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Rêve sans rennes.
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Rêve sans rennes.
Eh bien, me dis-je, ça c’est pas trop mal passé pour cette fois ; j’avais mon billet, et donc rien à craindre, de personne ; la prochaine fois... (il faudra y penser, même si on croit toujours qu’il n’y aura jamais de prochaine fois...)
Vers 22 Heures, je file dans la cabine. Je m’allonge tant bien que mal sur ma couche-dure ; je devais ressembler à un crapaud tellement j’étais tordu ! D’un coup de patte, j’éteins la lampe principale, laissant allumées la veilleuse bleue et les lampes individuelles. Je m’enroule dans un draps. Comme chaque fois, dans ces conditions un peu spéciales, j’avais l’impression d’être le point de mire de toute l’assemblée du wagon-lits. Je n’avais pourtant rien d’extraordinaire à montrer, seulement des toiles alizarine et pastels grattés, fixatif infection. Je me dis que la bombe bleue parfumée à la pisse de vison me serrait d’une vraie utilité ici-haut : << le premier qui me lorgne, je l’empoisonne ! >>
C’est en pensant ainsi que bientôt je trouvai le sommeil.
- Rêve -
sans rennes.
Je voyais des scènes dans des bulles de rêve, avec ma Belle - un train qui part, des pas de géants pour rester à sa hauteur ; encadrée dans un hublot du train de nuit marine, la Belle voyait des larmes filer la course du pauvre diable, figer sa tristesse à tout jamais. comme c’était un rêve, la Belle avait pitié ; elle se leva, sa binette disparut derrière les tôles marines de son blindage. Un pas de travers, et hop... le beau diable à ses côtés - Zoro sans lasso, l’assaut du brave.
L’un dans l’autre ils se regardaient :
“ Il est fou !
“ Je suis fou de toi...
Et des larmes argentées roulèrent sur le blindage des yeux bleus-gris de Son amour.
Le bruit du train en marche devenait progressivement celui des vagues brisant les digues.
Vivre seul ; plutôt mourir deux fois de souffrances et de rien...
Telle était la conclusion du rêve au réveil.
Quand Viral s’extirpa de ses draps, le train était arrêté depuis dix minutes en gare de Paris-Lyon.
Il crut mourir de froid dans les couloirs glacés des sous-gare. Quiconque l’aurait accaparé pour une raison indéterminée, aurait pris peur face à cet émétique de seconde classe. Viral le savait qu’il n’était pas beau à voir ; il sortit ses lunettes noires et rondes, ce qui lui permit de garder la tête haute pour se diriger là où il fallait. Travesti en petit zonard-vieux clochard, les vêtements trop larges et défaits, crasseux et puant comme il se doit, personne, non personne ne lui adresserait la parole. Après cet instant, il ne se souvint plus de rien.
Dam.
Vers 22 Heures, je file dans la cabine. Je m’allonge tant bien que mal sur ma couche-dure ; je devais ressembler à un crapaud tellement j’étais tordu ! D’un coup de patte, j’éteins la lampe principale, laissant allumées la veilleuse bleue et les lampes individuelles. Je m’enroule dans un draps. Comme chaque fois, dans ces conditions un peu spéciales, j’avais l’impression d’être le point de mire de toute l’assemblée du wagon-lits. Je n’avais pourtant rien d’extraordinaire à montrer, seulement des toiles alizarine et pastels grattés, fixatif infection. Je me dis que la bombe bleue parfumée à la pisse de vison me serrait d’une vraie utilité ici-haut : << le premier qui me lorgne, je l’empoisonne ! >>
C’est en pensant ainsi que bientôt je trouvai le sommeil.
- Rêve -
sans rennes.
Je voyais des scènes dans des bulles de rêve, avec ma Belle - un train qui part, des pas de géants pour rester à sa hauteur ; encadrée dans un hublot du train de nuit marine, la Belle voyait des larmes filer la course du pauvre diable, figer sa tristesse à tout jamais. comme c’était un rêve, la Belle avait pitié ; elle se leva, sa binette disparut derrière les tôles marines de son blindage. Un pas de travers, et hop... le beau diable à ses côtés - Zoro sans lasso, l’assaut du brave.
L’un dans l’autre ils se regardaient :
“ Il est fou !
“ Je suis fou de toi...
Et des larmes argentées roulèrent sur le blindage des yeux bleus-gris de Son amour.
Le bruit du train en marche devenait progressivement celui des vagues brisant les digues.
Vivre seul ; plutôt mourir deux fois de souffrances et de rien...
Telle était la conclusion du rêve au réveil.
Quand Viral s’extirpa de ses draps, le train était arrêté depuis dix minutes en gare de Paris-Lyon.
Il crut mourir de froid dans les couloirs glacés des sous-gare. Quiconque l’aurait accaparé pour une raison indéterminée, aurait pris peur face à cet émétique de seconde classe. Viral le savait qu’il n’était pas beau à voir ; il sortit ses lunettes noires et rondes, ce qui lui permit de garder la tête haute pour se diriger là où il fallait. Travesti en petit zonard-vieux clochard, les vêtements trop larges et défaits, crasseux et puant comme il se doit, personne, non personne ne lui adresserait la parole. Après cet instant, il ne se souvint plus de rien.
Dam.
Re: Rêve sans rennes.
En résumé
Vivre seul ; plutôt mourir deux fois de souffrances et de rien...
Belle sentence.
Nilo, seul et la mort en face.
Vivre seul ; plutôt mourir deux fois de souffrances et de rien...
Belle sentence.
Nilo, seul et la mort en face.
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... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche. - Léo Ferré, "La vie d'artiste"
Re: Rêve sans rennes.
Peu de mots sur ce " rêve de rennes " et pourtant, que seraient nos voyages sans eux ?

Ratoune- MacadAccro

- Messages: 1618
Date d'inscription: 01/09/2009
Re: Rêve sans rennes.
J'ai envie de voir ce texte comme un voyage en soi où d'un côté il existe un certain confort mais de l'autre il y aurait le pire, " la bête noire"
2 parties distinctes que l'homme possède, le train n'étant autre que son corps.
2 parties distinctes que l'homme possède, le train n'étant autre que son corps.
_________________
Sylvie
J'aime vraiment faire tourner les aiguilles des horloges à l'envers
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