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°Sénégal,Nianing,Mars,Avril 75...260° à 267° BON°
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°Sénégal,Nianing,Mars,Avril 75...260° à 267° BON°
Au Domaine le temps s’écoulait…
Des chantiers partout !
Jet Tours, plus, que satisfait.
Nianing, fin février 1975….
Des chantiers partout !
Jet Tours, plus, que satisfait.
Nianing, fin février 1975….
…Depuis plus de deux mois déjà, période pendant laquelle nous avions inauguré notre piscine, fêté Noel et le Nouvel An, rencontré, reçu et apprécié notre ami Antoine le chanteur, la vie au Domaine s’écoulait agréablement, au rythme d'un été perpétuel. Nous constations que les séjours des vacanciers Jet Tours, étaient de plus en plus longs et que certains en étaient à leur deuxième ou troisième passage au Domaine. Réservant directement, nous avions aussi des arrivées par le comité d’entreprise Air France, où mon ami René Tabone était délégué, d’actifs et de retraités de cette compagnie, dont Jet Tours faisait partie. La fidélisation de la clientèle de Dakarois, de toutes professions, ainsi que celle de militaires français et de leurs familles, était de plus en plus de mise, pour les fins de semaines, et les jours fériés.
La bonne commercialisation par Jet Tours du Domaine, était une réalité. C’était vital pour nous. Il fallait qu’elle se poursuive et que la qualité du produit continue à s’améliorer, d’une manière équilibrée et dans tous les secteurs.
Sur le plan de l’environnement, qui s’avérait devenir un atout et une de nos valeurs principales, l’entretien et la poursuite des plantations, restaient une priorité. L’exploitation des vergers, la transformation progressive des marigots, et le déplacement de l’élevage de porcs, qui devait se faire début avril, ne pouvait que plaire aux amoureux de la nature. Je n’avais jamais désespéré, qu’Apo, quand il comprendrait, l’urgence et l’importance de l’aménagement des marigots, avec un apport régulier d’eau du forage, ne se lancerait pas à fond dans ce projet.
L’absence de mon ami N’Diaye, toujours au repos chez lui, était un grand handicap pour nous. Il avait beaucoup de mal à se remettre des suites, de la morsure du naja, et du choc du traitement appliqué en urgence, pour le sauver. En quelques mois il avait vieilli, marchait toujours péniblement et cela m’inquiétait. Je ne le voyais pas, dans cet état, reprendre son activité au Domaine. Comment ferait-il pour faire vivre sa nombreuse famille, s’il devait arrêter de travailler ? Il y avait d’autres jardiniers, dont Jean-Marie, qui certainement, lui succéderait, car très compétent et travailleur, mais l’expérience, le savoir, et la connaissance du terrain, personne n’égalerait jamais, N’Diaye…
Le programme d’animation, sports et loisirs, que j’avais élaboré et mis en place, au fil du temps, fut comme prévu, de plus en plus opérationnel. Mathilde en pleine forme, assurait parfaitement sa fonction comme représentante Jet Tours, avec une moyenne de soixante dix touristes par semaine. Notre objectif principal était de continuer à satisfaire la clientèle Jet Tours, et ce, malgré notre manque d’ effectifs à l’animation. Je m’étais toujours dit, que dans ma situation d’homme seul à l’animation, tant que nous ne dépasserions pas la centaine d’estivants par semaine, il serait aisé de les accueillir, en « amis », comme si ils étaient, nos invités. De cette manière, ils seraient peut-être plus indulgents sur nos lacunes, nos imperfections. L’art aussi, était d’éviter, surtout le dimanche, les jours de fêtes, d’accentuer les tensions qui pouvaient naître, entre les « européens résidents », qui vivaient au Sénégal, et qui aimaient le Domaine, et les autres blancs venus de France, appelés les « touristes », qui découvraient ce pays.
Progressivement, les nouveaux moyens en équipements mis en place au Domaine, et l’éphéméride hebdomadaire de l’animation, que nous proposions, avaient pris vraiment consistance et laissaient entrevoir, une meilleure satisfaction de la clientèle. Par contre le manque d’animateurs, de moniteurs était évident et c’était pour moi, un souci permanent. Mais, nous devions pour la saison prochaine, voir cela, peut être avec jet tours, ou de notre coté avec Apo… Nous tentions malgré tout, d’innover dans les activités gratuites de loisirs, tel un match de mini foot sur la plage, et le volley enfin, sur un vrai terrain. La disposition gratuite des deux courts de Tennis, avait apporté un vrai plus dans ce secteur d’activités.
Concrètement, on pouvait constater que les vingtaines nouvelles cases en constructions, dotées d’un meilleur confort intérieur, était très important. La décoration murale extérieure, de toute ses habitations se poursuivait avec N’Dongo. Nos clients-amis, pouvaient visiter la case-type, nouvelle génération, la première construite vers la pépinière. La transformation de la boutique, qui s’appellerait « coietcoiet », nom d’un calao qu’Apo tentait d’apprivoiser, suivait son cours. La case loisirs hexagonale, non loin du Merle Bleu, serait terminée pour la rentrée.
De Paris, voyant de meilleurs résultats dans leurs nombreuses enquêtes, les responsables de Jet tours, et nos alliés de toujours, Monsieur Pinson, Miss Bach, Jacqueline Raymond, commençaient à être satisfaits…De Dakar, Apo, très encouragé, continuait à régler ses délicates affaires et à mettre les bouchées doubles…Surtout dans ses secteurs de prédilection, la cuisine, le bâtiment, et ses ateliers. Malgré, mes relances, surtout par écrit, au sujet de ma situation et des investissements loisirs futurs, tout restait lettre morte. La vente d’Hertz avait été indispensable pour assainir les finances du Domaine. Alex, avait commencé à réorganiser les garages aux ateliers, et partageait son temps avec des séjours à Dakar, aux Almadies, où Apo avait une grande propriété et du matériel, et le Domaine. Je commençais à mieux connaître ce frère ainé d’Apo, et à l’apprécier. Armande gérait l’administratif, et toute la bureaucratie, du Domaine, toujours de Dakar.
La scolarité de nos enfants suivait son cours et ils étaient vraiment heureux au Domaine, participant aux activités sportives et à l’animation. Nous deux, Ty et moi, « éternels amoureux », comme disait Apo, nous devions donner l’impression d’être toujours heureux…Car la clientèle, nous citait en exemple… Du couple parfait. Dans notre maison du fond du parc, connue de très peu de personnes, nous préservions notre vie de famille. Quand à notre vie amoureuse, et notre lourd secret, que personne ne connaissait, il me semblait moins lourd à porter. Un jour, spontanément, Christian rapprocha nos deux lits… Et on devait les laisser ainsi.
Nous avions décidé avec Apo et Armande, que la fermeture annuelle, se ferait après le 15 aout, jusqu’ au 10 octobre, ce qui correspondait à peu prés, à la saison des pluies. Nous savions pour l’avoir vécu, en arrivant au Sénégal en juillet 74, ce que pouvait être la pluie, un jour sur trois ! La perspective bien qu’encore lointaine, de ces vacances annuelles, ferait une véritable rupture avec la saison touristique. Ty et moi, n’avions pas pris de jours de repos, avec des journées et soirées, non stop. Cela ferait plus d’un an en août prochain, que nous étions arrivés au Domaine, et que nous prendrions un repos en France, bien mérité, et en famille.
Courant mars on féta la sainte Mathilde. J’ai toujours eu un faible pour fêter les saints ou les saintes, plus que pour les anniversaires, que par coquetterie, je fêtais dans le sens inverse, dès la trentaine… En ce qui me concernait. A cette époque, je fis la connaissance de Pierre Lamour et de sa femme, Benedikt. Pierre était chez Air France, et avait des missions sur Dakar. Il voyageait avec de bonnes conditions, et on devait se revoir souvent.
Monsieur Rouchouge, avait presque pris pension et suivait les travaux aux marigots avec intérêt. Nous déjeunions de temps en temps ensemble et, selon ses dires, il avait déjà recensé plus d’une centaine d’espèces d’oiseaux. Au premier marigot,(mare), Ali avait fait de belles allées en latérite. La conduite d’arrivée d’eau par les citernes intermédiaires, et du forage, était en cours d’achèvement, et j’avais caché, entouré avec des belles pierres, le gros tuyau plastique, par lequel l’eau se déverserait. Non loin de la décharge, la construction de la nouvelle porcherie, mieux conçue que l’autre, plus grande, avec plusieurs séparations, était en cours.
Mon espoir, était que pour Pâques, où nous aurions plus de monde, au moins la première mare serait « activée », avec cinquante centimètres d’eau...
Isabelle un jour, me fit remarquer que des libellules, en grand nombre, comme des hélicoptères miniatures faisant du surplace, avait découvert ce petit coin de paradis. Oiseaux, crapauds, libellules, margouillats (petit lézard), varans, nous commencions à avoir le cocktail, d’un petit écho-système. Les jeunes tamaris à fleurs roses, autour du marigot et aux pieds des grands Prosopis aux abondantes feuilles vertes, avaient pris de la hauteur. Avec Rouchouge, nous étions allés à la découverte, équipés de bottes, du troisième marigot, dont la puanteur persistait encore, malgré le début d’assainissement de la vieille porcherie. Il fallait encore attendre, l’arrêt complet de l’évacuation du purin vers la route et le déplacement des porcs. En s’occupant de cet espace nouveau, le nettoyant bien, en coupant les branches pourries, mortes, et avec une bonne taille, on avait calculé qu’en quelques mois, avec l’apport d’eau artificiel et une bonne saison des pluies, nous pouvions atteindre le coté haut de notre plage. La distance était d’au moins, cent cinquante mètres. J’avais pris comme repère, le troisième gros baobab du Domaine, qui se trouvait au pied de la petite colline des Portugais, et à peu prés à mi-distance de la plage. Ibis sacrés, grands Cormorans (anhinga), pélicans gris, avaient pris pension sur les grandes branches grises de cet arbre géant. Vous me direz pourquoi…Des Portugais ? D’après N’Diaye et Mr. Diop, lors de la conquête Portugaise et de l’accostage des Caravelles ou autres Galions, sur cette partie de la côte, le seul sommet conséquent, était cette colline, encore très abrupte de nos jours. C’était donc un point d’observation important des environs, et de l’océan.
La construction des nouvelles cases, allait bon train, ainsi qu’un autre projet, la case infirmerie, style case Estival, à coté du parc à vélo, face à la réception. Le Docteur Diouf, devait nous présenter un infirmier à la retraite, qui assurerait une permanence. Elle serait aussi terminée pendant la fermeture, comme la boutique et la salle loisirs. Pour les vacances de Pâques, à la mi-avril, nous eûmes des Dakarois, et une clientèle Jet Tours familiale. Nous commencions à être bien rodés, et tout se passa bien.
A l’approche du joli mois de Mai, Mathilde, assumait son job avec enthousiasme et compétence. Toujours aussi active, « sur le pont », avec une réelle facilité, elle avait retrouvé un bel équilibre, était plus proche de ses enfants et de moi, et les nuages s’estompaient plus vite que je ne l'avais imaginé. Il y avait toujours, le souci de ma situation au Domaine. Pas de contrat d’expatrié. Je n’avais aucun statut légal, ni de revenus décents et les promesses d’Apo, de me régler une partie de mon investissement, n’avaient pas été tenues. Mathilde était très contrariée de cet état de choses, et me rappelait à l’occasion, combien elle m’avait prévenu. Ce stress, que j’absorbais à ma façon, tant j’étais actif, elle le portait comme une véritable charge, qui pesait sur son moral. Elle aussi, avait une fonction de disponibilité permanente, qui nécessitait d’avoir toujours le sourire, donc un moral à toutes épreuves.
Armande qui se donnait à fond dans la commercialisation du Domaine, ne semblait pas avoir de prise sur la forte personnalité d’Apo, qui vivait une situation conjugale confuse, d’autres soucis, et avec Bernard, il y avait de l’orage dans l’air. En ce qui concernait ma situation, c’était donc avec Apo, lui seul, que je devais régler mes problèmes personnels. Concernant la nouvelle organisation de l’animation en hommes, et les commandes de matériel d’équipements loisirs nouveaux, et d’entretiens, là aussi, tout passait par lui. Les dernières diverses recettes des loisirs, reposant sur la clientèle Dakaroise, n’étaient pas mauvaises, mais mon bilan était mauvais. Tout était à revoir pour la rentrée.
Ces jours-ci, La pluie, le vent était presque journalier. J’avais terminé mes inventaires, et établi l’urgence des commandes. Je savais pouvoir compter sur le soutien d’ Armande pour la prochaine saison. Nous avions convenu ensemble de la date de fermeture, et nous devrions quitter le Domaine, le dernier samedi d’août. Apo et elle, partirait après.
Le jour prévu pour le transfert des porcs dans la nouvelle porcherie, il y avait foule du personnel et rires, et il fallu bien encadrer, guider ces braves animaux, sans qu’ils s’égarent, et porter les petits porcelets…Sans perdre de temps je mis une équipe nombreuse, pour laver à grande eau, avant démolition, ce lieu qui avait été utile, mais malodorant, et que je ne voulais plus sentir et voir. Coté route, Ali Kébé déversa trois citernes d’eau sous le petit pont, pour que le purin encore présent, s’évapore, se dissolve. Je ne me faisais pas d’illusion, il faudrait du temps, pour assainir le deuxième et le troisième marigot. J’avais la certitude, qu’à notre retour à la fin de la saison des pluies, les trois marigots auraient un nouvel aspect, et que nous pourrions s’y promener agréablement. Certes il y aurait encore beaucoup à faire, mais le principal avait été réalisé au bon moment.
Nous avions reçu un petit groupe de gens de Jet Tours, et cela m’avait permis de remettre un message pour Miss Bach. Connaissant l’influence qu’elle avait sur Apo, elle pourrait au moins lui faire comprendre, lors de son passage à Jet Tours, qu’il était indispensable de mieux structurer le secteur animation, et de poursuivre les équipements loisirs et sports. Concernant ma situation personnelle, mon statut, cela ne les concernait pas. Je verrais avec lui. Il est indéniable, que sous les directives d’ Apo, le Domaine s’était beaucoup développé ces derniers mois. La création de mon secteur loisirs, avait été une grande avancée. La satisfaction de Jet Tours, ne pouvait que nous encourager, mais, il va s'en dire que, pour obtenir ce résultat, Mathilde et moi, comme Apo et Armande dans leur secteur, mettions beaucoup d'énergie dans notre travail. Dès lors, nous pourrions bientôt accueillir un plus grand nombre de vacanciers, leur offrir un hébergement plus confortable, dans de belles cases originales.
Parallèlement, les efforts d’Apo, pour faire de notre table, une des meilleures du Sénégal, n’avaient pas cessés et la venue d’un nouveau Chef, pour la prochaine saison, était un excellent présage.
La bonne commercialisation par Jet Tours du Domaine, était une réalité. C’était vital pour nous. Il fallait qu’elle se poursuive et que la qualité du produit continue à s’améliorer, d’une manière équilibrée et dans tous les secteurs.
Sur le plan de l’environnement, qui s’avérait devenir un atout et une de nos valeurs principales, l’entretien et la poursuite des plantations, restaient une priorité. L’exploitation des vergers, la transformation progressive des marigots, et le déplacement de l’élevage de porcs, qui devait se faire début avril, ne pouvait que plaire aux amoureux de la nature. Je n’avais jamais désespéré, qu’Apo, quand il comprendrait, l’urgence et l’importance de l’aménagement des marigots, avec un apport régulier d’eau du forage, ne se lancerait pas à fond dans ce projet.
L’absence de mon ami N’Diaye, toujours au repos chez lui, était un grand handicap pour nous. Il avait beaucoup de mal à se remettre des suites, de la morsure du naja, et du choc du traitement appliqué en urgence, pour le sauver. En quelques mois il avait vieilli, marchait toujours péniblement et cela m’inquiétait. Je ne le voyais pas, dans cet état, reprendre son activité au Domaine. Comment ferait-il pour faire vivre sa nombreuse famille, s’il devait arrêter de travailler ? Il y avait d’autres jardiniers, dont Jean-Marie, qui certainement, lui succéderait, car très compétent et travailleur, mais l’expérience, le savoir, et la connaissance du terrain, personne n’égalerait jamais, N’Diaye…
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Le programme d’animation, sports et loisirs, que j’avais élaboré et mis en place, au fil du temps, fut comme prévu, de plus en plus opérationnel. Mathilde en pleine forme, assurait parfaitement sa fonction comme représentante Jet Tours, avec une moyenne de soixante dix touristes par semaine. Notre objectif principal était de continuer à satisfaire la clientèle Jet Tours, et ce, malgré notre manque d’ effectifs à l’animation. Je m’étais toujours dit, que dans ma situation d’homme seul à l’animation, tant que nous ne dépasserions pas la centaine d’estivants par semaine, il serait aisé de les accueillir, en « amis », comme si ils étaient, nos invités. De cette manière, ils seraient peut-être plus indulgents sur nos lacunes, nos imperfections. L’art aussi, était d’éviter, surtout le dimanche, les jours de fêtes, d’accentuer les tensions qui pouvaient naître, entre les « européens résidents », qui vivaient au Sénégal, et qui aimaient le Domaine, et les autres blancs venus de France, appelés les « touristes », qui découvraient ce pays.
Progressivement, les nouveaux moyens en équipements mis en place au Domaine, et l’éphéméride hebdomadaire de l’animation, que nous proposions, avaient pris vraiment consistance et laissaient entrevoir, une meilleure satisfaction de la clientèle. Par contre le manque d’animateurs, de moniteurs était évident et c’était pour moi, un souci permanent. Mais, nous devions pour la saison prochaine, voir cela, peut être avec jet tours, ou de notre coté avec Apo… Nous tentions malgré tout, d’innover dans les activités gratuites de loisirs, tel un match de mini foot sur la plage, et le volley enfin, sur un vrai terrain. La disposition gratuite des deux courts de Tennis, avait apporté un vrai plus dans ce secteur d’activités.
Concrètement, on pouvait constater que les vingtaines nouvelles cases en constructions, dotées d’un meilleur confort intérieur, était très important. La décoration murale extérieure, de toute ses habitations se poursuivait avec N’Dongo. Nos clients-amis, pouvaient visiter la case-type, nouvelle génération, la première construite vers la pépinière. La transformation de la boutique, qui s’appellerait « coietcoiet », nom d’un calao qu’Apo tentait d’apprivoiser, suivait son cours. La case loisirs hexagonale, non loin du Merle Bleu, serait terminée pour la rentrée.
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De Paris, voyant de meilleurs résultats dans leurs nombreuses enquêtes, les responsables de Jet tours, et nos alliés de toujours, Monsieur Pinson, Miss Bach, Jacqueline Raymond, commençaient à être satisfaits…De Dakar, Apo, très encouragé, continuait à régler ses délicates affaires et à mettre les bouchées doubles…Surtout dans ses secteurs de prédilection, la cuisine, le bâtiment, et ses ateliers. Malgré, mes relances, surtout par écrit, au sujet de ma situation et des investissements loisirs futurs, tout restait lettre morte. La vente d’Hertz avait été indispensable pour assainir les finances du Domaine. Alex, avait commencé à réorganiser les garages aux ateliers, et partageait son temps avec des séjours à Dakar, aux Almadies, où Apo avait une grande propriété et du matériel, et le Domaine. Je commençais à mieux connaître ce frère ainé d’Apo, et à l’apprécier. Armande gérait l’administratif, et toute la bureaucratie, du Domaine, toujours de Dakar.
La scolarité de nos enfants suivait son cours et ils étaient vraiment heureux au Domaine, participant aux activités sportives et à l’animation. Nous deux, Ty et moi, « éternels amoureux », comme disait Apo, nous devions donner l’impression d’être toujours heureux…Car la clientèle, nous citait en exemple… Du couple parfait. Dans notre maison du fond du parc, connue de très peu de personnes, nous préservions notre vie de famille. Quand à notre vie amoureuse, et notre lourd secret, que personne ne connaissait, il me semblait moins lourd à porter. Un jour, spontanément, Christian rapprocha nos deux lits… Et on devait les laisser ainsi.
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Nous avions décidé avec Apo et Armande, que la fermeture annuelle, se ferait après le 15 aout, jusqu’ au 10 octobre, ce qui correspondait à peu prés, à la saison des pluies. Nous savions pour l’avoir vécu, en arrivant au Sénégal en juillet 74, ce que pouvait être la pluie, un jour sur trois ! La perspective bien qu’encore lointaine, de ces vacances annuelles, ferait une véritable rupture avec la saison touristique. Ty et moi, n’avions pas pris de jours de repos, avec des journées et soirées, non stop. Cela ferait plus d’un an en août prochain, que nous étions arrivés au Domaine, et que nous prendrions un repos en France, bien mérité, et en famille.
Courant mars on féta la sainte Mathilde. J’ai toujours eu un faible pour fêter les saints ou les saintes, plus que pour les anniversaires, que par coquetterie, je fêtais dans le sens inverse, dès la trentaine… En ce qui me concernait. A cette époque, je fis la connaissance de Pierre Lamour et de sa femme, Benedikt. Pierre était chez Air France, et avait des missions sur Dakar. Il voyageait avec de bonnes conditions, et on devait se revoir souvent.
Monsieur Rouchouge, avait presque pris pension et suivait les travaux aux marigots avec intérêt. Nous déjeunions de temps en temps ensemble et, selon ses dires, il avait déjà recensé plus d’une centaine d’espèces d’oiseaux. Au premier marigot,(mare), Ali avait fait de belles allées en latérite. La conduite d’arrivée d’eau par les citernes intermédiaires, et du forage, était en cours d’achèvement, et j’avais caché, entouré avec des belles pierres, le gros tuyau plastique, par lequel l’eau se déverserait. Non loin de la décharge, la construction de la nouvelle porcherie, mieux conçue que l’autre, plus grande, avec plusieurs séparations, était en cours.
Mon espoir, était que pour Pâques, où nous aurions plus de monde, au moins la première mare serait « activée », avec cinquante centimètres d’eau...
Isabelle un jour, me fit remarquer que des libellules, en grand nombre, comme des hélicoptères miniatures faisant du surplace, avait découvert ce petit coin de paradis. Oiseaux, crapauds, libellules, margouillats (petit lézard), varans, nous commencions à avoir le cocktail, d’un petit écho-système. Les jeunes tamaris à fleurs roses, autour du marigot et aux pieds des grands Prosopis aux abondantes feuilles vertes, avaient pris de la hauteur. Avec Rouchouge, nous étions allés à la découverte, équipés de bottes, du troisième marigot, dont la puanteur persistait encore, malgré le début d’assainissement de la vieille porcherie. Il fallait encore attendre, l’arrêt complet de l’évacuation du purin vers la route et le déplacement des porcs. En s’occupant de cet espace nouveau, le nettoyant bien, en coupant les branches pourries, mortes, et avec une bonne taille, on avait calculé qu’en quelques mois, avec l’apport d’eau artificiel et une bonne saison des pluies, nous pouvions atteindre le coté haut de notre plage. La distance était d’au moins, cent cinquante mètres. J’avais pris comme repère, le troisième gros baobab du Domaine, qui se trouvait au pied de la petite colline des Portugais, et à peu prés à mi-distance de la plage. Ibis sacrés, grands Cormorans (anhinga), pélicans gris, avaient pris pension sur les grandes branches grises de cet arbre géant. Vous me direz pourquoi…Des Portugais ? D’après N’Diaye et Mr. Diop, lors de la conquête Portugaise et de l’accostage des Caravelles ou autres Galions, sur cette partie de la côte, le seul sommet conséquent, était cette colline, encore très abrupte de nos jours. C’était donc un point d’observation important des environs, et de l’océan.
La construction des nouvelles cases, allait bon train, ainsi qu’un autre projet, la case infirmerie, style case Estival, à coté du parc à vélo, face à la réception. Le Docteur Diouf, devait nous présenter un infirmier à la retraite, qui assurerait une permanence. Elle serait aussi terminée pendant la fermeture, comme la boutique et la salle loisirs. Pour les vacances de Pâques, à la mi-avril, nous eûmes des Dakarois, et une clientèle Jet Tours familiale. Nous commencions à être bien rodés, et tout se passa bien.
A l’approche du joli mois de Mai, Mathilde, assumait son job avec enthousiasme et compétence. Toujours aussi active, « sur le pont », avec une réelle facilité, elle avait retrouvé un bel équilibre, était plus proche de ses enfants et de moi, et les nuages s’estompaient plus vite que je ne l'avais imaginé. Il y avait toujours, le souci de ma situation au Domaine. Pas de contrat d’expatrié. Je n’avais aucun statut légal, ni de revenus décents et les promesses d’Apo, de me régler une partie de mon investissement, n’avaient pas été tenues. Mathilde était très contrariée de cet état de choses, et me rappelait à l’occasion, combien elle m’avait prévenu. Ce stress, que j’absorbais à ma façon, tant j’étais actif, elle le portait comme une véritable charge, qui pesait sur son moral. Elle aussi, avait une fonction de disponibilité permanente, qui nécessitait d’avoir toujours le sourire, donc un moral à toutes épreuves.
Armande qui se donnait à fond dans la commercialisation du Domaine, ne semblait pas avoir de prise sur la forte personnalité d’Apo, qui vivait une situation conjugale confuse, d’autres soucis, et avec Bernard, il y avait de l’orage dans l’air. En ce qui concernait ma situation, c’était donc avec Apo, lui seul, que je devais régler mes problèmes personnels. Concernant la nouvelle organisation de l’animation en hommes, et les commandes de matériel d’équipements loisirs nouveaux, et d’entretiens, là aussi, tout passait par lui. Les dernières diverses recettes des loisirs, reposant sur la clientèle Dakaroise, n’étaient pas mauvaises, mais mon bilan était mauvais. Tout était à revoir pour la rentrée.
Ces jours-ci, La pluie, le vent était presque journalier. J’avais terminé mes inventaires, et établi l’urgence des commandes. Je savais pouvoir compter sur le soutien d’ Armande pour la prochaine saison. Nous avions convenu ensemble de la date de fermeture, et nous devrions quitter le Domaine, le dernier samedi d’août. Apo et elle, partirait après.
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Le jour prévu pour le transfert des porcs dans la nouvelle porcherie, il y avait foule du personnel et rires, et il fallu bien encadrer, guider ces braves animaux, sans qu’ils s’égarent, et porter les petits porcelets…Sans perdre de temps je mis une équipe nombreuse, pour laver à grande eau, avant démolition, ce lieu qui avait été utile, mais malodorant, et que je ne voulais plus sentir et voir. Coté route, Ali Kébé déversa trois citernes d’eau sous le petit pont, pour que le purin encore présent, s’évapore, se dissolve. Je ne me faisais pas d’illusion, il faudrait du temps, pour assainir le deuxième et le troisième marigot. J’avais la certitude, qu’à notre retour à la fin de la saison des pluies, les trois marigots auraient un nouvel aspect, et que nous pourrions s’y promener agréablement. Certes il y aurait encore beaucoup à faire, mais le principal avait été réalisé au bon moment.
Nous avions reçu un petit groupe de gens de Jet Tours, et cela m’avait permis de remettre un message pour Miss Bach. Connaissant l’influence qu’elle avait sur Apo, elle pourrait au moins lui faire comprendre, lors de son passage à Jet Tours, qu’il était indispensable de mieux structurer le secteur animation, et de poursuivre les équipements loisirs et sports. Concernant ma situation personnelle, mon statut, cela ne les concernait pas. Je verrais avec lui. Il est indéniable, que sous les directives d’ Apo, le Domaine s’était beaucoup développé ces derniers mois. La création de mon secteur loisirs, avait été une grande avancée. La satisfaction de Jet Tours, ne pouvait que nous encourager, mais, il va s'en dire que, pour obtenir ce résultat, Mathilde et moi, comme Apo et Armande dans leur secteur, mettions beaucoup d'énergie dans notre travail. Dès lors, nous pourrions bientôt accueillir un plus grand nombre de vacanciers, leur offrir un hébergement plus confortable, dans de belles cases originales.
Parallèlement, les efforts d’Apo, pour faire de notre table, une des meilleures du Sénégal, n’avaient pas cessés et la venue d’un nouveau Chef, pour la prochaine saison, était un excellent présage.
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