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Message  tremsal le Mer 26 Oct - 9:22



Un engagement permanent.
La vie continue…
« Dame Nature », au centre de mon projet.








Enfin de vraies vacances, après ce premier trimestre. Les carnets étaient corrects. Isabelle s’évertua à m’aider pour la préparation des fêtes. Elle était consciente que nous n’avions pas les moyens de créer des spectacles. Pourtant les idées ne manquaient pas. Elle verrait avec les quelques enfants présents en vacances, ce que l’on pourrait faire. Je m’en tenais à mes spectacles africains, la soirée dansante et l’élection boubous. Christian se proposait de faire deux séances au Merle Bleu de Ciné pour les tous petits (dessins animés, charlot, etc), dans la semaine. Ce deuxième Noël que nous allions vivre au domaine s’annonçait très chargé. J’’avais pratiquement le même programme d’animation pour les Dakarois toujours très nombreux et les touristes, que l’année dernière. En comptant les enfants, nous allions battre un record avec presque cent-quatre-vingts personnes pour la soirée de Noël, et presque deux cents pour la semaine des fêtes. Belle décoration, avec des centaines de boules de couleurs, accrochées sous la toiture et de nouvelles nappes en batiks, aux tons turquoise.

Le diner de ce vingt-quatre décembre, devait surprendre par son originalité gastronomique et l’exceptionnelle table des fromages de France, une des spécialités du Domaine. Camara, avait préparé sa fameuse omelette Norvégienne, qui devait régaler de nombreux palais. Apo en père Noël, portait son boubou rouge et en compagnie d’Armande, remettaient les cadeaux aux nombreux enfants. Christian et Isabelle participaient activement à la soirée et je les voyais heureux. Bien sûr, pas de messe de minuit... Il était prévu un office le lendemain à M’Bodiene. La grande peinture représentant une crèche, en style Africain, placée à l’entrée du restaurant, eut beaucoup de succès. J’animais la soirée dansante sur la terrasse assez tardivement.

*


Le lendemain de la soirée de Noël, la journée ne me laissa pas une minute de répit. Ce fut une réussite et un record au restaurant, avec la clientèle Dakaroise. Dans l’après-midi, un bien triste coup de fil de Mathilde, m’annonçait le décès de son cher papa, pour nous, papy Georges. Elle s’était rendue chez eux à Montpellier, et ne l’avait pas quitté depuis plusieurs jours…Je le savais malade, mais je fus très surpris et attristé, d’apprendre sa mort. L’année dernière à cinq jours près, c’était notre mémé qui nous quittait…Christian et Isabelle, furent très tristes et le soir dans leur chambre, on se remémorait nos étés à Tunis, les sorties en mer avec le « Dragon », papy, et la famille au grand complet…Nous pensions à mamy Sophie…Nous étions rentrés assez tard et la nuit fut réparatrice. Il fallait tenir le cap, car la semaine allait être bien remplie…
Armande avait fait le plein pour le nouvel an et coté activités sports, il y avait du monde. Les excursions aussi et beaucoup de réservations pour les calèches. A la plage, l’océan agité, ne permis pas de faire du ski. Par contre la pêche put être organisée tous les matins. Christian me seconda pour les tournois de tennis et de ping-pong. Isabelle avec des amies, s’offrit deux belles balades à cheval à l’extérieur du Domaine. Elle revenait toujours un peu préoccupée de ses sorties à l’extérieur, et elle me disait :
--Papa, en brousse, il y a temps de différence avec notre vie au Domaine et les gens manquent de tout….
Elle avait bien raison, c’était la réalité. Grâce aux emplois du Domaine, aux aides diverses, à l’éducation, je lui répondais que les choses changeraient.

*


Apo et Armande qui avaient fait un aller-retour à Dakar, furent à l'heure pour le trente-et-un décembre, qui, à part quelques nouvelles décoration, était semblable au précédent réveillon. Dans le courant de la fameuse nuit interminable, il y eu les douze coups de minuit, les cotillons…Je procédais à un concours de rock et de valse…La soupe à l’oignon, fut servie… A cinq heures du matin !
Au lendemain de la soirée très réussie de nouvel an, je n’arrêtais pas entre la plage, l’animation piscine, et les tournois d’activité de loisirs…Mais je tenais, il le fallait quand même, à ce que je remette ce jour là, à Apo, un lette de relance, concernant ma situation. Non seulement les rentrées financières des sport et loisirs, ne me permettaient pas de vivre, mais Apo, prélevait encore de temps en temps, auprès de mon comptable Diéne, dans ma caisse, des sommes plus ou moins importantes…En échange, il laissait, quand même, un petit papier, signé Apo !

Lette à Apo, archives 76.
D’après ce que tu laisses entendre, je conviens que tu sois souvent soucieux et fatigué. Essai néanmoins de t’appuyer plus sur les personnes de ton entourage qui te font confiance. Je constate que nous n’avons jamais un instant pour nous voir et je le regrette vivement. Je sais que si tu n’étais pas satisfait de tout ce que je fais et entreprends, tu serais sur mon dos comme tu l’es avec certains. Des mois sont passés et tu n’a rien soldé, ni tenu tes engagements. Le jour de l’an s’est bien passé, je sais que pour toi et Armande, c’était important. Des amis résidents vont rentrer sur Paris. Ce serait l’occasion de me faire par chèque un rappel sur les six mois que tu me dois et de me rembourser certaines factures ci-jointes. Quand aux commandes de matériel, plus on attend, plus le matériel en service se détériore. Malgré tout, on a réalisé de belles choses ensemble, et il faut poursuivre. Apo, si tu as des soucis j’en ai à mon niveau plus que toi. Si tu avais été correct, on n’en serait pas là. Ma situation doit être clarifiée absolument, comment peux tu agir ainsi après tout ce que j’ai fait pour toi l’année dernière ! Ne suis-je pas ton principal soutien sur le terrain ?Je compte sur toi, agis, Marc.


Tout ce que j’avais espéré pour réussir cette reprise, n’était plus d’actualité. Vous le savez, mis à part quelques pièces détachées, rien n’avait été décidé pour les équipements nouveaux. Toutefois, mon esprit combatif restait présent, animé par ma motivation de père de famille et par l’amour que me portaient mes enfants. Je fis de sérieux efforts, seulement, mes relations avec Apo, s’étant dégradées, mon moral subissait ainsi des hauts et des bas. Le fait que sans cesse, soit reportée la régularisation de ma situation, aboutissait à ce que je perde confiance.
Dés le début de l’ hiver76, et malgré les liens crées, au début de l’aventure, quelques tensions apparurent entre nous. Malgré tout, ma force était de rester toujours fidèle à ma mission. Je me le devais avant tout pour ne pas décevoir Christian et Isabelle, le personnel du Domaine et la clientèle, qui était loin de se douter de tout ça. Une des qualités qu’Apo m’avait attribuée était mon esprit d'initiative, selon lui, une idée nouvelle toutes les minutes ! Et pour celui qui ne me connaissait pas, cela pouvait être parfois déconcertant…
Enfin, grâce à notre travail, aux aménagements réalisés, je reconnais que nous avions avancé au fil des jours, et un nouveau Domaine prenait forme petit à petit, encore plus respectueux de l’environnement. De plus en plus je m’engageais avec passion dans la protection de la nature, à l’intérieur du Domaine et à l’extérieur. J’avais fais de sérieux progrès et je connaissais une bonne trentaine de noms d’oiseaux. La création et la réussite évidente des marigots, de leur assainissement, des plantations d’arbustes, et des tentatives réussies d’empoissonnements, m’encourageait à faire de ces lieux, des écosystèmes, où la vie retrouvait sa place. Je m’étais fait des amis aux Niayes de Dakar, et malgré mais faibles revenus, j’achetais des plans, des boutures, pour nos jardiniers. Mon brave N’Diaye, survivait chez lui, avec des médicaments anti-ulcères, que j’arrivais à obtenir. Il me manquait beaucoup ici...Concernant ma vie privée, deux, trois rencontres très discrètes, m’apportèrent du réconfort.



*






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