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Le rat de Boston
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Re: Le rat de Boston
zoomer avec la molette le doigt sur ctrl, réflexe automatique en pareil cas, louper pour une recherche identitaire. On existe dans le regard des autres, et c'est cela, ce regard extérieur posé, cette conscience détournée du moi, qui peuvent poser quelque problème.
J'ai trouvé un caractère posé à ce texte, une 'neutralité' qui devrait effectivement être combattue par l'affrontement extérieur, ce qui viendra peut-être après mais je suis impatient, et curieux des règlements de comptes (qu'ils soient fondés ou pas, qu'elles soient ou non heureuses, ces quatre vérités qui vous ouvrent les yeux...
Dam.
J'ai trouvé un caractère posé à ce texte, une 'neutralité' qui devrait effectivement être combattue par l'affrontement extérieur, ce qui viendra peut-être après mais je suis impatient, et curieux des règlements de comptes (qu'ils soient fondés ou pas, qu'elles soient ou non heureuses, ces quatre vérités qui vous ouvrent les yeux...
Dam.
Re: Le rat de Boston
J'avais dû faire une mauvaise manip !
Je ne sais pas où va me conduire cette histoire...elle va se dérouler entre histoire, histoire perso, sciences. Manquera peut-être un ingrédient !
Des liens vont se nouer qui avaient été cassés, une "réparation".
Je ne sais pas où va me conduire cette histoire...elle va se dérouler entre histoire, histoire perso, sciences. Manquera peut-être un ingrédient !
Des liens vont se nouer qui avaient été cassés, une "réparation".

Carmen P.- MacadAccro

- Messages: 1188
Date d'inscription: 18/11/2009
Re: Le rat de Boston
En tous cas, au terme de ces quelques épisodes un nouvelle question se profile déjà : Y a-t-il un bon dieu pour les rats de bibliothèque ? ^^

franskey- MacadAccro

- Messages: 506
Date d'inscription: 23/03/2011
Le rat de Boston (chapitre 2 - suite -)
Le rat de Boston (chapitre 2 - suite -)
Endormi soudainement, il fut réveillé de façon toute aussi impromptue par les aboiements de son chien qui baladait sa truffe sur le bas de la porte d’entrée. Gérald pensa de suite à Gaspard et ouvrit sans attendre : « OH, MY GOD !» Cette exclamation résonna dans le silence à la vue de trois rats sur le paillasson, Gaspard, au centre, avait à sa droite un rat coiffé d’une casquette de base-ball et à sa gauche un autre avec un chapeau de paille en guise de galurin ! Ils lui filèrent entre les jambes et, faisant fi des jappements de Melchior, ils foncèrent droit vers la cuisine. Par souci d’éviter tout affrontement, Gérald ressortit les reliefs du repas de la veille et se laissa choir dans un vieux fauteuil en rotin délaissé par le chien ayant préféré l’isolement dans la chambre d’ami.
Douglas Dumbley serait alerté ! Ce rat de laboratoire se comportait comme un jouisseur au contact de ses pairs. La personnalité de ce rongeur se révélait et Kathleen avait été honnête dans son récit relatant ce qui avait été observé au laboratoire.
La silhouette sensuelle de la belle scientifique lui revint en mémoire mais la promesse faite à Douglas l’éclipsa. Il devait observer Z.one – le nom initial collait mieux avec l’instant –. Le regard vif de ce rat cloné rencontra celui, plutôt anxieux, de son hôte. Gérald ne baissa pas les yeux et la facilité de communication de Z.one, annoncée par Mlle Singer – ce patronyme donnait du sérieux à l’instant – se révéla juste :
– Merci pour ta gentillesse. Je te présente mes nouveaux amis, le rat des villes et le rat des champs.
– Tu connais les fables de La Fontaine ?
– Mes connaissances sont celles de Rattus Norvegicus.
Les restes ayant été engloutis, Gaspard reconduisit ses amis vers la porte que Gérald ouvrit avec un soulagement non dissimulé. Gaspard resta dans l’appartement.
– Tu voulais leur montrer quoi à tes congénères ? questionna le maître des lieux en fixant le rongeur.
– Les avantages de posséder un garde-manger.
– Tu n’est en fait qu’un simple squatter !
– La Fontaine aurait plutôt évoqué mon côté sybarite !
Scié, sidéré, soufflé, notre ami resta coi, froid, pantois !
– Mais ne t’inquiète pas, reprit Gaspard, je n’ai nullement l’intention de te ramener le Lion, le Renard, le Corbeau, la Gazelle, la Tortue, le Chat, la Grenouille ni même l’Huitre ! Et au passage apprécie mes connaissances !
« Mais comment ce rat en est-il arrivé à avoir autant d’acquis ? Il a dû suivre un programme d’apprentissage intensif » pensa Gérald.
L’échange avec Z. one s’établissait de pensée à pensée ; un regard, une avancée de museau, une inclinaison de la tête chez le rat, un froncement de sourcils, une mimique chez le jeune homme, et la connexion se mettait en place. Pas de langage articulé, des images ou des phrases s’inscrivaient dans le mental des deux interlocuteurs. Gérald crut qu’il mettait à l’œuvre de nouvelles synapses, mais son enthousiasme se tempéra quand il songea que peut-être ce pseudo-dialogue n’était que le fruit de son mental qui lui faisait imaginer les questions et les réponses, le rat fidèle à sa nature se contentait d’être là de le regarder tout en dodelinant de la tête. Rien de plus ordinaire !
– Faut pas rêver, l’interrompit Z.one, mon copain des villes arrive tout droit de Fenway Park où il y avait foule ce soir, les Red Sox ont été super, soit dit en passant. Tu sais bien que durant les matchs de Base-ball la nourriture ne manque pas. Toutefois, j’ai tenu à lui montrer un quartier plus cool, et il a apprécié la fraîcheur des mets qu’il a goûtés ici.
Le copain des champs, lui, doit apprendre à diversifier son alimentation, c’est pour cela qu’il nous a accompagnés. Nous les rats devons vivre là où il y a de la bonne nourriture, le voisinage des hommes est parfait pour cela, nous recyclons en quelque sorte leurs « restes », mais nous sommes des gourmets, et beaucoup de nos congénères ont à apprendre comment conserver les aliments. L’idée du frigo est géniale, nous allons nous en inspirer et placer nos réserves dans des endroits frais. M’enfin, j’ai bien conscience que le problème de notre garde-manger ne te concerne pas. T’inquiète pas, l’ami, nous ne viendrons pas t’envahir. Nous savons être discrets, il en va de notre survie !
Le rat, en confiance, entreprit d’escalader la jambe du pantalon de Gérald, son intention était de s’installer confortablement dans la capuche du sweat de son hôte pour un petit somme sympa.
Gérald n’entendait pas les choses de cette oreille, et se montra offusqué par tant de familiarités ; il prit le rat par le cou et le remit dans sa cage.
Après tout, il faisait ami-ami avec l’animal de labo. dans le seul but de revoir Kathleen ; leurs intérêts dans cette cohabitation divergeaient totalement !
Le lendemain soir, comme convenu, Gérald et son père se retrouvèrent devant le Prudential. Ils allèrent au restaurant, tous deux étaient friands des desserts qui y sont servis. Ils savaient parfaitement qu’ils ne parviendraient pas au bout de leurs portions king size mais, gourmandise oblige, ils repartiraient chez eux avec un carton contenant les restes du délicieux Cheese-cake qu’ils pourraient toujours savourer plus tard.
Au moment où son père, totalement imprégné par les chaudes couleurs du lieu et son ambiance délicieusement bourdonnante, commençait à se détendre, Gérald entreprit de le questionner :
– Ma demande va te surprendre, mais j’aimerais que tu me parles maintenant, du garçon de la photo, celui qui me ressemble tant. Je n’ai jamais entendu son histoire. Ne crois-tu pas qu’il serait temps que nous en parlions ?
Son père parut hésiter, mais il ne se montra pas surpris.
– Après tout oui…je peux t’en parler. Comme tu t’en es douté, ce garçon était ton oncle. Il avait treize ans sur la photo. Mon frère était de dix ans mon aîné. Nos parents venaient de déménager, de Concord ils sont partis vivre à Cape Cod, dans la maison que tu connais.
– À treize ans mon oncle n’a pas dû apprécier de quitter ses amis, et de se retrouver avec sa famille dans un parc naturel !
– Détrompe-toi ! Comme toi il est tombé amoureux des lieux. À Cape Cod il était totalement dans son élément, il est devenu, l’adolescence aidant, un véritable enfant sauvage. Et c’est là que les problèmes sérieux ont commencé.
– Les grands-parents ne l’ont pas compris ?
– Non, car il ne respectait pas les règles de la vie familiale, il voulait dévorer la vie, seulement de la façon dont il la concevait. C'est à dire, partir quand il l’entendait, revenir de même, manger à n’importe quelle heure, alors que notre mère mettait un point d’honneur à préparer de bons petits plats pour sa famille et, tu l’as connue, tu sais combien elle était rigoureuse.
Quand mon frère « oubliait » de rentrer à la maison, ma mère en devenait folle. Une fois, de colère, elle a enfermé son fils dans sa chambre pour qu’il ne fugue pas !
– Ça a dû être terrible pour lui !
– En effet, je m’en souviens encore, bien que j’étais jeune au moment des faits. Pendant un temps qui m’a paru être une éternité, mon frère a tenté de défoncer la porte en se jetant tête la première sur celle-ci. Moi je pleurais, alors ma mère s’est attendrie et elle a ouvert la porte. Après cet incident, mon frère s’est installé dans un mutisme qui inquiétait ma mère tout autant que ses fugues. Il passait ses journées dans sa chambre à lire Stevenson, Tolstoï, Hemingway, Thoreau et des poètes aussi, Kenneth White, Yeats…
– Je ne vois pas où était le problème. Grand-mère aurait dû être satisfaite, son fils restait à la maison. C’était ce qu’elle voulait, après tout !
– Non, ta grand-mère était une femme de bon sens et elle ne pouvait pas supporter qu’un jeune reste ainsi coupé du monde avec comme seuls compagnons des bouquins !
Alors elle lui accorda à nouveau le droit de sortir, il en usa, en abusa puisque ses fugues devinrent de plus en plus longues.
Mon frère avait retrouvé la parole et quand il daignait rentrer, nous n’entendions que des cris.
« Le secret de la vie est de saisir le jour ! » disait mon frère, reprenant à son compte une phrase chère à Thoreau…et il sortait dès l’aube, emportant dans sa poche sa nourriture préférée « Walden et la vie sauvage », le livre de celui qui était devenu son maître à penser.
– En effet je me souviens que parfois le nom de Thoreau était associé à l’évocation de mon oncle !
– Ce nom est beaucoup plus associé à notre famille que tu le crois et ma mère ne voulait pas en entendre parler. Depuis longtemps, à Concord, les Hoar étaient les amis des Thoreau. Mon arrière grand-mère a même aidé la sœur de Thoreau, après le décès de celui-ci, à remettre en ordre les notes du philosophe-naturaliste.
Tu sais combien les idées de celui-ci avaient été reniées durant la période Maccarthyste.
Pendant des années, pour vivre tranquille, ta grand-mère a dû passer sous silence cette amitié, et effacer de sa mémoire les idées enthousiasmantes de Thoreau. Et voilà que, au début de son adolescence, alors même que la pression de l’histoire se desserrait, ton oncle faisait ressurgir le passé en adoptant des idées longtemps prohibées. Notre mère n’était pas prête et ne l’a plus jamais été.
– Qu’est devenu mon oncle ?
– Comme Thoreau il voulait observer la nature et faire de la solitude bonne compagnie. Il souhaitait poursuivre des études scientifiques, mais avant, il voulait comprendre la nature, la faune, la flore…et Cape Cod était le site idéal pour une telle approche, disons « pastorale ».
Ma mère n’était pas prête à lui accorder cette liberté, alors elle a confié mon frère à l’un de nos oncles qui vivait à New-York et nous ne l’avons plus jamais revu.
– A-t-il suivi ses études ?
– Oui et brillamment ! Quand vers 1980 les études empiriques de Thoreau ont été reconnues scientifiquement valables, j’ai demandé à ma mère si mon frère était à l’origine de cette révélation, mais elle n’a pas voulu en entendre parler.
Je ne peux te dire si les recherches de mon frère ont fait avancer la Sciences, tout ce que je sais c’est qu’il a transmis son virus à l’un de ses fils qui ne porte pas le nom de Hoar, mais celui de sa mère, Dumbley, je crois…

Carmen P.- MacadAccro

- Messages: 1188
Date d'inscription: 18/11/2009
Re: Le rat de Boston
Je ne sais pas pourquoi mon texte se présente ainsi.
J'ai vraiment des surprises en ce moment lorsque je veux éditer !
Pour les gourmands, une petite photo !

J'ai vraiment des surprises en ce moment lorsque je veux éditer !
Pour les gourmands, une petite photo !


Carmen P.- MacadAccro

- Messages: 1188
Date d'inscription: 18/11/2009
Re: Le rat de Boston
Dois-je poursuivre ?

Carmen P.- MacadAccro

- Messages: 1188
Date d'inscription: 18/11/2009
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