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Message  tremsal le Mer 7 Sep - 18:52






Un dauphin complice ?
Panique en brousse !
Visite groupée à M’ Bodiene.












Cette première semaine de janvier bien entamée, nous étions très actif coté plage. Un petit vent alizé, favorisait la voile. Les vacances scolaires s’achevaient, et Christian toujours très actif, se débrouillait bien en planche. Isabelle s’arrangeait pour sortir en Hobie cat avec moi. Ce jour là on tira des bords, jusqu’à l’Aldiana, dire un petit bon jour à Gilbert, des boutiques, et aux Couasnon. Concernant cet hôtel, Le rétrécissement progressif de leur plage, était flagrant, voir inquiétant. Etait-ce, à cause de cette large ouverture dans le sable, faisant rentrer l’eau de l’océan depuis plusieurs années, pour créer une petite lagune artificielle ? Je le pense. Mais la plage ici, était nettement plus étroite que celle du Domaine. La présence de plusieurs dizaines de pélicans, trouvant dans cette nasse d’eau stagnante du poisson, leurs déjections, amplifiaient les mauvaises odeurs. On salua nos amis et on rentra. Quel plaisir de naviguer avec cette adorable petite fille, dont les cheveux avaient blondis, par le sel et le soleil. Soudain dans notre sillage, un dauphin gris bleu s’amusait et nous narguait…Et il fini par disparaître.

Au retour, vu du large, notre plage est vraiment belle. J’imagine quelques cocotiers, dans un espace dénudé d'arbres, mais assez loin des filaos. Isabelle a fini par plonger et rentre à la nage. J’accoste à vive allure sur le sable et le marin, Latire, attendait le bateau, pour un estivant. Mathilde est allongée sur un paréo rouge, et bavarde avec une de ses amies vacancières. Je lui envoie un baiser tout en allant voir de plus près, où en sont les fixations des grillages des deux courts. Ils sont très bien posés, mais c’est long à faire. Je félicite les ouvriers.

*


Je n’ai pas encore récupérer de la nuit de la saint Sylvestre, et une petite sieste tout à l’heure me ferait du bien. J’aimerais faire la paix avec Bernard, qui ne fait jamais le premier pas. J’irai déjeuner au personnel. J’assume tant de choses, que j’ai parfois un doute sur ce que j’entreprends de nouveau. Est-ce par automatisme, ou réel souci de bien faire ? Après avoir fait le tour des tables au restaurant, je vais voir Bernard, qui fait semblant de ne pas me voir. Après cinq minutes, je finis par me lever, et lui tendant la main, je dis deux mots :
--Bon, Bernard, on fait la paix, crois tu que ça vaut la peine de rester fâchés? Tu as tes responsabilités, j’ai les miennes, tâchons de travailler dans l’intérêt commun du Domaine, que nous aimons tous les deux.
J’eus droit à un sourire crispé, mi figue mi raisin, mais on se serra la main. IL y avait une bouteille de rosé frais sur la table et il en servit deux verres.
--Bonne année, Marc…

En arrivant, je constatais qu’ Ada avait amené à la véranda, une banquette en rotin et deux fauteuils. Au calme chez moi, allongé sur mon lit, la porte ouverte pour faire courant d’air, je tentais en fermant les yeux, de dormir un peu. Sans climatiseur à cette saison, on pouvait supporter le climat. Mais j’espérais, que Monsieur Tiss et El Hadj, ne tarderaient pas trop à venir nous en installer, au moins trois. Ty, était restée pour assurer, un départ de calèches, et Samba, fou de pétanque, supervisait une parte de boules. J’étais serein. Je m’assoupis…
Mais Christian me réveilla, ne sachant pas que j’étais là, et on décida d’aller au marigot. Ali, n’avait pas fait l’apport d’eau et le niveau était au plus bas. On verrait demain. Les varans cherchaient une rare nourriture, et dormaient sur les grandes branches. Christian me fit, avec un geste se bouchant le nez, signe de l’odeur venant des porcs. C’était une urgence et il me fallait avoir l’appui du chef, qui s’en occupait.

La journée s’acheva et on dina avec un ami, Jean Chouvel, et Monique sa femme. IL avait un poste important dans un grand laboratoire. Il lui serait facile de nous faire parvenir des lots de médicaments, pour Sœur Prigent. On décida de nous rendre à M’Bodiene dans la semaine. Je leur racontais qu’ un brave homme, se présentant comme infirmier d’une léproserie, à M’Balling, était venu pour des dons et Elysa m’avait fait appelé. Il avait pu guérir d’une lèpre sèche, mais avait des séquelles, amputations de doigts… Cette léproserie était à sept, huit kilomètres du Domaine, vers M’Bour. Je lui promettais de venir un jour prochain, et lui remis une enveloppe, avec cinq mille CFA, pour leur communauté.

Le Merle Bleu ouvrit ses ailes plus tôt, et ma petite famille en profita pour retrouver plus tôt notre maisonnette au bois vert. Mais notre nuit devait connaitre de l’agitation, de l’inquiétude, lorsque vers une heure du matin, on frappa fortement à la porte.
--Ouvrez, Monsieur Marc, ouvrez, on a amené le grand N’Diaye, il a été mordu par un serpent dans son champ.
Dans la maison tout le monde était debout, et dans la pénombre de la véranda, je couchais N’Diaye sur la banquette en rotin, et découvrais la vilaine morsure au pied. Isabelle ayant pris la lampe de poche dirigeait le faisceau lumineux sur la plaie de notre ami, tout en éclairant chacun de mes gestes. Le malheureux semblait avoir perdu connaissance, mais j’entendais un marmonnement, sorte de prière en arabe. Christian avait ouvert le frigo et je demandais au frère de N’Diaye, si ils avaient vu le genre de serpent ?
--Serpent noir, gros serpent, Monsieur marc.
C’était un naja. Sans me précipiter, je fis comme je l’avais appris, une série de petites injections de sérum antidote, des pourtours de la plaie, en remontant vers le cœur. Je complétais par un antihistaminique, et désinfectait une nouvelle fois la plaie. N’Diaye respirait mieux, mais sa peau était glacée. Ty le couvrit avec mon peignoir de douche. Son frère nous dit, que dés qu’il fut mordu dans son champ, il eu le temps de leur dire, emmenez moi chez Monsieur Marc.

Je ne pouvais le garder ici, et demandais à un gardien, si le petit car avait la clef au contact. Seul le dispensaire de M’Bour du Dr. Diouf, pouvait être en mesure de suivre ce cas. J’amenais le car à la maison, et avec grand soin, on installa NDiaye et son frère, et deux amis. Au moment ou j’allais partir, on frappa à la vitre et je reconnu un vacancier, un médecin avec sa trousse, qui ayant appris l’ événement, me proposa de venir à M’Bour avec moi. Prenant la tension de N’diaye, il constata qu’elle était très basse. En roulant je racontais, que je lui avais fait un sérum, les premiers soins et il me demanda d’aller en urgence, à la pharmacie de permanence. J’en connaissais une, celle d’une Libanaise, chez qui on s’approvisionnait. On la réveilla manu military. Le toubib pris toutes sortes de produits, des gazes, sparadraps, médicaments, des seringues, les régla, puis on poursuivit jusqu'au dispensaire. Il était presque deux heures du matin, et l’infirmier nous accepta de justesse.
--Réveillez le Dr Diouf, dites lui que Monsieur Tremsal de Nianing est là, avec une urgence.
Notre ami médecin, examina N’Diaye et le mis de suite sous perfusion, il avait acheté ce qu’il fallait. N’Diaye faisant surface, ouvrit de grands yeux. Son parent, tenait serré contre lui le gros paquet de médicaments, et me dit doucement:
--Ici, la nuit, on pourrait les lui voler !
Le Dr. Diouf fit son entrée, un peu contrarié d’avoir été sorti du lit. Après explication, il conclut :
--Et bien, vous avez tout fait ! Avoir dépensé tant d’argent pour un patient qui va peut être mourir…Excusez-moi, Je plaisantais.

Les deux médecins échangèrent quelques mots. Je remerciais le Dr. Diouf et le frère de N’Diaye, se proposa de rester près de lui. On convenu de venir le lendemain matin. En roulant vers le Domaine, cet ami médecin dont je ne me souviens plus malheureusement du nom…Me confia que N’Diaye avait frôlé la mort et qu’il aurait quelques séquelles…En arrivant, on alla à la discothèque qui était encore ouverte et où ses amis l’attendaient, inquiets. François nous servit deux Whisky perrier, bien mérités. La dépense à la pharmacie s’élevait à plus de vingt mille cfa, et je l’assurais de faire déduire cette somme de ses extras de bar. Je le remerciais encore. Dehors, les autres parents de N’Diaye voulurent me dire combien ils étaient contents et partirent au village.

A la maison, tout le monde dormait. Cette nuit n’ avait pas fini de me surprendre ! Vers six heures du matin, aux premières lueurs orangées de l’aube, je fus réveillé par la voix du frère de N’Diaye…
--Pardon, pardon, Monsieur Marc, N’Diaye, ne voulait pas rester là-bas, j’ai tout fait, il voulait partir, il est dans un taxi, à la porte.
Sans faire de bruit, le temps de passer un jeans et je filais à l’entrée du Domaine. Que faire ? Dans l’état de souffrance de ce brave homme, que j’aidais à extirper, d’ une antique Peugeot, le flacon de sa perfusion à la main, je devais le faire aliter, sans tarder. Le gardien de nuit, me dit qu’une des cases en bordure de l’allée était vide. Prenant sur moi, j’installais là mon ami, le mieux possible, avec la climatisation, et son frère qui n’avait pas oublié le sac de médicaments ! Resterait près de lui.

Me recoucher, il n’en était pas question. Le premier au restaurant, je prenais un bon café au lait et des tartines. Grégoire me servit un jus d’orange frais. Le jour se levait avec tous les bruits de la nature, si particuliers au Domaine. Presque seul dans ce grand parc, j’attendis impatiemment le réveil du médecin, pour le tenir au courant. Je regrette tellement aujourd’hui ui de ne pas me souvenir de son nom de famille, ni de son prénom…
Les enfants se levèrent de bonne heure, car les cours allaient reprendre. Ils furent rassurés de savoir N’Diaye en vie, et ici. Le chauffeur de service accompagna Christian à l’école et vers onze heures, Bernard me « tomba dessus »!
--Qu’est-ce que j’apprends, vous avez mis un employé dans une chambre, de quel droit, ce n' est pas à vous de décider….
Tiens, il me vouvoyait et je n’arrivais pas à placer un mot. J’attendis que passe ce torrent de reproches, pour enfin dire :
--Bernard, il y a trois cases non utilisées et nous avons été confrontés à une urgence extrême…On a pris la première…
--C’est pas le problème, vous auriez pu me réveiller…
Prenant le temps, j’arrivais tant bien que mal, à raconter notre histoire. Bernard tourna les talons, en disant, on va voir avec Apo !

*


Décidément, chaque jour ou presque, il fallait vivre avec ses tensions stériles. N’Diaye était toujours somnolent, et c’est avec soulagement que je retrouvais le médecin au restaurant. Lorsqu’on rentra dans la case, le frère de N’Diaye qui s’était endormi, tenait le flacon vide de la perfusion. Par discrétion je laissais faire le docteur et je sortis. Ce qui s’était passé cette nuit là, tout le monde en parlait. Allant à la réception, pour voir mon comptable Diene, il me congratula, tout en me montrant le chiffre d’affaire en hausse, de la période des fêtes. C’est Elysa qui m’appela de sa voix agréable :
--Monsieur Marc, vous avez Apo au fil.
Refermant la porte de la cabine, le combiné à l’oreille et en main, j’attendis que l’on me parle…
--Marc, ha, tu es là. Encore une histoire avec Bernard ?
En quelques courtes minutes, je fis un compte rendu de ce qui s’était passé et ne voulant pas être interrompu, j’enchainais les phrases…
--Bon, Marc, mais on ne va pas immobiliser une case pour…
--Apo, dans trois quatre jours, je ramènerai N’Diaye chez lui.Je lespère!

Et puis, je raccrochais. L’avis du médecin était toujours réservé pour N’Diaye. Il lui avait remis une nouvelle perfusion de glucose. Sa tension était meilleure mais il devait rester encore à jeun. Le frère de N’Diaye rentra au village, pour donner des nouvelles. Nous convenions avec le docteur de se retrouver vers quinze heures avec mes amis Chouvel, pour aller au dispensaire de M’Bodiene. Ty, voulait faire le tour en calèches et irait voir l’épouse de N’Diaye et ses enfants. Marcel, connaissait sa maison. Après le repas, je fis une petite annonce, pour proposer la visite du dispensaire et si possible, d’emporter quelques médicaments.

Finalement, on se retrouva une bonne vingtaine et on loua quatre taxis, qui étaient en attente à l’entrée. Sur la route de Jöal, venant de la forêt de mimosas-acacias, on eu la chance de voir traverser une bonne trentaine de singes patas rouge, dont les femelles serraient leurs petits tout contre elles. L’arrivée au dispensaire, de ce petit groupe, surpris agréablement les sœurs, les infirmières et sœur Marie Prigent, toujours aimable, nous accueillit avec un beau sourire. A l’extérieur, le nombre de patients étaient impressionnants, et il y avait eu deux naissances dans la matinée. Jean Chouvel, qui travaillait entre autres avec Spécia, prenait des notes. Notre docteur, parlait avec les infirmières noires. Les quelques sacs de médicaments, furent les bienvenus et on alla voir l’église aux vitraux en bouteilles. On aperçu le Père Bouteiller vers son potager et il nous conta, qu’il avait encore trouvé de l’eau, dans un village en brousse, à quelques mètres sous terre.

*



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