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°Sénégal,Nianing, Janvier 1975 à...219° à 226° Bon°
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°Sénégal,Nianing, Janvier 1975 à...219° à 226° Bon°
N’Diaye, un vrai soulagement !
Un revoir inattendu…
Souvenirs d’un temps passé…
Un revoir inattendu…
Souvenirs d’un temps passé…
Comme nous l’espérions tous, le chef jardinier N’Diaye, se remit de cette sérieuse épreuve et notre ami médecin, devait lui prescrire un long traitement pour calmer les douleurs persistantes et les aigreurs de l’estomac. Son état de fatigue générale, nécessitait un repos certain, et le chef du personnel lui donna un mois d’arrêt. On libéra la case de toutes les tensions !… Et, j’accompagnais N’Diaye chez lui. Sa maison, au village de Nianing, était mitoyenne de la clôture du Domaine et construite en dur. Lorsqu’on rentra dans la cour intérieure de terre, chèvres, poules, canards, tenaient la place et sa femme, sa grande famille, l’entourèrent affectueusement. Je remarquais que toute une autre partie des murs, était en attente de travaux, ainsi que la clôture non terminée. Le petit car au retour, avait fait le plein d’employés, et le chef pâtissier Camara, qui prenait son service, me dit combien tout le village avait eu peur. Ils étaient tous attachés à cet homme, un des plus anciens au Domaine, et ils remerciaient Allah, de sa protection divine.
*
Ce samedi matin, J’avais décidé d’aller à l’aéroport, le jour du départ du groupe de vacanciers et de nos nouveaux amis. Le car de Sénégal Tours était prêt au départ et Ty, s’occupait de tous les bagages. Christian et Isa étaient à la plage. Comme à chaque voyage, je constatais la dangerosité de la route et le temps perdu dans des embouteillages monstres. A Yoff, on se dit au revoir et Jean Chouvel, me promit d’expédier à Suresnes un lot de médicaments de son laboratoire, essentiellement des antibiotiques, des antalgiques et des antipaludéens. J’avais combiné mon retour avec un des chauffeurs de taxis de Malick, de M’Bour.
Traversant la salle, de l’aéroport, je m’entendis appeler par mon prénom, et à ma stupéfaction, André Martinez, frère de combat en Algérie, était là, bien là devant moi.
--Marc, que fais-tu ici ?
Quinze ans étaient passés…Et, je le revoyais… « En tenue camouflée, sa carabine US en mains »….
--Et toi, vieux frère ?
Saisissant ! Cette occasion providentielle de nos retrouvailles, et voulant chacun prolonger notre entretien, il m’invita à déjeuner à Dakar. André, n’ayant pas de point de chute en France, à sa démobilisation, s’expatria en Afrique Noire. Il créa à Dakar, avec deux associés, une société, Caliope, spécialisée dans les engrais, les pesticides. Sa grande surprise, ce fut d’apprendre mon association avec Apo, personnage qu’il avait rencontré, et qui ne lui avait jamais inspiré confiance.......…
--Mais Marc, dans quelle galère tu t’es embarqué ? Je te souhaite bien du courage…
Que dire ? Le fait était bien là, et je n’avais plus le choix que d’avancer contre vents et marées. Et puis, Apo était peut être victime de critiques infondées ? De ce déjeuner avec André, face à l’océan, composé de fruits de mer et d’un bon vin blanc, d’échanges de souvenirs et d’émotions, je devais me souvenir longtemps.
Je profitais d’être sur Dakar pour aller à Musiclub voir Gazy, choisir quelques disques. Il me donna un Dave neuf, que nous avions, mais qui était rayé : Vanina. J’achetais un bon medley du groupe suédois ABBA, avec le tube : Waterloo, ainsi qu’un super Carlos : Senor météo. Dans une des rues, proche de la rue Ponty, j’allais flâner chez les antiquaires Africains. Je sympathisais avec un vieillard sans âge, qui allait à Joal et Fadiouth, de temps en temps. Je fis un choix de bronzes à la cire perdue, et de statuettes Dogons. On convenu d’un prix. Le retour en taxi fut aussi pénible que l’aller, et je dormais plus qu’un peu. J’avais acheté le journal, « Le Soleil », quotidien en français le plus lu au Sénégal, pour voir si il serait intéressant, d’y faire de petits encarts de publicité sur le Domaine, lorsque je tombais sur un petit article sur le chanteur Antoine…Qui avait d’un port breton, largué les amarres avec son voilier…Et qui séjournait, à l’arsenal français de Dakar.
Je libérais le taxi et m’arrêtais chez Ty, à la case d’accueil. La journée avait été cool et avec Ada, elle préparait les arrivées nocturnes. Ce renouvellement était devenu, de semaines en semaines, une habitude. Parfois, c’était avec regret que l’on voyait partir des personnes avec lesquelles on avait sympathisé.
Il y avait pas mal de voitures garées, dans tous les sens, malgré les petites flèches que j’avais mis sur les troncs d’arbres. Peut être trop discrètes ? Les Dakarois étaient difficiles à éduquer ! Peut être qu’aux annonces micro, je rajouterai quelques consignes à ce sujet. Le soir venu, je restais un moment avec les enfants qui étaient allés diner avec des amis. Christian, trouva mon idée… Qui avait murie, d’aller voir le chanteur Antoine à Dakar, et de lui proposer une soirée chez nous…Très judicieuse. Mais il fallait en parler à Apo. Elysa, souvent au courant de son programme, me dit qu’il avait annoncé sa venue pour dimanche matin. Nous dinions en tête à tête avec Ty, à qui je racontais ma rencontre à Dakar avec Martinez et tous nos souvenirs d’Algérie qui étaient revenus, intacts, à nos esprits!
Ty me demanda, si je lui avais parlé du texte, écrit par moi en 1960, que je connaissais presque par cœur…« Hommage posthume », qui accompagnait un grand album, reliait par mon frère Denis, de photos en noir et blanc, et qui relatait la mort en Kabilie, à quelques mètres de moi, du première classe Christian Jolivot….
--Marc, ce soir en attendant les arrivées, tu voudras me dire, de vive voix, ce souvenir d’un temps passé… Je n’ai pas oublié que le prénom que notre fils porte, Christian, c’était le prénom de ton compagnon d’arme, mort au champ d’honneur et que tu m’avais demandé d’accepter, pour notre fils.
[justify]Amis lecteurs…Je ne peux m’empêcher de faire un saut dans le temps. Lorsque notre fils eut, en 1984, ses vingt ans, le regardant, parfois, je ne pouvais oublier la silhouette de Christian Jolivot, au même âge, qui comme lui, avait les cheveux châtain clair, des yeux gris vert et… La même taille, d’un mètre quatre vingt cinq….
[/justify]Traversant la salle, de l’aéroport, je m’entendis appeler par mon prénom, et à ma stupéfaction, André Martinez, frère de combat en Algérie, était là, bien là devant moi.
--Marc, que fais-tu ici ?
Quinze ans étaient passés…Et, je le revoyais… « En tenue camouflée, sa carabine US en mains »….
--Et toi, vieux frère ?
Saisissant ! Cette occasion providentielle de nos retrouvailles, et voulant chacun prolonger notre entretien, il m’invita à déjeuner à Dakar. André, n’ayant pas de point de chute en France, à sa démobilisation, s’expatria en Afrique Noire. Il créa à Dakar, avec deux associés, une société, Caliope, spécialisée dans les engrais, les pesticides. Sa grande surprise, ce fut d’apprendre mon association avec Apo, personnage qu’il avait rencontré, et qui ne lui avait jamais inspiré confiance.......…
--Mais Marc, dans quelle galère tu t’es embarqué ? Je te souhaite bien du courage…
Que dire ? Le fait était bien là, et je n’avais plus le choix que d’avancer contre vents et marées. Et puis, Apo était peut être victime de critiques infondées ? De ce déjeuner avec André, face à l’océan, composé de fruits de mer et d’un bon vin blanc, d’échanges de souvenirs et d’émotions, je devais me souvenir longtemps.
Je profitais d’être sur Dakar pour aller à Musiclub voir Gazy, choisir quelques disques. Il me donna un Dave neuf, que nous avions, mais qui était rayé : Vanina. J’achetais un bon medley du groupe suédois ABBA, avec le tube : Waterloo, ainsi qu’un super Carlos : Senor météo. Dans une des rues, proche de la rue Ponty, j’allais flâner chez les antiquaires Africains. Je sympathisais avec un vieillard sans âge, qui allait à Joal et Fadiouth, de temps en temps. Je fis un choix de bronzes à la cire perdue, et de statuettes Dogons. On convenu d’un prix. Le retour en taxi fut aussi pénible que l’aller, et je dormais plus qu’un peu. J’avais acheté le journal, « Le Soleil », quotidien en français le plus lu au Sénégal, pour voir si il serait intéressant, d’y faire de petits encarts de publicité sur le Domaine, lorsque je tombais sur un petit article sur le chanteur Antoine…Qui avait d’un port breton, largué les amarres avec son voilier…Et qui séjournait, à l’arsenal français de Dakar.
Je libérais le taxi et m’arrêtais chez Ty, à la case d’accueil. La journée avait été cool et avec Ada, elle préparait les arrivées nocturnes. Ce renouvellement était devenu, de semaines en semaines, une habitude. Parfois, c’était avec regret que l’on voyait partir des personnes avec lesquelles on avait sympathisé.
Il y avait pas mal de voitures garées, dans tous les sens, malgré les petites flèches que j’avais mis sur les troncs d’arbres. Peut être trop discrètes ? Les Dakarois étaient difficiles à éduquer ! Peut être qu’aux annonces micro, je rajouterai quelques consignes à ce sujet. Le soir venu, je restais un moment avec les enfants qui étaient allés diner avec des amis. Christian, trouva mon idée… Qui avait murie, d’aller voir le chanteur Antoine à Dakar, et de lui proposer une soirée chez nous…Très judicieuse. Mais il fallait en parler à Apo. Elysa, souvent au courant de son programme, me dit qu’il avait annoncé sa venue pour dimanche matin. Nous dinions en tête à tête avec Ty, à qui je racontais ma rencontre à Dakar avec Martinez et tous nos souvenirs d’Algérie qui étaient revenus, intacts, à nos esprits!
Ty me demanda, si je lui avais parlé du texte, écrit par moi en 1960, que je connaissais presque par cœur…« Hommage posthume », qui accompagnait un grand album, reliait par mon frère Denis, de photos en noir et blanc, et qui relatait la mort en Kabilie, à quelques mètres de moi, du première classe Christian Jolivot….
--Marc, ce soir en attendant les arrivées, tu voudras me dire, de vive voix, ce souvenir d’un temps passé… Je n’ai pas oublié que le prénom que notre fils porte, Christian, c’était le prénom de ton compagnon d’arme, mort au champ d’honneur et que tu m’avais demandé d’accepter, pour notre fils.
[justify]Amis lecteurs…Je ne peux m’empêcher de faire un saut dans le temps. Lorsque notre fils eut, en 1984, ses vingt ans, le regardant, parfois, je ne pouvais oublier la silhouette de Christian Jolivot, au même âge, qui comme lui, avait les cheveux châtain clair, des yeux gris vert et… La même taille, d’un mètre quatre vingt cinq….
*
Nous avions prévu de faire une soirée de danse plein air, qui avait toujours du succès. Le préposé aux disques, avait fait de sérieux progrès. En principe, un colis de Jet Tours de disques que nous n’avions pas, devait nous parvenir ce soir. J' avais remarqué que nous avions beaucoup de disques rayés, endommagés, tant par la poussière, le sable, et peut-être aussi par le manque de soin, soit un véritable gâchis qui jouait en notre défaveur. Mon idée, d’enregistrer tous les disques neufs sur des cassettes audio, avait fait du chemin et nous collectionnions les cassettes. Mais en discothèque, il fallait être très adroit pour caller les morceaux, au bon endroit… les disques avaient donc encore leur importance!
Les enfants vinrent me dire bonsoir et avaient pris rendez-vous avec Daouda, aux chevaux, pour demain.
--Papa, je suis prête à sortir en balade, mais calmement me dit Isabelle.
On décida que oui, et on ferait à cheval le grand tour du Domaine. Isabelle avec sa lampe de poche, allait tous les soirs dire bonsoir à ses lapins…
La nuit était tranquille, noire, et seul le son étouffé de la discothèque, parvenait jusqu’à nous. Avec Ty, nous nous étions allongés sur deux transats de la piscine et là, sous ce ciel envoutant, immense et étoilé d’Afrique, comme elle me l’avait demandé, j’allais me souvenir, en traçant les grandes lignes de cet événement…
Les enfants vinrent me dire bonsoir et avaient pris rendez-vous avec Daouda, aux chevaux, pour demain.
--Papa, je suis prête à sortir en balade, mais calmement me dit Isabelle.
On décida que oui, et on ferait à cheval le grand tour du Domaine. Isabelle avec sa lampe de poche, allait tous les soirs dire bonsoir à ses lapins…
*
La nuit était tranquille, noire, et seul le son étouffé de la discothèque, parvenait jusqu’à nous. Avec Ty, nous nous étions allongés sur deux transats de la piscine et là, sous ce ciel envoutant, immense et étoilé d’Afrique, comme elle me l’avait demandé, j’allais me souvenir, en traçant les grandes lignes de cet événement…
Nous sommes en Algérie, en Kabilie, en 1959…
Cette journée d’été, avait mal commencé. Après une route chaotique, silencieuse, le convoi transportant la compagnie Rouge deux du premier RCP, s’immobilisa. Les consignes étaient le silence et notre section avec le lieutenant Steller, moi-même son adjoint, et une bonne trentaine d’hommes, dont Christian Jolivot, mon ami de crapahut, devions emprunter la longue piste en tête de compagnie. En descendant des véhicules, avant le lever du jour, le cliquetis des brelages, (sorte de harnais individuel, portes chargeurs, grenades), était inévitable. Christian, éleva en plus la voix, en disant qu’il ne trouvait plus sa casquette « fétiche Bigeard », qu’il portait depuis deux ans, et qu’il n’enlevait que… pour dormir ! Sa fonction ces derniers temps était d’être LG, c'est-à-dire lance grenade, arme redoutable, pour un ennemi éventuel. Suivant de près l’équipe de commandement, le lieutenant, son radio, le servant LG, pouvait utiliser comme un mortier, son fusil, un mas cinquante huit, avec des cartouches spéciales LG feuillettes. L’art était d’alterner dans le chargeur, une cartouche feuillète, une balle réelle, ainsi de suite, mais le risque était grand de se tromper, au risque de faire exploser la grenade sur le canon du fusil. Donc, la consigne était de ne mettre que des cartouches feuillètes. Christian avait souvent servi à mes cotés, sous mon commandement, en voltigeur de pointe, avec son PM neuf mm, mais ce jour là, le lieutenant Steller, notre chef de section, l’avait désigné LG. Le regroupement des hommes terminé…
--Marc, avant d’être Sergent, tu as été lance grenade ?
--Non, Ty. Comme j’avais été classé bon tireur, à l’école de moniteurs de sports de combats d’Antibes, l’adjudant Skcrypsack, à mon arrivée à la Compagnie, m’avait confié un fusil, avec une lunette de précision. Plus tard, à ma nomination comme Caporal Chef, et responsable des voltigeurs, (groupe d’éclaireurs en tête de section), je demandais à récupérer un pistolet mitrailleur.
Cette journée d’été, avait mal commencé. Après une route chaotique, silencieuse, le convoi transportant la compagnie Rouge deux du premier RCP, s’immobilisa. Les consignes étaient le silence et notre section avec le lieutenant Steller, moi-même son adjoint, et une bonne trentaine d’hommes, dont Christian Jolivot, mon ami de crapahut, devions emprunter la longue piste en tête de compagnie. En descendant des véhicules, avant le lever du jour, le cliquetis des brelages, (sorte de harnais individuel, portes chargeurs, grenades), était inévitable. Christian, éleva en plus la voix, en disant qu’il ne trouvait plus sa casquette « fétiche Bigeard », qu’il portait depuis deux ans, et qu’il n’enlevait que… pour dormir ! Sa fonction ces derniers temps était d’être LG, c'est-à-dire lance grenade, arme redoutable, pour un ennemi éventuel. Suivant de près l’équipe de commandement, le lieutenant, son radio, le servant LG, pouvait utiliser comme un mortier, son fusil, un mas cinquante huit, avec des cartouches spéciales LG feuillettes. L’art était d’alterner dans le chargeur, une cartouche feuillète, une balle réelle, ainsi de suite, mais le risque était grand de se tromper, au risque de faire exploser la grenade sur le canon du fusil. Donc, la consigne était de ne mettre que des cartouches feuillètes. Christian avait souvent servi à mes cotés, sous mon commandement, en voltigeur de pointe, avec son PM neuf mm, mais ce jour là, le lieutenant Steller, notre chef de section, l’avait désigné LG. Le regroupement des hommes terminé…
--Marc, avant d’être Sergent, tu as été lance grenade ?
--Non, Ty. Comme j’avais été classé bon tireur, à l’école de moniteurs de sports de combats d’Antibes, l’adjudant Skcrypsack, à mon arrivée à la Compagnie, m’avait confié un fusil, avec une lunette de précision. Plus tard, à ma nomination comme Caporal Chef, et responsable des voltigeurs, (groupe d’éclaireurs en tête de section), je demandais à récupérer un pistolet mitrailleur.
Un bruit de moteur, et Ada, courut vers l’entrée. Dabo, le gardien alluma l’éclairage de la piscine. C’était l'arrivée de nos nouveaux vacanciers. Nous étions rattrapés par la réalité du moment. J’interrompis mon récit, et nous rejoignîmes l’équipe d’accueil.
--Marc, tu continueras…
--Oui Ty,
Le rituel se déroula sans surprise et je reconnus quelques personnes, qui étaient déjà venues. Après avoir dit quelques mots à cette trentaine de personnes, une aimable jeune femme, me remit un paquet. Ce devait être les quelques disques promis par Jet Tours. Et puis, ce fut à nouveau le grand calme, on éteignit la piscine, du Merle Bleu, plus de bruit.
--Ty, il est tard, tu n’as pas sommeil ?
--Non, Marc, on est bien, reprends ton récit...
Allongés sur nos transats, je reprenais mon histoire…Où en étais-je ? Ha oui….
…On s’engagea sur la piste sans fin, et nous apprîmes par radio, que toute la compagnie Rouge deux, le régiment, étaient concernés par cette opération, dites de ratissage, dans une zone considérée comme interdite. Après quatre heures de marche, en longeant un oued asséché, bordé d’une rare végétation jaunâtre, on fit halte, à l’abri de quelques arbres. Le temps était au beau, le ciel était tout bleu. Ayant mis en sécurité la section, sentinelles bien réparties, chacun s’employa à grignoter, conserves ou autres en cas. Rejoignant vers l’arrière l’équipe de commandement, je sortis de mon sac Bergam, un fromage camembert, contenu d’un colis de ma chère maman. Steller, Alsacien de souche et grand gaillard, ne se fit pas prier et tout en bavardant, il ouvrit la boite, la protection et avec son couteau suisse, se mit à couper deux trois parts. Christian arriva à ce moment, et tout en partageant ce petit déjeuner, me dit avec sa gouaille de parisien :
--Sergent Tremsal, mon ami, je m’ennuie à l’arrière, je vais venir en tête crapahuter avec vous.
Steller et moi, en même temps, lui répondirent par la négative, lui rappelant que son armement, n’était pas celui d’un voltigeur de tête. Christian, haussant les épaules, nous dit, qu’à deux mois de la libération, il n’avait rien à craindre… Bien que n’ayant pas retrouvé sa casquette porte bonheur…Steller, en riant, nous dit que, s’il avait la bonne blessure, il passerait Noël chez lui ! On échangea une vacation radio avec le Capitaine Vaissié, qui se trouvait dans les hauteurs du massif montagneux qui nous surplombait, et on reprit notre route. Je reprenais la marche, en tête, avec mon équipe de voltigeurs. Le mouvement de terrain emprunté, nous fit gagner de la hauteur. Quelques minutes plus tard, nous fumes alors surpris par une série de coups de feux, venant de plus bas, dans notre direction. Par réflexe, chacun se baissa, cherchant un abri. Ca tirait encore et j’entendis une, deux rafales, ripostant de notre coté. J’observais les alentours, lorsque j’aperçu Christian, son LG à la main, se détachant sur le haut d’une petite colline, avec le voltigeur Rotival…Je leurs criais, à l’abri, à l’abri pour qu’ils stoppent leur imprudente progression….Puis tout alla très vite. Christian, toujours debout, à trente pas de moi, fut projeté en arrière…Ce fut la dernière image que j’eus de lui, encore vivant. Un grand calme s’ensuivit. Ne voyant plus rien, prudemment, J’envoyais le Caporal Sudre, pour savoir…Toute la section était immobilisée. Quelques instants plus tard, d’un geste, les bras en croix, il me confirmait de loin, la mort de Jolivot. Le Lieutenant Steller, avait été blessé à l’épaule…
Les tirs non localisés, m’obligèrent à faire ouvrir le feu, au fusil mitrailleur, un feu nourri, sur les massifs ou lieux suspects. Après avoir mis hors d’état de nuire, trois ou quatre ennemis, récupéré des armes et des documents, j’eus le Capitaine à la radio, qui me confia le commandement de la section. L’ordre nous avait été donné de le rejoindre, pour l’évacuation par hélico, de Steller blessé, et de Jolivot, mort. Notre radio, Taieb avait eu chaud, une balle avait touché son PRCDIX, mais il avait pu quand même, porter secours au Lieutenant. Celui-ci, avec un grand bandage à l’épaule et au thorax, était assis, silencieux. Puis il me dit :
--Tremsal, vous vous souvenez…La bonne blessure…Noël chez moi !
Oui, c’était bien cela. Et puis, on reparla de Christian et de son obstination à vouloir rejoindre l’avant de la section et de son imprudence face au feu de l’ennemi. Nous avions confectionné un brancard avec l’aide de deux fusils et une toile de tente. Christian n’avait pas souffert. Une balle l’avait touché à la gorge et était sortie par un coté du crane. Son beau visage était intact. J’avais entouré sa tête, avec son foulard camouflé, que j’avais bien serré. Il était là, étendu prés de nous tous, qui s’apprêtions à escalader plus de deux cents mètres de déniveler, pour rejoindre la commandement et le périmètre d’héliportage. La radio crépita et Taieb me passa le combiné. C’était Vaissié, qui avait suivi de loin, de son haut point d’observation, l’accrochage mortel, et qui nous attendait.
--Sergent Tremsal, mon ami, je m’ennuie à l’arrière, je vais venir en tête crapahuter avec vous.
Steller et moi, en même temps, lui répondirent par la négative, lui rappelant que son armement, n’était pas celui d’un voltigeur de tête. Christian, haussant les épaules, nous dit, qu’à deux mois de la libération, il n’avait rien à craindre… Bien que n’ayant pas retrouvé sa casquette porte bonheur…Steller, en riant, nous dit que, s’il avait la bonne blessure, il passerait Noël chez lui ! On échangea une vacation radio avec le Capitaine Vaissié, qui se trouvait dans les hauteurs du massif montagneux qui nous surplombait, et on reprit notre route. Je reprenais la marche, en tête, avec mon équipe de voltigeurs. Le mouvement de terrain emprunté, nous fit gagner de la hauteur. Quelques minutes plus tard, nous fumes alors surpris par une série de coups de feux, venant de plus bas, dans notre direction. Par réflexe, chacun se baissa, cherchant un abri. Ca tirait encore et j’entendis une, deux rafales, ripostant de notre coté. J’observais les alentours, lorsque j’aperçu Christian, son LG à la main, se détachant sur le haut d’une petite colline, avec le voltigeur Rotival…Je leurs criais, à l’abri, à l’abri pour qu’ils stoppent leur imprudente progression….Puis tout alla très vite. Christian, toujours debout, à trente pas de moi, fut projeté en arrière…Ce fut la dernière image que j’eus de lui, encore vivant. Un grand calme s’ensuivit. Ne voyant plus rien, prudemment, J’envoyais le Caporal Sudre, pour savoir…Toute la section était immobilisée. Quelques instants plus tard, d’un geste, les bras en croix, il me confirmait de loin, la mort de Jolivot. Le Lieutenant Steller, avait été blessé à l’épaule…
Les tirs non localisés, m’obligèrent à faire ouvrir le feu, au fusil mitrailleur, un feu nourri, sur les massifs ou lieux suspects. Après avoir mis hors d’état de nuire, trois ou quatre ennemis, récupéré des armes et des documents, j’eus le Capitaine à la radio, qui me confia le commandement de la section. L’ordre nous avait été donné de le rejoindre, pour l’évacuation par hélico, de Steller blessé, et de Jolivot, mort. Notre radio, Taieb avait eu chaud, une balle avait touché son PRCDIX, mais il avait pu quand même, porter secours au Lieutenant. Celui-ci, avec un grand bandage à l’épaule et au thorax, était assis, silencieux. Puis il me dit :
--Tremsal, vous vous souvenez…La bonne blessure…Noël chez moi !
Oui, c’était bien cela. Et puis, on reparla de Christian et de son obstination à vouloir rejoindre l’avant de la section et de son imprudence face au feu de l’ennemi. Nous avions confectionné un brancard avec l’aide de deux fusils et une toile de tente. Christian n’avait pas souffert. Une balle l’avait touché à la gorge et était sortie par un coté du crane. Son beau visage était intact. J’avais entouré sa tête, avec son foulard camouflé, que j’avais bien serré. Il était là, étendu prés de nous tous, qui s’apprêtions à escalader plus de deux cents mètres de déniveler, pour rejoindre la commandement et le périmètre d’héliportage. La radio crépita et Taieb me passa le combiné. C’était Vaissié, qui avait suivi de loin, de son haut point d’observation, l’accrochage mortel, et qui nous attendait.
--Ty, je vais t’épargner le calvaire de notre remontée…
--Non, Marc, finis ton récit, je sais que c’est presque la fin.
Dans ce flanc de montagne, sans grande visibilité, j’avais sécurisé la section de chaque coté et quatre volontaires, portaient le brancard et le corps de Christian. Deux voltigeurs ouvraient le chemin, en écartant la végétation et Steller fermait la marche, avec le groupe pièce, fusil mitrailleur.
Le fusil LG de Jolivot avait été confié à un de ses proches. Plusieurs fois dans cette terrible pente, le corps de Christian glissa et on le remit sur son brancard. L’air été chaud. Avec l’aide d’un cordage, j’entourais fermement le corps de ce garçon de vingt ans, que j’avais appris à connaître, qui était mon ami et qui venait de perdre la vie. A mi-parcours on entendit l’hélico…Et puis après une heure de marche, nous arrivâmes sur ce sommet sans fin…Notre Capitaine fit présenter les armes. Nous tous épuisés, accompagnèrent notre ami jusqu’à l’hélico et Steller nous saluant de sa bonne main, s’assit à coté de Christian. J’enlevais le cordage, arrangeais sa tenue camouflée, replaçais mieux son foulard…Tous au garde-à-vous, dans cette ensoleillement insupportable, nous vîmes s’éloigner l’oiseau de feu, dans ce ciel d’été
Le fusil LG de Jolivot avait été confié à un de ses proches. Plusieurs fois dans cette terrible pente, le corps de Christian glissa et on le remit sur son brancard. L’air été chaud. Avec l’aide d’un cordage, j’entourais fermement le corps de ce garçon de vingt ans, que j’avais appris à connaître, qui était mon ami et qui venait de perdre la vie. A mi-parcours on entendit l’hélico…Et puis après une heure de marche, nous arrivâmes sur ce sommet sans fin…Notre Capitaine fit présenter les armes. Nous tous épuisés, accompagnèrent notre ami jusqu’à l’hélico et Steller nous saluant de sa bonne main, s’assit à coté de Christian. J’enlevais le cordage, arrangeais sa tenue camouflée, replaçais mieux son foulard…Tous au garde-à-vous, dans cette ensoleillement insupportable, nous vîmes s’éloigner l’oiseau de feu, dans ce ciel d’été
--Voilà Ty, c’est fini, bien que l’aventure se poursuivit pour moi, plus d’une année encore. Mais, pour Christian, c’est la triste fin.
A ma montre, il était plus de deux heures du matin. On prit nos vélos, Dabo nous salua et on rentra chez nous.
A ma montre, il était plus de deux heures du matin. On prit nos vélos, Dabo nous salua et on rentra chez nous.
*

tremsal- MacadAdo

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