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Sénégal; Nianing, Octobre 1975 à ....304° à 308° Bon° Marc Tremsal

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Sénégal; Nianing, Octobre 1975 à ....304° à 308° Bon° Marc Tremsal

Message  tremsal le Jeu 13 Oct - 13:54




Bientôt le quatre étoile pour les singes !
Deux blondinets, deux écoles à M’Bour.
Les trois mousquetaires.








Apo et Armande devaient repartir sur Dakar rapidement, et nous eûmes tout juste le temps de se dire à bientôt. Le déjeuner prévu avec Bernard, au restaurant du personnel, ne m’apprit rien de très nouveau, que je ne sache déjà, mais il semblait préoccuper. L’après-midi avec Christian, je m’occupais du transfert des derniers singes, près de chez nous, en lieu et place où l'on avait commencé à construire la première tranche de leur confortable habitat. Tout se fit sans incident majeur, mis à part la cyno d’Apo qui s’était échappée…Et qui ne voulant pas être attrapée par le préposé aux singes, sauta dans mes bras en poussant des petits cris ! Christian avait toujours son petit babouin, qu’il détachait de temps en temps pour aller le baigner. Tous les jeunes, avaient un temps d’adaptation avant de les enfermer et je leur avais fait fabriquer des petites ceintures en cuir, assez larges. Pour nos singes adultes, nous avions prévu de longues chaines galvanisées, avec mousquetons et émerillons que j’avais rapportés de France. Ainsi elles ne s’emmêleraient pas, et jouissant d'un espace plus grand, ces braves bêtes, ne pourraient plus se chamailler. Les grands patas aux crocs acérés d’un coté, et les trois babouins agressifs, semblaient se plaire dans les premières cages forteresses !

On me fit demander à l’entrée, et Wabili Camara en grand boubou blanc, mais tout le visage caché par une écharpe, m’expliqua qu’il avait de gros furoncles au cou…On se retrouva dans ma petite cabine et je lui consacrais une bonne demi-heure, lui donnant une boite de Piostacyne en traitement. Le Stock de Spécia était vraiment conséquent et cela me servirait pour le personnel. Wabili en partant me remis un petit talisman en cuir, pour « me protéger »…Me dit-il, des mauvaises personnes…

Les deux jours que nous avions devant nous, me donnèrent le temps de faire un grand rangement dans mon atelier et à la maison. Isabelle avait retrouvé ses lapins et s’en occupait très bien. Georges Estival était là avec son épouse et j’avais fait la connaissance de son fils qui travaillait dans les hydrocarbures à Dakar. Ce petit chalet était son œuvre et il aimait venir me dire un petit bonjour de temps en temps. L’occasion de l’écouter me raconter des épisodes de sa vie. Apo était tombé sur le gros lot en rencontrant cet homme, qui indépendamment de ses nombreuses connaissances techniques, avait beaucoup investi dans ses affaires. Concernant les enfants, j’avais dans mon planning prévu de les accompagner à m’Bour un matin sur deux.

Une dernière, mais très forte pluie devait nous surprendre, le jour de l’arrivée des premiers vacanciers. Ali Kébé et tous les jardiniers passèrent tout l’après-midi à nettoyer, à boucher les trous dans les pistes. L’occasion de vérifier, qu’il n’y avait aucunes traces d’infiltrations sous la paillote restaurant, grâce à l’excellent travail des ouvriers, qui avaient bien réparé les chaumes des toitures. Un tour à pied aux marigots, me réjouit pleinement. Certes, le niveau était encore bas et la forte pluie avait fait du bien. J’y voyais de plus en plus d’oiseaux, de cormorans, de martins-pêcheurs et l’idée me vint de voir avec les pêcheurs, s’ils pouvaient me donner des petits poissons, d’espèces diverses. Avec l’eau saumâtre, je pense qu'ils pourraient subsister ! La boutique qui avait fait peau neuve attendait du personnel et une personne responsable. Aussi, Armande avait tellement de travail à Dakar, que je me demandais comment elle allait faire.
Abri des vélos, rien de nouveau, mis à part que mon nouvel ami, Alex avait réalisé un bon travail pour leur entretien. Nous avions sorti les deux tandems et six vélos Gitane. Tous les mini-vélos fonctionnaient. A la case infirmerie, il ne manquait plus que le toit conique. Mon ami Edouard Garoscio, m’avait promis de l’équiper en mobilier et il s'était annoncé pour Dimanche. Nous avions des militaires et familles, pour ce soir. La fin de semaine s’annonçait très animée.

*


Le nouveau grand car de Sénégal Tours, arriva après minuit, avec deux groupes distincts et quelques individuels...Et ma cantine ! Moussa qui faisai office de représentant jet Tours, fit le petit laïus de circonstance et Ada et son équipe accompagnèrent les premiers vacanciers de la saison. J’eus le loisir de remarquer qu’il n’y avait pas de gens très jeunes ! On avait , comme habitude, d’être toujours présents aux arrivées…Mathilde me manquait beaucoup. Sur le plan affectif les pages se tournaient doucement. Pour les enfants, la vie avait voulu que les choses se passent ainsi. On appelait Ty une fois par semaine. Sur le plan professionnel, chaque jour je réalisais combien elle s’était intégrée dans ce métier si délicat. En rentrant dans la maison verte, je ne faisais pas de bruit…

Le restaurant avait ouvert, Grégoire, Jean-Pierre, Camara et ses croissants étaient tous là. Christian, Isa et moi, surnomés amicalement par Monsieur Tiss « les Trois Mousquetaires » inaugurions le premier service de sept heures. Mes enfants avaient trouvé leur rythme, et connaissant mes horaires, ils s’organisaient. Aux cuisines, le personnel leur préparerait à déjeuner à leur retour de l’école, ils pourraient faire une petite sieste après.
Pour moi la machine se mettait en marche et il nous fallait adopter jusqu’à l’approche de l’époque des fêtes une vitesse de croisière. La scolarité à M’Bour était de qualité dans ses deux écoles catholiques, très bien dirigées.
Les nouveaux vacanciers, apprécièrent le pot d’information et le Nianing bien frais. Après l’historique, je laissais Moussa et voulant voir Cheikh Ba, j’allais à la plage. Le vieux pêcheur, sommeillait à l’ombre de sa pirogue, mais très vite alerté par ma présence, il me fit des signes.
--Monsieur marc, j’ai les petits poissons, beaucoup.
Il m’emmena sous les filaos et dans deux grands récipients plastiques, frétillaient des centaines de poissons dont les plus grands ne dépassaient pas les dix centimètres. Je le remerciais et avec la jeep je prévoyais de venir les chercher en fin d’après midi. Le sol du terrain de volley était terminé ainsi que les bandes qui délimitaient les dimensions. IL me tardait d’inaugurer le nouveau ballon ! Et le terrain.

Coté terre, la case loisirs était terminée ainsi que l’infirmerie. La deuxième tranche de la construction des cages des singes était pratiquement terminée et nous avions entrepris leur vaccination, sur le conseil avisé d’un médecin de Pasteur. Notre vétérinaire Libanais, à la forte corpulence, ne voulait pas rentrer à l’intérieur et avec des gants, bien couverts, j’avais entrepris ce corps à corps, aidé par un employé, Wali je crois me souvenir. Pour les plus jeunes à l’extérieur, le véto commença à le faire et puis il demanda à être secondé. Je me dévouais pour bien tenir ce chenapan de singe patas…Et je me retrouvais avec l’aiguille de la seringue plantée dans le poignet ! La main du véto tremblait…Elle avait ripé. Cela me valut une main enflée, des antibiotiques et des compresses d’huile modifiée pendant cinq jours. Cet enclos animalier, à l’ombre des grands arbres, puisque les singes avaient rejoint le marabout, le pélican handicapé, ne choquait pas. Il fallait expliquer aux gens, le pourquoi des singes enfermés, etc.


*



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