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Sénégal,France,Nianing Aout...Octobre 1975 à..298° à 303° Bon°

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Sénégal,France,Nianing Aout...Octobre 1975 à..298° à 303° Bon°

Message  tremsal le Mar 11 Oct - 8:45



Une reprise difficile,
Une absence remarquée…
Un moteur : mes enfants.





Nianing, réouverture, octobre 75.





Notre dernière semaine, fut plus calme. Quelques courses à la Fnac, pellicules diverses, un maillot de bain pour Isa, et des petits achats d’ordre scolaire. J’avais un appareil de cinéma 8mm à la cave, et Christian me dit de le prendre avec nos films, ça pourrait être sympa pour les enfants…Tout cela, trouva place dans la cantine, avec les livres, des pièces détachées, des jeux de sociétés… On alla ensemble à Jet tours, la déposer, et on fit le tour des bureaux. Miss Bach fit la connaissance des enfants et me prenant à part, me demanda des nouvelles de Mathilde et surtout de tenir bon à Nianing, que la situation s’arrangerait. De retour, au Donjon, j'eus un long entretien avec le fils Sicard. Il me fit savoir qu'il comptait bien rester encore quelques mois à l’atelier. Il avait eu du mal, étant donné son jeune âge à me succéder, d’autant que j’avais eu une clientèle diversifiée, personnalisée et exigeante.

Je revis Marcelle Oury, mon ami Jean-claude, et les frères et sœurs sur Paris. Hubert nous accompagnerait samedi matin, avec la 403, et Tabone viendrait la récupérer à Suresnes. Cette voiture, appartenant à Apo, fut mon seul lien positif avec lui, de tout l’été ! Merci Apo. Le matin du départ, on passa les coups de fil aux proches, et les enfants appelèrent leur maman. Tout se passait bien pour elle. Nos valises n’étaient pas trop lourdes, on avait rajouté les médicaments de la pharmacie Lémée, de mon beau-frère le Docteur Bartolo et du Laboratoire Spécia, mon ami Chouvel, un bon stock de Nivaquine et d’antibiotiques. Nos trois bagages, furent vite enregistrés par l’équipe Jet Tours. Hubert était un peu triste de nous voir repartir, mais, il retrouva rapidement le sourire à l'idée qu'il viendrait nous voir…

*


Le vol fut sans histoire, le transfert en taxi, toujours avec les mêmes péripéties. Les enfants dormirent jusqu’à Nianing, où nous attendait le fidèle Ada. Notre arrivée nocturne, ne nous permit pas de voir les changements... On alla direct chez nous, où le gardien nous attendait. La maison au bois vert tendre était toute belle. Nous avions quelques jours devant nous avant l’ouverture et l’arrivée des premiers touristes. Notre première nuit africaine nous permit de récupérer du voyage. Le matin on alla aux cuisines, nous préparer le petit déjeuner, pain beurré, mais sans les bons croissants de Camara.

On fit le tour du Domaine tous les trois, à vélos. Pendant la fermeture, la boutique avait été terminée, et le talentueux Dialo, finissait de fabriquer les meubles-vitrines en bois rouge, que j’avais dessinés. Le programme cases nouvelles du parc s’achevait. La case loisirs était en cours, ainsi que l’infirmerie. Sur le plan de l’environnement, le troisième marigot vers la plage, qui me souciait le plus, s’était beaucoup étendu et une abondante herbe verte s’étalait sur chaque coté. Les mauvaises odeurs avaient disparu ! Les pluies abondantes avaient délavé les marigots et avaient occasionné aussi, pas mal de crevasses dans les chemins en latérite. Ali Kébé allait avoir du travail en perspective. Toute l’équipe Sénégalaise des loisirs était là. Nous allions préparer le matériel de sports et tout mettre en place.

Pour les raisons personnelles que vous connaissez, la reprise au Domaine, fut donc laborieuse, sur tous les plans. Avant la fermeture, depuis le départ de Ty, de Nianing, ma vie avait déjà commencé à changer du tout au tout. Dés notre retour, son absence, se faisait sentir, tant elle avait fait l’unanimité. Sa gentillesse, son élégance, son travail, avaient marqué tout le personnel. Maintenant la priorité était le bien être de mes enfants, leur bonheur ici. Je devais m’investir à fond dans le travail de préparation, pour réussir l’arrivée des premiers vacanciers. Armande travaillait toujours à Dakar. Je n’avais eu aucune nouvelle d’elle… Et nous nous étions peu vus depuis mon retour. Etait-elle au courant de mes soucis ?

La Famille Bernard était au complet. On devait déjeuner ensemble. Ils passaient leurs journées au grand nettoyage du restaurant, des cuisines, de la discothèque.
A deux jours de l’ouverture, Apo n’était pas encore venu au Domaine. Je me disais souvent, en me remémorant « notre fabuleuse rencontre », que je lui avais fait confiance, lui aussi, et que tant bien que mal, on avait bien avancé ensemble. Certes c’était vrai. Mais ces temps-ci, Il semblait m’éviter, était-ce une impression ? Je n’avais pas encore eu d’explications sur son grand silence pendant toutes les vacances. C’était apparemment son habitude, face à certains problèmes, il les fuyait, plutôt que de les résoudre...Mais n’avons-nous pas tous, de défauts ?

*


A chaque nouveau lever de soleil, je ne voulais pas me laisser abattre. L’important, c’était de continuer à dynamiser le Domaine avec Apo, tout en étant confiant en ce que nous avions entrepris, réalisé avec lui, et la grande famille du personnel. Cela était réconfortant. Je me forçais à penser que dans ce lieu magnifique, mes griefs envers Apo, s’estomperaient, et je n’avais qu’un choix celui de « faire avec », coûte que coûte ! Avais-je ma part de responsabilité dans nos désaccords ? Je ne pouvais le dire. Peut être que mon tempérament fonceur, créatif, pesait parfois ? Les problèmes sérieux, concernaient ma situation légale, salariale non réglée, et surtout, son pesant silence de cet été, n'avait fait que de les accroître.... Je ne jugeais pas son caractère, je m’y étais habitué. J’avais admiré l’homme, et voulais le laisser sur son piédestal, sur lequel, j’avais été un des premiers, à l’y installer. Aussi, nous étions embarqués sur le même vaisseau et je n’avais pas l’âme d’un mutin. J’obtiendrais tout par la patience, l’écoute, le dialogue, la persuasion…Et le respect.

*


Dès notre arrivée, nous étions allés, Isabelle et moi, à M’Bour, à l’école des sœurs Immaculées pour confirmer son inscription pour la rentrée scolaire. Les difficultés scolaires, de la première année de Christian à l’école primaire des frères de Nianing, me préoccupaient. Nous devions, avec Christian, joindre Dakar, pour rencontrer la Père supérieur de l'Ecole des Maristes, Cours Sainte Marie à Hann. (Périphérie de Dakar).Cela ne le réjouissait guère !
De Mathilde les nouvelles étaient meilleures et en accord avec elle, je me hasardais à inscrire Christian, pour sa sixième, avec son consentement, comme pensionnaire chez les Maristes. Mais il devait y rentrer avant mardi soir. On fit l’expédition avec Isa et Babacar, comme chauffeur. Christian avait une petite valise avec toutes ses affaires et il était convenu qu’on irait le chercher le vendredi à seize heures trente…
…Mais, mais Il n’y resta que trois jours, ayant vécu une nuit agitée, dans le dortoir, quelque chose de pas très « catholique », qui se limita heureusement, qu’à une tentative, dont je ne vous donnerai pas de détail. Ayant rejoint le domicile d’une amie, il m’appela. Je le récupérais de nuit en minibus, chez Catherine de Chicourt. Heureux de nous retrouver, on regagna le Domaine.

Finalement, grâce au Père Gavran, on pu l’inscrire in extrémis en sixième, au Collège ST. Esprit de M’Bour, comme externe, ce qui l’enchanta. Entre Isa et lui, on mit en place un circuit de chauffeurs, moi compris. La rentrée était lundi.
Quand Apo et Armande arrivèrent, ce fut l’effervescence, bien que tout était déjà en place…Nous étions la veille d’une fin de semaine chargée, entres les Dakarois et le plein de touristes. Il me tardait de croiser le regard d’Apo, lorsqu’il m’appela de loin :
--Marc, viens avec moi, on va faire un tour en jeep…
C’était comme si on s’était vu la veille ! J’ obtempérais en montant à coté de lui, et il rentra de plein pied dans le sujet…Tout en roulant à petite vitesse vers le fond du parc.
--Bon Marc, j’admets que je me suis mal conduit, mais tu n’es pas au cœur des mes soucis…
Voyant qu’il ramenait tout à lui, je lui coupais la parole en lui disant :
--Ecoute Apo, tout l’été sans un appel de toi, sans un message, sans l’envoi des fonds me concernant…
Apo me dit alors, mille fois pardon, pardon, qu’on allait voir tout ça ensemble. Quand aux matériels, pas un mot pour l’instant. En fait il voulait me montrer tous les travaux réalisés pendant la fermeture.
--Apo, j’ai déjà fait le tour du Domaine, c’est très bien. Si tu avais été aussi performant à mon égard, et surtout pour toutes les commandes urgentes des loisirs…
--Marc, ne t’énerves pas. On va voir tout ça. Est-ce que tout est prêt ici ? Et avec Bernard ?

De Mathilde, il me demanda si elle allait mieux, et juste une remarque, que nous attendions le nouveau représentant Jet Tours. Arrivés à la hauteur de la réception, il me déposa avec un large sourire. Par correction j’allais saluer Armande, qui se battait sur son planning. On parla de choses et d’autres et je lui suggérais de lui faire un nouveau plan des cases, villas, assez grand, à remplir, à effacer au crayon-gomme, sur une carte couchée mat de 50X70cm. Elle trouva l’idée géniale. Notre imprimeur De Vallois, nous tirerait ça très bien. Avant de la quitter, J’hésitais à lui parler de mes soucis, et ne le fis pas. Elle me demanda si Mathilde était bien remise. Estival et madame arrivèrent de Dakar. Tout le petit monde de Nianing était là. Pour Isa, la rentrée était lundi, et elle se faisait une joie d’aller dans une vraie école, d’avoir des amies. Pour Christian après l’épisode des Maristes, se retrouver à neuf kilomètres du Domaine, était miraculeux.


*












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