette eau légèrement saumâtre, est actuellement transportée dans le véhicule citerne et sert à entretenir les routes en latérite, et à arroser les filaos de la plage. L’eau de la ville, très couteuse, alimente l’établissement hôtelier. Certes il y a plus de cinq cents mètres, pour y arriver. Mais nous pourrions construire des citernes en béton, à mi-distance et envisager le mélange des eaux ? Une canalisation directe vers le premier marigot, qui serait alimenté en saison sèche, permettrait de donner vie à ce lieu. Ali trouve cette idée judicieuse, mais est-ce qu’Apo aura la même réaction? J’attendrai la fin des travaux en cours et urgents, pour lui en parler.

Ce jour de la rentrée scolaire de Christian, est pour nous inoubliable. Ali, nous a accompagnés et nous sommes les seuls blancs, au milieu des quelques familles, et des nombreux enfants, dont certains sont venus seuls, à pieds et de très loin. Les classes, repeintes à neuf, sont surchargées, environ une trentaine d’élèves. C’est Monsieur Léopold qui sera le professeur et il revoit Christian avec plaisir. Il l’avait bien observé et questionné à l’inscription. Certaines petites filles, regardent avec curiosité Christian, ses cheveux blondis par le sel et le soleil. Les garçons l’entourent, lui parlent, touchent son beau cartable...Notre fils, souriant, est imperturbable. Il y a une ambiance de fête, de joie, et avec Ty et Isa, nous sommes heureux. Christian, me rappelle de ne pas l’oublier à midi. Il m’embrasse et j’en fais de même, ce qui n’est pas courant ici. En rentrant, Ali me dit qu’il ira sur Dakar demain.
--Et bien j’irai avec vous Ali… Faire la surprise à Apo !
--Monsieur Marc, si je peux vous dire une chose, n’oubliez pas madame Armande, qui travaille beaucoup et qui sait combien vous avez fais d’efforts, pour aider Apo !
--Je le sais Ali et merci de votre conseil.
A coté de l’école communale, Ali me montre le collège des frères canadiens et leur centre technique d’apprentissage. Un élevage de poulets, une ferme, des ateliers, complètent cette propriété, présente ici depuis fort longtemps.

Les Bernard, nous ont confirmé les horaires de présence de l’instituteur qui viendra assurer les cours au Domaine. Isabelle a encore quelques jours de vacances avant les premiers cours. La journée se termine dans la bonne humeur et Christian nous raconte les premières heures de sa scolarité. Ce qu’il a marqué, c’est l’obéissance, le silence, l’écoute des élèves. Lorsqu’il a dû se présenter, et quand il a dit qu’il venait de la France, de Paris, toute la classe en chœur a fait…Ohh,ohh….
Et puis, un peu gêné, Christian nous montra son plumier…A moitié vide.
--Papa, mes deux voisins, n’avaient pas de quoi écrire, et je sais que tu as des crayons en réserve, alors...
Le connaissant, j’imaginais la scène, et je comprenais son geste. Après un tour du parc à pied, et un diner en compagnie d’Estival, Bernard, on rentra tôt. Ayant prévenu que je serai absent le lendemain, Estival me confia un courrier pour Armande et une liste pour Apo. La nuit étoilée, me rassurait quand aux risques d’orages nocturnes. Isabelle et Chris, eurent droit à un conte improvisé, chevaleresque, où les mousquetaires Athos, Portos, Aramis et d’Artagnan, revenant de campagne, séjournaient en Gascogne, pour profiter des bonnes victuailles et de quelques jours de repos. Isabelle me souhaita une bonne journée à Dakar…Un autre chauffeur accompagnerait Chris à l’école.

Vers sept heures trente, Ali arriva et c’est en camion que l’on prit la route. A Dakar, une de mes premières haltes serait pour l' Institut Pasteur, afin d’obtenir le sérum antivenimeux, efficace, pour les divers serpents du pays. J’en profiterai pour voir aux garages Hertz, l’état d’avancement de tous les véhicules à vendre. Ali, devait faire un petit marché, des achats divers et me il fixa rendez-vous pour le retour, vers seize heures au bureau. Au centre ville, j’allais voir la famille Garoscio, et Edouard me fit visiter ses ateliers. En fabrication, des sommiers, mobiliers métalliques de toutes sortes et dans le cadre d’une association, des voiturettes bleues, à trois roues à pneus, pour les personnes handicapées des jambes. Un système de pédalier à bras, à chaine, pour faire rouler le tout, vraiment très astucieux. J’en dénombrais une bonne dizaine de prêtes. Au bureau, Catherine de Chicourt, me demanda des nouvelles de Mathilde et on bavarda avec Armande un moment, à qui je demandais des sous pour le sérum. Apo était à sa propriété des Almadies, où l'on réparait un bus et des voitures. Aux garages Hertz, le frère d’Apo, Alex et ses mécanos, avaient bien avancé, mais il restait un bon mois de travaux. Place de l’Indépendance, je faisais une visite à Sénégal Tours, et envoyais un autre télex à Jet Tours, pour remercier Miss Bach de son action… Qui portait ses fruits ! En taxi, j‘allais à Pasteur et après celui de Tunis, c’était le deuxième Institut que je visitais. Un laborantin, m’expliqua l’action du sérum, à mettre au frais dés que possible. Il me dit aussi, si vous capturez un naja, couper lui la tête, et mettez là au congélateur, c’est pour nous très utile, pour les vaccins. En partant, à l’extérieur, je fus intrigué par des bruits sourds, des sortes d’aboiements et par curiosité, descendant par un escalier, je découvris dans l’obscurité, de nombreuses cages, avec singes, chiens...Ces animaux évidement, servaient aux observations, expériences, pour le bien de l’homme...

Le taxi me déposa au centre ville. J’avais fait connaissance à Nianing, de Claude Everlé et de son épouse, un couple attachant installé à Dakar. De vrais amoureux de l’Afrique. Claude travaillait pour la firme Minnesota et parcourait le continent en long et en large. Sa femme était enseignante. Ils avaient un projet commun, la création d’une galerie d’Art Africain, très diversifiée. Ils habitaient non loin de l’assemblée nationale, et je fis le détour pour les saluer. Nous devions au fil des ans devenir de bons amis. Claude eut la douleur de perdre beaucoup plus tard sa chère compagne. Leur magnifique Galerie du nom d’Antenna, située au cœur de Dakar, avait alors atteint une renommée internationale. Rejoignant le bureau, je m’arrêtais Avenue Ponty, chez MusiClub, voir Gazy Chams, pour lui dire bonjour. Il eut l’amabilité de me donner trois 45 tours, qu’ il avait plus qu’en double…Armande, me sachant soucieux, question argent, m’annonça qu’elle ferait un virement à ma banque et me montra le télex envoyé à Alain Tuil, pour le litige Hertz.
Notre retour au Domaine, fut long, fatiguant, car il y avait sur la route des embouteillages monstres. Ali entama un monologue sur sa vie, ses aspirations, son pays, et plus je le découvrais, plus je m’attachais à cet homme exceptionnel qui parlait un français parfait. En l’écoutant, le trajet… m’apparut plus court.


*














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