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antidote

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antidote

Message  marc le Ven 4 Nov - 3:40

1
Une pause sur les femmes bleues de Matisse avant de commencer.

L'obscurité de ta chambre.
Mon être fœtal dans tes bras avant le rêve.

En silence réveille toi !
Au milieu de la nuit
début de siècle
de millénaire !

cela, tout cela, cette étendue obscure et pleine
qu'elle redevienne enfant !

Ce n'est pas encore le jour. La pluie s'est arrêté, nous pouvons respirer avec tendresse.
Tu sais que nous en avions besoin, nous étions l'un et l'autre bien trop misérable ces derniers temps. Nos vies ne respiraient plus, parfois même elle nous piétinait le visage.
Et le lieu où nous sommes
où au-delà de ta porte il n'y a rien
alors que je te comprends a peine. Je sais seulement ta solitude.


Je te fais la promesse de cracher sur les mémoires apatrides

J'ai oublié leurs corps
vus et consommés !

A la devanture chancelante de l'âme, l'érotisme-mouvement
avant le visage de l'étranger dans lequel rien ne se devine !

Mon égoïsme et tes bras.
Je patiente
le temps grisâtre s'arrête aussi en moi !

Le désordre, surtout le désordre avec son lyrisme
tant de fois solaire pourtant !

(la marelle sur le piano)

il faut exclure l'existence et celle des au-dehors
dehors : rues
passants
jeunes filles
et rêves par en-dessous !

Exclure
abstraire
ton sang et ton sourire grotesque !

La respiration au demeurant est calme.


2
Passer a autre chose
avec un costume, un sourire plus grave

avec le soir l'angoisse. La pensée a rompu le silence en moi. Mes pensées, les conséquences de mes pensées, de mes actes redonnent un poids à mon âme.
Je ne flottais plus dans une ignorance des fins.

On me disait : « ta jeunesse fut celle de l'enfermement », « ton rire, une abdication cynique ! »

j'ai longtemps perduré dans un état capricieux et insouciant, un point de vue sur la vie des autres, un bricolage d'une légèreté adolescente devenant claustration et vastes plaines « hors de »

ce qui se débattait en moi ne surgirait plus. La vie de cette hôte intérieur ne pouvait trouver sa place dans aujourd'hui.
Trop franc, chaotique, idiot ou d'une bêtise, fantasme, violence qui tuerait le porteur.
A la lumière du jour-monde cet hôte me mènerait a une faillite totale
il pouvait conspirer de l’intérieur, y fomenter des crimes.

Tant d'années le porteur l'avait façonné puis étouffé avec vigueur...au fil des années, de l'amour.
La mémoire est oubli.
J'ai cru le personnage mort !

NON !

Il fallait toujours le museler, le contraindre au silence !

///

la perfection de l’homme arrêté, celui ci au bord de n'importe quoi. Il s'imagine des références devant lesquelles il passe
le monde ne cesse pas
il le regarde, le discerne sans véritablement le voir, le refusant en apnée !
Il n'a rien a voir avec un menteur, c'est un illusionniste !

Et surtout cela, avant que « cette bulle pleine de rien vienne à crever enfin ! »....humilité, silence.


Les griffonnages a partir de là se présentent d'eux même :

« sans cesse »
lectures, relectures, s’approprier, délimiter cela peut-être pour une question de vertige.

On délimite donc le monde à cette heure-ci, on le veut vide. Le silence est un argument et on pourrait croire a une sagesse.
La naïveté est possible !
Rêve et au-dehors du rêve !

5,30.
(seul le passage d'un homme et de son chien sont venus entailler mon empathie avec le monde-nuit. Il relève sa capuche sur un crâne lisse. Dans mon champs de vision a quelques centimètres, les éclats violents des projections télévisuelles.

une voiture passe. Elle cisaille délibérément le silence. Le moteur d'une autre s'éveille en hurlant...
a quelques pas de l'aube, le moindre bruit humain hormis pas et respiration est brutal
ET
tout à l'heure, cette brutalité sera générale, elle sera « norme » tacite
avant, a quelques encablures, je peux puiser, je peux dire, délimiter le monde offert à mes yeux et surtout ne pas y être un intrus !

3.1
Alors je griffonne mon antidote, je me l'arrange.

La vie est bien trop risquée, nous l'avions déserté. Il restait le monde peuplé d'objet et d'hésitations de personnage.
L'idéal était « norme », arraché des cieux antiques
pour nous un horizon, un « ciel bas et lourd qui pèse comme un couvercle »

ma distraction prenait rendez-vous avec des êtres abjects, infestés jusqu'à l'âme. A leurs approche ma respiration devenait a-rythmique.
Et encore ces êtres « policés » au quotidien, ravagés en intime ne tenait plus la stature de leurs tragi-comédie. Leurs libertinages s'était plus qu'appauvrie, il se réduisait a quelques soubresauts, fantômes muets et exhibitionniste !

Hors de tout cela, ma colère s'était muée en spontanéité généreuse et naïve. Comme tout le monde j'avais une certaine culture de la peur et j'aimais la tranquillité.
Pourtant l'enfant que j'avais été et qui pour la première fois de sa vie avait touché le visage d'une vielle morte....la vie était là, dans le travail constant de la fin
silence internes des organes
allongé sur une vielle croix depuis lors dénué d'importance

les pensées devaient jaillir avec brutalité et si possible avec un enthousiasme rigoureux, implacables, rhétoriques !

interlude
(alors qu'il essayait de s'endormir, le vieil espagnol racontait au kilomètre la guerre, SA guerre. Dans le couvre feu d'un pavillon psychiatrique, je m'étais recroquevillé à côté de la minuscule veilleuse au ras du sol.
Les mots révolutionnaires, historiques étaient posés loin de moi. La colère, elle seule me parlait un langage clair. Cela dans le silence édifiant de ces nuits)


3,2
j'imaginais d'autres époques. Parfois de simples flashs comprenant personnages/paysages/postures. Le retour à « aujourd'hui » est brutal, vertigineux.
Il fallait peut-être cultiver l'ignorance avec la vie
risque majeur et jouissif !

Nous prenions garde, nous étions d'une tiédeur fadasse.
Fallait-il hurler a midi ?
Se laisser envahir d'éternelles 3h du matin ?

Notre âme était allongée, ventre a terre
l'insignifiance, notre insignifiance se tenait droite, impérieuse !

« Lecteur si tu crois que cela est étrange d'exister encore...tu as raison ! »


marc
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Re: antidote

Message  Nilo le Ven 4 Nov - 18:32

Le silence est un argument et on pourrait croire a une sagesse.
magnifique sentence si bien relayée par le 3.1 sans lequel tu nous entraînes aux limites de ce que nous sommes. De ce que nous serons. Peut-être.
Le doute est douloureux, et en même temps il permet de s'évader de la douleur.
En silence.

Nilo, artgumentaire du sage.

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Re

Message  léo le Dim 6 Nov - 19:40

Encore une plongée vertigineuse dans les méandres de ton esprit reptilien. Oui ça rampe, ça se débat ici et ça mord parfois avec précision :

j'imaginais d'autres époques. Parfois de simples flashs comprenant personnages/paysages/postures. Le retour à « aujourd'hui » est brutal, vertigineux.
Il fallait peut-être cultiver l'ignorance avec la vie
risque majeur et jouissif !



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Re: antidote

Message  Io Kanaan le Lun 7 Nov - 14:07

merveilleux ! Ça me fait rêver.

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Re: antidote

Message  Dam le Lun 7 Nov - 15:39

Un silence entendu, illuminé, halluciné, brillant pour déceler le vrai... du faux. Pour faire plus que la lumière : la clarté.

Avec une note spéciale pour ce passage :
Le désordre, surtout le désordre avec son lyrisme
tant de fois solaire pourtant !


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