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Message  tremsal le Mar 8 Nov - 9:30




[center]Ce qui compte c’est le moral !
Créer, avancer, préserver...
Les liens d’amitiés.
[/center]









Un hiver africain sans fin.






Une rencontre qui m’avait marqué était celle de Monsieur Breitmayer, de Fontainebleau. Très bel homme, il m’avait surtout impressionné par sa grande culture et sa passion pour la nature. Avec les enfants, il m’arrivait de déjeuner avec lui, de l’écouter. Je le rencontrais souvent au détour d’une allée, vers les marigots et il me faisait un grand bonjour. C’était vrai que je devais au fil des jours, découvrir des personnes attachantes, de toutes origines et qui aimaient revenir au Domaine. C’était le cas de Monsieur Breitmayer. Avant son départ, je le chargeais d’un message à faire parvenir à mon beau-frère le Docteur Bartolo, à Milly La Forêt. En nous quittant il me dit :
--Marc, merci pour votre disponibilité, et ce que vous m’avez appris. Je vous écrierais.
Cette semaine là, un groupe de vignerons nous avait préoccupés par la collection de bouteilles de vins, amenait dans les bagages ! Cela était interdit… Le temps s’écoulait plus lentement, et après l’époque des fêtes si intense, les semaines à venir, s’annonçaient encourageantes.
Pas mal de petits groupes étaient annoncés. Enfin, je devais recevoir d’Apo, un premier versement de 2000ff. J’avais entretenu Armande de la situation, peut être qu’elle était intervenue ? Cette somme était dérisoire, et ne réglait rien. Le fond du problème restait entier. Pas de statut. Peu de revenus. Ma principale préoccupation, ce qui me motivait, c’était le bon équilibre de Christian et d’Isabelle. Ils faisaient de gros efforts à l’école et m’aidaient beaucoup au Domaine. Isabelle possédait un don d’organisation et avec presque rien, créait des petits spectacles. Elle s’entendait bien avec Daniel Fillod, qui s’activait dans les loisirs, ce qui me secondait bien. Quand à Christian, ses lieux de prédilection, étaient l’océan et la planche à voile, le tennis et les chevaux. Il avait apprivoisé son petit babouin qui avait pris goût aux bains de mer ! Mes journées, heureusement étant bien remplies, ne me laissaient pas de répit, et je remerciais ma bonne étoile, de ne pas m’abandonner, de me donner la santé et le courage. Mes sorties à cheval s’intensifiaient et m’offraient un réel plaisir. La lettre hebdomadaire à l’encre bleue de ma chère maman, était un moment attendu et très fort pour moi.

*


Tous les travaux engagés, étaient presque terminés et j’attendais impatiemment de faire les finitions de décoration. La boutique avait de l’allure. L’infirmerie attendait l’infirmier promis par le Dr Diouf. La case loisirs, spacieuse, recevrait dans quelques mois, le billard américain et le baby. La visite d’un groupe éductour de Jet Tours, me permis de remettre un courrier pour Miss Bach et mon ami Jean-Louis Martin, dans lequel je faisais part de mes soucis.
Le temps passait et je devais admettre que je ne pourrais avancer, tant les désaccords s’accumulaient entre le gérant du Domaine, Bernard, et moi. Il était évident que nous ne pourrions pas durer ainsi indéfiniment. J’avais beau me dire que nous avions fais du bon boulot, mais d’un autre coté, pleins de projets stagnaient. Apo, toujours pris à Dakar, semblait laisser faire. En plus, j’avais la nette impression que Bernard imposait tout à Apo, rarement présent au Domaine. Je décidais de faire un saut Dakar, pour voir mon ami Philippe De Chicourt, toujours de bons conseils. Sans prévenir Apo, après avoir déposé mes deux chéris à l’école, je filais sur Dakar. Philippe fut très clair dans son propos. Il était loin de s’imaginait ma situation et m’encouragea à être plus pressant et qu’il était prêt à intervenir. Je lui demandais d’attendre. Sa fille Catherine, amie de Mathilde, travaillait toujours avec Armande et en arrivant aux bureaux du Domaine, je surpris tout le monde. Apo était absent et Armande me montra les plannings imprimés pour les réservations, dont j’avais fais la maquette. Je lui dis spontanément :
--Armande quand viendrez vous vivre au Domaine avec Apo ? J’ai l’impression qu’ Apo ne dirige plus rien là-bas…
Armande tenta de me rassurer… Et profitant de cette journée d’évasion, j’allais embrasser les Garoscios et mes amis de la Galerie Antenna, Claude Everlé et sa femme. J’achetais des stylos billes, papiers divers pour les enfants.

*


A l’approche de mon anniversaire au mois de mars, les choses allaient bouger. Comme disent les croyants musulmans, « C’était écrit». Suite à une présence plus longue d’Apo au Domaine, la situation s’aggrava entre Bernard et lui et une mésentente s’installa, qu’au point Apo, n’était plus maître chez lui ! L’ambiance était tendue. La clientèle ne s’aperçut de rien. Cela devait aboutir par un coup de force d’Apo, qui prit le pouvoir, c’est le cas de le dire, par un vote du personnel à main levée. A une nette majorité, le départ de Bernard et famille fut adopté. Evidement je me trouvais dans le camp d’Apo. Cette nouvelle situation fit-elle prendre conscience à Apo d’envisager de venir s’installer définitivement au Domaine ? Je le pense. Certes, la manière fut brutale, mais Apo avait décidé de prendre le pouvoir et l’avait fait. Les mois passants, Je fis tout auprès d’Apo, pour qu’il décide Armande, à venir vivre au Domaine. Au début, pour des raisons personnelles, il montra une certaine réticence et puis au bout de quelques mois, Armande, quitta enfin sa permanence de Dakar, et nous rejoignit, en s’investissant principalement dans la gestion et la commercialisation. J’avais beaucoup et délicatement contribué à sa venue au Domaine. Ma conviction était qu’avec la présence d’Armande, nous aurions plus de chance de réussite. Notre entente se fit progressivement, par une meilleure collaboration entre Apo, elle et moi. Ainsi devrait naître, une véritable équipe, où chacun dans ses responsabilités, s’engagerait à travailler efficacement et en confiance… Je peux dire que c’est à partir de là, que le tandem Marc, Apo, fonctionna mieux, avec bien sûr quelques divergences et toujours un sentiment de déception…Malgré tout, Apo, étant plus sur le terrain, avait réalisé l’urgence et l’importance des améliorations à apporter au Domaine…Mais, mon secteur était toujours délaissé. Je ne cessais de lui remettre par écrit, des suggestions, des rappels à ces engagements…

*


Mois après mois, et malgré la qualité des transformations hôtelières, surtout la fin du plan de constructions des cases coté parc, le nouvel agrandissement de la boutique, etc, nous marquions toujours le pas dans mon département, faute de personnel, faute d’investissements nouveaux. Une certaine complicité dans le travail avec Armande, faisait que parfois elle faisait l’intermédiaire entre Apo et moi. Cela n’était guère apprécié par le grand chef ! Malgré mon enthousiasme, et pour plusieurs raisons, je pressentais que mon rapport avec Apo risquait de se dégradait…Je me répète. Toujours les mêmes raisons ? Ma situation financière alarmante, l’absence d’un statut légal, et aucun projet sérieux d’investissement dans mon secteur. De son coté, le voyagiste jet Tours attendait encore plus d’efforts de notre part. Avec Armande, cela se passait bien, dans la mesure où dorénavant, toute décision, devait passer par Apo. La réception avait changé d’aspect et Joséphine et Armande faisaient une bonne équipe. Christian avait fait un bon rangement des livres de la bibliothèque et mis une affichette rappelant qu’il fallait ramener les ouvrages après lecture. Sa collection de Tintin et Milou était toujours là !
Pendant les vacances de Pâques, une clientèle plus jeune et avec des enfants, donna pas mal de travail à notre équipe. Je mis en service des vélos, car cette activité plaisait beaucoup. Les recettes de sports et loisirs furent meilleures. Cela me permit de faire parvenir à ma banque un virement. Nous eûmes des nouvelles de Mathilde et dans une lettre, elle me proposait que les enfants viennent à la rentrée prochaine vivre avec elle. Ces études d’infirmière, lui donnait satisfaction et elle était bien rétablie de son hépatite. Je ne parlais pas tout de suite de sa proposition, à Christian et Isabelle. Ici, pour l'instant, mon gros souci était la scolarité difficile de Christian. Pour Isa, tout allait bien. Je devais bien réfléchir à leur avenir, au meilleur choix, sachant que leur départ du Domaine, serait terrible pour moi…
Apo, ayant définitivement tourné la page d’Hertz, et d’autres affaires à Dakar, y allait une fois par semaine. Sa nouvelle vie au Domaine, lui convenait et bien qu’étant à nos cotés, c’était difficile de le voir, pour parler projets etc. Il passait son temps aux cuisines et dans son bureau. Je décidais un matin après la balade à cheval d’aller le saluer au bureau et nous primes l’habitude de ce rendez-vous de quelques instants, deux fois par semaine. Nous ne parlions que du travail, jamais des sujets brulants ! L’organisation sans les Bernard, avait trouvé son rythme et Apo dirigeait son entreprise d’une main ferme. Son frère Alex avait une nouvelle fois remis en service le Bus parisien et j’avais repris les navettes à M’Bour trois fois par semaine, mais pour peu de temps, Armande considérant que cela faisait concurrence à sa boutique.

Dans le cadre des activités loisirs et à la demande pressante de vacanciers, je devais organiser un premier match de foot sur le grand terrain du village de Nianing, les vacanciers contre une équipe du personnel. L’équipée se fit avec le Bus et Alex, le frère ainé d’Apo, fou de foot, se joint à nous. C’est vrai que de le voir sur le terrain avec tous ces jeunes, portait à rire, mais il se débrouillait bien. Je faisais office d’arbitre et l’équipe du personnel menait au score. Un groupe joyeux et bruyant de villageois faisait office de public, D’un seul coup le silence se fit et je vis que les regards étaient tournés vers la piste sablonneuse, où la 4 L blanche d’Apo, s’était garée prés du Bus…On distinguait bien le patriarche à l’intérieur, lunette de soleil sur le nez. De la main il fit un signe… Et Alex quitta le terrain, pris ses affaires, et d’un pas rapide rejoignit la voiture. Apo ne descendit pas de voiture, et après quelques minutes, fit marche arrière et il repartit. J’imaginais la scène entre les deux frères, et en grec. A notre retour, je compris étant convoqué, qu’il n’y aurait plus de match de foot, ce fut le cas. J’avais réussi à maintenir le volley, chez nous et chez Aldiana, une fois par semaine en alternance. Apo, ne m’avait jamais fais de remarques et j’appréciais. Souvent je songeais que s’il n’y avait pas eu ses litiges entre nous, notre relation serait bien meilleure. Son caractère impulsif, ses nombreux comportements coléreux, souvent injustifiés, avaient finalement peu d’effets sur moi. J’avais une habitude lorsque qu’il s’emportait bêtement, de lui dire, « Au revoir Apo », et d’abréger notre entrevue. Par contre, j’avais plus de mal à admettre, sa dureté avec son frère, et certains membres du personnel, qu’il n’appréciait pas. Dans la vie, les relations d’homme à homme, peuvent être complexes, épidermiques, amicales, affectueuses…Avec Apo, malgré tout, la mienne restait respectueuse. Certains liens, de l’ordre du privé, commençaient à se tisser. Il aimait me faire des confidences sur sa vie privée…Et sur sa santé, il écoutait des conseils sur son surpoids, et acceptait des traitements médicamenteux classiques pour ses douleurs. Dans le domaine médical, « ma passion », héritée de mon père, je progressais grâce aux conseils des médecins que je rencontrais. Mon petit dispensaire me permettait de soigner les maux de tout un chacun. Mon fidèle ami Jean Chouvel de Spécia, ne cessait de me faire parvenir à Suresnes de précieux échantillons médicaux pour toutes sortes d'affections. Hubert les faisais suivre par Jet Tours ou par des amis qui venaient en vacances, en en gardant quelques uns pour ma réserve destinée au Domaine. Le reste allait à M’Bodiene, chez la Mère Prigent, toute heureuse de recevoir cette manne providentielle



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