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Message  tremsal le Ven 16 Sep - 9:10



Antoine, va t’il réaliser ses rêves…
Pour Nianing, vitesse de croisière.
Calao, l’oiseau fétiche !









…De ce chanteur baladin, qui après cette nuit africaine, allait à nouveau fuir un certain monde, vers de nouveaux horizons, il apparait que plus de trente cinq années après, sa complainte est la même…Accomplissant plusieurs tours du monde, réalisant ses rêves, ses passions, les faisant partager, et toujours là, pour nous conter en chanson, en films, par ses écrits, comment préserver la beauté de ce qui nous reste de la « nature sauvage ».
Seul dans mon petit car, déjà, apparaissait les premiers rayons du soleil et la route commençait à s’animer. Je repensais à tout ce que m’avait confié Antoine, me disant qu’il avait eu besoin de se libérer, de se débarrasser de fardeaux, qu’ils portaient encore inutilement. De loin, au petit matin, la blancheur des maisons de Rufisque la Portugaise, me rappelait, les siècles de marine à voiles, les conquêtes européennes et leurs lots de conflits guerriers. Le sommeil me surpris, et j’ouvris les yeux, juste à temps de me retrouver dans le fossé !

J’arrêtais mon car et le petit somme, ne dura pas plus d’une heure… Réveillé que je fus, par les beuglements d’un troupeau de plusieurs dizaines de vaches-zébus, qui avaient pris mon petit car, pour un abreuvoir ? Ou autre lieu. Le berger peuls, tout en riant, tentait de les disperser... Finalement, j’arrivais au Domaine, à mon heure favorite, celle du petit déjeuner, à l’ouverture du restaurant, déjà tout rangé, des péripéties de la veille. Seules l’estrade et les tables du jardin étaient à replacer. Les serveurs de M’Bodiene, m’amenèrent les premiers croissants tous chauds. Puis vint l’heure de l’arrivée du personnel, et le Domaine, commença à s’animer, avec les premiers touristes lève-tôt. Christian, pris son petit déjeuner, et, son cartable sur le dos, fut tout content que je l’accompagne, et me posa des questions sur ma route avec Antoine.
--Papa, c’était super la soirée, et lui très sympa ! Le photographe de l’Aldiana a fait des photos et nous en donnera.

A mon retour de l’école, je filais à la maison prendre une bonne douche, voir Isa et Ty. Toute affolée Isabelle, me dit viens voir papa…Dans sa maison à lapin, c’était un vrai carnage…Au moins trois lapins déchiquetés et blottis dans un coin, tout tremblants, les autres…Le jardinier de service, me montra l’endroit arraché du grillage, et des traces…Isa était toute triste.
--Monsieur marc, je connais, il n’y en a plus beaucoup par ici, avant oui…C’est le Lynx, très gros chat sauvage…
Bon, je lui demandais de tout nettoyer, de réparer et de doubler le grillage sur un mètre de haut, solidement. Et réconfortais Isabelle.
--On ira chez N’Diaye en prendre trois. Et je sais que Monsieur Diop, le garde forestier, à des pièges. Va te préparer ma chérie pour ton cours. Sans tarder, je rendis visite à Mr Diop, ce dernier me confirma qu’il fut un temps, où des Lynx sévissaient dans la région, semant la terreur dans les poulaillers de tous les villages !
Il me donna un gros piège, et, volubile, m'expliqua toutes les astuces pour le poser efficacement. Puis, il m'avisa d'un ton mélancolique, qu'il n'était pas très loin de la retraite, et que son poste ne serait pas renouveler.
--Mais, Mr. Diop, vous allez partir d’ici ?
--Certainement.
C'était un homme travailleur, attachant. Je le quittais, en songeant, qu’il faudrait que je le revoie avant qu'il ne s'en aille. Il me donnerait plus de renseignements sur cette région qu'il connaissait si bien et que je devais apprivoiser, il me dirait comment était sa vie au domaine avec les prédécesseurs d’Apo qu'il avait certainement côtoyés et je pensais que cette petite maison en contrebas de la route, si elle devait rester inoccupée après son dés son départ, intéresserait peut-être Apo !…

*


Au fait ? Apo, devait être encore chez lui ou à son bureau. Les travaux des tennis étaient pratiquement terminés et je voulais que l’on fasse l’inauguration des deux courts, le plus tôt possible. La gratuité de leurs utilisations, était un bon argument pour nous et Jet Tours. Le projet de commencer les travaux d’une plus grande boutique, le plus rapidement possible, après réflexion était une bonne chose. J’avais fait pour Apo, une nouvelle liste de rappel, de ce qui me semblait urgent à faire au Domaine et, le déplacement de la porcherie venait en premier. Ensuite, le projet boutique, et celui de la case loisirs, ainsi que le déplacement des singes, le long de la grande allée, une partie dégagée, un peu plus loin que chez moi.
Je lui avais remis depuis un certain temps, des plans de plusieurs grandes cages, aux barreaux d’acier, de plus de vingt mm de diamètre, ombragées, juxtaposées, hautes, très aérées, séparées les unes des autres, par des portes-sas, escamotables et très solides. Les singes grandissaient à vue d’œil et les babouins devenaient agressifs, voir dangereux. Grace à Cheikh Ba, j’en avais récupérés en brousse, deux de plus, dans un triste état, dont un tout petit, que Christian nourrissait au biberon. Pour l’instant trop faible pour être avec les autres, il était à la maison.

Je crois vous l’avoir déjà dit, les gosses des villages, avec leurs lances pierres, terrorisaient les derniers survivants babouins et patas de la brousse, en visant à la tête les « mamans » qui portaient leurs petits, et qui finissaient par les lâcher. Sur le bord des routes, ils essayaient ensuite, de les vendre aux blancs !
Ayant fini mes piquetages, coté pépinière, de la quinzaine de futures cases, « nouvelle génération », en respectant de bonnes distances entres elles, Il me tardait que les travaux commencent. Trente lits en plus, c’était important. L’autre projet de constructions équivalentes, était situé vers le coté de mon chalet-atelier.

Ces chantiers, ne gêneraient en rien la vie des vacanciers et ces cases seraient opérationnelles, pour la saison 76. Comme je m’y attendais Apo me fit appeler par Elysa, au moment où il partait sur Dakar.
--Marc, encore bravo pour hier soir. J’ai vu les tennis, quel travail ! Mais c’est fini, tu dois être content.
--Apo, merci, tu es passé voir le piquetage des cases ? C’est fait.
--Très bien, je reviens vous voir bientôt.
Ma liste manuscrite de rappels, rentrait sur une page pliée en quatre, je la lui donnais…Il la plaça dans une de ses poches, en me disant :
--Ha, Marc, avec ta collection de papiers, je pourrais ouvrir une papeterie !
J’eus à peine le temps de lui dire que si je le lui rappeler, c’était primordial pour le Domaine…Que la Peugeot, son chauffeur et Apo, étaient au portail ! Voyant des gens traverser la route avec des raquettes, c'était pour moi, une joie et un plaisir. Aux annonces, j’avais officiellement informés la clientèle que les Tennis étaient enfin ouverts ! Gratuits, et que les réservations horaires, se feraient à la réception. Pour l’inauguration, j’avais simplement demandait à toutes l’équipe des soudeurs, installateurs, peintres, de venir prendre un verre au bar de la plage.

*


Le rythme, une fois par semaine des soirées boubous qui suivaient le folklore, avait été pris et la clientèle jouait le jeu à fond. Armande avait acheté et fait livrer une gamme de vêtements africains et la petite boutique était devenue plus opérationnelle. Je ne me souviens plus du nom de la gentille Sénégalaise qui assurait à cette époque, les heures d’ouvertures de notre boutique. En fait, à part les tissus de la Sotiba, dans lesquels étaient réalisés les ensembles et boubous africains, par des artisans couturiers, sis à M'Bour, toute « la pacotille » venait de Paris, du quartier du sentier… De toute manière, les « antiquaires » de la plage, de plus en plus nombreux, mais surtout coté Aldiana, assuraient à nos touristes, la vente d’objets dits de curiosités, d’art Africain, etc.

Après avoir distribué les prix, au couple élu, Monsieur et Madame Boubous, et remercié les participants, je les invitais à rejoindre le Merle Bleu. Mame, me servit un Perrier menthe et je rentrais, avec qu’une idée en tête, me coucher! Ty dormait. Nos lits toujours à part, me faisait une drôle d’impression…Que ça pourrait durer toujours…Cela ne m’empêcha pas de l’embrasser sur le front. Comme chaque soir, je pensais à notre vie ici, à ces bons et moins bons moments. Nous étions tellement sollicités, elle et moi, que nous avions peu d’intimité. Notre vrai réconfort, résidait dans la joie de vivre de nos deux enfants.

*


Je regrettais de ne pas être allé à la léproserie de MBalling, avec les amis médecins et Jean Chouvel. Ayant promis à l’infirmier que j’irais les voir, je proposerais à Marcel, d’y aller un matin, en partant plus tôt. On avait huit kilomètres pour y arriver, plus le retour. Ce serait agréable par la plage, et il y avait des endroits à découvrir. La cage des lapins d’Isabelle, avait été bien réparée et consolidée et, on installerait le piège ensemble un soir. J’avais de plus en plus de plaisir à observer la nature et à voir, ce que l’on pourrait faire pour la rendre plus belle, plus attachante. Nous avions avec Jean-Marie, finalement planté à divers endroits de la pépinière, nos cocotiers et bananiers, dans des coins mi-ombre, mi-soleil… A la plage, pour équilibrer la forêt de filaos, il nous faudrait plusieurs centaines de cocotiers adultes, et les transplantations coutaient très chères, sans compter l’arrosage. A ce sujet, rien ne pressait…Après avoir fait le tour de mes pensées dans un sommeil naissant mais superficiel…Je fus réveillais par le chant d’un calao mâle…Et de sa petite amie ! Qui lui répondait en duo ! Il était bien sept heures du matin !


*

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