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Sénégal,Nianing,France, Aout,Septembre,Octobre 1975 à..286° à 297° Bon° Marc tremsal

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Sénégal,Nianing,France, Aout,Septembre,Octobre 1975 à..286° à 297° Bon° Marc tremsal

Message  tremsal le Lun 10 Oct - 18:20

Un changement salutaire.
Un silence lourd…
De l’océan gris aux sapins verts.




Bonjour la France !





Je n’avais voulu déranger personne, et on prendrait le car Air France jusqu’à Paris, et un taxi pour Suresnes. Il nous tardait de revoir notre Hubert, qui savait qu’on arriverait ce matin. Nous étions en France, moi, avec mon principal souci, et mes chéris heureux comme tout, et bien réveillés ! Après avoir récupéré nos bagages, on prit le car direction la porte Maillot. La fraicheur de l’air, à cette heure matinale, nous changea des tiédeurs de Dakar, et nous réalisions que nous étions bien en France. Paris m'apparut bien calme en cette dernière semaine d'août et la fluidité de la circulation m'étonna, j'avais oublié que les parisiens étaient encore en vacances! On prit un taxi, direction Suresnes, et avant neuf heures trente, nous étions rendus au pied du Donjon. On déposa les valises dans l’entrée. Notre Hubert était il réveillé ? Christian qui avait pris mon trousseau, entra le premier, suivi d’Isa. Blottit dans le lit bateau, dans l’ancienne chambre des enfants, Hubert ouvra un œil, puis deux !
--Mais c’est vous, déjà là ! Quelle heure est-il ?

Les retrouvailles furent joyeuses, Hubert attendait notre retour avec impatience, l’appart était tout beau, tout bien rangé. Le frigo était rempli. Je proposais que l’on prenne le petit déjeuner et sans perdre de temps, j’allais acheter des croissants.
--Avec Hub, vous montez les bagages ?
Quel plaisir d’être ensemble ! Aussitôt le dernier croissant avalé, Christian me dit :
--Papa, on appelle maman ?
Isabelle ne voulant pas être en reste, surenchérit :
--Papa, et aussi papy et mamy dans les Vosges.

Hubert avait l’adresse de Ty, et son fil. Nous allions faire notre programme de séjour en France, en commençant par Paris, la famille, les amis proches, Jet Tours et… Cette journée de dimanche, nous la passâmes à Suresnes. Il fallait que je m'assure de la disponibilité de la voiture d’Apo, et j’appelais en premier mon ami Tabone, qui me dit, que je pouvais la prendre, mais pour circuler en ville…Il viendrait nous la déposer dans la soirée. Vu l’heure matinale, on attendit un peu, et puis les enfants eurent leur maman longuement. Elle allait beaucoup mieux. Ty avait trouvé une location à Pont de Cervieres, aux portes de Briançon, une des plus hautes villes d’Europe. L’altitude, l’air vivifiant des Hautes-Alpes, semblaient lui convenir parfaitement. Je lui parlais à mon tour. Elle me demanda comment j’allais… Et en la quittant, les enfants étant à mes cotés, je lui dit que je l’embrassais…

Ma chère maman était bien évidemment au courant de notre arrivée à Orly ce matin et elle fut aux anges, lorsqu’elle entendit la voix d’Isabelle. Christian l’embrassa et je pris le combiné pour l’entendre et lui dire qu’on se verrait bientôt. Pour déjeuner, on s’offrit l’extra du « Père Lapin », Hub et les enfants étaient heureux.
On parla du fils Sicard qui était dans mon atelier, et qui avait du mal à s’imposer, malgré tout ce que j’avais entrepris pour lui…Christian n’arrêtait pas de parler du Domaine, des sports, de son école, de ce que son papa faisait ! Puis l’après-midi, j’appelais Jean-Claude Eger à Ormoy la Rivière, le sachant là-bas, comme chaque Dimanche. Des frères et sœurs, sur la région parisienne, Geneviève, Marie-Noel, Bernard, Paul on se verrait rapidement. Dans l’appartement on commença par vider les valises. Pour dormir, Chris serait avec Hubert, Isa dans notre chambre, et moi au salon. L’ami René Tabone arriva juste au moment où j’allais faire quelques courses et me remis les papiers, les clefs et la Peugeot. On bavarda un peu et il me laissa entendre qu’Apo, devant rester encore à Dakar, n’allait peut être pas passer par Paris comme prévu et qu’il irait en Grèce directement. Cela me tracassait, par rapport aux commandes-loisirs, que nous devions effectuer pour le Domaine.

*


lL fallait établir notre programme. Commençant par les contacts divers à Paris, je devais poursuivre ensuite, dés Mercredi, mon rendez-vous important à la colline St.Cloud, chez Jet Tours. Excellent accueil de Jacqueline Raymond, qui comme toujours est adorable. Elle me demande des nouvelles de Mathilde, me confirmant que lors de son retour de Dakar, elle est venue la voir…Et que tout se passa bien au service du personnel, régularisant sa situation, par rapport à son départ du Sénégal, pour cause de maladie. Elle ne tarissait pas d’éloges sur Mathilde… Et puis, sachant que cela devait être une épreuve pour moi, elle me réconforta, en me promettant que je pouvais compter sur elle, qu’elle serait toujours à mes côtés.
Concernant le dossier investissement, j’avais prévu d’avoir un rendez-vous avec Monsieur Pinson. Il était absent et il s’apprêtait à partir sur Dakar. Verrait-il Apo ? Je l’espérais vivement. Voulant voir Jean-Louis Martin, pour la publicité, et avec lequel j’étais en confiance, je lui parlais longuement de ma situation personnelle, et d’une éventuelle participation de Jet Tours, dans le secteur de l’animation, sports et loisirs. Je le tenais au courant au sujet d’Apo, qui normalement devait arriver à Paris. Il devait voir la direction Jet Tours pour divers problèmes, dont celui des loisirs, avec un document chiffré que j’avais préparé. Je lui remettais une copie à l’identique du dossier remis à Apo, qui concernait à mon avis aussi Jet Tours, que je considérais de plus en plus, comme notre partenaire numéro un. Je l’informais qu’Apo, s’était engagé avant le quinze septembre, de me donner son feu vert pour l’achat du matériel, au moins pour les urgences, en assurant au préalable, l’envoi des fonds.

Mon idée, reposait en cas d’incapacité financière d’Apo à tenir son engagement, à ce que Jet Tours conscient de l’enjeu, intervienne. Quand à ma situation personnelle au Domaine, j’abordais l’éventualité que je devienne… Un jour, un salarié Jet Tours… Je le sentis réticent à ce sujet, me disant que c’était un peu prématuré pour le moment. Je ne regrettais pas, d’avoir pour la première fois, confier un peu mes états d’âme, à quelqu’un de Jet Tours, avec qui je m’entendais bien.
Au moment de quitter les bureaux de Jet Tours, j’apprenais par le service accompagnement, qu’Apo ne viendrait finalement pas à Paris. Imaginez ma déception ! Il rencontrerait Monsieur Pinson à Dakar, ce qui pouvait être était aussi un bon plan. Avant de quitter la soiciété, je fis un message écrit pour Apo, (ci-dessous),que je donnais à Pierrette du télex, qui ferait suivre en urgence.

Apo,
Ces jours-ci, j’ai vainement attendu un appel de toi ? Je ne sortais pas le soir exprès. Mais hier tu as eu Hubert, et il m’apprenait que tu ne viendrais peut être pas à Paris. Tu ne lui a rien dit sur le virement que tu devais faire ? Je t’écris de chez Jet Tours. Tu va donc parait-il, rencontré Monsieur Pinson, à Dakar, en fin de semaine ? Serez-vous en mesure, d’aborder ensemble les problèmes de Nianing, et du secteur des loisirs, de leurs financements. De le résoudre ? Tu as tout le dossier avec toi, plus que complet. J’ai tenu au courant Monsieur Martin, qui est un ami et qui en a parlé avec son directeur général que tu vas voir. Je n’ai donc rien reçu de toi à ma banque ? Apo, J’ai de gros soucis financiers, merci d’agir. La publicité double page sur le Domaine, dans la brochure Jet Tours Afrique est superbe, nettement supérieure à celle des autres produits hôteliers. Tu sais l’urgence et nous n’avons plus beaucoup de temps devant nous. Qui va financer ? Eux ou nous ? Merci encore une fois, de t’occuper du virement…Il y a urgence. Je vais le WE dans les Vosges, tu as le fil. Apo, ne me laisse pas dans le silence. Tous mes dossiers fournisseurs sont prêts.
Au revoir Apo, Marc


*


Selon leur souhait, Christian et Isabelle, prendrait le train de nuit vers Briançon jeudi soir. A leur retour, on irait dans les Vosges. Pendant ce temps je restais sur Paris et appelais les fournisseurs, pour m’excuser sur le retard apporté aux commandes. J’avais quelques pièces détachées à prendre chez Hall Méditerranée, ainsi que pour les mini-vélos chez un réparateur de vélos dans le 18eme. Tout le reste attendrait, cela faisait partie des commandes importantes…
Christian et Isa, passaient un bon séjour à Pont de Cervière, auprès de leur maman, heureusement bien rétablie. On s’appelait le soir. A Paris comme prévu, j’organisais mes rencontres et je commençais par mon amie fidèle, Marcelle Oury, qui ne m’attendait plus ! Elle avait accumulée des articles de presses et de nombreuses photos. On prit deux rendez-vous pour que je vienne mettre en page et coller tout ça. Jean-Claude Eger, attendrait le retour des enfants pour qu’on déjeune ensemble.

Leur date de retour fixée, J’allais les accueillir au train du matin. On prit un super petit déjeuner, au restaurant de la gare et très spontanément, Christian me mit ses bras autour de mon cou et me dit :
--Papa, maman va guérir et elle reviendra un jour…
Surpris, je lui répondis que pour sa maman, suite à sa grave maladie, vivre en Afrique s’était fini…Et puis, elle voulait faire des études d’infirmières…
--Oui mon papa, elle nous en a parlé.
Ils avaient vraiment faim et Chris redemanda des tartines. Isabelle me demanda si elle pourrait revoir ses amis de Suresnes…Et si on allait au cinéma. Je songeais à ce qu’ils avaient fait, chaque jour à la montagne…Avant qu’ils quittent Paris, et n’arrivent à Pont de Cerviére, j'avais demandé à Mathilde au téléphone, de faire preuve vis-à-vis de nos enfants, qui ne se doutaient de rien, de prudence, de réserve, quand à sa vie amoureuse. Que le temps viendrait pour aborder ensemble, avec eux, ce que serait la vie nouvelle de leur maman.. J’espérais donc fortement, qu’elle se soit comportée délicatement, intelligemment.

Ce qui comptait c’est qu’ils avaient été heureux de revoir leur maman en bonne santé. En rentrant à Suresnes avec la 403, on parla de diverses choses et ils furent très discrets sur leur séjour dans les hautes Alpes. J’allais m’employer à voir avec eux, ce qu’ils voulaient faire à Paris, avant notre départ dans les Vosges. Pendant que je bavardais avec Patrick Sicard à l’atelier, ils allèrent voir des amis. On avait décidé d’aller au cinéma au Champs Elysées, en fin de journée. Hubert se joignit à nous et nous eûmes quelque peine à choisir, en ce mois d'été, un film sympa. Ayant trouvé, enfin, une place dans la quartier de l’avenue Georges V, on découvrit à l’affiche, « American Graffiti » de George Lucas. Film dont la presse avait dit du bien…La séance allait commencer, on grignoterait après…Etre sur les Champs Elysées la nuit, et en été, on était bien.

Ce film était réussi. Il nous avait transportait en Californie, dans une Amérique des années soixante, désinvolte, insouciante...Un groupe de jeunes, fêtant la fin de l’année scolaire, dans une débauche de belles voitures, de belles filles, de danses et de flirts…Le film avait bien plu à Isabelle. Hub avait un peu dormi…Une petite faim nous tenaillait, et c’est chez Mario, heureux de nous voir, qu’on s’installa. On se contenta de trois pizzas et Mario demanda des nouvelles de papy Georges et de mamy Sophie. Il aimait toujours parler de cette terre de Tunisie…De la Goulette…

Avant d'entreprendre notre voyage vers l’est, je faisais des achats de disques nouveaux, et de matériel dessins, feutres, papiers, etc. La 403 m’était très utile, mais avant de faire ce long voyage, je préfèrais la laisser deux jours, à un garage de Suresnes, pour une petite révision. On fit aussi les courses pour les affaires scolaires et c’est avec plaisir que l’on alla déjeuner chez Jean-Claude place des Vosges. Au menu, des œufs au bacon, un de mes plats favoris. Les enfants parlèrent de Nianing, de leur maman que Jean-Claude aimait beaucoup, de sa fatigue et de son retour en France. Christian fit promettre à Jean-Claude de venir nous voir à Nianing !
Bernard et Paul étaient rentrés de vacances et on se fixa rendez-vous, dans le quartier de la Nation, sur les coups de midi, pour un déjeûner entre frèrots. Le plaisir de nous revoir était réel. On parla de Nianing et des cotés positifs, mais également du départ de Mathilde, et je leur fis part du tableau plus sombre de ma situation financière. Ils me recommandèrent d’être plus exigeant, que c’était « inadmissible après tout ce que j’avais financé… Et apporté au Domaine »

*


La 403 révisée, pouvait entreprendre sans risques, notre voyage vers Nompatelize. Hubert avait du travail et ne serait pas avec nous. A ce jour, toujours sans nouvelle d’Apo. Il avait le numéro de mes parents. J’appelais Jet Tours et Martin me confirma qu’il avait eu le temps de parler avec Monsieur Pinson, et qu’il était prévu qu’il voit Apo à Dakar. Notre retour au Sénégal avait été fixé fin septembre, et je voyais le temps qui passait, sans que je puisse envisager de commander les équipements de sports et loisirs, comme nous l’avions envisagé. Les fournisseurs avaient tout préparé. Nous étions déjà à la mi-septembre... Marcelle Oury me convia à déjeuner en milieu de semaine, et on travailla sur l’œuvre de son fils Gérard. Elle tenait à finir le livre de Rabbi Jacob et tout en collant les articles de presses, les photos de film, on se racontait nos vies ! On convenu de se revoir à mon retour des Vosges.

Selon ma vieille habitude, on quitterait Suresnes, vers dix sept heures, avant les embouteillages. Christian avait voulu qu’on passe à une station-service pour laver la voiture, faire le plein d’essence. Il monta à coté de moi. La fameuse N.4 était réputée pour ses queues interminables de véhicules, et toutes ses villes à traverser. Isabelle pensa tout fort, et nous dit avec l’air triste, que mémé était au ciel et que son piano devait être bien seul…Vers vingt heures on fit une halte dans un « Routier », où le service est toujours rapide. Trois steak frites, salade, de l’eau et en dessert, deux crèmes brulées et pour moi une mousse au chocolat. J’allais bien me rafraichir la tête à l’eau froide des toilettes, et pris un grand café. Christian et Isabelle s’endormirent à l’arrière de la voiture. J’étais en forme.
Je m’en voulais un peu de faire veiller mes parents aussi tard. Il y avait heureusement la télévision et pour maman la lecture d’un bel ouvrage…Il n’était pas loin de minuit. La voiture grise avait bien roulé, les enfants s’étaient réveillés au moment où les pneus se mirent à crisser sur les graviers, lorsque je pris le chemin qui monte à la maison et, juste en haut de l’allée, j'arrêtais la voiture à l'abri du marronnier centenaire. Ouf! Nous étions bien arrivés!

Dans le garage, Blacky jappait, manifestant des signes de joie. Christian prudemment, alla lui dire bonjour. Plus d’une année s’était écoulée et j'allais revoir mes chers parents. Au bruit du moteur, ils étaient sortis et se tenaient par la main, là, devant la porte du clos, malgré l'heure tardive, heureux comme nous l’étions de nous retrouver…Sans, pour la première fois, notre Mathilde chérie...On rassura maman, nous avions diné en chemin ! Vu l’heure tardive, sans faire de bruit on alla dans nos chambres aux lits douillés, si bien préparés par maman. Très vite, nous tous dans la grande maison, trouvèrent un sommeil bien mérité.
On bénéficia d’un temps superbe. Notre petite semaine à Nompatelize s’écoula tranquillement. Papa était en pleine forme et nous l’accompagnâmes souvent à St. Die pour les courses par la vieille route. En passant devant la maison des dernières cartouches, conflit de (1870), je suis toujours impressionné par le passé historique et glorieux de ce hameau, qui a vu son sol foulé, martyrisé, occupé, durant trois invasions et dont les troupes, constituaient de régiments très divers, résistèrent toujours dans l’honneur et le sacrifice.

Un après-midi on alla en famille, jusqu’au col de la Schlucht, un des principaux cols du massif Vosgien. Déjà les tons automnaux, offraient des contrastes variés, avec le vert profond des sapins. Ensuite on suivi la route des Crêtes, au paysage et à la beauté sauvage assurée ! Et on rentra.
Durant ce séjour, me trouvant seul avec maman dans le jardin fleuri, je lui confiais mes petits secrets à notre sujet. C'est-à-dire Mathilde et moi. Notre vie allait se poursuivre différemment, et maman fut rassurée que notre séparation prévisible, se passerait calmement. Mes parents aimaient Mathilde autant qu’une de leurs filles et connaissant leur sensibilité, cette épreuve les touchait beaucoup. Lorsque nous sommes dans la grande salle à manger, à l’heure du café, je me revois ce 29 aout 1963, ici, dans le même lieu, avec Mathilde et notre grande famille, fêtant notre mariage…Christian me le rappelant :
--Mais papa, vous étiez tous là ! Dans la grange…

C’était l’occasion pour mes parents de se souvenir de ce beau moment de leur existence, et de maman de nous dire avec émotion, que ses chers parents, notre pépé, et mémé Lou, étaient de la réunion. Dans la petite salle à manger, Isabelle, pianotait des airs connus et me disait toujours !
--Papa, j’aimerais bien faire du piano, mémé en jouait si bien !
Notre visite chez Denis et Yolande, se fit à pied par le grand champ, parmi les nombreux moutons. Maman avait prévu Dimanche, la veille de notre départ, un déjeuner avec les Philippe Mongel et les Denis. Un matin avec Christian, et Blacky, on alla voir monsieur et madame Jarray, et visiter pour la énième fois, leur laiterie-fromagerie. Certains après-midi, lorsque papa et mémé jouaient aux cartes, je restais avec maman dans la loggia. Elle avait souvent un ouvrage historique à la main, et on bavardait ensemble. Nous n’allions plus nous voir pendant presqu’une année ! Et tellement de choses pouvaient arriver.

Dimanche, en sortant de la messe, on fit une halte au cimetière et une prière au tombeau familial. Notre mémé était là. Ma pensée, comme celles de papa et maman, s’échappèrent quelques instants vers la Tunisie, ou reposaient son père et sa chère sœur Annie, ma marraine. La journée fut dés plus agréable, et la choucroute de maman, si riche et copieuse, contenta la grande tablée. Les uns et les autres parlèrent de leurs occupations, et nous posèrent des tas de questions sur notre vie au Sénégal. Je laissais les enfants s’exprimaient, ils avaient tant de choses à dire. Pendant le repas, il y eu un coup de fil de Tunis, de la famille Rondeau, qui savait que nous étions à Nompatelize. A l'heure du café, je pris Denis à part pour lui donner des nouvelles de Ty, et de notre situation. Certains jouèrent à la pétanque, d’autres aux cartes. Pour diner, on se retrouva un petit nombre, à déguster les patates au lard, et une bonne salade. Tout le monde se dit bonsoir et avant de se coucher, on alla embrasser notre mémé dans sa chambre.

Nous avions décidé de partir de jour, lundi matin, et le petit déjeuner préparé par papa fut très bon. C’est avec émotion qu’on s’embrassa les uns et les autres. Je serrais maman très fort dans mes bras. Blacky aboya, et on prit la route du retour…Mais de jour.
Christian me conseilla la prudence, tant il y avait de camions sur cette N.4 ! Et sans surprise, on arriva à Suresnes vers treize heures. Isa avait dormi tout le temps. On fit deux, trois courses et on grignota à la maison. Le départ était fixé à samedi et on avait la semaine pour préparer les bagages. J’avais une cantine pour Jet tours, qu’il ferait suivre. J’avais à revoir Marcelle Oury, Paul mon frère, et ma sœur Geneviève. René Tabone, devait récupérer la voiture et on combina qu’il la récupère à Orly, le jour du départ. Les enfants devaient revoir des amis de Suresnes, et par gentillesse, leur « pédiatre », le docteur Nahum. J’avais reçu deux colis de médicaments et à la pharmacie de Suresnes, Madame Lémée, on m’avait préparé pas mal de choses.

*


Vous n’imaginez pas dans quel état moral, je devais me trouver, pendant ces quelques jours, qui devaient précéder, notre départ pour le Sénégal. D’ Apo, je n’avais eu aucunes nouvelles de tout l’ été ! Le grand silence. Faute de renouvellement du matériel, et d’achat des nouveaux équipements loisirs du Domaine, j’appréhendais, que j’aurais de sérieux soucis pendant la saison... Quand à l’aide financière me concernant et promise, je ne reçu jamais le virement. Je m’étais résigné à demander un prêt familial dans l’urgence, pour parer au plus pressé. De Jet Tours, il ne se passa rien de nouveau, et Monsieur Martin me confirma que pour cette année, Jet Tours n’interviendrait pas directement dans le secteur de l’animation. J’avais appris qu’Ils maintenaient toujours leur appui financier au Domaine, en début de saison, sur avance de facturations. Une partie de cette aide aurait-elle pu servir aussi, à financer certains équipements loisirs ? Ce ne devait pas être le cas.
Le bilan en ce début octobre, était plus que négatif et il me fallait préparer, affronter la fin d’année et la nouvelle saison 76, sans ma compagne, toujours seul à l’animation, et avec un matériel de sports vieillissant, non renouvelé…

Ce qui me sauva de l’effondrement, ce fut d’avoir vécu intensément, le temps de répit de nos vacances, si réconfortantes et si chaleureuses. Deux trois jours avant notre départ, me remémorant les retrouvailles familiales dans les Vosges, les revoir d’amis à Paris, l’affection de mes frères et sœurs, l’amour de mes enfants, je retrouvais la foi et l’espérance. Ma vie était tracée, bien loin de cette terre de France où vivaient tous les membres de notre grande famille que j’aimais. Je vous l’ai dit, je ne pouvais trop m’apitoyer sur le fait, que j’allais fonctionner en revenant au Domaine, sans aucuns changements…Il fallait être réaliste. Ce qui m’aidait, me motivait, c’était la joie de vivre des enfants, et je faisais tout pour qu’ils la garde, en évitant de leur parler de mes soucis. Oui ma vie était tracée, et il fallait retrouver malgré tout, l’écoute et la confiance d’Apo.


*

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